Red Skin, T1 : Welcome to America – Xavier Dorison & Terry Dodson

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Titre : Red Skin, T1 : Welcome to America
Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Terry Dodson
Parution : Septembre 2014


La première immersion de Xavier Dorison dans l’univers des super héros a eu lieu dans « Les Sentinelles ». Il créait à cette occasion des super-soldats durant la Première Guerre Mondiale. Cette aventure est passionnante et les quatre premiers tomes sont autant de petits bonheurs de lecture. « Red Skin » est donc la deuxième entrée du célèbre scénariste dans le monde magique des collègues de Superman. Nous sommes ici très loin des tranchées. C’est en pleine Guerre Froide que gravite cette héroïne qui oscille entre Moscou et Los Angeles.

Le premier tome de cette saga s’intitule « Welcome to America ». Paru en novembre dernier, il présente une couverture attrayante. Une femme nue aux courbes parfaites nous regarde derrière son épaule. Elle ne laisse pas indifférente, la faucille et le marteau qu’elle tient dans les mains non plus ! La quatrième de couverture éveille également l’intérêt : « Arme fatale le jour. Bombe atomique la nuit. Le plus grand super-héros américain est une espionne russe. »

Un décalage entre culture soviétique et univers capitaliste.

RedSkin1aJ’ai une grande confiance en Dorison. Par conséquent, c’est plein d’enthousiasme que j’ai débuté ma lecture. La première vingtaine de pages nous permet de découvrir l’héroïne. Elle est le soldat d’élite soviétique. Ses performances athlétiques couplées à une plastique parfaite à un sex-appeal d’une rare intensité font rapidement d’elle un personnage exceptionnel. Elle a tous les atouts pour nous faire vivre de grandes scènes d’action. Mais elle possède aussi un potentiel sexy et humoristique qui faisait naître de grands espoirs dans cette nouvelle aventure.

Dans un second temps, nous suivons les premiers pas de Véra à Los Angeles. Le fait qu’elle travaille chez un réalisateur de films pour adultes crée une autre corde à la fibre comique et légère de l’ensemble. Cela s’ajoute au décalage entre la culture soviétique de l’espionne et son inhabituel univers américain et capitaliste. Son nouveau quotidien s’installe. Ses nouvelles habitudes donnent lieu à de nombreux gags et de scènes d’action assez rythmées.

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Ce changement de braquet lors de son arrivée dans la Cité des Anges marque la dernière accélération de la narration. En effet, un train-train s’installe. Les actions de justicier s’enchaînent sans vraiment prendre d’ampleur particulière. L’album fait exister un grand méchant. Mais sa présence reste au final secondaire. Son principal attrait est finalement de justifier la création de « Red Skin ». J’espère que les tomes suivants lui offriront une place plus importante. J’ai le sentiment que ce premier épisode n’est qu’une sympathique introduction.

Cet album est l’occasion de découvrir un nouveau dessinateur. Il est américain et se nomme Terry Dodson. Son trait issu du comic correspond parfaitement au style narratif. J’ai apprécié son trait. Il met facilement en valeur les courbes de l’héroïne et met également en œuvre des scènes d’action spectaculaires. Le travail sur les couleurs m’a beaucoup plu. Je trouve que le bouquin possède une identité chromatique forte. J’ai énormément apprécié ce travail.

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Pour conclure, « Red Skin » possède un potentiel divertissant certain. Néanmoins, il n’est pas pleinement exploité pour l’instant. La personnalité de l’héroïne est suffisamment intéressante et attrayante pour faire oublier les bémols d’un scénario auquel il manque un grand final. Je guetterai donc avec intérêt la parution de la suite. J’espère que cette originale Red Skin trouvera un adversaire à sa taille…

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Kickass 3, T2 : Le début de la fin – Mark Millar & John Romita Jr

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Titre : Kickass 3, T2 :  Le début de la fin
Scénariste : Mark Millar
Dessinateur : John Romita Jr
Parution : Septembre 2014


La grande saga « Kick-Ass » se termine avec la parution de « Le début de la fin ». Cette deuxième partie conclut « Kick-Ass 3 », dernier chapitre des aventures de Dave Lizewski. Sa parution chez Panini Comics date de septembre dernier. La couverture présente « Kick-Ass » et « Hit Girl » armés et prêts à mener leur ultime combat. La quatrième de couverture propose le synopsis suivant : « Alors qu’on découvre comment Mindy est devenue Hit-Girl dans un long flash-back relatant sa transformation et son premier meurtre, tout se met en place pour l’ultime confrontation entre les Genovese et nos héros. Kick-Ass endosse son costume pour la dernière fois. Y laissera-t-il la peau ou triomphera-t-il de l’adversité ? »

Coups de pieu, décapitations et fusillades…

Ce nouvel ouvrage s’inscrit parfaitement dans la lignée des précédents. La violence transpire de chaque planche. C’est toujours aussi sanglant. John Romita Jr s’en donne à cœur joie. Il n’hésite pas à faire dans le trash. Les coups de pieu dans la tête, les décapitations, les fusillades… Rien n’est édulcoré. Les auteurs restent honnêtes avec leurs lecteurs. A contrario, la place occupée par ces scènes de violence empêche le scénario de développer une psychologie plus subtile chez ses personnages. Peut-être ne peut-on pas tout avoir…

Néanmoins, Mark Millar arrive à offrir un dénouement plutôt bien construit. Le flashback initial sur le passé de Hit-Girl nous fait tout de suite entrer dans le vif du sujet. Ce personnage est incontestablement l’atout majeur de la série. Même si Dave est attachant et possède son lot de qualité, Mindy est en tout point fascinante. Voir cette gamine être une reine de l’exécution sommaire sans émotion est à la fois transgressif, original et captivant. Nous arrivons presque à mettre de côté inconsciemment sa dimension amorale et violente. Elle est d’ailleurs le personnage central de ce dernier acte et cela participe au plaisir de notre lecture.

Kickass3-2bMalgré tout, Dave n’est pas oublié. Les auteurs arrivent sans mal à faire cohabiter deux héros assez différents. Dave a fortement évolué depuis notre première rencontre. Il est maintenant loin du jeune geek qui rêve d’être un vrai superhéros. Les épreuves l’ont fortement endurci et en ont fait quelqu’un de différent. Son courage, sa résistance, sa force se sont développés. La formation qu’il a subie de la part de Hit-Girl l’a rapproché du quotidien de ses idoles de comics. L’attrait majeur de son changement est la découverte des responsabilités et des drames qui accompagnent le quotidien d’un gentil qui s’attaque aux gros méchants. Sur ce plan, « Le début de la fin » montre bien l’issue irrémédiable de la loi du plus fort. Toute la trame accompagne la montée en puissance vers ce qui sera le dernier combat. La saga montre l’impossibilité de Dave à couper de ses démons et de mener une vie normale sans tuer tous ses ennemis.

Malgré le fait que les ingrédients utilisés soient les mêmes que lors des tomes précédents, la recette de celui-là fait naître des saveurs un petit peu différentes. A l’exception du premier épisode, « Kick-Ass » se résumait bien souvent à une catharsis de violence avec une dose d’humour et quelques gouttes dramatiques pour compléter. Ce dernier acte est plus posé. Il prend le temps de préparer le « au revoir » aux héros. L’atmosphère dégagée est particulière et distingue cette ultime aventure des précédentes.

Au final, « Le début de la fin » clôt correctement la série. Malgré les excès qui ont agrémenté le quotidien de Dave et Mindy, le dénouement de leur lutte contre le crime sous leurs masques est bien amené. Nous pouvons les quitter sans sentiment de frustration ou de gâchis. La fin ne révolutionne pas le genre mais conclut sans bâcler la saga. Les adeptes du genre sauront savourer le fait que les auteurs n’ont pas étiré leur filon jusqu’à épuisement. C’est une qualité à signaler…

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Note : 12/20

Les sentinelles, T4 : Avril 1915 : Les Dardanelles – Xavier Dorison & Enrique Breccia

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Titre : Les sentinelles, T4 : Avril 1915 : Les Dardanelles
Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Enrique Breccia
Parution : Octobre 2014


« Les Sentinelles » marque l’entrée des superhéros à la française dans la Grande Guerre. Xavier Dorison confirme l’ampleur de son imagination. D’une part, il n’hésite pas à s’approprier les codes de ses surhommes d’habitude associés à la culture américaine. D’autre part, ils les insèrent au beau milieu de la Première Guerre Mondiale, concept jusqu’alors improbable. Les trois premiers épisodes de cette série ont transformé l’essai et fait naître une saga de grande qualité. Chaque opus est un petit bijou et se lit avec appétit. Chacun délivre une grande variété de saveurs pour la plus grande joie de ses lecteurs.

LesSentinelles4bCela faisait trois ans et demi que la parution d’une nouvelle mission des Sentinelles étaient attendue. L’espoir était assouvi en octobre dernier avec la sortie du quatrième chapitre intitulé « Avril 1915 Les Dardanelles ». Wikipedia m’a appris que les Dardanelles fut un « affrontement […] qui opposa l’Empire Ottoman aux troupes britanniques et françaises dans la péninsule de Gallipoli dans l’actuelle Turquie du 25 avril 1915 au 9 janvier 1916 ». Cela confirme la volonté de Dorison d’intégrer ses héros dans la réalité du conflit.

Intégrer les héros dans la réalité du conflit.

« Cette bataille-là devait être gagnée d’avance… Le débarquement du Commonwealth sur les plages truques des Dardanelles devait assurer une victoire aussi rapide qu’indiscutable. Face aux Ottomans, la France n’avait-elle pas déployé ses plus glorieux soldats ? Les Sentinelles ! C’était sans compter l’aide des allemands à leur allié turc, sans compter la chaleur, les fièvres, les maladies et les falaises imprenables… Sans compter la nouvelle arme du génie germanique : Cimeterre. Cette fois-ci, les plus grands héros français vont devoir renoncer à la victoire pour apprendre la dure leçon de la défaite… » Voilà le synopsis présenté par la quatrième de couverture de l’album. Je dois vous dire que j’y ai perçu un menu appétissant.

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La première force du bouquin est la profondeur de ses personnages. Que ce soit Taillefer, le Merle ou Djibouti, chacune des trois Sentinelles possède une personnalité passionnante. Le réalisme de chacun d’entre eux est remarquable. Ils sont attachants. Leurs faiblesses sont centrales malgré leurs superpouvoirs. Leur sens des valeurs ne laisse pas indifférent. Une bonne histoire est avant un bon héros. « Les Sentinelles » ont la chance d’en avoir trois.

Les Dardanelles imposent une unité de lieu. Nous ne quittons pas cette plage turque qui ressemble au fur et à mesure des pages à un cimetière en plein développement. Cette sensation d’attente, cette disparition de tout espoir, ce fatalisme grandissant… Tout est sublimé par la narration de Dorison. Il arrive à faire évoluer ses personnages au gré des événements sans marquer de rupture trop forte. La réalité de la guerre transpire des planches. Elle ne nous laisse pas indemne. Le travail graphique d’Enrique Breccia sublime le désespoir de cette bataille qui ne peut pas être gagnée mais que les autorités refusent de perdre…

L’intrigue en elle-même est habilement construite. Les enjeux sont rapidement posés. Tout ce petit monde est réuni pour gagner plus qu’une bataille : une guerre. Dorison ne fait pas uniquement exister ses Sentinelles. Il laisse une place intéressante aux soldats britanniques ou australiens. L’immersion dans l’époque apparaît crédible. Nous sommes touchés par bon nombre de protagonistes. L’auteur ne choisit pas son camp. Il nous fait découvrir des horreurs. Certains passages sont quasiment muets pour laisse totalement la place au trait de Breccia. Il peut ainsi faire passer des sentiments forts par ses seules illustrations. Cet album marque un équilibre entre le texte et le dessin d’une rare finesse.

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Vous l’aurez compris, cet ouvrage m’a conquis. Je le trouve d’une grande qualité. Avant de m’y plonger, j’ai relu ses trois prédécesseurs. J’ai été impressionné par la force et l’intensité qui s’en dégage. « Avril 1915 Les Dardanelles » ne déroge pas à cette règle. Il confirme que « Les Sentinelles » est une série unique dans son genre qui arrive à sublimer un concept de départ original et novateur. Il ne reste plus maintenant qu’à attendre la suite. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 18/20

Kickass 3, T1 : Civil War – Mark Millar & John Romita Jr

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Titre : Kickass 3, T1 : Civil War
Scénariste : Mark Millar
Dessinateur : John Romita Jr
Parution : Mai 2014


J’ai découvert l’univers de « Kick Ass » lors de la sortie de son adaptation dans les salles obscures il y a quatre ans. Ce film se démarquait dans l’univers dense des super héros pour plusieurs raisons. La première, dénoncée par bon nombre de critiques lors de sa sortie, était la violence qui transpirait de l’écran tout au long de la séance. L’idée de voir une gamine de treize ans trucider des mafieux à tout bout de champ et sans aucun état d’âme avait créé quelques malaises. La seconde concernait la nature même du héros. Il était un ado geek et transparent. Il n’avait ni pouvoirs, ni fortunes, ni revanches à assouvir. Il était juste fan de comics et rêver d’être un super héros. L’opus de Matthew Vaughn m’a enthousiasmé et m’a incité logiquement à partir à la découverte du bouquin qui l’a inspiré. Cette aventure est coécrite par Mark Millar et John Romita Jr. Les parutions américaines des méandres de Dave Lizewski sont éditées chez Panini Comics dans la collection 100% Fusion Comics. Depuis, je m’offre les différentes suites pour connaître le devenir de ce super-héros pas comme les autres et de son acolyte Hit Girl.

Dernièrement je me suis plongé dans « Kick Ass 3 ». Découpé en deux parties, ma critique d’aujourd’hui porte sur la première d’entre elles intitulée « Civil War ». Elle est apparue dans les librairies au mois de mai dernier. A l’image des opus précédents, elle se compose de cent vingt planches et regroupe les cinq épisodes américains initiaux de « Kick Ass 3 ». Le tome précédent s’était conclu par une bataille rangée entre les gentils et les méchants costumés. Cette guerre sanglante avait évidemment des conséquences pour nos deux héros. Dave avait poussé son ennemi historique et l’avait laissé dans la rue les os brisés. De son côté, Hit Girl avait été arrêté et s’apprêtait à passer une grande partie des années à venir derrière les barreaux. L’éditeur offre un résumé précis et concis des événements passés et permet ainsi de commencer la lecture avec des prérequis solides.

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Une introspection s’impose.

J’étais curieux de savoir quelle voie allait prendre l’intrigue. En effet, Hit Girl est emprisonné. Le grand méchant est hospitalisé pour quelques temps. La quête de Kick Ass semblait être terminée. La logique voulait qu’il entre dans une routine de ronde dans les rues de la ville avec ses collègues super héros pour aider la veuve et l’orphelin. Evidemment, la confrérie se fixe rapidement pour mission de délivrer leur mythique alliée en organisant son évasion. Mais le projet est de bien trop grande ampleur pour chacun d’entre eux et leur quête reste à l’état de mission. Finalement, l’essentiel de la trame se construit autour du personnage de Dave et l’introspection qu’il s’impose. Ses rêves de justicier existent toujours mais la dure réalité qu’il a vécue a tendance à lui rappeler l’attrait d’une vie plus classique. Dave rencontre l’amour et sa nouvelle relation cohabite difficilement avec ses nuits en costume. Même si ce dilemme n’est pas novateur, il est intéressant ici tant l’identification avec le héros est plus évident qu’avec un riche héritier ou un étudiant piqué par une araignée radioactive. Il s’agit, à mes yeux, de l’aspect le plus prenant de la lecture. On erre dans les pas d’un adolescent qui a été dépassé par les événements et qui essaie tant bien que mal de remettre sa vie à l’endroit sur des rails moins fragiles.

Kickass3bParallèlement, les auteurs font exister Hit Girl et Mother Fucker. La première gère de manière dictatoriale la prison et chacune de ses apparitions sont drôles tant elles sont démesurées et insensées. Une des forces de la saga est de rendre cohérent et crédible dans son univers ce personnage. On est plus choqué de voir une petite fille fumer une clope ou torturer un mafieux de passage. Sa part de l’histoire est incontestablement, par ses excès, la plus légère et celle qui utilise le plus l’humour. De son côté, les moments passés auprès de Mother Fucker semblent avoir pour objectif de reconstruire un monstre aux abois jusqu’alors. On sent la montée en puissance vers un affrontement final. Sans tout vous dévoiler, il faut savoir que le camp des méchants s’agrandit et se complexifie légèrement.

Concernant les dessins, ils sont dans la lignée du reste de la série. Je ne suis pas un grand fan du trait qui m’apparaît moins travaillé que dans certaines sagas plus classiques et européennes. Néanmoins, les personnages sont aisément assimilables et l’univers urbain dans lequel ils gravitent est crédible. La force du style de John Romita Jr est de faire gicler le sang et de montrer la violence avec éclats et sans aucun tabou. De ce fait, cet ouvrage n’est pas à mettre en toutes les mains. L’animalité des affrontements est montrée sans aucun filtre. Cela fait partie de l’identité de l’œuvre mais pourra légitimement en détourner certains lecteurs.

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Pour conclure, ce nouveau tome offre une suite honnête aux pérégrinations de Dave. La qualité est comparable à celle qui accompagnait la lecture des précédents albums. Nous pourrons toujours regretter que l’intrigue ne soit pas sublimée et ne prenne pas un nouvel envol plus enthousiasmant. La flamme est entretenue sans pour autant être ardemment alimentée. Il faudra s’en contenter…

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Note : 12/20

Kick-Ass 2, T1 : Restez groupés ! – Mark Millar & John Romita Jr.

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TItre : Kick-Ass 2, T1 : Restez groupés !
Scénariste : Mark Millar
Dessinateur : John Romita Jr.
Parution : Juin 2012


« Kick-Ass 2 » est, comme son nom l’indique, la suite de « Kick-Ass ». J’avais découvert cet univers par son adaptation cinématographique. J’avais trouvé le film vraiment excellent et m’étais donc intéressant au comic qui l’avait inspiré. Même si le bouquin n’atteignait pas la qualité de son passage sur grand écran, j’étais suffisamment curieux pour m’intéresser aux nouvelles aventures du héros. L’ouvrage que je me suis offert regroupe les quatre premiers chapitres édités aux Etats-Unis. Composé d’une centaine de pages, le bouquin est édité chez Panini Comics dans la collection 100% Fusion Comics. D’un format comics classique, il est vendu pour un petit peu plus de onze euros et est apparu dans les rayons en juin dernier. Le scénario est l’œuvre de Mark Millar et les dessins de John Romita Jr.

Le premier tome nous avait permis de découvrir Dave, adolescent geek des plus classiques. Néanmoins, il décide de devenir superhéros sans pouvoir ni structure derrière lui. Il erre donc dans la rue costumé dans le but d’aider qui en aurait besoin. Mais quand on est un nerd et qu’on croise les méchants, on ramasse. Néanmoins, il obtient une popularité énorme quand une de ses interventions fait la une sur Youtube. Sa célébrité le met en contact avec Hit Girl et Big Daddy, deux superhéros qui ne rigolent pas. La première démantèlera dans le sang la mafia locale pendant que son père meurt de tortures. Mais Red Mist, ennemi juré de Kick-Ass rêve de vengeance…

La violence habite toutes les pages.

Cette suite débute de manière plutôt calme. Hit Girl essaie de devenir une fille de dix ans comme les autres. Kick-Ass rêve de voir une association de superhéros se former. Son souhait se réalise quand il est contacté par un groupe de vengeurs masqués. Ils sont prof, employé ou étudiant le jour. Mais la nuit ils deviennent Night-Bitch, Insect-Man ou le Colonel. Mais leur idéal prend du plomb dans l’aile quand réapparait Red Mist et sa clique. Je dois tout de suite vous préciser que ce bouquin ne s’adresse pas à tous les publics. La violence habite quasiment toutes les pages et le dessin se fait le devoir d’être particulièrement explicite. Il faut le savoir avant de s’y plonger. Les auteurs ne se fixent pas vraiment de limites dans le domaine.

Mais « Kick-Ass 2 » n’est pas uniquement un amas de trash, de gore et de violence. Je trouve que l’histoire est plutôt intéressante. Il n’est jamais évident d’offrir une suite à une intrigue qui n’en nécessitait pas forcément. On se laisse prendre par les différentes voies choisies par le scénariste. L’arrivé de Kick-Ass dans une guilde de superhéros, la difficulté pour Hit Girl pour être « normale », les rapports entre Dave et son père, le retour de Red Mist… Tout cela offre une lecture plutôt prenante. J’ai découvert la centaine de pages avec curiosité et empressement. La dernière page attise notre volonté de découvrir la suite au plus vite. La montée en intensité ne cesse tout au long de la narration. Les premières pages sont le calme qui précède une tempête qui ne cesse de grandir.

L’intérêt de Kick-Ass réside dans le fait qu’il est super héros qui n’est ni super ni héros. Il est un adolescent avec un costume. Il n’a que sa bonne volonté comme arme. Cela génère logiquement une empathie pour Dave. On s’identifie facilement à son quotidien puisqu’il n’a finalement rien qu’on ne peut avoir. Le fait qu’il traine tous les codes du loser le rend profondément sympathique. Contrairement à la version cinématographique, la jolie fille du lycée le déteste et ne lui parle pas. « Tout est bien qui finit bien » semble être bien peu adapté aux aventures de notre héros. Cela participe au plaisir de la lecture.

N’étant ni adepte ni connaisseur des comics, les dessins de John Romita Jr sont d’un genre différent de celui de mes lectures habituelles. La découverte n’est pas désagréable. Je trouve les pages très denses sur le plan des couleurs et des illustrations. On est loin du style épuré de certains auteurs. Les personnages sont très expressifs et excessifs. L’auteur se fait également plaisir dès que l’action est de sortie. Sa représentation de la violence ne laisse pas indemne. Je trouve que cela participe à l’atmosphère de la lecture quitte à générer un malaise à certains moments.

En conclusion, cet ouvrage offre une suite honorable à l’œuvre de départ. Je me suis laissé prendre dans l’histoire sans chercher pour autant à me montrer très exigeant avec une série que je trouve divertissante sans être mémorable. Il répondra aux adeptes des lecteurs curieux de connaitre la suite des aventures de Dave. Je suis d’ailleurs curieux de découvrir le second tome de « Kick-Ass 2 » pour connaitre le dénouement de cette histoire aux tendances apocalyptiques…

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Note 12/20

Kick Ass, T1 : Le Premier Vrai Super-Héros – Mark Millar & John Romita Jr

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Titre : Kick Ass, T1 : Le Premier Vrai Super Héros
Scénariste : Mark Millar
Dessinateur : John Romita Jr.
Parution : Mars 2010


En 2010 sortait le film « Kick Ass ». A force d’entendre des critiques élogieuses sur le film, puis sur le comics, j’ai décidé de lire l’œuvre de Mark Millar et John Romita Jr. Kick-Ass est le « premier vrai super héros » au sens où il pourrait vraiment exister. Pas de super pouvoir, de batmobile ou autre gadgets. Alors évidemment, quand on est un « vrai » super-héros, ça fait mal…

Dave est un ado très ordinaire. Si ce n’est la mort de sa mère quand il avait 14 ans. Mais cette mort n’est même pas due à un baron du crime, mais à des raisons médicales. Pendant les premières pages, on apprend finalement que Dave est tellement normal qu’il n’a aucune raison d’être un super héros. Mais il va quand bien même décider de s’habiller d’une combinaison de plongée et d’arpenter les rues la nuit pour combattre le crime…

« Kick-Ass » se base sur le fait que Dave n’étant pas extraordinaire, il souffre énormément de ses blessures. Même psychologiquement, il a peur de se retrouver enfermé en prison pour meurtres. A chacune de ses sorties, il se convainc donc de ne plus recommencer, mais l’appel de la rue est plus fort. Si bien que pour bien appuyer son propos, « Kick-Ass » est particulièrement violent et gore. La première scène où apparaît Dave, il est soumis à la gégène. Des gerbes de sang éclaboussent toutes les scènes d’action. Cette surabondance de gore est assez impressionnante, même pour un comics. Il y en a tant que ça en devient presque complaisant.

Un super-héros sans pouvoir.

Le thème de départ est plutôt intéressant : que serait un super-héros sans pouvoir ? Cependant, rapidement, une fois le constat de départ posé, on tourne un peu en rond. Sans surprise, il faut l’arrivée d’autres personnages (Hit Girl et Big Daddy, beaucoup plus efficaces que Kick-Ass) pour relancer l’intérêt de l’histoire et donner envie de lire le deuxième tome.

Au niveau du dessin, il n’y a pas grand chose à redire. Le trait est dynamique, fluide et très lisible. Les cases sont souvent très grandes, si bien que le tout se lit assez vite. Le sang est rapidement omniprésent dans les scènes d’action et la violence très visible (un homme se voit couper le crâne dans le sens de la longueur, un autre est broyé dans sa voiture…). Le dessin est vraiment dans son époque : on ne suggère pas, on montre.

J’ai été très gêné sur un point de « Kick Ass » : la façon dont les auteurs appuient sur la banalité de Dave au début m’ont vraiment fait tiquer. Ils s’arrangent pour le rendre le plus « normal » possible. Il déclare même qu’il n’a « rien de particulier ». L’ajout ensuite de références qui parleront aux ados (il regarde Scrubs, Heroes, écoute Stereophonics…) me font penser que les auteurs ont voulu vraiment pousser le processus d’identification à fond pour cette tranche d’âge. Le fait que Dave « pirate les séries sur internet et regarde des sites porno » vont également dans ce sens. N’étant pas dans la cible, j’ai eu l’impression de ne pas être prévu pour ce comics.

J’ai été assez déçu par cette BD. Elle a tout selon moi du pétard mouillé : une bonne idée de base qui tombe bien dans de la violence gratuite et démonstrative. Je pense qu’il y avait matière à faire mieux. Kick-Ass se lit donc plutôt bien mais il lui manque peut-être un peu plus d’humour (ou de noirceur) pour passer au niveau supérieur.

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Note : 10/20

Punk rock Jesus – Sean Murphy

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Titre : Punk rock Jesus
Scénariste : Sean Murphy
Dessinateur : Sean Murphy
Parution : Septembre 2013


J’avais lu beaucoup de bien de « Punk rock Jesus » et c’est avec joie que j’ai pu me le procurer dans ma bibliothèque. Il faut dire que le titre est particulièrement accrocheur (voir racoleur, puisqu’il ne correspond que peu au contenu de l’album) et la couverture, toute en noir et blanc, puissante. Le tout est dessiné et scénarisé par Sean Murphy, dans la tradition du comics indépendant. Le tout est publié chez Urban Comics pour plus de deux cents pages de lecture.

Le pitch de cet ouvrage est le suivant : une société de production télévisuelle crée un (supposé ?) clone de Jesus Christ à partir d’ADN prélevé sur le Saint Suaire. Elle construit une émission de téléréalité, baptisé J2, autour de cette naissance et de ce nouveau messie. Ce dernier est isolé sur une île en compagnie de sa mère, de la scientifique qui a permis sa naissance et d’un garde du corps ancien de l’IRA.

Religion, puritanisme & punk rock

PunkRockJesus2Sean Murphy s’attaque essentiellement à trois sujets : le premier est une critique de la religion et du fondamentalisme. Plus précisément, il attaque les évangélistes américains. Sa deuxième victime est donc le puritanisme américain, que Chris (et pas Jesus !) fera exploser en chantant dans un groupe de punk rock. Enfin, le dernier thème est bien évidemment la téléréalité en tant que tel, avec isolement des personnes et toute puissance de la production sur leurs vies.

Si les sujets de ce comics sont des plus intéressants, le traitement laisse à désirer. Le tout est souvent manichéen (seul le personnage Thomas possède une vraie profondeur) et excessif. Ainsi, la société de production est isolée sur une île où elle contrôle tout, les fondamentalistes chrétiens font des actions commandos… Bref, c’est une analyse proche de la crise d’adolescence que fait Chris pendant la BD. Il se rebelle et rejette tout, sans analyse vraiment poussée. Si bien qu’on est un peu déçu devant le traitement de l’histoire. Surtout, le passage de Chris dans le punk rock paraît complètement forcé et est amené par : « Thomas a laissé des disques de punk, tiens je vais les écouter. »

Ainsi, le message est trop appuyé, soit par les discours, soit par une violence excessive. De même, la durée du bouquin est inutile. On finit par s’ennuyer un peu devant les multiples tentatives d’évasion de la prison. Une impression de redondance s’installe et, au final, en fermant l’ouvrage, on reste sur un goût d’inachevé. Malgré tout, le livre réserve son lot de surprise et de coups de théâtre. Dommage que cela ne soit pas amené de façon plus subtil, encore une fois. Finalement, l’ouvrage vaut pour son personne de Thomas, le garde du corps. On ouvrait d’ailleurs le livre sur lui. Son histoire nous est pleinement racontée, en commençant par son enfance et sa jeunesse à l’IRA. Du coup, ses réactions sont moins prévisibles et ses ressentis bien plus intéressants. Spectateur avant tout de l’expérience, il en deviendra un acteur essentiel par la force des choses.

Au niveau graphique, Sean Murphy impressionne par son dessin en noir et blanc magnifique. C’est expressif, bourré d’influences diverses et variées et c’est maîtrisé de bout en bout. C’est vraiment le gros point fort du bouquin. Les cases sont souvent chargées, mais dans les scènes d’action, les planches font preuve d’un dynamisme incroyable. Bref, c’est beau et stylisé !

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« Punk rock Jesus » m’a vraiment laissé sur ma faim. Le pitch de démarre en fait immanquablement un ouvrage intéressant, mais le traitement ne m’a pas paru à la hauteur. Trop centré sur les Etats-Unis d’Amérique (présenté comme LE pays chrétien par excellence), il se perd un peu à enlever le caractère éminemment universel d’un nouveau Messie. Dommage.

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Note : 11/20

 

Bone, T4 : La nuit des rats-garous – Jeff Smith

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Titre : Bone, T4 : La nuit des rats-garous
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Mars 1997


« Bone » est le seul comics à trôner dans ma bibliothèque, même si un tome de « Sin City » s’est discrètement glissé entre deux bande-dessinées franco-belge. Découverte par hasard dans la médiathèque du quartier, ce mélange d’aventure et d’humour m’a pleinement séduit. Après trois premiers tomes exceptionnels, le propos se corse. « La nuit des rats-garous » annoncent de sombres évènements, comme l’indique parfaitement la couverture. Le tout est toujours édité chez Delcourt pour 88 pages. C’est l’un des tomes les plus légers en termes de pagination.

Clairement, on sent un petit problème de découpage dans cette édition. On reprend l’histoire en pleine forêt, sous le déluge… Qu’importe, le plaisir reste le même. Mamie Ben fuit et est rattrapée par Thorn et Fone Bone. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Cernés par les rats-garous qui écument la forêt, le trio tente de survivre.

Le tome des révélations

Ce tome est LE tome des révélations. Après un début plutôt léger, le propos se durcit. On apprend enfin qu’est-ce que la vallée, les forces en présence, son passé, etc. Le récit prend une autre tournure. Mais la deuxième partie du tome est elle pleinement humoristique. Lucius et Phoney se lancent dans le concours à la taverne. Chacun son côté et les gens consomment où ils le veulent. Même si la compétition semble là pour montrer le caractère de Phoney, cela aura évidemment bien plus d’importance…

Jeff Smith continue ici son mélange savoureux. De l’humour, du romantisme, de l’aventure, de l’héroïc fantasy… Le travail sur les ambiances est remarquable notamment pour cette fameuse « Nuit des rats-garous ». Son découpage donne une vraie puissance à l’ouvrage. Inspiré de l’animation, de nombreuses cases se suivent avec le même cadrage, changeant juste un petit détail de l’une à l’autre. Ce travail proche du dessin-animé par moment donne une fluidité à la lecture et permet de jouer aussi bien sur la peur que sur le rire !

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Au niveau du dessin, Jeff Smith produit des noirs et blancs particulièrement beaux dans ce tome nocturne. La représentation de la foudre, de la pluie est formidable ! Je suis conquis depuis bien longtemps par le trait rond et expressif de l’auteur. Sa capacité à mélanger cartoon et dessin réaliste est un modèle du genre !

« La nuit des rats-garous » est un tome charnière dans la série « Bone ». Il pose (en partie) les enjeux, ce qui n’était pas vraiment le cas auparavant. On passe de quêtes immédiates à une quête plus générale, ce qui change fortement la donne pour les personnages.

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Note : 19/20

Bone, T3 : Rêves et cauchemars – Jeff Smith

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Titre : Bone, T3 : Rêves et cauchemars
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Septembre 1996


« Bone » a été l’une de mes plus grandes surprises de lecture. Ce comics mélangent autant les codes graphiques que les genres dans une fusion de très grande qualité. On y retrouve des bones, personnages de cartoon exilés de Boneville, qui arrivent dans une vallée teintée d’héroïc-fantasy. Le début de l’histoire est très légère, pleine d’humour, bien que déjà les rats-garous sèment le trouble. Le tout est publié chez Delcourt. Je prends ici pour référence la première version publiée en noir et blanc.

Smiley et Phoney, suite aux paris truqués, sont obligés de travailler pour Mamie Ben, puis pour Lucius. Les voilà donc à la ferme pour reconstruire le tout après l’attaque des rats-garous. Si Smiley est toujours de bonne humeur, Phoney cherche à tout prix un moyen de repartir à Boneville couvert d’or. Problème : Fone Bone est amoureux de la belle Thorn et sa motivation de retour d’exil est toute relative…

L’ambiance est encore à la « bone » humeur

Dans ce troisième tome, l’ambiance est encore à la bonne humeur. Les trois bones sont ensemble et les situations cocasses sont légions. Mais les rêves s’invitent aussi bien chez Thorn que chez Fone Bone. Les enjeux réels restent ici encore flous mais le mystère s’épaissit et titille notre curiosité. Ce tome reste l’un des plus courts parus, l’histoire avance donc peu. A la fin de l’ouvrage, les bones sont une nouvelle fois séparés, laissant présager de nouvelles péripéties.

Clairement, le début de cette épopée est la partie que je préfère. Mêlant humour, suspense et aventure, c’est un cocktail détonnant ! C’est toujours le cas ici où, après des passages très drôles, une scène vient nous rappeler que l’heure est à l’inquiétude… Ce sont les derniers moments d’insouciance avant que les problèmes n’arrivent…

Concernant le dessin, ce tome est particulièrement beau. En effet, une bonne partie de l’histoire se passe en pleine averse et en pleine nuit, donnant lieu à des planches en noir et blanc de toute beauté. Jeff Smith est ici au sommet. Son trait au pinceau est une merveille. L’environnement est pourtant très simple (la forêt et la ferme…), mais parfaitement rendu. Et surtout, l’auteur parvient à mixer dessin cartoon et réaliste avec une aisance stupéfiante. Du grand art.

Jeff Smith a pris son rythme de croisière avec ce « Rêves et cauchemars ». Les enjeux ne sont pas encore très clairs pour le lecteur, mais la tension monte lentement…

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Note : 19/20

Bone, T2 : La grande course – Jeff Smith

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Titre : Bone, T2 : La grande courses
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Avril 1996


 « Bone » est certainement l’une des séries que j’ai le plus appréciées. De part son côté transatlantique, c’est aussi l’un des rares comics qui peuple ma bibliothèque. Le premier tome nous avait présenté les trois Bone : Fone, le rêveur sentimental, Smiley qui sourit tout le temps mais fait preuve d’un QI limité et Phoney, irascible et toujours prêt à arnaquer le monde. Perdus en plein désert, ils avaient découvert la vallée et ses habitants. Le deuxième tome fait honneur à la grande course de vaches… Le tout est publié chez Delcourt.

Nous retrouvons donc Thorn, la jolie fille et Fone, son soupirant en plein marché. C’est la foire et leurs aventures semblent terminées. Les Bone doivent retourner à Boneville dans deux jours. C’était sans compter sur Phoney qui espère truquer les paris de la course avec une vache mystère. Cette vache serait capable de concurrencer Mamie Ben (qui court avec les vaches…). On voit tout de suite que l’humour est bien présent dans cette série. Cette dernière a le mérite de mélanger plein de styles : aventure, héroïc-fantasy et humour. Ce deuxième tome est certainement l’un des plus légers de la série. Tous les personnages sont présents au même endroit, ce qui laisse la place à de succulentes situations. Et bien évidemment, à la fin de l’ouvrage, les Bone ne sont toujours pas rentrés…

Un mélange improbable

« Bone » est un mélange assez improbable qui permet à l’auteur de créer une œuvre originale et pleine de personnalité. Ainsi, nous ne savons pas vraiment ce que sont ces Bone, aux traits ronds et au nez énorme. Et visiblement, ça ne choque personne. Ces derniers discutent avec les animaux ou les humains indifféremment. Et au milieu de tout cela, un dragon apparaît régulièrement… C’est la magie de « Bone » ! Les personnages sont vraiment bien écrits, à l’image de ces deux rat-garous qui se disputent pour savoir s’il faut manger Fone Bone en ragoût ou… en quiche !

Ce tome est certainement l’un des plus brillants que Jeff Smith ait écrit. Il se situe à un moment critique. Le ton reste léger, mais déjà les zones d’ombres commencent à se dégager. Les pièces du puzzle s’emboîtent sans que l’on sache vraiment vers où tout cela va nous mener.

Concernant le dessin, je mets un point d’honneur à lire la version en noir et blanc (colorisée depuis). Le trait tout en rondeur de Jeff Smith est une vraie splendeur. On ressent le pinceau glisser sur la feuille ! Le traitement du noir et blanc est splendide et le mélange des styles (réaliste et cartoon) fonctionne parfaitement. Du grand art !

Ce tome est une véritable merveille. Difficile de ne pas tomber amoureux de cet univers, tant il nous rappelle notre enfance sans nous traiter pour autant comme des enfants. A ce stade, Jeff Smith tient déjà son chef d’œuvre et il confirmera pas la suite tout son talent.

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Note : 19/20