Les aventures de Lucky Luke, T6 : Les tontons Dalton – Laurent Gerra, Jacques Pessis & Achdé

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Titre : Les aventures de Lucky Luke, T6 : Les tontons Dalton
Scénaristes : Laurent Gerra & Jacques Pessis
Dessinateur : Achdé
Parution : Octobre 2014


Il aura fallu les fêtes de fin d’année pour que je me replonge dans un Lucky Luke. Si le cow-boy solitaire a bercé mon enfance, cela fait bien longtemps que je suis passé à des bande-dessinées plus adultes et ambitieuses. Ici, le scénario est géré par Laurent Gerra et Jacques Pessis, soit un humoriste et un journaliste/écrivain. C’est vrai qu’il serait dommage de considérer que le scénario de bande-dessinée est un métier à part entière… Ce scénario est mis en scène et dessiné par Achdé.

Everett Dalton, l’un des cousins Dalton (un des tous premiers Lucky Luke) a survécu à 27 balles de revolver. Il a eu un enfant qui devra être élevé par… les quatre Dalton dans une ville appelée Rupin City. Et Lucky Luke devra bien évidemment les surveiller, en compagnie de Rantanplan…

Le scénario est dès le départ bancal au possible. Il n’y a pas d’aventure possible ici. Et si les tentatives de rédemption des Dalton ont déjà existées dans la série, elles étaient bien plus subtiles. Dans « Les tonton Dalton », on s’ennuie ferme. Il ne se passe rien et les évolutions des personnages sont, au choix, proches du néant ou soudaines. Ainsi, le petit neveu cumule les tares de Joe et Averell, puis devient super gentil et adore Lucky Luke d’une page à l’autre !

Un vide scénaristique.

Ce vide scénaristique est comblé par des allusions omniprésentes au film « Les tontons flingueurs ». On retrouve ainsi de nombreux acteurs caricaturés et les répliques cultes. Sans aucun intérêt ! Se baser sur un film aux répliques aussi inspirées pour écrire des dialogues plats, c’est montrer d’autant plus ses propres difficultés à accoucher d’un scénario correct ! Car au-delà du scénario, c’est la fluidité de l’ensemble qui ne va pas du tout. Certains jeux de mots sont amenés à la truelle et cassent le rythme.

Je sais que le dessin d’Achdé est souvent cité comme seul point positif de cet album. Je ne suis pas du tout de cet avis. Achdé singe Morris au point qu’on a l’impression de voir une sombre copie. Résultat, l’ensemble manque cruellement de personnalité. C’est voulu, mais à trop vouloir coller à l’auteur original, on perd plus qu’on y gagne. On retrouve même les codes couleurs de Morris, qu’il avait développé pour compenser les problèmes d’impression de l’époque (on parle des années 40 pour les débuts…)…

« Les tonton Dalton » manque totalement d’inspiration. Il ne se passe rien, les allusions aux « Tontons flingueurs » n’apportent rien et le dessin est aujourd’hui daté et sans intérêt. Il serait peut-être temps que certains éditeurs comprennent qu’une série n’a d’intérêt à continuer si longtemps que si elle se renouvelle. Sinon, ils tueront leur poule aux œufs d’or. Lamentable.

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Note : 2/20

6 réflexions sur « Les aventures de Lucky Luke, T6 : Les tontons Dalton – Laurent Gerra, Jacques Pessis & Achdé »

  1. Haha, ça fait envie!
    Je n’ai jamais lu cette nouvelle version de Lucky Luke, mais j’en avais feuilleté un album, et les références gratuites m’avait sauté aux yeux: ils amenaient des personnages réels (José Bové par exemple) juste pour le clin d’oeil, sans que ça n’apporte quoi que soit à l’histoire (une fois la « blague » passée, c’était fini), et surtout ça n’était absolument pas drôle. On se dit que c’est la faute à Laurent Gerra qui veut calquer ce qu’il fait en tant qu’humoriste sur un support qui n’a rien à voir…

    1. C’est surtout que Gerra n’est pas scénariste BD et ça se sent dans le rythme et la fluidité. Qu’il mette des allusions pourquoi pas, mais EN PLUS de l’histoire, comme pouvait le faire Goscinny.

      1. Les allusions de Goscinny étaient discètes: un jeu de mot, un personnage qui a les traits d’une personnalité… Dans mon souvenir, le pseudo-José Bové (Joshua Bové, un truc comme ça) se trouvait subitement au centre de l’attention, pendant au moins une page, alors que ça ne servait à rien.

        1. C’est exactement la même chose dans « la belle province » leur premier album ensemble où 3 pages sont centrés uniquement sur un personnage caricaturant BHL et recevant des tartes à la figures, sans compter des références lourdes sur Astérix…

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