Droit dans le mûr – Fabcaro

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Titre : Droit dans le mûr
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabcaro
Parution : Décembre 2007


Après un premier ouvrage autobiographique qui mettait à nu ses névroses (« Le steak hâché de Damoclès »), Fabcaro remet le couvert avec « Droit dans le mûr ». Comme il le dit lui-même : « Faut être maso ». C’est donc reparti pour une série d’anecdotes pleine d’autodérision sur les problèmes relationnels de l’auteur. On retrouve notamment son incapacité à dire « non » et, de façon générale, à s’imposer.

Si certaines anecdotes ne font qu’une page (ce sont rarement les plus intéressantes), d’autres sont un poil plus longue, amenant souvent une réflexion plus large (l’achat de la maison, le mec au walkman, etc.). Evidemment, une chute nous attend toujours à la fin. Heureusement, la chute n’est pas le seul moment où l’ont ri. L’humour est omniprésent. Parfois absurde, parfois touchant, Fabcaro a un humour vraiment particulier, une vraie patte. Un bonheur pour les zygomatiques.

Un bilan de l’autobiographie et un bilan autobiographique.

Le début de l’ouvrage démarre sur le bilan de la première autobiographie. En effet, Fabcaro expose les problèmes liés à la publication d’un tel ouvrage… Evidemment, c’est passionnant et le fait que l’auteur n’assume absolument pas le contenu rend le tout encore plus intéressant. Ainsi, « Droit dans le mûr » et « Le steak hâché de Damoclès » fonctionnent clairement comme un diptyque. Assemblés, ils traitent plus ou moins des mêmes thèmes et donnent finalement plus de cohérence à l’ensemble.

Comme son nom l’indique, « Droit dans le mûr » s’attarde sur le vieillissement de l’auteur. Ce dernier, la trentaine passée, doit laisser certaines de ses anciennes convictions au passé. Ainsi, rien ne s’arrange vraiment quand on vieillit (alors qu’il était persuadé du contraire !) et on finit par faire des choses terribles comme devenir propriétaire (ce passage est d’une justesse incroyable) alors qu’on rejetait le concept de propriété à 20 ans. Fabcaro n’hésite d’ailleurs pas à se représenter en conversation avec son alter-ego plus jeune. Si le procédé n’est pas nouveau, il est ici utilisé avec parcimonie, énormément d’humour et se révèle finalement touchant. On a tous en nous quelque chose de Fabcaro.

Le dessin est toujours efficace avec un noir et blanc élégant et maîtrisé. Les expressions des personnages, très travaillées et marquées, renforcent l’humour des situations. Le tout est souvent articulé en planches composées de trois bandes horizontales, apportant de la cohérence à l’ensemble (et un peu de rigidité, il est vrai).

Après un « Steak hâché de Damoclès » réussi, « Droit dans le mûr » est clairement un cran au-dessus de part une certaine cohérence et une patte de l’auteur plus affirmée. Les deux ouvrages tirent un portrait hilarant de Fabcaro, plein d’autodérision. Indispensable pour tous les fans de l’auteur !

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Note : 16/20

Le steak haché de Damoclès – Fabcaro

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Titre : Le steak haché de Damoclès
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabcaro
Parution : Juillet 2005


Faut-il être névrosé pour être auteur de bande-dessinée ? En lisant les différentes autobiographies, on peut se le demander… Ainsi, Fabcaro démarre « Le steak haché de Damoclès » sur ces mots : « une bande-dessinée sur mes problèmes de communication ? J’ai aucune envie d’étaler mes névroses… ». L’auteur rentre ici dans un travail d’introspection. Et qui dit introspection, dit forcément anecdotes… Histoire de justifier ses dires.

Le titre de l’ouvrage vient justement de la première anecdote où Fabcaro, encore enfant, doit aller acheter une baguette de pain. Il reviendra avec un steak haché… De là démarre ses problèmes de communication. Ceux-ci sont avant tout l’incapacité à se concentrer sur ce que racontent les autres et son impossibilité à dire « non ». De ces handicaps en résultent nombre de quiproquos avec un peu tout le monde.

Comment s’assumer comme auteur de bande-dessinée ?

Cependant, rapidement les anecdotes de l’auteur font apparaître d’autres problèmes récurrents dont la difficulté à assumer son statut d’auteur de bande-dessinée (il faut avouer qu’il n’est pas aidé !). Ainsi, dès que la situation financière devient difficile, le spectre du « concours de prof » ressort. Ayant des enfants, Fabcaro ne peut pas se permettre la précarité. C’est un vrai sujet, traité avec beaucoup d’humour certes, mais qui doit être terrible pour les auteurs de BD.

Etant donné toutes les névroses dont je viens de parler, on pourrait penser que Fabcaro s’apitoie sur son sort et se donne finalement une image pathétique. Ce n’est évidemment pas le cas. Capable d’une autodérision impressionnante, l’auteur ne se cherche aucune excuse (à part la lâcheté, c’est dire !). Résultat, le tout est diablement drôle. On est parfois stupéfait par les situations dans lesquelles arrive à se mettre l’auteur simplement parce qu’il est incapable de communiquer correctement. Ainsi, quand on l’appelle par un prénom différent, il n’arrive pas à dire « ce n’est pas Fabien, c’est Fabrice ». Et de là découle un problème insoluble.

Cette autobiographie, centrée sur les problèmes de communication, est un peu bordélique quand même. Les anecdotes sont plus ou moins pertinentes et à des périodes très différentes de la vie de l’auteur. Cependant, Fabcaro ouvre correctement son bouquin (en présentant le sujet) et le referme lorsque sa copine lit l’ouvrage en question. Cela compense l’aspect un peu décousu de l’ensemble.

Au niveau du dessin, j’ai été séduit par le travail de Fabcaro. Entièrement en noir et blanc, le trait est dynamique et bien plus complexe qu’il peut paraître à première vue. L’expressivité des personnages (et notamment de l’auteur) sont en effet de grands renforts à l’humour déjà très drôle.

Difficile de savoir si Fabcaro exagère ou pas ses névroses. Et après tout, on s’en moque et on rit souvent devant les aléas de son avatar. Il arrive à gérer des gags récurrents et à illustrer les angoisses du personnage tant graphiquement que dans les dialogues de façon vraiment talentueuse. Une autobiographie intéressante et, parfois, hallucinante !

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Note : 14/20

Vingt-trois prostituées – Chester Brown

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Titre : Vingt-trois prostituées
Scénariste : Chester Brown
Dessinateur : Chester Brown
Parution : Septembre 2012


 Chester Brown découvre un jour qu’il n’est plus intéressé par l’amour, qu’il trouve vain et compliqué. Il s’aperçoit qu’il préfère être ami avec ses ex, afin d’éviter tous les problèmes de couple. Hélas, au bout d’un certain temps, le besoin de sexualité se présenter. Il décide alors de se tourner vers la prostitution. C’est cette expérience de plusieurs années que nous présente l’auteur dans un pavé de près de 300 pages. Intitulé « Vingt-trois prostituées », il revient donc sur ces femmes qu’a rencontrées le dessinateur. Le tout est publié aux éditions Cornélius.

23prostituées2Le livre est à la fois un ouvrage autobiographique qui analyse la pensée de son auteur par rapport aux rapports humains. La prostitution n’est qu’une facette du raisonnement, qui en sera un aboutissement logique. Car Chester Brown ne nous dit pas « je suis allé voir des prostituées ». Il explique pourquoi il l’a fait et pourquoi il a plus ou moins arrêté. Cette analyse est essentielle, car l’auteur livre un plaidoyer en faveur de la prostitution (notamment sur le problème de la dépénalisation et/ou de la légalisation. Le tout est d’ailleurs agrémenté d’une introduction, d’une préface, d’une postface, d’appendices et de notes… Comme si l’auteur considérait que ses planches ne suffisaient pas…

Les dessous du milieu, sans faux-semblants.

Derrière la froideur de l’ouvrage (porté par l’auteur dont les raisonnements choqueront de nombreux lecteurs) se révèle donc un véritable documentaire. L’auteur nous invite à découvrir les dessous du milieu, sans faux-semblants. Si le personnage de Chester peut paraître froid, il n’en paraît pas moins sincère. Il est client et souhaite donc avant tout en avoir pour son argent. Malgré cela, il est avant tout respectueux des femmes qu’il rencontre. Surtout, il discute beaucoup avec elles, ce qui permet d’en savoir plus sur leurs ressentis. Mais à aucun moment il ne dessine leur visage. Une façon de les protéger sans doute plus que de les déshumaniser.

Il n’est pas dit que « Vingt-trois prostituées » convaincra le lecteur que la prostitution est une bonne chose et qu’elle doit obtenir un cadre légal. Cependant, il est indéniable que l’ouvrage fait réfléchir et amène à se poser des questions. On est loin des discours standards. Il est dommage que les appendices cherchent, eux, à convaincre de façon trop évidente. On aurait préféré un livre qui parle de lui-même, sans devoir passer par des pages de texte, façon propagande. Et pourtant, qui sait que je partage de nombreux points de vue de l’auteur.

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Concernant le dessin, il est minimaliste, en noir et blanc. Il est parfaitement maîtrisé par l’auteur qui livre des planches d’une froideur et d’une raideur impressionnante. Cela évite tout pathos qui polluerait le propos. Car derrière cette façade, le lecteur est loin d’être indifférent à ce qui se passe ou ce qui se dit.

« Vingt-trois prostituées » est un ouvrage riche et maîtrisé qui ne laissera pas indifférent. A la fois autobiographique et documentaire, il ne cherche pas forcément à établir de vérité. Il montre le point de vue et l’expérience d’un client lambda et ses motivations. Chester Brown a des amis, n’est pas un loser, n’est pas un obsédé sexuel, mais va voir des prostituées pour des raisons qui lui sont propres. Un livre fort, qui se lit d’une traite et qui, après la lecture, reste dans vos méninges.

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Note : 16/20

Buzz-moi – Aurélia Aurita

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Titre : Buzz-moi
Scénariste : Aurélia Aurita
Dessinatrice : Aurélia Aurita
Parution : Septembre 2009


En 2006, Aurélia Aurita publie « Fraise et chocolat ». L’ouvrage présente sa vie sentimentale et sexuelle. Très explicite, l’album finit par faire un buzz plusieurs mois après, bien au-delà de la sphère BD. C’est donc la presse généraliste qui s’intéresse à elle. Absolument pas préparée à ce déferlement médiatique et à toutes ces sollicitations, l’auteure nous explique ici comment elle a vécu les choses.

Je précise dès lors que je n’avais pas aimé du tout « Fraise et chocolat ». Malgré tout, la lecture préalable de l’ouvrage est nécessaire pour pleinement saisir ce « Buzz-moi ». Dans le cas inverse, on ne comprend pas forcément tous les tenants et les aboutissants.

BuzzMoi1L’ouvrage développe plusieurs aspects. D’un côté, la relation aux journaux, aux magazines et à la télévision. La jeune femme découvre ce monde décrit de façon péjorative. Pour simplifier, on l’interviewe sans avoir lu son livre. De l’autre côté, il y a les séances de dédicaces et les rencontres avec les lecteurs. Clairement, cet aspect est peu intéressant car déjà traité mille fois par d’autres auteurs et Aurélia Aurita, malgré le côté sulfureux de son livre, n’a finalement pas grand-chose de nouveau à apporter (à la limite, c’est rassurant).

On découvre donc une auteure qui a droit à un portrait dans Libération et qui est invitée au Grand Journal. L’interrogation demeure : comment ne pas être ridicule face à ça ? De même, Aurélia Aurita semble d’autant plus sensible aux critiques. C’est plutôt bien expliqué. Cela commence par un article de blog, puis dans un journal, puis une pleine page, etc. Et viennent alors les adorateurs et les haineux.

Un manque de profondeur dans l’analyse

Ce qui me gêne dans son livre, c’est que l’on est avant tout devant une succession d’anecdotes. Il manque une analyse, une profondeur qui donnerait du sens à l’ensemble. C’est plaisant de découvrir les coulisses, mais un peu plus de fond n’aurait pas fait de mal. L’auteure joue beaucoup de sa sensibilité pour nous émouvoir. On sent quelqu’un d’honnête et de sincère. Et c’est souvent le but d’une autobiographie que de se dévoiler et de créer de l’empathie. Mais vu le sujet du livre, on n’est pas loin du documentaire. Surtout que l’auteure sait bien préserver sa vie privée justement.

Le dessin d’Aurélia Aurita est relâché et nerveux, soutenu par des aplats de gris. Le trait est vif et cela correspond bien au propos. Bien que la plupart des scènes soient assez statiques, l’auteure sait rendre l’ensemble vivant et finalement varié dans la mise en scène.

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« Buzz-moi » n’est pas dénué d’intérêt. Il présente les conséquences d’un buzz sur un artiste qui ne l’a pas vu venir. Cependant, l’auteure se confine beaucoup dans les faits et laisse une part à l’analyse qui me paraît un peu trop ténu. On retrouvera le même choix dans « LAP ! ». Mais si vous vous intéressez aux coulisses de la BD et des médias, jetez un coup d’œil à ce « Buzz-moi » sans hésiter !

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Note : 12/20

Fraise et Chocolat, T1 – Aurélia Aurita

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Titre : Fraise et chocolat
Scénariste : Aurélia Aurita
Dessinatrice : Aurélia Aurita
Parution : Mars 2006


L’autobiographie en bande-dessinée s’est fortement développée ces dernières années. Genre à la mode, il a vu aussi les auteurs casser les barrières de l’intimité à des niveaux plus ou moins importants. Aurélia Aurita, toute jeune auteure à l’époque des faits, publie « Fraise et chocolat » en 2006, histoire d’une rencontre avec un homme et de leur passion commune. C’est parti pour 140 pages d’ébats sexuels passionnés…

L’ouvrage démarre alors qu’Aurélia arrive au Japon. Elle a été invitée par Frédéric, avec qui elle entretient une correspondance depuis quatre mois. Elle espère faire mentir les voix qui s’élèvent contre elle, comme quoi elle aurait été invitée pour que Frédéric « puisse [la] sauter ». En effet, elle est la seule auteure débutante invitée dans le projet…

Une avalanche de confidences sans aucun tabou.

Le ton est donné d’entrée. Le récit des coucheries, sans aucun tabou, est primordial dans l’ouvrage. Les termes « fraise et chocolat » sont d’ailleurs de savoureuses métaphores que je vous laisse deviner… La passion entre les deux amants est particulièrement forte mais très sexuelle. Rien ne nous est épargné : fellation, cunnilingus, sodomie et d’autres fantasmes qu’il serait cruel de révéler. Cependant, cette avalanche de confidence aboutit à un sentiment de malaise évident : le lecteur se sent voyeuriste. Si certains apprécieront de découvrir la vie sexuelle d’un jeune couple, d’autres seront peut-être gênés que dans le fond, on frise l’indigestion. Certes, Aurélia Aurita ajoute de multiples réflexions sur sa passion, mais la surabondance de sexe noie le poisson.

J’ai trouvé également l’ouvrage finalement très vulgaire. Je n’ai aucun problème avec la représentation de la sexualité, même crue. Je lis beaucoup d’ouvrages qui sont très explicites visuellement et cela ne me gêne pas. Mais ici, ça m’a vraiment dérangé. Quand Aurélia Aurita essaye de se voir dans la glace avec un gode dans le cul, j’avoue avoir du mal à comprendre l’intérêt de le raconter. Je reste dubitatif devant sa fierté quand « Frédéric Boilet a joui dans [son] cul ». Je pense que l’on atteint là une des limites des récits autobiographiques. Lâcher son intimité sans garde-fou, sans humour, sans recul n’est pas forcément intéressant. Et pourtant, l’auteure multiplie les réflexions sur le couple histoire d’apporter autre chose, mais cela ne nous intéresse pas plus que ça : faire l’amour tout le temps est-il un problème ? Doit-on partager autre chose ? On ne peut pas dire qu’on touche ici à l’originalité.

Au niveau du dessin, je connaissais déjà le style d’Aurélia Aurita et on ne peut pas dire qu’il m’avait séduit. Le style très relâché (c’est un euphémisme) est franchement gênant dans ses imperfections. Son dessin est très inégal. Le noir et blanc, rehaussé de gris manque un peu de profondeur mais il faut avouer que le trait, dynamique et expressif, s’adapte plutôt bien aux ébats amoureux. Il est cependant dommage que l’érotisme de l’ensemble passe avant tout par le traitement explicite plus que par le dessin en lui-même.

Profondément exhibitionniste, « Fraise et chocolat » m’a laissé au mieux indifférent et au pire mal à l’aise. J’ai manqué d’empathie pour ce couple pourtant atypique. N’étant pas sensible à l’humour de l’auteure, ni aux émotions qu’elle souhaite véhiculer, je suis passé complètement à côté de l’ouvrage.

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Note : 6/20

L’arabe du futur, T1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

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Titre : L’arabe du futur, T1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Mai 2014


Riad Sattouf a commencé sa carrière de bédéaste en racontant ses jeunes années. Que ce soit son adolescence avec « Le manuel du puceau » ou son enfance avec « Ma circoncision », on a senti dès le départ un besoin de raconter sa jeunesse. Il faut dire que celle-ci est assez particulière, l’auteur ayant vécu en Lybie et en Syrie ses premières années… Dix ans après « Ma circoncision », Riad Sattouf revient au sujet, fort de son expérience pour nous narrer cette vie plus en détail. Le premier tome de « L’arabe du futur » se concentrer sur les années 1978 à 1984, ce qui correspond aux premiers souvenirs du petit Riad. Le livre pèse 160 pages et est publié chez Allary Éditions.

Riad Sattouf est né d’une mère bretonne et d’un père syrien. Ce dernier, grand adepte du panarabisme, va trimballer sa famille en Lybie, sous Khadafi, puis en retourner au pays en Syrie (sous El Assad). Son admiration pour les dictateurs arabes est évidente et sa vision de la politique, mouvante et contradictoire, est le centre de l’ouvrage. Car ne nous y trompons pas, ce livre parle avant tout du père de Riad, Abdel-Razak.

On peut dire que dans ce livre, Riad tue le père ! Non seulement, il en fait un portrait fait de paradoxes politiques, de machisme et surtout de lâcheté. Mais en plus, il pointe le reproche de lui avoir fait vivre une enfance peu reluisante. En vieillissant, Riad vit de plus en plus mal son quotidien. Entre les cousins qui le martyrisent car il a les cheveux blonds (il doit donc être juif, forcément !) et les appartements vides dans des villages pauvres au fin fond de la Syrie… Surtout que l’homme ment régulièrement, annonçant chercher du travail en France, mais n’en cherchant qu’au Moyen-Orient. La figure de la mère est tout autant coupable, étant totalement absente et soumise.

Un portrait sans concession pour tout le monde

Riad Sattouf fait un portrait sans concession et très dur de partout où il passe : Libye, Syrie et Bretagne. Le tout est bien évidemment teinté d’humour. Si beaucoup font la parallèle avec Persépolis, il faut bien prendre en compte que les ouvrages sont très différents dans leur approche. Riad a vécu en France et est venu s’installer dans sa famille syrienne plus tard dans un village très pauvre. Satrapi est née en Iran dans une famille d’intellectuels. Bref, il ne faut chercher à trouver la même analyse. Peu sensible à l’humour de Satrapi, je le suis beaucoup plus à celui de Sattouf par exemple.

Le dessin simple de Sattouf est parfaitement adapté à l’ouvrage. Il est efficace et fait parfaitement passer les émotions et les expressions des personnages. Le tout est colorisé en monochrome, une couleur par pays. C’est efficace et joli à regarder.

J’ai dévoré cet ouvrage et ait y trouvé beaucoup d’intérêt. C’est une belle autobiographie que nous propose Riad Sattouf. Dur avec un peu tout le monde, il n’épargne personne. A la fermeture de l’ouvrage, on n’attend qu’une seule chose : lire la suite ! 

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Note : 16/20