Happy birds


Titre : Happy Birds
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Hugo Piette
Parution : Juin 2017


Je n’ai jamais joué à Angry Birds. Je tiens à faire cette précision avant d’entamer ma critique car ce célèbre jeu à succès est au centre de Happy Birds, l’ouvrage co-écrit par le dessinateur Hugo Piette et le scénariste Lewis Trondheim. N’ayant point été attiré vers ce bouquin par sa thématique, c’est le nom du célèbre auteur de Lapinot et Donjon sur la couverture qui m’a poussé à découvrir sa dernière production. Continuer la lecture de « Happy birds »

Les branleurs, T1 : Introduction


Titre : Les branleurs, T1 : Introduction
Scénaristes : Eric Salch & Manu Larcenet
Dessinateurs : Eric Salch & Manu Larcenet
Parution : Février 2017


« Les branleurs » est un ovni. Écrit à quatre mains, il met en scène Eric Salch, jeune pousse trash de la bande dessinée, et Manu Larcenet, grand ponte adulé (dont on attend toujours la consécration à Angoulême…) qui décident de faire un livre ensemble. Bonjour la mise en abîme ! C’est l’occasion de mettre en scène deux egos de dessinateurs, qui passent leur temps à se trouver géniaux, puis complètement nuls ! Le tout est publié aux éditions Les Rêveurs. Continuer la lecture de « Les branleurs, T1 : Introduction »

Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère

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Titre : Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère
Scénariste : Goupil Acnéique
Dessinateur : Abraham Kadabra
Parution : Novembre 2014


« Plus jamais ça » disait la bandeau. Et pourtant Goupil Acnéique et Abraham Kadabra remettent le couvert avec ce deuxième tome de « Paf & Hencule ». Les deux compères sans foi, ni loi, ni morale, ni… quoi que ce soit reviennent donc pour une série de strips trash aux éditions Même pas mal. Continuer la lecture de « Paf & Hencule, T2 : 2 hommes en colère »

Paf & Hencule, T1 : French doctors

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Titre : Paf & Hencule, T1 : French doctors
Scénariste : Goupil Acnéique
Dessinateur : Abraham Kadabra
Parution : Novembre 2010


Avec un titre pareil, Goupil Acnéique et Abrahma Kadabra cherchaient les problèmes… Outre la sonorité rappelant « Pif & Hercule », les personnages en sont inspirés également. Un chat noir (avec un sparadrap) et un chien sont les héros de ce livre… Ils sont médecins et il aurait certainement mieux valu qu’ils ne le soient pas ! Le tout est publié aux éditions, bien nommées pour le boup, Même pas mal. Continuer la lecture de « Paf & Hencule, T1 : French doctors »

Le guide du mauvais père, T3

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Titre : Le guide du mauvais père, T3
Scénariste : Guy Delisle
Dessinateur : Guy Delisle
Parution : Janvier 2015


Après avoir obtenu le fauve d’or pour ses carnets de voyage (l’aboutissement étant Les Chroniques de Jérusalem), Guy Delisle s’est lancé dans une série bien moins sérieuse retraçant son quotidien d’homme au foyer qui s’occupe de ses deux enfants. Le tout est publié chez Shampooing, au format manga noir et blanc.

Le livre reprend des saynètes entre le père et son fils ou le père et sa fille. Le tout est essentiellement basé sur des dialogues où Guy Delisle est en décalage avec la personne qu’il a en face. Soit il tente des techniques d’éducation fumeuse, soit il traite ses enfants comme des adultes. La plupart du temps, il fait preuve de beaucoup mauvaise foi, d’où le titre de l’ouvrage !

On attend avec impatience une intégrale.

LeGuideDuMauvaisPere3aDans ce troisième tome, Guy Delisle ne faiblit pas. Les scènes sont drôles, toutes réussies et les dialogues truculents. Même si la mécanique est bien huilée, c’est un véritable plaisir de lecture. Hélas, le fait que seulement deux dessins (voire un seul) soient imprimés par page fait que l’ouvrage se lit très vite et on reste immanquablement sur sa faim. Comme pour les précédents, c’est le format choisi par l’éditeur pour ces recueils de blog qui est à blâmer. Tout ça se lit trop vite. À 10 euros le livre, on préférerait une intégrale plutôt que trois petits bouquins, quitte à avoir un livre plus grand ou plus épais.

Du coup, le dessin de Guy Delisle, plutôt agréable dans ses carnets de voyage, paraît ici plus limité, presque flemmard. Très peu de décors, des personnages statiques… C’est très limité, même si c’est efficace. Alors ce qui passe sur écran passe beaucoup moins sur papier. Clairement, des petites scènes animées et dialoguées seraient l’idéal. Le passé de Guy Delisle dans l’animation peut-il nous faire rêver ?

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Comme pour beaucoup d’ouvrages de cette collection, on ne peut qu’être rebuté devant la rapidité de lecture et l’aspect des dessins vite faits, en copier-coller. Malgré tout, il ne faut pas que cela cache l’humour percutant de l’auteur et la qualité constante de ses saynètes. Bref, un livre parfait à prendre en bibliothèque ou à se faire prêter. Pour l’acheter, c’est à vous de voir.

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note3

Le banc de touche

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Titre : Le banc de touche
Scénariste : Martin Page
Dessinateur : Clément C. Fabre
Parution : Juillet 2012


Quand je vais à un festival de BD, je prends toujours le temps de m’arrêter au stand Vraoum/Warum. Cette jeune maison d’édition propose des livres de qualité et regroupe des auteurs que j’apprécie. J’ai pu ainsi acquérir « Le banc de touche », une bande-dessinée scénarisée par Martin Page et dessinée par Clément C. Fabre. J’ai été attiré avant tout par le dessin de Clément Fabre, que je connaissais par son blog. La lecture de quelques pages m’a convaincu d’acheter l’ouvrage (avec la belle dédicace qui va avec).

Le pitch n’est pas des plus réjouissants : Louis, Charlotte et Darius sont trois adolescents/jeunes adultes dépressifs. Ils passent leur temps à broyer du noir et ils transpirent la désillusion par tous les pores de leur peau. Le tout est organise en strips, majoritairement de quatre cases. Ponctuellement, une planche ou une illustration viennent s’immiscer entre les strips, amenant une mécanique légèrement différente.

Mais pourquoi tant de désespoir ?

C’est donc de l’humour noir qui nous est servi ici. Et honnêtement, si ça ne va pas trop dans votre vie, je ne suis pas sûr que la lecture de cet ouvrage soit avisée. Car en dehors des jeux de mots sur la mort et des remarques morbides, c’est une vraie désillusion sur la vie et les rapports humains qui est mise en lumière. Louis passe son temps à se faire larguer. Il passe plus de temps en chagrin d’amour qu’en couple, se demandant si tout cela vaut le coup. L’humour cynique et désespéré de l’ouvrage fait mouche heureusement et les trouvailles sont nombreuses. Alors que l’on pourrait croire que ces adulescents désespérés tourneraient en rond, les auteurs parviennent à nous surprendre jusqu’au bout. Il y a quand même dans cette désillusion un petit côté « Peanuts ».

L’ouvrage est bien rythmé, alternant strips et illustrations et variant les situations. On regrettera juste que le postulat de départ, trois jeunes gens désespérés, reste un peu inexpliqué. A la fermeture de l’ouvrage, on ne peut s’empêcher de se demander « mais pourquoi tant de désespoir ?! » 

Le tout est servi par le dessin de Clément Fabre. Son trait est simple et reconnaissable. Bien que souvent il ne se passe pas grand-chose, il parvient à varier les situations pour que le lecteur n’ait pas l’impression de revoir sans cesse la même scène. Quand il possède un peu plus d’espace pour s’exprimer, il montre toute l’étendue de son talent. Sans jamais être tape-à-œil, son dessin est efficace et parfaitement mis en valeur par des couleurs à l’aquarelle magnifiques. Je suis très fan du graphisme de Fabre, à la fois simple et maîtrisé parfaitement.

Au final, j’ai vraiment été séduit par cet ouvrage. L’humour noir m’a parlé et un véritable univers se dégage des discussions des trois personnages. Le graphisme est à la hauteur et renforce d’autant plus les textes. Une belle découverte qui ne me donne qu’une envie : continuer à suivre ces deux auteurs dans leurs prochains ouvrages.

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note4

Zaï zaï zaï zaï

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Titre : Zaï zaï zaï zaï
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabcaro
Parution : Mai 2015


Je suis un grand fan de Fabcaro. Capable d’apprécier autant ses livres d’autodérision que ses strips ou encore ses ouvrages expérimentaux, je fus en joie en voyant un nouveau bouquin sortir, intitulé « Zaï zaï zaï zaï ». Un road-movie paraît-il… Devant les bonnes critiques unanimes et son prix au festival Quai des Bulles, je me le suis procuré, prêt à apprécier cet ouvrage. Le tout est paru chez 6 pieds sous terre pour une soixantaine de pages.

« Zaï zaï zaï zaï » est une auto-fiction. On retrouve Fabcaro au supermarché. Au moment de payer, il s’aperçoit qu’il n’a pas sa carte de fidélité. Commence alors une cavale rocambolesque…

Une cavale d’un nouveau genre.

ZaiZaiZaiZai3Si ce livre est assez différent formellement des autres ouvrages de Fabcaro, il en reprend pourtant toutes les caractéristiques : l’obsession du supermarché, le fonctionnement en strips, l’absurde, l’auto-dérision, le comique de répétition… Fabcaro fusionne le tout dans une aventure complètement absurde. Ainsi, chaque page propose un gag qui fait avancer l’histoire. Le côté extrêmement absurde ferait presque pencher la balance vers l’idée d’un ouvrage expérimental. Mais l’humour développé est grand public, pour peu qu’on soit ouvert aux incohérences voulues du récit. Si voir quelqu’un menacer un vigile avec un poireau ne vous fait pas sourire, vous pouvez passer votre chemin.

La cavale est bien évidemment un prétexte pour parler de tout et de rien. On retrouve  des gags sur l’auteur en lui-même, sur les supermarchés, sur la police, sur les journalistes… L’histoire est ainsi aussi décousue qu’elle est absurde. Et ce, jusqu’à un épilogue réussi. Et si, vu l’humour proposé, on accroche plus ou moins aux situations, on sourit souvent et on rit même de bon cœur devant certains gags.

Au-delà de la qualité intrinsèque de l’ouvrage (et de savoir s’il est drôle ou non), force est de constater que Fabcaro est un auteur qui possède une véritable patte en tant que scénariste. Quand on accroche à son humour, difficile de s’en détacher. On est loin d’un humour formaté et déjà entendu.

Concernant le dessin, Fabcaro délaisse son dessin humoristique pour un trait à la fois plus réaliste et encore plus relâché. Cela donne à son road movie une apparence de sérieux qui tranche encore plus avec l’absurde de l’histoire. Le choix est clairement payant. Fabcaro fait la part belle aux répétitions dans ses pages, mettant l’accent sur les dialogues. Le trait est relevé par une bichromie à la teinte jaune/verte un peu déstabilisante (et honnêtement assez moche). La teinte mise à part, la colorisation donne du volume au trait et reste pertinente.

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« Zaï zaï zaï zaï » est un beau condensé du savoir faire de Fabcaro. Il n’est pas rare de rire devant les péripéties de ce héros du quotidien. Rien que pour cela, l’ouvrage est réussi. Mais quand il faut parler d’autodérision et tacler les angoisses du quotidien franchouillard (karaoké et carte de fidélité de supermarché en tête), il reste l’un des auteurs les plus performants.

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note4

Z comme Don Diego, T2 : La loi du marché

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Titre : Z comme Don Diego
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre
Parution : Octobre 2012


Zorro est le héros de mon enfance. Je me rappelle des bons moments passés avec mes parents à regarder les aventures du célèbre justicier masqué. J’avais donc jaugé avec curiosité l’apparition du premier tome d’une nouvelle série intitulée « Z comme don Diego ». La découverte s’était avérée drôle et sympathique. C’est donc en confiance que je me suis offert l’opus suivant paru au mois d’octobre. Il s’intitule « La loi du marché » et nous présente un Zorro bardé de sponsors tel un pilote de Formule 1. Son père, le sergent Garcia, la señorita Sexoualidad ou encore Bernardo l’accompagnent au second plan.

Au-delà de la présence du célèbre Zorro, cet ouvrage possédait un autre atout évident lors de notre première rencontre. Cet aspect était la présence de Fabcaro sur la couverture. J’ai découvert ce scénariste par « Jean-Louis et son encyclopédie » et « Steve Lumour ». Il faisait ici état de son talent à tourner en dérision des personnages de « loser ». Il était donc curieux de voir exploiter le mythe de Zorro dans cet esprit-là. Le premier épisode avait répondu aux attentes, j’en espérais autant du second.

Un Don Diego opposé au héros télévisuel qu’il représente.

On retrouvait donc avec plaisir ce Don Diego maladroit et à l’opposé du charismatique héros télévisuel qu’il représente. On a du mal l’imaginer sauver qui que ce soit tant il a déjà du mal à garder son identité secrète. Nombre sont les gags à se construire sur cette dimension-là. Le justicier pourrait être démasqué des dizaines de fois. Mais ce cher sergent Garcia ne vaut pas mieux que lui. On rit avec bon cœur de la bêtise de tout ce beau monde. Il va sans dire que Don Diego ne se révèle dans ses tentatives de séduction. Son amour et sa bonne volonté ne sont pas reconnus par la señorita Sexoualidad qui pourtant ne brille ni par ses charmes ni par sa classe. Les auteurs arrivent à offrir de nombreux gags sur ce thème sans pour autant se répéter.

Afin d’éviter le côté routinier de ce type de série, Fabcaro décide d’intégrer un nouveau personnage qui apparaît anachronique avec l’univers de Zorro. Il s’agit de Wolverino. La parenté de ce dernier avec le héros des X-Men est évidente. Apparait donc un combat digne des geeks : Zorro contre Wolverino. Rapidement, le choc apparait déséquilibré tant la maladresse de Don Diego est battue à plate couture par l’efficacité de son concurrent aux lames acérées. On découvre donc le héros chercher un emploi plus classique tant sa dimension de justicier a pris du plomb dans l’aile. Cet aspect génère une nouvelle corde l’arc du scénariste et génère ainsi d’autres gags qui pour la plupart nous ravissent. L’album nous présente environ quatre-vingts strips dont la grande majorité fait mouche. On sourit souvent, on rigole de temps à autre. Bref, cet album est un condensé de bonne humeur qui chatouille sans effort nos zygomatiques.

Les dessins de Fabrice Erre collent parfaitement à l’esprit déluré du propos. Les traits tout en rondeur se prêtent au côté « cartoon » des situations. Les expressions graphiques des personnages sont caricaturales et excessives et participent ainsi au plaisir de la lecture. Les pages dégagent une bonne humeur évidente. On apprécie de suivre les courses effrénées du justicier dans ce village du Nouveau Mexique. Les décors sont suffisamment travaillés pour que le dépaysement soit réussi.

En conclusion, « La loi du marché » est un ouvrage des plus honnêtes. Rares sont les albums humoristiques à s’approprier de manière aussi réussie un univers existant. Rien n’est bâclé. Les auteurs montrent une affection certaine pour Zorro et lui rendent un bel hommage en le parodiant ainsi. Les rumeurs laissent entendre que cette série ne connaitra pas de troisième opus par la faute de nombre de ventes décevant. J’en suis triste. Mais cela ne m’empêche d’espérer que ce cher don Diego aura d’autres occasions de nous faire rire. Mais cela est une autre histoire… 

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note3

Guide sublime

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Titre : Guide sublime
Scénariste : Fabrice Erre
Dessinateur : Fabrice Erre
Parution : Mai 2015


Fabrice Erre est un des auteurs de bandes dessinées qui me fait le plus rire. Qu’il conte le quotidien d’un enseignant dans « Une année au lycée », celui de Zorro dans « Z comme Diego », ou narre la conquête spatiale dans « Mars », il sollicite intensément mes zygomatiques. J’ai donc accueilli avec un grand enthousiasme l’apparition dans les rayons de librairie « Guide sublime » en mai dernier. Il s’agit d’un ouvrage dont le format s’apparente davantage à celui d’un roman que d’un album classique. Edité chez Dargaud, le bouquin se compose de cent soixante-huit pages. Dès les premières pages, on y apprend que les strips de ce livre ont initialement été publiés dans la revue numérique « Mauvais esprit ».

Le Guide sublime est un dictateur. C’est son quotidien politique que nous sommes amenés à découvrir. Chaque planche présente un moment de la vie de ce chef d’état despote. Chacune peut être lue de manière indépendante. Cette structure narrative permet une lecture intense et rythmée.  Il s’agit donc d’un opus qui peut se picorer. Il n’est pas nécessaire de le terminer d’une traite. Je pense qu’il est plus pertinent de s’y plonger par petite dose. Cela permettra de savourer chaque bouchée plutôt que de risquer l’indigestion.

Le quotidien d’un dictateur.

GuideSublime1En effet, le caractère très excessif du personnage principal fait que j’ai eu le sentiment constant d’être immergé au beau milieu d’une crise d’hystérie. Le Guide hurle en permanence des décisions aussi incohérentes que dénuées de sens. Ne le voir jamais s’arrêter ou s’apaiser fait que cette lecture fatigue par moment. Cette frénésie transpire des pages. Par contre, le lire par petite touche permet de profiter davantage de l’humour caractéristique généré par la plume de Fabrice Erre.

Le casting de l’entourage du guide sublime nous est quasiment intégralement présenté sur la couverture. On y découvre ses ministres, sa garde rapprochée et une curieuse infirmière aux formes chaloupées. Il ne manque qu’un collègue dictateur, l’empereur Bogolo, qui jouera un rôle central dans la démarche de propagande de son acolyte. L’auteur ne s’embarrasse pas de personnages secondaires sans contact direct avec le chef. Fabrice Erre nous fait entrer dans les arcanes du pouvoir géré par ce fada mégalomane.

La thématique est un terreau attrayant pour faire pousser une œuvre drôle et délurée. Les premières pages démarrent sur les chapeaux de roue. Les caractéristiques de ce cher Guide sont sans équivoque : il est complètement fou ! Il fait honneur à toutes les caricatures du genre. La première planche nous le fait découvrir complètement hystérique en train de hurler que sa première décision sera de rendre obligatoire le port de la moustache. Le trait de Fabrice Erre traduit complètement le côté possédé du souverain. La mise en bouche est sans équivoque : le programme est annoncé.

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Pour conclure, je conseille de lire cet album par petite touche. Cela permettra de savourer l’imagination de Fabrice Erre sans pour autant subir le côté effréné de ce Guide sublime. L’auteur construit beaucoup de ces gags dans le même canevas. Cela peut faire ronronner la lecture si on la fait d’une seule traite. Je place cet album en-dessous des précédents opus de cet auteur. Néanmoins, il est reste habité par son univers caractéristique. Et ce n’est déjà pas si mal…

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note2

Les aventures de la fin du monde – Vincent Caut

LesAventuresDeLaFinDuMonde


Titre : Les aventures de la fin du monde
Scénariste : Vincent Caut
Dessinateur : Vincent Caut
Parution : Avril 2012


Vincent Caut est un auteur de bande-dessinée précoce. Après avoir gagné des prix de la BD scolaire à Angoulême, il parvient à faire éditer son blog sur sa vie d’étudiant. « Les aventures de la fin du monde » (qui eut l’honneur d’un blog, aujourd’hui fermé) narre l’histoire de Monsieur Toupin et Madame Billot, sa secrétaire. Dieu les a choisis pour reconstruire le monde. En effet, ils n’avaient alors vécu sur le brouillon de la Terre, il faut tout refaire (en mieux). Le tout est publié chez 12 bis pour 110 pages au prix de 13,90 €.

La bande-dessinée est construite sous forme de strips de 6 cases carrées. Chaque strip amène une chute et une histoire en découle. Ce procédé a été abondamment utilisé par Lewis Trondheim que ce soit dans le passé (« Le pays des trois sourires », « Politique étrangère », « Fennec ») ou même aujourd’hui avec « L’atelier mastodonte ». On retrouve chez Vincent Caut cette influence de façon très marquée. L’humour, l’absurde, le minimalisme graphique, tout rappelle Lewis Trondheim.

La Genèse version 2.0

LesAventuresDeLaFinDuMonde2Vincent Caut essaye donc de créer sa propre identité sur un sujet éculé : Adam, Ève et Dieu. Au départ, l’idée de faire une sorte de Genèse 2.0 est plutôt bien pensée. Malheureusement, le sujet est finalement peu utilisé. En revanche, la représentation de Dieu sous forme de pomme est là parfaitement exploitée du début à la fin.

Les gags fonctionnent plutôt bien, sans que l’on ne rie vraiment. On sourit parfois, mais cela manque de folie ou de chutes vraiment percutantes. Il faut dire que le dessin est minimaliste et participe peu à l’humour. Les gags visuels sont très rares et les expressions des personnages sont particulièrement limitées (Adam n’a pas d’yeux par exemple). C’est aussi là qu’on touche un peu aux limites de l’ouvrage. Avec un dessin très simple, Vincent Caut doit s’appuyer uniquement sur son scénario pour convaincre. Surtout qu’il a déjà produit des ouvrages aux personnages bien plus expressifs. Or, avec un sujet maintes fois abordé, il manque ici un peu d’originalité, de folie ou de constance dans l’humour.

LesAventuresDeLaFinDuMonde1

Ces « aventures de la fin du monde » laissent un goût d’inachevé. On lit l’ouvrage avec plaisir, mais sans vraiment rire. Et à la fermeture du livre, on l’oublie rapidement. C’est dommage car on sent le potentiel devant certaines idées pas toujours suffisamment exploitées.

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Note : 11/20