L’atelier Mastodonte, T5


Titre : L’atelier Mastodonte, T5
Auteurs : Alfred, Guillaume Bianco, Mathilde Domecq, Benoît Feroumont, Nob, Obion, Fabien Toulmé, Lewis Trondheim, Tofépi, Jérôme Jouvray & Pascal Jousselin
Parution : Octobre 2017


L’Atelier Mastodonte est une série dont j’ai appris à guetter la parution de chaque nouveau tome avec curiosité. Ces ouvrages collectifs chapeauté par Lewis Trondheim ont pris l’habitude de me faire passer des moments de lecture drôles et divertissants. Le cinquième opus est apparu en librairie il y a quelques jours. Je me suis empressé de me l’offrir et de me plonger dans le quotidien de cet atelier de bandes dessinées pas comme les autres.

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Ab absurdo, T1


Titre : Ab absurdo, T1
Scénariste : Marc Dubuisson
Dessinateur : Marc Dubuisson
Parution : Octobre 2016


« Ab absurdo » est un blog qui parait sur le portail Lapin. Devant son succès, c’est logiquement qu’il est adapté en format papier par la maison d’édition du même nom. Les strips, résolument absurdes, fonctionnant plutôt bien en ligne, qu’en est-il de leur lecture successive sur le papier ? Près de 200 strips vous attendent pour un humour tantôt grinçant, tantôt décalé. Continuer la lecture de « Ab absurdo, T1 »

Laïcité


Titre : Laïcité
Scénariste : Charb
Dessinateur : Charb
Parution : Septembre 2017


Les éditions Chêne ont sorti récemment un ouvrage intitulé Laïcité regroupant un recueil de caricatures imaginées par Charb sur cette thématique. En m’offrant cet opus, j’étais content de retrouver l’auteur de la série Maurice et Patapon. Ces deux personnages créés par l’ancien directeur de Charlie Hebdo font partie de ceux qui me font le plus rire. Je dois bien vous dire qu’à l’exception des conversations entre ce chat et ce chien, le travail de Charb m’est assez étranger. Laïcité me donnait donc l’occasion de découvrir davantage l’œuvre de cette personnalité du neuvième art. Continuer la lecture de « Laïcité »

Happy birds


Titre : Happy Birds
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Hugo Piette
Parution : Juin 2017


Je n’ai jamais joué à Angry Birds. Je tiens à faire cette précision avant d’entamer ma critique car ce célèbre jeu à succès est au centre de Happy Birds, l’ouvrage co-écrit par le dessinateur Hugo Piette et le scénariste Lewis Trondheim. N’ayant point été attiré vers ce bouquin par sa thématique, c’est le nom du célèbre auteur de Lapinot et Donjon sur la couverture qui m’a poussé à découvrir sa dernière production. Continuer la lecture de « Happy birds »

Les branleurs, T1 : Introduction


Titre : Les branleurs, T1 : Introduction
Scénaristes : Eric Salch & Manu Larcenet
Dessinateurs : Eric Salch & Manu Larcenet
Parution : Février 2017


« Les branleurs » est un ovni. Écrit à quatre mains, il met en scène Eric Salch, jeune pousse trash de la bande dessinée, et Manu Larcenet, grand ponte adulé (dont on attend toujours la consécration à Angoulême…) qui décident de faire un livre ensemble. Bonjour la mise en abîme ! C’est l’occasion de mettre en scène deux egos de dessinateurs, qui passent leur temps à se trouver géniaux, puis complètement nuls ! Le tout est publié aux éditions Les Rêveurs. Continuer la lecture de « Les branleurs, T1 : Introduction »

Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère

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Titre : Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère
Scénariste : Goupil Acnéique
Dessinateur : Abraham Kadabra
Parution : Novembre 2014


« Plus jamais ça » disait la bandeau. Et pourtant Goupil Acnéique et Abraham Kadabra remettent le couvert avec ce deuxième tome de « Paf & Hencule ». Les deux compères sans foi, ni loi, ni morale, ni… quoi que ce soit reviennent donc pour une série de strips trash aux éditions Même pas mal. Continuer la lecture de « Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère »

Paf & Hencule, T1 : French doctors

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Titre : Paf & Hencule, T1 : French doctors
Scénariste : Goupil Acnéique
Dessinateur : Abraham Kadabra
Parution : Novembre 2010


Avec un titre pareil, Goupil Acnéique et Abrahma Kadabra cherchaient les problèmes… Outre la sonorité rappelant « Pif & Hercule », les personnages en sont inspirés également. Un chat noir (avec un sparadrap) et un chien sont les héros de ce livre… Ils sont médecins et il aurait certainement mieux valu qu’ils ne le soient pas ! Le tout est publié aux éditions, bien nommées pour le boup, Même pas mal. Continuer la lecture de « Paf & Hencule, T1 : French doctors »

Le guide du mauvais père, T3

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Titre : Le guide du mauvais père, T3
Scénariste : Guy Delisle
Dessinateur : Guy Delisle
Parution : Janvier 2015


Après avoir obtenu le fauve d’or pour ses carnets de voyage (l’aboutissement étant Les Chroniques de Jérusalem), Guy Delisle s’est lancé dans une série bien moins sérieuse retraçant son quotidien d’homme au foyer qui s’occupe de ses deux enfants. Le tout est publié chez Shampooing, au format manga noir et blanc.

Le livre reprend des saynètes entre le père et son fils ou le père et sa fille. Le tout est essentiellement basé sur des dialogues où Guy Delisle est en décalage avec la personne qu’il a en face. Soit il tente des techniques d’éducation fumeuse, soit il traite ses enfants comme des adultes. La plupart du temps, il fait preuve de beaucoup mauvaise foi, d’où le titre de l’ouvrage !

On attend avec impatience une intégrale.

LeGuideDuMauvaisPere3aDans ce troisième tome, Guy Delisle ne faiblit pas. Les scènes sont drôles, toutes réussies et les dialogues truculents. Même si la mécanique est bien huilée, c’est un véritable plaisir de lecture. Hélas, le fait que seulement deux dessins (voire un seul) soient imprimés par page fait que l’ouvrage se lit très vite et on reste immanquablement sur sa faim. Comme pour les précédents, c’est le format choisi par l’éditeur pour ces recueils de blog qui est à blâmer. Tout ça se lit trop vite. À 10 euros le livre, on préférerait une intégrale plutôt que trois petits bouquins, quitte à avoir un livre plus grand ou plus épais.

Du coup, le dessin de Guy Delisle, plutôt agréable dans ses carnets de voyage, paraît ici plus limité, presque flemmard. Très peu de décors, des personnages statiques… C’est très limité, même si c’est efficace. Alors ce qui passe sur écran passe beaucoup moins sur papier. Clairement, des petites scènes animées et dialoguées seraient l’idéal. Le passé de Guy Delisle dans l’animation peut-il nous faire rêver ?

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Comme pour beaucoup d’ouvrages de cette collection, on ne peut qu’être rebuté devant la rapidité de lecture et l’aspect des dessins vite faits, en copier-coller. Malgré tout, il ne faut pas que cela cache l’humour percutant de l’auteur et la qualité constante de ses saynètes. Bref, un livre parfait à prendre en bibliothèque ou à se faire prêter. Pour l’acheter, c’est à vous de voir.

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note3

Le banc de touche

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Titre : Le banc de touche
Scénariste : Martin Page
Dessinateur : Clément C. Fabre
Parution : Juillet 2012


Quand je vais à un festival de BD, je prends toujours le temps de m’arrêter au stand Vraoum/Warum. Cette jeune maison d’édition propose des livres de qualité et regroupe des auteurs que j’apprécie. J’ai pu ainsi acquérir « Le banc de touche », une bande-dessinée scénarisée par Martin Page et dessinée par Clément C. Fabre. J’ai été attiré avant tout par le dessin de Clément Fabre, que je connaissais par son blog. La lecture de quelques pages m’a convaincu d’acheter l’ouvrage (avec la belle dédicace qui va avec).

Le pitch n’est pas des plus réjouissants : Louis, Charlotte et Darius sont trois adolescents/jeunes adultes dépressifs. Ils passent leur temps à broyer du noir et ils transpirent la désillusion par tous les pores de leur peau. Le tout est organise en strips, majoritairement de quatre cases. Ponctuellement, une planche ou une illustration viennent s’immiscer entre les strips, amenant une mécanique légèrement différente.

Mais pourquoi tant de désespoir ?

C’est donc de l’humour noir qui nous est servi ici. Et honnêtement, si ça ne va pas trop dans votre vie, je ne suis pas sûr que la lecture de cet ouvrage soit avisée. Car en dehors des jeux de mots sur la mort et des remarques morbides, c’est une vraie désillusion sur la vie et les rapports humains qui est mise en lumière. Louis passe son temps à se faire larguer. Il passe plus de temps en chagrin d’amour qu’en couple, se demandant si tout cela vaut le coup. L’humour cynique et désespéré de l’ouvrage fait mouche heureusement et les trouvailles sont nombreuses. Alors que l’on pourrait croire que ces adulescents désespérés tourneraient en rond, les auteurs parviennent à nous surprendre jusqu’au bout. Il y a quand même dans cette désillusion un petit côté « Peanuts ».

L’ouvrage est bien rythmé, alternant strips et illustrations et variant les situations. On regrettera juste que le postulat de départ, trois jeunes gens désespérés, reste un peu inexpliqué. A la fermeture de l’ouvrage, on ne peut s’empêcher de se demander « mais pourquoi tant de désespoir ?! » 

Le tout est servi par le dessin de Clément Fabre. Son trait est simple et reconnaissable. Bien que souvent il ne se passe pas grand-chose, il parvient à varier les situations pour que le lecteur n’ait pas l’impression de revoir sans cesse la même scène. Quand il possède un peu plus d’espace pour s’exprimer, il montre toute l’étendue de son talent. Sans jamais être tape-à-œil, son dessin est efficace et parfaitement mis en valeur par des couleurs à l’aquarelle magnifiques. Je suis très fan du graphisme de Fabre, à la fois simple et maîtrisé parfaitement.

Au final, j’ai vraiment été séduit par cet ouvrage. L’humour noir m’a parlé et un véritable univers se dégage des discussions des trois personnages. Le graphisme est à la hauteur et renforce d’autant plus les textes. Une belle découverte qui ne me donne qu’une envie : continuer à suivre ces deux auteurs dans leurs prochains ouvrages.

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note4

Zaï zaï zaï zaï

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Titre : Zaï zaï zaï zaï
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabcaro
Parution : Mai 2015


Je suis un grand fan de Fabcaro. Capable d’apprécier autant ses livres d’autodérision que ses strips ou encore ses ouvrages expérimentaux, je fus en joie en voyant un nouveau bouquin sortir, intitulé « Zaï zaï zaï zaï ». Un road-movie paraît-il… Devant les bonnes critiques unanimes et son prix au festival Quai des Bulles, je me le suis procuré, prêt à apprécier cet ouvrage. Le tout est paru chez 6 pieds sous terre pour une soixantaine de pages.

« Zaï zaï zaï zaï » est une auto-fiction. On retrouve Fabcaro au supermarché. Au moment de payer, il s’aperçoit qu’il n’a pas sa carte de fidélité. Commence alors une cavale rocambolesque…

Une cavale d’un nouveau genre.

ZaiZaiZaiZai3Si ce livre est assez différent formellement des autres ouvrages de Fabcaro, il en reprend pourtant toutes les caractéristiques : l’obsession du supermarché, le fonctionnement en strips, l’absurde, l’auto-dérision, le comique de répétition… Fabcaro fusionne le tout dans une aventure complètement absurde. Ainsi, chaque page propose un gag qui fait avancer l’histoire. Le côté extrêmement absurde ferait presque pencher la balance vers l’idée d’un ouvrage expérimental. Mais l’humour développé est grand public, pour peu qu’on soit ouvert aux incohérences voulues du récit. Si voir quelqu’un menacer un vigile avec un poireau ne vous fait pas sourire, vous pouvez passer votre chemin.

La cavale est bien évidemment un prétexte pour parler de tout et de rien. On retrouve  des gags sur l’auteur en lui-même, sur les supermarchés, sur la police, sur les journalistes… L’histoire est ainsi aussi décousue qu’elle est absurde. Et ce, jusqu’à un épilogue réussi. Et si, vu l’humour proposé, on accroche plus ou moins aux situations, on sourit souvent et on rit même de bon cœur devant certains gags.

Au-delà de la qualité intrinsèque de l’ouvrage (et de savoir s’il est drôle ou non), force est de constater que Fabcaro est un auteur qui possède une véritable patte en tant que scénariste. Quand on accroche à son humour, difficile de s’en détacher. On est loin d’un humour formaté et déjà entendu.

Concernant le dessin, Fabcaro délaisse son dessin humoristique pour un trait à la fois plus réaliste et encore plus relâché. Cela donne à son road movie une apparence de sérieux qui tranche encore plus avec l’absurde de l’histoire. Le choix est clairement payant. Fabcaro fait la part belle aux répétitions dans ses pages, mettant l’accent sur les dialogues. Le trait est relevé par une bichromie à la teinte jaune/verte un peu déstabilisante (et honnêtement assez moche). La teinte mise à part, la colorisation donne du volume au trait et reste pertinente.

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« Zaï zaï zaï zaï » est un beau condensé du savoir faire de Fabcaro. Il n’est pas rare de rire devant les péripéties de ce héros du quotidien. Rien que pour cela, l’ouvrage est réussi. Mais quand il faut parler d’autodérision et tacler les angoisses du quotidien franchouillard (karaoké et carte de fidélité de supermarché en tête), il reste l’un des auteurs les plus performants.

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note4