Blueberry, T1 : Amertume apache


Titre : Blueberry, T1 : Amertume apache
Scénaristes : Joann Sfar & Christophe Blain
Dessinateur : Christophe Blain
Parution : Novembre 2019


Le lieutenant Blueberry est un héros légendaire de la bande dessinée. J’ai lu l’intégralité des albums mettant en œuvre ce personnage créé par Charlier et Giraud. J’ai toujours trouvé ces histoires passionnantes. J’ai été curieux de découvrir la récente reprise de la série par Christophe Blain et Joann Sfar. Je suis assez sensible à l’univers du premier nommé moins à celui du second. Néanmoins, cette collaboration m’a suffisamment intrigué pour que j’entame la lecture du premier tome du diptyque intitulé Amertume Apache.

Une histoire qui part dans tous les sens

Les enjeux de l’histoire sont les suivants : « Alors qu’il patrouille aux abords d’une réserve indienne, le lieutenant Blueberry assiste au meurtre de deux femmes de la tribu apache tuées par trois jeunes Blancs. Les deux victimes sont la femme et la fille d’un guerrier, Amertume : un double meurtre qui risque d’embraser la région en déclenchant une nouvelle guerre… »

Je me dois de présenter rapidement Blueberry pour ceux qui n’auraient jamais encore croisé son chemin. Le lieutenant est une icône du western. Il est charismatique, rebelle. Il entretient une relation complexe avec l’autorité. Cela ne l’empêche d’avoir un sens des valeurs assez développé qui l’incite bien souvent à protéger la veuve et l’orphelin. Il coche toutes les cases du cahier des charges correspondant au héros fantasmé.

Les enjeux de l’intrigue sont vite mis en place quand on assiste aux meurtres de ces deux indiennes. Il est rapidement évidemment que cet événement peut embraser la région. Cette allusion à la paix toujours fragile de ces régions respecte pleinement les codes de la série originale. Sur ce point, les auteurs font preuve de fidélité vis-à-vis de l’œuvre de Charlier et Giraud.

L’atmosphère est plutôt réussie. Elle s’appuie complètement sur les marqueurs du western. Les décors sont arides. Chacun semble seul au monde et isolé. Il se dégage une dureté du paysage, des personnages et des relations entre eux. Dès la couverture, les auteurs nous immergent dans un univers aisé à reconnaitre. Je trouve que le travail d’illustration dans le domaine de Christophe Blain est de qualité.

Le scénario est riche en mêlant beaucoup de protagonistes et quelques sous-intrigues construites autour des relations entre les membres d’une même communauté. Néanmoins, l’ensemble me donne l’impression d’être brouillon. J’ai finalement eu du mal à me passionner pour les enjeux et les personnages. J’ai trouvé que l’histoire partait dans tous les sens et manquait de réel fil conducteur qui aurait permis de fixer mon attention, mes ressentis et mon intérêt. Cet album souffre de la comparaison avec la maestria narrative qui est un marqueur fort de la série originale.

Au final, j’ai été content de retrouver ce héros, son caractère, son univers. La nature de l’intrigue et de ses enjeux sont dans la lignée des précédentes de la série. Néanmoins, je regrette un manque d’intensité dramatique. J’ai eu du mal à m’intéresser réellement à l’histoire. Je suis finalement resté assez spectateur des événements. J’ai du mal à savoir où veulent nous mener les auteurs. Malgré ces quelques réserves, je lirai avec curiosité le dénouement de ce diptyque. Je ne peux pas passer à côté d’un moment passé dans les pas de ce cher lieutenant…

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