Gus, T4 : Happy Clem


Titre : Gus, T4 : Happy Clem
Scénariste : Christophe Blain
Dessinateur : Christophe Blain
Parution : Janvier 2017


J’ai découvert le travail de Christophe Blain en lisant Isaac le Pirate puis Quai d’Orsay. Je suis rapidement tombé sous le charme de son trait si particulier. J’ai donc naturellement accueilli avec joie son immersion dans le western lors de la naissance de Gus. J’ai apprécié les trois premiers tomes qui commençaient à devenir un lointain souvenir, la parution du troisième opus date d’une douzaine d’années. Quelle agréable surprise se fut de rencontrer récemment dans les rayons de librairie le quatrième épisode de la série intitulé Happy Clem

Une histoire qui traîne en longueur

Le site BD Gest propose le synopsis suivant : « Cet album s’attarde plus particulièrement sur Clem, un outlaw au grand cœur ; un mélange d’aventure et de comédie sentimentale servi par le dessin virtuose de Blain. » C’est succinct, clair et efficace. Et pour ne rien gâcher, c’est très proche de la réalité…

Cet album est donc centré autour du personnage de Clem. Ce bandit adepte des attaques de banque mène une double vie. Quand il ne cherche pas l’adrénaline et la fortune dans son rôle de hors la loi, il est un père de famille qui respecte des horaires de bureau et qui s’épanouit auprès de sa femme et de sa fille. Néanmoins il rencontre de grandes difficultés à faire cohabiter ces deux univers. Son côté torturé est un fil conducteur fort de l’album. Cela rend le personnage attachant malgré ses défauts et ses mensonges.

Les dessins sont caractéristiques de l’auteur. Christophe Blain possède un trait particulièrement reconnaissable. Il dégage un mouvement perpétuel qui dégage le sentiment que les personnages ne cessent jamais de courir et génère un rythme effréné à la lecture. Le travail sur les couleurs est intéressant et participe activement à l’atmosphère « western » de l’ensemble. Le dessinateur s’autorise quelques excès sur les expressions et les attitudes des protagonistes qui donnent un ton presque « cartoon » à certaines scènes.

L’ambiance du western est donc bien rendue. Un grand Ouest à la sauce Lucky Luke (saloon, outlaw, grandes chevauchées) cohabite avec un univers plus citadin et urbain. La diversité de l’Amérique est bien rendue et correctement exploitée. La diversité présente dans la galerie des personnages joue également un rôle important dans le dépaysement procuré par la lecture.

Par contre, je suis sorti de ma lecture un petit peu déçu par l’histoire. J’ai eu du mal à entrer dedans et me passionner pour les aventures de Clem. Pourtant les ingrédients sont de qualité mais la recette narrative n’a pas pris. La sauce ne monte pas. Je n’ai retrouvé l’enthousiasme que mes souvenirs associaient aux premiers tomes. J’ai eu le sentiment que l’histoire trainait en longueur. Certes, le rythme est soutenu, mais il est mal maîtrisé. Bref, la qualité de la trame est intéressante mais le charme n’a jamais réellement opéré sur moi.

Pour conclure, Happy Clem est un album de qualité qui s’appuie sur des atouts solides. Mais je ne suis jamais arrivé à rentrer pleinement dedans. Est-ce dû à une forme de lassitude, à la grande coupure avec la lecture du précédent opus ? Je ne sais pas. Néanmoins j’en conseille la lecture car cette série possède une identité et une originalité certaines…

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