Carnets de thèse


Titre : Carnets de thèse
Scénariste : Tiphaine Rivière
Dessinatrice : Tiphaine Rivière
Parution : Mars 2015


Passé par une thèse (dont elle n’a visiblement pas vu le bout), Tiphaine Rivière change de voie et nous propose « Carnets de thèse », un livre à charge contre le système doctoral en lettres. Au travers de Jeanne, elle narre son expérience : la difficulté de travailler seule, de ne pas être rémunérée, d’être considérée… Ce pavé de 200 pages est paru aux éditions du Seuil. C’est une adaptation du blog « Le bureau 14 de la Sorbonne ».

Un documentaire sur les thèses littéraires.

Jeanne est professeur de collège en ZEP. Frustrée, elle souhaite passer une thèse afin de partir enseigner à la fac. Elle est finalement acceptée pour mener une thèse sur Kafka, mais… Non-rémunérée ! Qu’importe, la jeune femme se met en disponibilité de l’Éducation Nationale : elle a trois ans pour finir sa thèse. Commence l’Enfer…

Le postulat de départ de « Carnets de thèse » est son plus gros problème. Si on est forcément un peu scandalisé par un système qui se base sur la non-rémunération des thésards, le livre nous montre que Jeanne est au courant de tout dès le départ : 60% des thèses n’aboutissent pas, elle ne touchera pas un centime pendant plusieurs années, la plupart des thèses durent bien plus de 3 ans, elle sera seule chez elle à devoir avancer sa thèse dans son coin, les couples n’y résistent pas… Bref, elle le sait mais se dit qu’elle sera différente et que tout se passer bien. Du coup, difficile de faire preuve d’empathie pour elle. Le système est ce qu’il est, mais rien ne l’obligeait à se mettre en danger à ce point. De nombreux thésards de l’Éducation Nationale continuent à enseigner pendant leur thèse et en viennent à bout…

C’est bien là le souci de cet ouvrage. Au-delà du système des doctorats littéraires, il raconte les ravages de la procrastination. J’ai bien du mal avec ces plaintes systématiques de notre société actuelle : « je voudrais travailler mais je n’arrive pas à me lancer. » Oui, c’est difficile. Et alors ? Même si Jeanne est esseulée et absolument pas guidée par son directeur de thèse, son attitude manque de dynamisme et d’envie. Et quand à la fin, on la voit rédiger en achetant une dizaine de bouteilles de vin au supermarché, cela laisse dubitatif…

Côté dessin, c’est la catastrophe. Le style et les couleurs plagient les blogueuses que l’on peut voir sur internet. Le trait est vacillant, les expressions surfaites… Il y a des efforts dans les décors, mais l’auteure est trop limitée techniquement. Cela respire l’amateurisme. Cela se sent encore plus dans les couleurs sans aucune harmonie et aux effets Photoshop peu maîtrisés.

« Carnets de thèse » trouve son intérêt dans l’aspect documentaire. Les thèses littéraires sont présentées dans leur côté le plus dur. Côté bande dessinée, on reste dubitatif. L’ensemble se lit sans grande passion, ni empathie. Jeanne est volontaire, certes, mais peu dynamique et assez antipathique finalement. Le niveau du dessin, beaucoup trop bancal, empêche le lecteur de se plonger pleinement dans l’ouvrage sans tiquer. À lire si vous voulez vous lancer dans une thèse. Sinon vous pouvez passer votre chemin.

4 réflexions sur « Carnets de thèse »

  1. Bonjour,
    Je vous rejoins sur le coté amateuriste de la BD : tant au niveau du dessin (vacillant) que de la mise en page. Que d’erreurs au niveau des bulles et du positionnement des personnages.
    Très dommage, car l’univers était intéressant.

  2. je ne suis pas assez calée en dessin pour avoir trouvé ça nul 🙂 mais j’ai un peu soupiré quant aux longueurs même si j’ai trouvé le sujet intéressant. Elle le dit, elle débute en BD !

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