Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2009


Je clos ma trilogie « Pascal Brutal » avec cet avis portant sur le dernier opus de ses aventures. Ce troisième tome intitulé « Plus fort que les plus forts » est paru en septembre 2009 aux éditions « Fluide Glacial ». Composé d’une petite cinquantaine de pages, ce bouquin est vendu à 9,95 euros. « Plus fort que les plus forts » tient une place particulière dans la bibliographie de Riad Sattouf. En effet, il a été primé au festival d’Angoulême cette année. Cela a eu pour conséquence de mettre dans la lumière ce cher Pascal et son créateur.

Pascal Brutal est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Il est la virilité. Musclé, plein de testostérone, le bouc bien aiguisé, sa gourmette, ses basket torsion 1992… Voilà comment on peut définir notre « héros ». Il est évolue dans un futur proche dans un monde ultralibéral dont le président de la République est Alain Madelin. Mais dans cet univers, Pascal survit parce qu’il est inimitable…

Découvrir la jeunesse de Pascal Brutal…

Dans le premier opus, Sattouf nous présentait son personnage. Dans le deuxième tome, il partait du principe que Pascal faisait partie de la famille et il nous le faisait suivre dans son quotidien. Dans ce nouvel ouvrage, une nouvelle fois on découvre un Pascal au sommet de sa forme. L’album se décompose en environ une dizaine d’histoires courtes. Cela rend la narration assez rythmée. On découvre la naissance de Pascal et sa petite enfance. Dès les premières heures de sa vie, il était exceptionnel. On le voit faire usage de son charme pour faire succomber miss Bretagne ou une employée du Pole Emploi… Pascal Brutal est le « beauf » qu’on ne supporte pas quand on le croise dans la rue ou dans une soirée. Mais ici, il ne nous inspire ni antipathie ni colère, il nous fait rire. On s’attache à sa personnalité si particulière. C’est un vrai bourrin plein de testostérone qui s’assume pour notre plus grand bonheur…

Un des autres attraits de cet album est son déroulement dans un futur proche très libéral. On découvre de nouvelles lois, de nouveaux modes de fonctionnement. Certains pays ont subi une vraie révolution politique. Bref, sans donner à l’album une dimension politique, il est intéressant de voir un auteur pousser certains principes à l’extrême. On en rigole dans un premier temps, on se pose parfois quelques questions. En tout cas, cela donne une dimension originale supplémentaire à la série.

Ce troisième opus de « Pascal Brutal » est à la hauteur des précédents. Ce n’est pas peu dire. On rigole à chaque bulle et à chaque case. La densité de la trame est certaine. Plusieurs lectures sont nécessaires pour saisir toutes les finesses des dialogues. « Plus fort que les plus forts » est un ouvrage qui peut se lire et se relire sans jamais lasser. Chaque nouvelle découverte est un vrai bonheur. De plus, les dessins sont toujours aussi agréables. C’est avec plaisir qu’on retrouve notre héros et ses acolytes. La signature graphique de Riad Sattouf est reconnaissable et se redécouvre à chaque fois avec plaisir.

Au final, je ne peux que vous conseiller de courir à la rencontre de Pascal Brutal. Vous ne pourrez plus le quitter. Chaque album peut se lire de manière indépendante. Néanmoins, il peut être intéressant de lire les tomes dans l’ordre pour découvrir le héros au rythme choisi par son créateur. De mon côté, il ne me reste plus qu’à attendre la parution du prochain tome que je guette avec attention. Que l’attente va être dure…

gravatar_ericNote : 17/20

Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Août 2007


Il y a peu de temps, j’ai rédigé un avis portant sur le premier opus de la série de bande dessinée « Pascal Brutal ». Aujourd’hui, je m’attaque au deuxième tome intitulé « Le mâle dominant ». Cet ouvrage paru en août 2007 est vendu au prix de 9,95 euros. Il est édité chez « Fluide Glacial » et se compose d’une petite cinquantaine de pages. Son auteur est Riad Sattouf qui est depuis l’an dernier davantage connu pour avoir réalisé « Les Beaux Gosses » que pour ses œuvres littéraires. C’est dommage dans le sens où sa bibliographie gagne à être découverte.

Le premier tome intitulé « La nouvelle virilité » nous faisait découvrir Pascal Brutal. Ce monstre de muscles et de charisme n’est pas viril. Il est la virilité. Il s’agit d’un homme au physique de déménageur, adepte de la castagne et tombeur de ses dames… Par contre, on ne peut pas dire qu’il soit un monument d’intelligence. Mais on ne peut pas tout avoir… Cet opus nous décrivait le quotidien de Pascal, nous faisait acquérir tous ses codes. C’est vraiment drôle et réussi. C’est pourquoi, j’étais enthousiaste en découvrant ce nouvel album.

Dans « Le mâle dominant », l’auteur part du principe que Pascal ne nous est pas inconnu. La présentation est plus succincte. On rentre directement dans le vif du sujet. On suit notre héros dans ses aventures. Son charisme et son charme animal lui permet de se sortir de situations compliquées. Il a un côté « James Bond ». Il s’en sort toujours et avec classe ! On prend vraiment énormément de plaisir à suivre ce « beauf ». Alors qu’il nous agacerait dans notre quotidien, il nous fait rire ici. La lecture prend un ton différent dans cet album. Maintenant que Pascal nous est familier, cela nous permet d’anticiper ses réactions et ses pensées. Il nous dégage un côté familier qui est très agréable.

La particularité de cette série est qu’elle se déroule dans un futur proche dans lequel Alain Madelin fête son troisième septennat à la présidence de la République. Cela permet à l’auteur d’évoquer certains codes actuels comme étant des repères du passé. Cette vision décalée de notre quotidien est intéressante et donne lieu à beaucoup de gags. Il n’est pas toujours facile d’avoir du recul sur ce qui parait être des évidences du présent. Par exemple, suite à un coup d’état, la monarchie belge a été remplacée par une « gynarchie » extrême. C’est-à-dire que les femmes dirigent tout. L’homme est totalement soumis. On découvre également une Bretagne autonome… Bref, les repères géopolitiques sont modifiées pour notre plus grand plaisir tant Sattouf arrive à exploiter tout cela pour nous faire rire.

Comique de situation et dialogues savoureux

L’humour résidant dans cet opus réside dans plusieurs domaines. D’une part, il s’agit d’un comique de situation. Les aventures qui arrivent à Pascal et les modifications historiques donnent lieu à beaucoup de gags « premier degré ». D’autre part, les dialogues sont savoureux. Que ce soit les phrases sortant tout droit du cerveau de notre cher Pascal ou la narration de la « voix off », on n’arrête pas de rire. La densité des gags est d’une rare intensité. Plusieurs lectures sont nécessaires pour en profiter pleinement. De plus, le fait que l’album se décompose en des histoires indépendantes de quatre ou cinq pages, fait qu’on n’est pas obligé de tout lire d’un coup. On peut le découvrir à tout moment par petite touche pour notre plus grand plaisir.

De plus, les dessins sont facilement accessibles. Le trait est simple, les cases sont très colorées. Tout cela participe activement au plaisir de notre lecture. Malgré un style apparemment simple, Sattouf arrive à donner des expressions à ses personnages parfois « cartoonesques ». Bref, « Le mâle dominant » se montre à la hauteur de « La nouvelle virilité ». C’était loin d’être simple… Avec « Pascal Brutal », c’est une série de grande qualité qui s’offre à nous. J’ai hâte de me plonge dans le troisième tome qu’on m’a offert à mon anniversaire. Il s’intitule « Plus fort que les plus forts ». Mais cela est une autre histoire… Bonne lecture !

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Juin 2006


 Grâce à mon frère, j’ai récemment fait une rencontre qui ne laisse pas indifférent. J’ai découvert Pascal Brutal. Ce héros de bande dessinée est un véritable personnage. « Pascal Brutal » est une série actuellement composée de quatreopus. Ils sont nés de la plume de Riad Sattouf célèbre pour avoir réalisé le récent « Les Beaux gosses » au cinéma. Cet auteur prolifique est également connu pour le succès de son album « La vie secrète des jeunes » dont est paru récemment le second tome. Mais tout cela n’est pas le sujet d’aujourd’hui. En effet, je veux vous parler du tome initial de la grande saga de Pascal Brutal intitulée « La nouvelle virilité ». Paru chez « Fluide Glacial », ce bouquin est composé d’une petite cinquantaine de pages. Il est vendu au prix d’environ dix euros.

Il est maintenant temps de vous présenter cet homme « remarquable ». Pascal Brutal vit dans une société dans laquelle Alain Madelin est président de la République. Pascal n’est pas viril, il est la virilité. Cheveux courts, bouc parfaitement dessiné, ultra-bodybuildé, une gourmette qui brille, des baskets Torsion 1992… Voilà qui est Pascal Brutal. Il s’agit du male dans toute sa splendeur. Il préfère réfléchir avec ses muscles qu’avec son cerveau. Et cet album va nous apprendre à le découvrir…

Une histoire contée en voix off.

L’album est construit d’une manière très particulière. Il ne s’agit pas d’une aventure de ce cher Pascal. L’histoire se décompose en une succession de scènes de quelques pages ayant pour unique but de nous faire connaître le héros. Chaque chapitre s’étale sur quatre ou cinq pages. L’histoire nous est également contée par une « voix off » qui commente tout ce qui arrive à notre cher Pascal. Cette « voix » est une des grandes réussites de l’ouvrage. Le ton est décalé et caricatural. On rigole vraiment en comparant le regard subjectif du narrateur et la réalité des actes commis par PB dans la case juste dessous.

pascalbrutal1aCar « La nouvelle virilité » est vraiment une grande réussite sur le plan des dialogues et des textes. Il y a une grande densité de gags, de petites tournures. La qualité est de sortie et aucune case et aucune bulle ne sont négligées. C’est un bouquin qui se savoure petit à petit. Le dévorer d’une traite aurait pour conséquence de se gâcher. Chaque phrase et chaque anecdote sont écrites pour être savourées. Vous n’êtes pas obligé de tout lire d’un coup. Feuilleter quelques pages suffisent à vous chatouiller les zygomatiques et à penser très fort un « Quel con, ce Pascal ! ».

Car Pascal n’est pas futé. C’est le moins qu’on puisse dire. On est quelque part dans la caricature du beauf musclé qui a raison parce qu’il a des poings qui partent vite et qui font mal. Les filles sont folles de son corps et de ses nombreux talents physiques. Pascal est l’homme parfait tant qu’on ne lui demande pas de trop réfléchir. On prend plaisir à se moquer de lui. Ce n’est pas forcément très sain. Mais une chose est sûre, on rigole bien ! N’est-ce pas là le plus important ?

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Concernant les dessins, je les trouve très réussis. C’est la première fois que je découvrais le coup de crayon de Riad Sattouf. Je n’ai pas été déçu. Le style est simple mais sait se montrer au diapason de l’esprit de la bande dessinée. On rentre très vite dans l’histoire. Dès les premières cases, on s’immerge dans la vie de Pascal. Cette réussite est également du aux dessins. Les cases sont colorées et ne devraient pas rebutés ceux d’entre vous qui ne sont pas forcément familiers de la bande dessinée.

Au final, je suis très loin de regretter ma rencontre avec Pascal. J’ai vraiment bien rigolé et j’ai hâte de me plonger dans les deux autres opus de la série. De bonnes tranches de rigolade m’attendent. Je ne peux donc que vous inciter à aller découvrir cet homme qui n’est comme aucun autre. Bonne lecture ! 

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2014


Si Riad Sattouf fait beaucoup parler de lui ces dernières semaines avec son livre « L’arabe du futur », c’est bien la sortie du quatrième tome de « Pascal Brutal » qui me mettait dans tous mes états. Récompensée à Angoulême pour son troisième tome, cette série est un must-have d’humour. Ce nouvel opus, intitulé « Le roi des hommes », nous permet de découvrir un peu plus la vie de Pascal, l’homme le plus viril du monde. Le tout est publié chez Fluide Glacial.

Le monde de Pascal Brutal est assez original… Après l’accession d’Alain Madelin au pouvoir, la France décline et sombre dans un chaos intellectuel et social. Riad Sattouf crée une vision de notre future très pessimiste et pourtant si proche de notre société actuelle. C’est la complète décadence : violence, sexe et QI négatif s’y côtoient en permanence. Et au milieu de tout cela, Pascal Brutal…

Ce bon vieux Pascal, c’est la virilité à l’état pur : des gros muscles, une grosses motos et des femmes qui le veulent tout de suite et maintenant. Mais surtout, c’est une homosexualité refoulée qui ressort régulièrement…

La voix off, point fort de la série

Ainsi, tour à tour, Pascal va essayer de pécho dans la ville des gays, être star du rap, joueur de foot, etc. Riad Sattouf s’amuse à intégrer l’Homme dans toutes les situations possibles, mais toujours dans sa France façon Madelin. C’est d’ailleurs la description de cet univers ultralibérale, par la voix off, qui fait tout le sel de cette bande-dessinée. Au-delà des situations, Riad Sattouf s’amuse à décrire un monde improbable. Cerise sur le gâteau : un certain Riad Sattouf a permis au monde arabe de devenir la société la plus avancée et la plus progressiste (dans le tome 3). Nous retrouvons ainsi un stade Riad Sattouf construit à base de sacs plastiques recyclés…

Si on sourit souvent devant la vie de Pascal, on rit aussi. Cette série possède une telle identité et une telle densité que l’on a du mal à rester indifférent. Le lien avec « La vie secrète des jeunes » est évident. Riad Sattouf sait observer ses contemporains et projettent le tout dans l’avenir. Et ce n’est pas rose…

 Le dessin, simple en apparence, est parfaitement adapté. Les expressions du visage de Pascal sont complexes et participent à notre hilarité. Bref, du lourd.

Avec son quatrième opus, « Pascal Brutal » ne faiblit pas. L’univers et le personnage créés par Riad Sattouf possèdent une véritable originalité et l’auteur sait les utiliser sans se répéter. Une des grandes bande-dessinées d’humour de ces dernières années, dans la plus pure tradition Fluide Glacial !

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17/20

Bone, T4 : La nuit des rats-garous – Jeff Smith

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Titre : Bone, T4 : La nuit des rats-garous
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Mars 1997


« Bone » est le seul comics à trôner dans ma bibliothèque, même si un tome de « Sin City » s’est discrètement glissé entre deux bande-dessinées franco-belge. Découverte par hasard dans la médiathèque du quartier, ce mélange d’aventure et d’humour m’a pleinement séduit. Après trois premiers tomes exceptionnels, le propos se corse. « La nuit des rats-garous » annoncent de sombres évènements, comme l’indique parfaitement la couverture. Le tout est toujours édité chez Delcourt pour 88 pages. C’est l’un des tomes les plus légers en termes de pagination.

Clairement, on sent un petit problème de découpage dans cette édition. On reprend l’histoire en pleine forêt, sous le déluge… Qu’importe, le plaisir reste le même. Mamie Ben fuit et est rattrapée par Thorn et Fone Bone. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Cernés par les rats-garous qui écument la forêt, le trio tente de survivre.

Le tome des révélations

Ce tome est LE tome des révélations. Après un début plutôt léger, le propos se durcit. On apprend enfin qu’est-ce que la vallée, les forces en présence, son passé, etc. Le récit prend une autre tournure. Mais la deuxième partie du tome est elle pleinement humoristique. Lucius et Phoney se lancent dans le concours à la taverne. Chacun son côté et les gens consomment où ils le veulent. Même si la compétition semble là pour montrer le caractère de Phoney, cela aura évidemment bien plus d’importance…

Jeff Smith continue ici son mélange savoureux. De l’humour, du romantisme, de l’aventure, de l’héroïc fantasy… Le travail sur les ambiances est remarquable notamment pour cette fameuse « Nuit des rats-garous ». Son découpage donne une vraie puissance à l’ouvrage. Inspiré de l’animation, de nombreuses cases se suivent avec le même cadrage, changeant juste un petit détail de l’une à l’autre. Ce travail proche du dessin-animé par moment donne une fluidité à la lecture et permet de jouer aussi bien sur la peur que sur le rire !

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Au niveau du dessin, Jeff Smith produit des noirs et blancs particulièrement beaux dans ce tome nocturne. La représentation de la foudre, de la pluie est formidable ! Je suis conquis depuis bien longtemps par le trait rond et expressif de l’auteur. Sa capacité à mélanger cartoon et dessin réaliste est un modèle du genre !

« La nuit des rats-garous » est un tome charnière dans la série « Bone ». Il pose (en partie) les enjeux, ce qui n’était pas vraiment le cas auparavant. On passe de quêtes immédiates à une quête plus générale, ce qui change fortement la donne pour les personnages.

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Note : 19/20

Bone, T3 : Rêves et cauchemars – Jeff Smith

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Titre : Bone, T3 : Rêves et cauchemars
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Septembre 1996


« Bone » a été l’une de mes plus grandes surprises de lecture. Ce comics mélangent autant les codes graphiques que les genres dans une fusion de très grande qualité. On y retrouve des bones, personnages de cartoon exilés de Boneville, qui arrivent dans une vallée teintée d’héroïc-fantasy. Le début de l’histoire est très légère, pleine d’humour, bien que déjà les rats-garous sèment le trouble. Le tout est publié chez Delcourt. Je prends ici pour référence la première version publiée en noir et blanc.

Smiley et Phoney, suite aux paris truqués, sont obligés de travailler pour Mamie Ben, puis pour Lucius. Les voilà donc à la ferme pour reconstruire le tout après l’attaque des rats-garous. Si Smiley est toujours de bonne humeur, Phoney cherche à tout prix un moyen de repartir à Boneville couvert d’or. Problème : Fone Bone est amoureux de la belle Thorn et sa motivation de retour d’exil est toute relative…

L’ambiance est encore à la « bone » humeur

Dans ce troisième tome, l’ambiance est encore à la bonne humeur. Les trois bones sont ensemble et les situations cocasses sont légions. Mais les rêves s’invitent aussi bien chez Thorn que chez Fone Bone. Les enjeux réels restent ici encore flous mais le mystère s’épaissit et titille notre curiosité. Ce tome reste l’un des plus courts parus, l’histoire avance donc peu. A la fin de l’ouvrage, les bones sont une nouvelle fois séparés, laissant présager de nouvelles péripéties.

Clairement, le début de cette épopée est la partie que je préfère. Mêlant humour, suspense et aventure, c’est un cocktail détonnant ! C’est toujours le cas ici où, après des passages très drôles, une scène vient nous rappeler que l’heure est à l’inquiétude… Ce sont les derniers moments d’insouciance avant que les problèmes n’arrivent…

Concernant le dessin, ce tome est particulièrement beau. En effet, une bonne partie de l’histoire se passe en pleine averse et en pleine nuit, donnant lieu à des planches en noir et blanc de toute beauté. Jeff Smith est ici au sommet. Son trait au pinceau est une merveille. L’environnement est pourtant très simple (la forêt et la ferme…), mais parfaitement rendu. Et surtout, l’auteur parvient à mixer dessin cartoon et réaliste avec une aisance stupéfiante. Du grand art.

Jeff Smith a pris son rythme de croisière avec ce « Rêves et cauchemars ». Les enjeux ne sont pas encore très clairs pour le lecteur, mais la tension monte lentement…

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Note : 19/20

Comme un lundi – James

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Titre : Comme un lundi
Scénariste : James
Dessinateur : James
Parution : Novembre 2006


James est un auteur pour lequel j’ai beaucoup de sympathie. J’aime ses traits d’humour et son trait sur les planches. En tombant sur « Comme un lundi », recueil de strips muets, je n’ai pas hésité un instant à me le procurer afin d’en démarrer la lecture au plus vite. Paru chez 6 pieds sous terre dans la collection Hors Collection, l’ensemble fait près de 100 pages pour un format très vertical.

« Comme un lundi » reprend une partie des strips parus sur le blog de l’auteur. Tournant autour de quatre pages, ils sont présentés de façon verticale, avec deux dessins par pages. Et régulièrement, entre chaque strip, une petite illustration représentant une photo de l’auteur à différents stades de sa vie. Si bien qu’une impression de remplissage désagréable se fait vite sentir. Le livre est épais, mais sa lecture se fait à grande vitesse. C’est une tendance des recueils de blogs, puisque les ouvrages de Bastien Vivès donnent la même impression. On aurait préféré un livre plus fin (et moins cher).

La qualité des strips est largement à la hauteur, mais pas leur quantité.

Malgré tout, l’humour de James fonctionne parfaitement. Faire des strips muets n’est vraiment pas évident et l’auteur s’en sort parfaitement. Il aime beaucoup comparer les âges de la vie et le fait avec beaucoup de talent. Il n’est pas rare de sourire face au cynisme dégagé par l’ensemble, James n’étant que rarement positif sur le sens de la vie. Mais après, ne finissons tous pas âgés, puis morts ?

Le dessin développé par James est particulièrement plaisant. Ses personnages anthropomorphes possèdent leur propre style. Contrairement à des séries comme « Amour, Passion & CX Diesel », James varie les angles de vue et les décors pour notre plus grand plaisir. Son trait au feutre est dynamique et fouillé. Le noir et blanc est maitrisé et fait la part belle aux textures. Avec un dessin qui paraît simple de premier abord, James montre vraiment sa maîtrise du dessin ici.

Un avis mitigé sur ce livre. Malgré l’impression de densité (les pages sont épaisses qui plus est !), l’ensemble est particulièrement léger. Et si la qualité des strips est vraiment au rendez-vous, la quantité est trop légère pour ce prix-là. J’ai été très content de l’emprunter en bibliothèque. A l’achat, un goût amer me serait resté dans la bouche.

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Note : 14/20

Donjon Crépuscule, T111 : La fin du donjon – Lewis Trondheim, Joann Sfar & Mazan

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Titre : Donjon crépuscule, T111 : La fin du donjon
Scénaristes : Lewis Trondheim & Joann Sfar
Dessinateur : Mazan
Parution : Mars 2014


 « La Fin du Donjon »… Le titre du tome 111 de « Donjon Crépuscule » est sans équivoque : c’est la fin ! La grande aventure née de l’imagination de Lewis Trondheim et Joann Sfar allait vivre à son dénouement. La lecture du tome précédent « Haut Septentrion » nous présentait un premier angle de vue sur le combat final qui concluait la saga. Mais « La Fin du Donjon » conte les événements perçus à travers Marvin et Herbert, les deux héros légendaires. Les deux auteurs ont confié les dessins à Mazan, déjà vu sur le premier épisode de « Donjon Monsters ». Sorti chez Delcourt, en mars dernier, l’album était présenté par une très jolie couverture. On y découvrait les ruines du Donjon dans lesquelles la nature reprenait le dessus. J’ai trouvé cette illustration très réussie. J’espérais que le reste de la lecture serait à la hauteur et offrirait à « Donjon » une conclusion brillante.

« Plus les îlots de Terra Amata montent, moins il y a d’oxygène. Tandis que Marvin Rouge et Zakutu tentent de protéger les objets du Destin, Herbert et le Roi Poussière sont obligés de faire allégeance à l’Entité noire afin d’obtenir le précieux oxygène. La fin du Donjon n’a jamais été aussi proche ! Mais la résistance est en marche. » Voilà le résumé offert par le site BD Gest’. A mes yeux, il présente clairement les enjeux pour tout lecteur régulier de la série.

Il est évident qu’essayer de lire cet album sans connaître les épisodes précédents est une mission impossible. Il n’y a pas de piqûre de rappel. Les auteurs plongent immédiatement dans le dur. L’histoire peut être perçue comme un spin off de « Haut Septentrion ». Il faut au moins avoir entièrement lu le cycle « Donjon Crépuscule » qui relate la fin du Donjon. Il se compose actuellement d’une dizaine d’ouvrages.

Un rythme effréné

Un des défauts que ne possède pas cet album est le fait de ne pas être habité par des temps morts. Le rythme est effréné. Les événements s’enchainent. L’action est de sortie. Mazan a un gros travail d’illustration à faire pour faire ressentir le mouvement perpétuel qui accompagne les pérégrinations d’Herbert et Marvin. Ils n’arrêtent pas de courir aux quatre coins de Terra Amata. Le trait de l’auteur traduit assez bien cette sensation de course permanente contre la montre. Le lecteur n’a jamais le temps de souffler. Néanmoins, j’apporterais un bémol. L’ensemble m’apparait brouillon. J’ai parfois eu la sensation que scénario était un cousin du diable de Tasmanie. Ce n’est pas désagréable dans l’ensemble mais cela m’a essoufflé par moment.

Le dénouement est connu dans les grandes lignes avant même la découverte de la première page. Le fait d’avoir lu le tome 110 de « Donjon Crépuscule » donne beaucoup d’informations à ce propos. Cela fait que j’ai eu du mal à me passionner pour les rebondissements qui jalonnent le trajet d’Herbert tout au long de l’histoire. Par contre, j’étais attentif à tous les moments partagés entre le palmipède et son ami dragon. Ils forment le duo central de la saga. Il était donc important de savourer les derniers temps passés à leurs côtés. J’ai regretté que cet aspect nostalgique et émotionnel soit en retrait par rapport à l’action pure. Je ne le reproche pas aux auteurs. C’est leur choix et leur œuvre. Néanmoins, je regrette que le « au revoir » soit finalement aussi brutal. Seules les trois dernières pages sont apaisées et closent l’aventure avec poésie. Parsemer le reste de l’album de ce type de pensées ou de phrases ne m’aurait pas déplu. Dans un genre très différent, je trouvais la fin de « Lapinot » bien plus intense et mieux amenée.

Pour conclure, j’ai passé un bon moment à assister à la fin du Donjon. Le plaisir que j’ai eu à retrouver Herbert et Marvin ensemble m’a fait oublier les quelques défauts que dégageait par moment la lecture. Il est indispensable pour tout adepte de la saga de s’y plonger pour boucler la boucle. Il ne me reste plus qu’à espérer qu’un jour les auteurs trouveront le temps de combler quelques trous que possède la grande Histoire du Donjon. L’espoir n’a jamais tué personne…

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Note : 12/20

Donjon Crépuscule, T110 : Haut Septentrion

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Titre : Donjon crépuscule, T110 : Haut Septentrion
Scénaristes : Lewis Trondheim & Joann Sfar
Dessinateur : Alfred
Parution : Mars 2014


« Donjon » est une série qui a marqué le neuvième art. Lors de sa naissance, le projet de Lewis Trondheim et Joann Sfar paraissait irréaliste. Il souhaitait conter l’histoire des habitants d’un Donjon au cours de trois époques différentes. « Donjon Potron-Minet » devait suivre la construction du Donjon, « Donjon Zénith » son apogée et « Donjon Crépuscule » sa chute. D’autres séries telles que « Donjon Monsters » ou « Donjon Parade » agrémentaient également cet univers. Depuis de nombreuses années, les tomes paraissent à un rythme effréné pour le plus grand plaisir des lecteurs. La fantasy et l’humour sont les deux caractéristiques de cette grande épopée. Chaque cycle possède sa propre identité tout en respectant la cohérence narrative. Mais ces dernières années, les nouveaux épisodes ont été plus rares. En mars dernier, sont apparus dans les rayons à ma grande surprise deux nouveaux tomes. J’eus la désagréable surprise de voir qu’ils marquaient la fin de l’aventure. Ces opus marquaient-ils la dernière touche des auteurs à leur création ou pensaient-ils un jour combler les nombreuses zones d’ombre que leur chronologie possède encore ? C’est sans réponse à ses interrogations que je me suis plongé dans « Haut Septentrion », tome 110 de « Donjon Crépuscule ».

Le site BDGest’ propose le résumé suivant des enjeux de cet album : « Tremblement sur Terra Amata. Alors que tous les îlots s’éloignent du noyau de magma et de l’atmosphère respirable, le Roi Poussière pense qu’il est temps pour lui de mourir de façon héroïque. Marvin Rouge s’accroche toujours, bon gré, mal gré et va devoir le sauver de cette idée fixe tout en trouvant un moyen de respirer. »

Des scènes de combat et de batailles. 

Trondheim et Sfar n’en sont pas à une fantaisie près. En effet, cet ouvrage doit être lu en parallèle du tome 111 intitulé « La fin du Donjon ». Chacun décrit les événements qui mènent au dénouement de l’intrigue en axant sa narration sur des angles et des personnages différents. Ma critique porte sur « Haut Septentrion » qui se centre sur le duo formé de Marvin Rouge et Zakutu. Le premier est un guerrier hystérique assoiffé de sang ou de sexe au gré de ses humeurs. La seconde est une princesse héritière au caractère trempé. Les aléas de leurs parcours respectifs les mènent au centre d’un combat dont l’issue sera définitive pour le Monde. Je me dois rapidement préciser qu’il est indispensable d’avoir une connaissance minimale des enjeux et des protagonistes de la série pour se plonger dans cette lecture. Dans le cas cadre contraire, il me semble impossible d’y comprendre quoi que ce soit.

La nature même de l’histoire fait que la majorité des planches sont des scènes de combat et de batailles. Je ne suis pas trop fan de ce type de construction parce que bien souvent certaines planches sont du remplissage. Occuper trois planches à dessiner des explosions et des duels à l’épée évite trop fréquemment de construire une intrigue et de rédiger des dialogues travaillés. Mais les deux auteurs ne tombent pas dans cette facilité. Chaque page est agrémentée de plusieurs vannes bien senties que ce soit entre les héros ou envers leurs ennemis. Le côté testostérone des derniers opus de « Donjon Crépuscule » est une nouvelle fois bien transcrit. On pourrait regretter un début un petit peu brouillon. Le fait que la série ait sauté deux ou trois tomes a pour conséquence de nécessiter pour le lecteur un temps d’adaptation à la nouvelle situation à Terra Amata. La mise en route manque un petit peu de clarté et de finesse. Néanmoins, l’affection ressentie à l’égard de cette série fait rapidement oublié ce défaut au démarrage une fois que les deux tourtereaux au sang chaud se retrouvent en amoureux pour sauver le monde.

La relation entre Marvin et Zakutu est un des points forts de ce cycle. Les deux personnages sont individuellement très réussis et ils prennent une ampleur explosive quand ils sont mis en contact. Ce tome accentue ce phénomène dans le sens où ils ne sont que tous les deux lors de leurs pérégrinations. Personne ne leur fait de l’ombre et cela leur permet de ne fixer aucune limite à leurs excès. Cela offre des moments très drôles et surtout aucun temps mort. Une fois la machine narrative enclenchée, elle ne cesse pas de s’emballer sans jamais ralentir. Même la dernière planche est réussie sur ce plan-là alors que l’issue laissait la porte ouverte à quelque chose de plus classique et traditionnel.

Les auteurs ont pris l’habitude de changer bien souvent de dessinateurs d’un album à l’autre. C’est Alfred qui se voyait confier l’illustration de ce combat final. Il s’en sort correctement et reste globalement fidèle à l’identité graphique de la saga. Malgré tout, il ne s’agit pas de l’artiste dont j’ai préféré le travail sur la série. Son trait manque de finesse et de précision à mes yeux. C’est dommage car les scènes sont rythmées et denses. Il m’apparaît donc important de se montrer soigné et appliqué pour permettre au lecteur à la fois de s’immerger dans des décors en changement permanent tout en comprenant dans les moindres détails les événements qui s’y déroulent. Par contre, je n’ai rien à dire sur le travail des couleurs qui correspondent parfaitement aux attentes générées.

Pour conclure, cet opus conclut honorablement le cycle. C’est d’ailleurs plus dans l’évolution des deux personnages principaux que dans l’issue du combat final que réside l’attrait de la lecture. Il est évident que certains moments concernant Herbert sont nébuleux dans cet album. Mais je ne doute pas que « La fin du Donjon » éclaircira tout cela. Mais c’est une autre histoire…

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Note : 14/20


 

Bone, T2 : La grande course – Jeff Smith

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Titre : Bone, T2 : La grande courses
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Avril 1996


 « Bone » est certainement l’une des séries que j’ai le plus appréciées. De part son côté transatlantique, c’est aussi l’un des rares comics qui peuple ma bibliothèque. Le premier tome nous avait présenté les trois Bone : Fone, le rêveur sentimental, Smiley qui sourit tout le temps mais fait preuve d’un QI limité et Phoney, irascible et toujours prêt à arnaquer le monde. Perdus en plein désert, ils avaient découvert la vallée et ses habitants. Le deuxième tome fait honneur à la grande course de vaches… Le tout est publié chez Delcourt.

Nous retrouvons donc Thorn, la jolie fille et Fone, son soupirant en plein marché. C’est la foire et leurs aventures semblent terminées. Les Bone doivent retourner à Boneville dans deux jours. C’était sans compter sur Phoney qui espère truquer les paris de la course avec une vache mystère. Cette vache serait capable de concurrencer Mamie Ben (qui court avec les vaches…). On voit tout de suite que l’humour est bien présent dans cette série. Cette dernière a le mérite de mélanger plein de styles : aventure, héroïc-fantasy et humour. Ce deuxième tome est certainement l’un des plus légers de la série. Tous les personnages sont présents au même endroit, ce qui laisse la place à de succulentes situations. Et bien évidemment, à la fin de l’ouvrage, les Bone ne sont toujours pas rentrés…

Un mélange improbable

« Bone » est un mélange assez improbable qui permet à l’auteur de créer une œuvre originale et pleine de personnalité. Ainsi, nous ne savons pas vraiment ce que sont ces Bone, aux traits ronds et au nez énorme. Et visiblement, ça ne choque personne. Ces derniers discutent avec les animaux ou les humains indifféremment. Et au milieu de tout cela, un dragon apparaît régulièrement… C’est la magie de « Bone » ! Les personnages sont vraiment bien écrits, à l’image de ces deux rat-garous qui se disputent pour savoir s’il faut manger Fone Bone en ragoût ou… en quiche !

Ce tome est certainement l’un des plus brillants que Jeff Smith ait écrit. Il se situe à un moment critique. Le ton reste léger, mais déjà les zones d’ombres commencent à se dégager. Les pièces du puzzle s’emboîtent sans que l’on sache vraiment vers où tout cela va nous mener.

Concernant le dessin, je mets un point d’honneur à lire la version en noir et blanc (colorisée depuis). Le trait tout en rondeur de Jeff Smith est une vraie splendeur. On ressent le pinceau glisser sur la feuille ! Le traitement du noir et blanc est splendide et le mélange des styles (réaliste et cartoon) fonctionne parfaitement. Du grand art !

Ce tome est une véritable merveille. Difficile de ne pas tomber amoureux de cet univers, tant il nous rappelle notre enfance sans nous traiter pour autant comme des enfants. A ce stade, Jeff Smith tient déjà son chef d’œuvre et il confirmera pas la suite tout son talent.

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Note : 19/20