Le crépuscule des idiots


Titre : Le crépuscule des idiots
Scénariste : Krassinsky
Dessinateur : Krassinsky
Parution : Août 2016


Le monde animalier a souvent servi de miroir pour notre société dans la bande dessinée. Ainsi, pour parler théologie, Krassinsky a décidé d’utiliser une peuplade de singes vivant dans les glaces, près d’une source chaude. Une forme de fable pour nous raconter combien le peuple est idiot et capable de croire tout et n’importe quoi… Le tout est publié chez Casterman et pèse pas loin de 300 pages.

Une fable anticléricale.

Une tribu de singes vit sous la tyrannie d’un chef : c’est le plus fort, il dirige. Il choisit qui va dans la source d’eau chaude et il a droit aux femmes. Mais voilà qu’un nouveau singe arrive de l’espace. Plus intelligent que les autres, il se fait prophète de Diou et instaure une religion dont il est le grand prêtre. D’abord réticents, les singes se soumettent jusqu’à chasser leur ancien chef…

Le livre est construit sur une série de flashbacks. Un vieux singe raconte l’histoire par retours en arrière. Ce procédé n’apporte en fait rien du tout. La révélation sur qui est le narrateur laisse indifférent en fin de bouquin. Au final, les retours dans le passé étant chronologiques, mieux aurait valu une narration simplifiée.

« Le crépuscule des idiots » raconte la création d’une religion, de son premier prophète à ses évolutions, que ce soit dans son rapport au dieu, à ses idoles, à ses prêtres ou la création de nouveaux rites. Le propos se veut cynique et blasphématoire. Car le lecteur le sait : Diou a été créé pour servir l’intérêt des puissants qui asservissent leur peuple avec.

J’ai trouvé ce livre un peu longuet. Il n’est pas exempt de passages à vide. Les 300 pages sont avant tout là parce que l’auteur se fait plaisir. Son trait, dynamique, proche de l’animation, explique aussi ce découpage assez large. C’est d’ailleurs le point fort de l’auteur. Son dessin est dynamique, très vivant, porté par des couleurs à l’aquarelle réussies.

« Le crépuscule des idiots » est un livre à thèse. L’auteur développe son scénario comme une démonstration. Un aspect redondant apparaît alors en lecteur à mesure que les grands prêtres se succèdent. Reste un livre qui convaincra les athées de tout poil, ou à tous ceux que la religion, comme arme de contrôle, dérange.

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