Canardo, T19 : Le Voyage des Cendres

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Titre : Canardo, T19 : Le Voyage des Cendres
Dessinateur : Sokal
Scénariste : Sokal
Parution : Mai 2010


Mon avis d’aujourd’hui porte sur le dernier opus paru de la série « Canardo ». Cet ouvrage est édité chez Casterman. D’un format classique et composé d’une petite cinquantaine de pages, il est vendu au prix de 10,40 €. Sa parution date de mai dernier. L’auteur de cette série est Benoit Sokal. Il s’est associe depuis quelques albums l’aide de Pascal Regnault. « Canardo » est actuellement composée d’une vingtaine de tomes numérotés de 0 à 19. « Le voyage des cendres » est celui dont je vais vous parler aujourd’hui.

« Canardo » est une série utilisant l’anthropomorphisme. Les différents personnages sont des animaux bien qu’il évolue dans un monde « humain ». Ai-je besoin de préciser que le héros possède les traits d’un canard. Ce dernier est un détective privé dépressif. Quand on le voit pour la première fois, il n’y a pas de doute, l’habit fait le moine. On a du mal à croire qu’il puisse trouver des clients et résoudre des affaires. C’est la magie de la bande dessinée…

Dans cette aventure, on commence par découvrir M. Van Bollewinkel. Il s’éloigne dans la forêt et se tire une balle dans la tête. Il en découle logiquement un rendez-vous chez le notaire pour la lecture du testament. L’attrait de cette séance réside dans le sort réservé aux deux petits-enfants. Ces derniers ont pour mission de « balancer les centres quelque part au-dessus de son pays natal ». Il s’avère que le pays natal est la Belgique, que le mort est un parrain mafieux exilé aux Etats-Unis et que les deux petits-enfants sont deux morveux sans foi ni loi. Ces derniers vont mener leur voyage à travers le plat pays sous la conduite de notre cher Canardo qui, en tant que lointain cousin, ne peut rien refuser à sa famille…

Un ouvrage peu amène envers la Belgique.

L’histoire ne perd pas de temps à se mettre en place. En effet, dès la sixième page, les deux enfants rencontrent Canardo et trois pages plus loin, ils subissent leur première fusillade. Le problème est qu’en tant que parrain de la mafia locale, leur grand-père n’a pas laissé que des amis à la maison. Cela fait que le voyage des cendres va être loin d’être de tout repos. Le fait qu’il faut passer entre les balles pour mener la mission à bien rend la trame dynamique.

Mais le plaisir de la lecture ne réside pas essentiellement dans le fait de savoir si oui ou non les cendres vont arriver à bon port. En effet, c’est davantage l’ambiance et l’atmosphère qui ne nous laisse pas indifférent. D’une part, les deux petits-enfants sont odieux et dégoutants. Sokal ne se fixe ici aucune limite. Ils n’ont que du mépris pour le monde qui les entoure. A priori, le fait d’être éduquer à un rythme mafieux n’inculque pas des valeurs « classiques ». Leurs regards, leurs actes, leurs propos, tout est fait pour qu’on ne les supporte pas. Très rapidement, on a de l’empathie envers notre cher Canardo qui doit se les supporter. Il est très rare de découvrir des enfants incurables à ce point-là. C’est assez réussi.

On ne peut d’ailleurs pas vraiment dire que « Le temps des cendres » soit un guide vert plein d’éloges pour la Belgique. Sur le plan météorologique, le soleil n’est jamais de sorti. Au mieux, le temps est nuageux. Cet aspect est mis en bleu par une forte utilisation de la couleur grise et de ses variantes. Mais alors que certains lieux communs nous expliquent que les gens du nord n’ont peut-être pas le soleil dans le ciel mais l’ont dans le cœur, ils n’ont pas lieu d’être ici. Les différentes rencontres faites par nos amis sont désastreuses pour l’image de la Belgique. Il n’y en a vraiment pas un pour rattraper l’autre.

Au final, je trouve cet opus remarquable. Son atmosphère est assez unique. Ce n’est pas une ode à la bonne humeur et à l’espoir mais en tout cas c’est un moment de lecture passionnant. Les dessins sont comme à l’accoutumée très agréables et participent à la réussite générale. Les personnages sont très réussis et l’usage des couleurs savamment dosé. Je ne peux donc que vous le conseiller. Il s’agit d’un ouvrage qui ne laisse pas indifférent et qui sort des sentiers battus. Je tiens d’ailleurs à préciser qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents albums pour découvrir celui-ci. Il est indépendant. Il ne me reste donc plus qu’à vous souhaiter une agréable lecture.  

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note4

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