Tu mourras moins bête, T2 : Quoi de neuf, Docteur Moustache ? – Marion Montaigne

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Titre : Tu mourras moins bête, T2 : Quoi de neuf, Docteur Moustache ?
Scénariste : Marion Montaigne
Dessinatrice : Marion Montaigne
Parution : Septembre 2012


J’ai découvert le travail de Marie Montaigne à travers son blog. Chacun de ses nouveaux billets était un condensé d’humour et de science. L’auteur montrait une vraie capacité à rendre accessible la biologie, la physique ou la chimie à tout le monde grâce à un vrai talent de vulgarisation couplé à un ton réellement décalé. C’était donc avec beaucoup de joie que j’avais découvert la transcription de son univers sur papier via la parution de « Tu mourras moins bête – La science, c’est pas du cinéma ! ». Elle y regroupait toute une série d’histoire dont le point commun était le cinéma. L’ouvrage s’avérait être de qualité et a été accompagné dans les rayons d’un honnête succès critique. En septembre dernier, est sorti le second opus des aventures du docteur Moustache intitulé « Quoi de neuf, Docteur Moustache ? ». Le professeur nous plonge maintenant dans le corps humain. Et c’est loin d’être triste !

Comme dans l’épisode précédent, l’ouvrage se décompose en une succession de petites histoires tout au long des deux cent cinquante pages. Chacune est la réponse à une question telle que « Comment le corps traque les virus ? » ou « Comment ça marche, les rêves ? ». Cela permet de ne pas lire le bouquin d’une seule traite. On peut le feuilleter à tout moment en choisissant une page au hasard. La densité des propos fait qu’il est dur de digérer tout l’album d’une traite. Pour la savourer, il me parait indispensable de le lire en plusieurs étapes. Il ne faut pas voir dans cette remarque une critique. Les dialogues sont travaillés et une lecture trop longue risque d’empêcher d’en profiter pleinement.

On peut apprendre en s’amusant.

Le fait que Marion Montaigne vulgarise la science ne l’empêche pas de s’appuyer sur des vérités scientifiques étayées. Les références bibliographiques qui concluent le livre en sont la preuve. Cet album veut donner raison à la théorie qui dit qu’on peut apprendre en s’amusant. Il est donc à la fois drôle et intéressant de découvrir les réflexions du cerveau pour reconnaitre les gens ou le quotidien d’un globule blanc traquant les bactéries étrangères. Certaines anecdotes tendent davantage vers le côté universitaire, d’autre vers un côté plus graveleux. Mais dans l’immense majorité des exposés, l’équilibre science – humour est respecté.

On trouve quasiment une trentaine d’histoires. Elles ne sont évidemment pas toutes d’un même attrait. Certaines répondent à une interrogation très décalée : « Est-ce grave d’avoir un petit zizi ? » ou « Pourquoi l’ovulation de la femme est invisible ? ». D’autres sont plus classiques médicalement : « Comment fonctionne le système immunitaire ? » ou « Comment le corps traque les virus ? ». Enfin, certaines nous plongent dans l’Histoire auprès d’Ambroise Paré ou d’Aristote. Certains pourraient trouver que beaucoup des propos sont situés sous la ceinture. Je n’ai pas eu ce sentiment. De plus, il faut se l’avouer, bon nombre des interrogations concernant notre corps sont liées de près ou de loin à cet endroit.

Les dessins ne sont pas nécessairement faciles d’accès. Le trait apparait brouillon et négligé à la manière de celui d’un Reiser. Néanmoins, on s’y habitue rapidement et la capacité de Montaigne à donner un ton caricatural à ses illustrations participe à la bonhommie de la lecture. Les textes étant denses, il est important que les dessins ne surchargent pas davantage la page. L’auteur arrive à trouver cet équilibre en faisant disparaitre tout découpage apparent des cases et en se contentant de faire apparaitre le minimum de décors utile à la cohérence du propos.

Tout cela fait que « Quoi de neuf, docteur Moustache ? » un ouvrage de qualité qui s’avère assez unique dans son genre. Après le très réussi « La science, c’est pas du cinéma ! », l’essai est transformé avec ce voyage au plus profond de chacun d’entre nous. Je ne peux donc vous en conseiller la lecture. De mon côté, il ne me reste plus qu’à attendre la parution du prochain épisode. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 14/20

Tu mourras moins bête, T1 : La science, c’est pas du cinéma ! – Marion Montaigne

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Titre : Tu mourras moins bête, T1 : La science, c’est pas du cinéma !
Scénariste : Marion Montaigne
Dessinatrice : Marion Montaigne
Parution : Septembre 2011


Marion Montaigne s’est créé une forte réputation dans la blogosphère grâce à ton blog « Tu mourras moins bête ». Dans ce dernier, elle se représente en Professeur Moustache (avec un moustache donc, curieux pour une femme !) ayant pour but de vulgariser la science. Avec un thème original, Marion Montaigne s’est ainsi garanti une forte visibilité. Ajoutez à cela beaucoup d’humour et vous avez un blog à succès !

Comme beaucoup de blogs célèbres, « Tu mourras moins bête » est désormais édité en format papier chez Ankama Editions. Cette conversion d’un numérique gratuit vers un objet papier payant est toujours délicate et pas toujours réussie. Qu’en est-il ici ?

Ce premier tome est intitulé « La science, c’est pas du cinéma ». Marion Montaigne s’attaque donc aux films et aux séries qui, souvent, vulgarisent eux-mêmes la science. On retrouve donc plusieurs chapitres : action, science-fiction et séries télé (où on retrouvera une analyse de Jurassic Park…). Ce regroupement en chapitres n’est pas forcément très judicieux car il reprend des thèmes proches, apportant un peu de redite. Un mélange simple aurait peut-être été plus pertinent.

On prend alors pleinement conscience du travail effectué.

Car ce premier tome est très fourni. 255 pages sont au rendez-vous avec beaucoup de textes. Bref, il y a peu de chances que vous le lisiez d’une traite. On prend alors pleinement conscience du travail qu’effectue régulièrement Marion Montaigne sur son blog. Alors que sur internet, la lecture verticale est choisie, ici on retrouve une lecture plus traditionnelle. Le tout est segmenté (le plus souvent en trois cases verticales) et on s’aperçoit que de nombreuses pages constituent une seule note de blog.

La vulgarisation scientifique menée par Marion Montaigne est efficace et facilement compréhensible. Quelques chiffres et données sont soutenus par un humour grinçant très efficace. Il n’est pas rare que l’on rit devant les aventures du Professeur Moustache. C’est vraiment là où réside la grande qualité de cet ouvrage : on apprend des choses tout en rigolant. Seul bémol : les liens que Marion Montaigne ajoutaient à la fin de chaque note qui faisaient office de bibliographie ne sont évidemment pas disponibles ici. Pour ma part, je n’allais pas les visiter et ça ne m’a jamais empêché d’apprécier son blog !

Ce premier tome est orienté séries/films et possède donc de nombreuses références. Même si connaître les films en question n’est pas forcément nécessaire pour apprécier les différentes histoires, c’est quand même mieux. Concernant les films, je les avais (presque) tout vus ou au moins, j’en connaissais les grandes lignes. En revanche, je ne connaissais absolument pas les séries et cela ne m’a pas empêché de rire.

Le dessin, très relâché de Marion Montaigne avec des touches de couleur, n’est pas sans rappeler Reiser. De même que ses techniques narratives d’ailleurs. Tout le monde n’aimera pas ce style de dessin à l’aspect brouillon. Personnellement, je trouve que c’est un régal !

Chaque début de note commence par une carte postale qui pose une question au Professeur Moustache. Pour l’occasion, ce sont des auteurs qui les ont dessinées. On ne peut que saluer cette initiative. De même, l’ouvrage en lui-même est de très bonne qualité. Le papier est épais, l’ouvrage bien finalisé. Clairement, l’acheteur n’aura pas l’impression de se faire avoir !

Au final, ce passage au format papier est réussi. L’ouvrage est de bonne qualité et l’humour de Marion Montaigne fait mouche. Certes, les répétitions sont plus flagrantes en papier que sur une mise à jour d’un blog, mais l’humour fait mouche bien souvent.

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Note : 15/20

Les femmes en blanc, T36 : Neuf fois de gros stress – Raoul Cauvin & Philippe Bercovici

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Titre : Les femmes en blanc, T36 : Neuf mois de gros stress
Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Philippe Bercovici
Parution : Mars 2014


Depuis plus de dix ans, les rayons de librairie sont envahis par bon nombre de séries centrées sur un corps de métier. Les enseignants, les CRS, les pompiers, les psys… Tout le monde possède ses albums décrivant son quotidien de manière humoristique. Le moins que je puisse dire est qu’il y a à boire et à manger. Bien souvent, il s’agit d’albums relativement médiocres dont les ficelles sont trop grosses pour chatouiller efficacement les zygomatiques. Néanmoins, parmi les plus anciennes, certaines m’ont conquis depuis que je suis enfant. « Pierre Tombal » ou « Les femmes en blanc » font partie de celles-là. Ma critique d’aujourd’hui porte sur le dernier de tome de la dernière citée. Il s’intitule « Neuf mois de gros stress » et est sorti dans les bacs en avril dernier. Cet album est scénarisé par Raoul Cauvin et dessiné par Philippe Bercovici.

Le site BDGest’ propose le résumé suivant : « Le miracle de la vie… dans les coulisses de l’hôpital. Gérer le stress, c’est la spécialité des femmes en blanc, et à l’hôpital, elles ont de quoi faire ! Entre les futurs pères en panique, les inquiets chroniques et les éclopés en tout genre, pas moyen de lever le pied. C’est ça, le miracle de la vie… dans les coulisses de l’hôpital ! »

Divertir sans trop réfléchir.

Pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de lire un des tomes de la série, je vais rapidement vous présenter la structure narrative. L’ouvrage est de format classique et se compose de quarante-six planches. Il se décompose en une suite de gags qui peuvent s’étaler sur une à trois pages. Chacun est indépendant du précédent et du suivant. Cela fait qu’un tel album peut se feuilleter au gré des envies et du temps libre. Il peut être ouvert à n’importe quel page sans gâcher la lecture. Son seul but est de divertir sans trop réfléchir. C’est un objectif louable et apprécié quand il est atteint.

Comme son titre l’indique, les blagues s’insèrent pleinement dans la vie des infirmières. L’auteur arrive à utiliser une certaine variété de cordes à son arc humoristique pour nous faire rire. Il y a évidemment la gestion des patients, les relations avec les médecins, les interactions entre elles mais également leur quotidien de femme en dehors de leur lieu de travail. Chacune de ses thématiques est exploitée de manière équitable tant en quantité qu’en qualité. Raoul Cauvin a une imagination fertile car cela des dizaines d’histoires qu’il a construites dans l’univers hospitalier et il arrive encore à me surprendre.

En effet, une des forces de l’album est d’offrir des chutes imprévisibles. Sans forcément nous faire pleurer de rire, l’auteur arrive par la dernière case à nous surprendre ou à nous faire sourire. J’ai souvent essayé de connaître le dénouement de son gag au fur et à mesure de son déroulement et bien souvent je n’y suis pas arrivé. Il utilise souvent une espèce d’anaphores scénaristiques. Une infirmière nous contente une succession d’anecdotes liées en très peu de temps dans le but d’aboutir à une conclusion marrante. Malgré le nombre parfois important d’événements contés, déjà drôles en soi, je n’arrive pas à découvrir la conclusion de la narratrice. Parallèlement, Cauvin nous présente également des gags en une planche. Ils sont efficaces et légers. La mise en situation est rapide et la fin joue davantage avec les mots que les situations.

Mon seul bémol pourrait concerner les dessins de Bercovici. Je ne leur trouve pas de défauts particuliers. Par contre, je regrette qu’ils se contentent – tout est relatif – d’accompagner le propos sans chercher à le sublimer ou à intensifier son côté humoristique ou parfois caricatural. J’ai toujours le plaisir de retrouver ce trait qui a accompagné mes lectures d’enfance quand je farfouillais dans la bibliothèque parentale. Néanmoins, j’ai toujours l’espoir que la série exploite un de ses axes de progression.

Pour conclure, « Neuf mois de gros stress » fait honneur à la série en se montrant très fidèle aux ingrédients de son succès. Cet album ne possède rien d’exceptionnel mais demeure assez efficace. J’ai pris du plaisir à m’y plonger et l’ai trouvé divertissant. Je pourrais regretter qu’il se lise rapidement mais ce léger défaut est compenser par le fait qu’il se relira toujours avec amusement quand on recherchera un passe-temps plaisant.

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Note : 12/20

Manuel du puceau – Riad Sattouf

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Titre : Manuel du puceau
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Octobre 2003


L’adolescence est un sujet qui semble préoccuper Riad Sattouf. De son premier ouvrage, « Manuel du puceau » à son premier film « Les beaux gosses », en passant par un « Retour au collège », le sujet le passionne. Et c’est évidemment les préoccupants d’ordre sentimental qui sont abordées. D’abord paru chez Bréal, « Manuel du puceau » fut réédité chez l’Association pour 80 pages d’aide à l’adolescent loser. Continuer la lecture de « Manuel du puceau – Riad Sattouf »

Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2009


Je clos ma trilogie « Pascal Brutal » avec cet avis portant sur le dernier opus de ses aventures. Ce troisième tome intitulé « Plus fort que les plus forts » est paru en septembre 2009 aux éditions « Fluide Glacial ». Composé d’une petite cinquantaine de pages, ce bouquin est vendu à 9,95 euros. « Plus fort que les plus forts » tient une place particulière dans la bibliographie de Riad Sattouf. En effet, il a été primé au festival d’Angoulême cette année. Cela a eu pour conséquence de mettre dans la lumière ce cher Pascal et son créateur.

Pascal Brutal est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Il est la virilité. Musclé, plein de testostérone, le bouc bien aiguisé, sa gourmette, ses basket torsion 1992… Voilà comment on peut définir notre « héros ». Il est évolue dans un futur proche dans un monde ultralibéral dont le président de la République est Alain Madelin. Mais dans cet univers, Pascal survit parce qu’il est inimitable…

Découvrir la jeunesse de Pascal Brutal…

Dans le premier opus, Sattouf nous présentait son personnage. Dans le deuxième tome, il partait du principe que Pascal faisait partie de la famille et il nous le faisait suivre dans son quotidien. Dans ce nouvel ouvrage, une nouvelle fois on découvre un Pascal au sommet de sa forme. L’album se décompose en environ une dizaine d’histoires courtes. Cela rend la narration assez rythmée. On découvre la naissance de Pascal et sa petite enfance. Dès les premières heures de sa vie, il était exceptionnel. On le voit faire usage de son charme pour faire succomber miss Bretagne ou une employée du Pole Emploi… Pascal Brutal est le « beauf » qu’on ne supporte pas quand on le croise dans la rue ou dans une soirée. Mais ici, il ne nous inspire ni antipathie ni colère, il nous fait rire. On s’attache à sa personnalité si particulière. C’est un vrai bourrin plein de testostérone qui s’assume pour notre plus grand bonheur…

Un des autres attraits de cet album est son déroulement dans un futur proche très libéral. On découvre de nouvelles lois, de nouveaux modes de fonctionnement. Certains pays ont subi une vraie révolution politique. Bref, sans donner à l’album une dimension politique, il est intéressant de voir un auteur pousser certains principes à l’extrême. On en rigole dans un premier temps, on se pose parfois quelques questions. En tout cas, cela donne une dimension originale supplémentaire à la série.

Ce troisième opus de « Pascal Brutal » est à la hauteur des précédents. Ce n’est pas peu dire. On rigole à chaque bulle et à chaque case. La densité de la trame est certaine. Plusieurs lectures sont nécessaires pour saisir toutes les finesses des dialogues. « Plus fort que les plus forts » est un ouvrage qui peut se lire et se relire sans jamais lasser. Chaque nouvelle découverte est un vrai bonheur. De plus, les dessins sont toujours aussi agréables. C’est avec plaisir qu’on retrouve notre héros et ses acolytes. La signature graphique de Riad Sattouf est reconnaissable et se redécouvre à chaque fois avec plaisir.

Au final, je ne peux que vous conseiller de courir à la rencontre de Pascal Brutal. Vous ne pourrez plus le quitter. Chaque album peut se lire de manière indépendante. Néanmoins, il peut être intéressant de lire les tomes dans l’ordre pour découvrir le héros au rythme choisi par son créateur. De mon côté, il ne me reste plus qu’à attendre la parution du prochain tome que je guette avec attention. Que l’attente va être dure…

gravatar_ericNote : 17/20

Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Août 2007


Il y a peu de temps, j’ai rédigé un avis portant sur le premier opus de la série de bande dessinée « Pascal Brutal ». Aujourd’hui, je m’attaque au deuxième tome intitulé « Le mâle dominant ». Cet ouvrage paru en août 2007 est vendu au prix de 9,95 euros. Il est édité chez « Fluide Glacial » et se compose d’une petite cinquantaine de pages. Son auteur est Riad Sattouf qui est depuis l’an dernier davantage connu pour avoir réalisé « Les Beaux Gosses » que pour ses œuvres littéraires. C’est dommage dans le sens où sa bibliographie gagne à être découverte.

Le premier tome intitulé « La nouvelle virilité » nous faisait découvrir Pascal Brutal. Ce monstre de muscles et de charisme n’est pas viril. Il est la virilité. Il s’agit d’un homme au physique de déménageur, adepte de la castagne et tombeur de ses dames… Par contre, on ne peut pas dire qu’il soit un monument d’intelligence. Mais on ne peut pas tout avoir… Cet opus nous décrivait le quotidien de Pascal, nous faisait acquérir tous ses codes. C’est vraiment drôle et réussi. C’est pourquoi, j’étais enthousiaste en découvrant ce nouvel album.

Dans « Le mâle dominant », l’auteur part du principe que Pascal ne nous est pas inconnu. La présentation est plus succincte. On rentre directement dans le vif du sujet. On suit notre héros dans ses aventures. Son charisme et son charme animal lui permet de se sortir de situations compliquées. Il a un côté « James Bond ». Il s’en sort toujours et avec classe ! On prend vraiment énormément de plaisir à suivre ce « beauf ». Alors qu’il nous agacerait dans notre quotidien, il nous fait rire ici. La lecture prend un ton différent dans cet album. Maintenant que Pascal nous est familier, cela nous permet d’anticiper ses réactions et ses pensées. Il nous dégage un côté familier qui est très agréable.

La particularité de cette série est qu’elle se déroule dans un futur proche dans lequel Alain Madelin fête son troisième septennat à la présidence de la République. Cela permet à l’auteur d’évoquer certains codes actuels comme étant des repères du passé. Cette vision décalée de notre quotidien est intéressante et donne lieu à beaucoup de gags. Il n’est pas toujours facile d’avoir du recul sur ce qui parait être des évidences du présent. Par exemple, suite à un coup d’état, la monarchie belge a été remplacée par une « gynarchie » extrême. C’est-à-dire que les femmes dirigent tout. L’homme est totalement soumis. On découvre également une Bretagne autonome… Bref, les repères géopolitiques sont modifiées pour notre plus grand plaisir tant Sattouf arrive à exploiter tout cela pour nous faire rire.

Comique de situation et dialogues savoureux

L’humour résidant dans cet opus réside dans plusieurs domaines. D’une part, il s’agit d’un comique de situation. Les aventures qui arrivent à Pascal et les modifications historiques donnent lieu à beaucoup de gags « premier degré ». D’autre part, les dialogues sont savoureux. Que ce soit les phrases sortant tout droit du cerveau de notre cher Pascal ou la narration de la « voix off », on n’arrête pas de rire. La densité des gags est d’une rare intensité. Plusieurs lectures sont nécessaires pour en profiter pleinement. De plus, le fait que l’album se décompose en des histoires indépendantes de quatre ou cinq pages, fait qu’on n’est pas obligé de tout lire d’un coup. On peut le découvrir à tout moment par petite touche pour notre plus grand plaisir.

De plus, les dessins sont facilement accessibles. Le trait est simple, les cases sont très colorées. Tout cela participe activement au plaisir de notre lecture. Malgré un style apparemment simple, Sattouf arrive à donner des expressions à ses personnages parfois « cartoonesques ». Bref, « Le mâle dominant » se montre à la hauteur de « La nouvelle virilité ». C’était loin d’être simple… Avec « Pascal Brutal », c’est une série de grande qualité qui s’offre à nous. J’ai hâte de me plonge dans le troisième tome qu’on m’a offert à mon anniversaire. Il s’intitule « Plus fort que les plus forts ». Mais cela est une autre histoire… Bonne lecture !

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Juin 2006


 Grâce à mon frère, j’ai récemment fait une rencontre qui ne laisse pas indifférent. J’ai découvert Pascal Brutal. Ce héros de bande dessinée est un véritable personnage. « Pascal Brutal » est une série actuellement composée de quatreopus. Ils sont nés de la plume de Riad Sattouf célèbre pour avoir réalisé le récent « Les Beaux gosses » au cinéma. Cet auteur prolifique est également connu pour le succès de son album « La vie secrète des jeunes » dont est paru récemment le second tome. Mais tout cela n’est pas le sujet d’aujourd’hui. En effet, je veux vous parler du tome initial de la grande saga de Pascal Brutal intitulée « La nouvelle virilité ». Paru chez « Fluide Glacial », ce bouquin est composé d’une petite cinquantaine de pages. Il est vendu au prix d’environ dix euros.

Il est maintenant temps de vous présenter cet homme « remarquable ». Pascal Brutal vit dans une société dans laquelle Alain Madelin est président de la République. Pascal n’est pas viril, il est la virilité. Cheveux courts, bouc parfaitement dessiné, ultra-bodybuildé, une gourmette qui brille, des baskets Torsion 1992… Voilà qui est Pascal Brutal. Il s’agit du male dans toute sa splendeur. Il préfère réfléchir avec ses muscles qu’avec son cerveau. Et cet album va nous apprendre à le découvrir…

Une histoire contée en voix off.

L’album est construit d’une manière très particulière. Il ne s’agit pas d’une aventure de ce cher Pascal. L’histoire se décompose en une succession de scènes de quelques pages ayant pour unique but de nous faire connaître le héros. Chaque chapitre s’étale sur quatre ou cinq pages. L’histoire nous est également contée par une « voix off » qui commente tout ce qui arrive à notre cher Pascal. Cette « voix » est une des grandes réussites de l’ouvrage. Le ton est décalé et caricatural. On rigole vraiment en comparant le regard subjectif du narrateur et la réalité des actes commis par PB dans la case juste dessous.

pascalbrutal1aCar « La nouvelle virilité » est vraiment une grande réussite sur le plan des dialogues et des textes. Il y a une grande densité de gags, de petites tournures. La qualité est de sortie et aucune case et aucune bulle ne sont négligées. C’est un bouquin qui se savoure petit à petit. Le dévorer d’une traite aurait pour conséquence de se gâcher. Chaque phrase et chaque anecdote sont écrites pour être savourées. Vous n’êtes pas obligé de tout lire d’un coup. Feuilleter quelques pages suffisent à vous chatouiller les zygomatiques et à penser très fort un « Quel con, ce Pascal ! ».

Car Pascal n’est pas futé. C’est le moins qu’on puisse dire. On est quelque part dans la caricature du beauf musclé qui a raison parce qu’il a des poings qui partent vite et qui font mal. Les filles sont folles de son corps et de ses nombreux talents physiques. Pascal est l’homme parfait tant qu’on ne lui demande pas de trop réfléchir. On prend plaisir à se moquer de lui. Ce n’est pas forcément très sain. Mais une chose est sûre, on rigole bien ! N’est-ce pas là le plus important ?

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Concernant les dessins, je les trouve très réussis. C’est la première fois que je découvrais le coup de crayon de Riad Sattouf. Je n’ai pas été déçu. Le style est simple mais sait se montrer au diapason de l’esprit de la bande dessinée. On rentre très vite dans l’histoire. Dès les premières cases, on s’immerge dans la vie de Pascal. Cette réussite est également du aux dessins. Les cases sont colorées et ne devraient pas rebutés ceux d’entre vous qui ne sont pas forcément familiers de la bande dessinée.

Au final, je suis très loin de regretter ma rencontre avec Pascal. J’ai vraiment bien rigolé et j’ai hâte de me plonger dans les deux autres opus de la série. De bonnes tranches de rigolade m’attendent. Je ne peux donc que vous inciter à aller découvrir cet homme qui n’est comme aucun autre. Bonne lecture ! 

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2014


Si Riad Sattouf fait beaucoup parler de lui ces dernières semaines avec son livre « L’arabe du futur », c’est bien la sortie du quatrième tome de « Pascal Brutal » qui me mettait dans tous mes états. Récompensée à Angoulême pour son troisième tome, cette série est un must-have d’humour. Ce nouvel opus, intitulé « Le roi des hommes », nous permet de découvrir un peu plus la vie de Pascal, l’homme le plus viril du monde. Le tout est publié chez Fluide Glacial.

Le monde de Pascal Brutal est assez original… Après l’accession d’Alain Madelin au pouvoir, la France décline et sombre dans un chaos intellectuel et social. Riad Sattouf crée une vision de notre future très pessimiste et pourtant si proche de notre société actuelle. C’est la complète décadence : violence, sexe et QI négatif s’y côtoient en permanence. Et au milieu de tout cela, Pascal Brutal…

Ce bon vieux Pascal, c’est la virilité à l’état pur : des gros muscles, une grosses motos et des femmes qui le veulent tout de suite et maintenant. Mais surtout, c’est une homosexualité refoulée qui ressort régulièrement…

La voix off, point fort de la série

Ainsi, tour à tour, Pascal va essayer de pécho dans la ville des gays, être star du rap, joueur de foot, etc. Riad Sattouf s’amuse à intégrer l’Homme dans toutes les situations possibles, mais toujours dans sa France façon Madelin. C’est d’ailleurs la description de cet univers ultralibérale, par la voix off, qui fait tout le sel de cette bande-dessinée. Au-delà des situations, Riad Sattouf s’amuse à décrire un monde improbable. Cerise sur le gâteau : un certain Riad Sattouf a permis au monde arabe de devenir la société la plus avancée et la plus progressiste (dans le tome 3). Nous retrouvons ainsi un stade Riad Sattouf construit à base de sacs plastiques recyclés…

Si on sourit souvent devant la vie de Pascal, on rit aussi. Cette série possède une telle identité et une telle densité que l’on a du mal à rester indifférent. Le lien avec « La vie secrète des jeunes » est évident. Riad Sattouf sait observer ses contemporains et projettent le tout dans l’avenir. Et ce n’est pas rose…

 Le dessin, simple en apparence, est parfaitement adapté. Les expressions du visage de Pascal sont complexes et participent à notre hilarité. Bref, du lourd.

Avec son quatrième opus, « Pascal Brutal » ne faiblit pas. L’univers et le personnage créés par Riad Sattouf possèdent une véritable originalité et l’auteur sait les utiliser sans se répéter. Une des grandes bande-dessinées d’humour de ces dernières années, dans la plus pure tradition Fluide Glacial !

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17/20

Bone, T4 : La nuit des rats-garous – Jeff Smith

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Titre : Bone, T4 : La nuit des rats-garous
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Mars 1997


« Bone » est le seul comics à trôner dans ma bibliothèque, même si un tome de « Sin City » s’est discrètement glissé entre deux bande-dessinées franco-belge. Découverte par hasard dans la médiathèque du quartier, ce mélange d’aventure et d’humour m’a pleinement séduit. Après trois premiers tomes exceptionnels, le propos se corse. « La nuit des rats-garous » annoncent de sombres évènements, comme l’indique parfaitement la couverture. Le tout est toujours édité chez Delcourt pour 88 pages. C’est l’un des tomes les plus légers en termes de pagination.

Clairement, on sent un petit problème de découpage dans cette édition. On reprend l’histoire en pleine forêt, sous le déluge… Qu’importe, le plaisir reste le même. Mamie Ben fuit et est rattrapée par Thorn et Fone Bone. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Cernés par les rats-garous qui écument la forêt, le trio tente de survivre.

Le tome des révélations

Ce tome est LE tome des révélations. Après un début plutôt léger, le propos se durcit. On apprend enfin qu’est-ce que la vallée, les forces en présence, son passé, etc. Le récit prend une autre tournure. Mais la deuxième partie du tome est elle pleinement humoristique. Lucius et Phoney se lancent dans le concours à la taverne. Chacun son côté et les gens consomment où ils le veulent. Même si la compétition semble là pour montrer le caractère de Phoney, cela aura évidemment bien plus d’importance…

Jeff Smith continue ici son mélange savoureux. De l’humour, du romantisme, de l’aventure, de l’héroïc fantasy… Le travail sur les ambiances est remarquable notamment pour cette fameuse « Nuit des rats-garous ». Son découpage donne une vraie puissance à l’ouvrage. Inspiré de l’animation, de nombreuses cases se suivent avec le même cadrage, changeant juste un petit détail de l’une à l’autre. Ce travail proche du dessin-animé par moment donne une fluidité à la lecture et permet de jouer aussi bien sur la peur que sur le rire !

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Au niveau du dessin, Jeff Smith produit des noirs et blancs particulièrement beaux dans ce tome nocturne. La représentation de la foudre, de la pluie est formidable ! Je suis conquis depuis bien longtemps par le trait rond et expressif de l’auteur. Sa capacité à mélanger cartoon et dessin réaliste est un modèle du genre !

« La nuit des rats-garous » est un tome charnière dans la série « Bone ». Il pose (en partie) les enjeux, ce qui n’était pas vraiment le cas auparavant. On passe de quêtes immédiates à une quête plus générale, ce qui change fortement la donne pour les personnages.

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Note : 19/20

Bone, T3 : Rêves et cauchemars – Jeff Smith

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Titre : Bone, T3 : Rêves et cauchemars
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Septembre 1996


« Bone » a été l’une de mes plus grandes surprises de lecture. Ce comics mélangent autant les codes graphiques que les genres dans une fusion de très grande qualité. On y retrouve des bones, personnages de cartoon exilés de Boneville, qui arrivent dans une vallée teintée d’héroïc-fantasy. Le début de l’histoire est très légère, pleine d’humour, bien que déjà les rats-garous sèment le trouble. Le tout est publié chez Delcourt. Je prends ici pour référence la première version publiée en noir et blanc.

Smiley et Phoney, suite aux paris truqués, sont obligés de travailler pour Mamie Ben, puis pour Lucius. Les voilà donc à la ferme pour reconstruire le tout après l’attaque des rats-garous. Si Smiley est toujours de bonne humeur, Phoney cherche à tout prix un moyen de repartir à Boneville couvert d’or. Problème : Fone Bone est amoureux de la belle Thorn et sa motivation de retour d’exil est toute relative…

L’ambiance est encore à la « bone » humeur

Dans ce troisième tome, l’ambiance est encore à la bonne humeur. Les trois bones sont ensemble et les situations cocasses sont légions. Mais les rêves s’invitent aussi bien chez Thorn que chez Fone Bone. Les enjeux réels restent ici encore flous mais le mystère s’épaissit et titille notre curiosité. Ce tome reste l’un des plus courts parus, l’histoire avance donc peu. A la fin de l’ouvrage, les bones sont une nouvelle fois séparés, laissant présager de nouvelles péripéties.

Clairement, le début de cette épopée est la partie que je préfère. Mêlant humour, suspense et aventure, c’est un cocktail détonnant ! C’est toujours le cas ici où, après des passages très drôles, une scène vient nous rappeler que l’heure est à l’inquiétude… Ce sont les derniers moments d’insouciance avant que les problèmes n’arrivent…

Concernant le dessin, ce tome est particulièrement beau. En effet, une bonne partie de l’histoire se passe en pleine averse et en pleine nuit, donnant lieu à des planches en noir et blanc de toute beauté. Jeff Smith est ici au sommet. Son trait au pinceau est une merveille. L’environnement est pourtant très simple (la forêt et la ferme…), mais parfaitement rendu. Et surtout, l’auteur parvient à mixer dessin cartoon et réaliste avec une aisance stupéfiante. Du grand art.

Jeff Smith a pris son rythme de croisière avec ce « Rêves et cauchemars ». Les enjeux ne sont pas encore très clairs pour le lecteur, mais la tension monte lentement…

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Note : 19/20