Les chant des stryges, T18 : Mythes


Titre : Les chant des stryges, T18 : Mythes
Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Richard Guérineau
Parution : Juin 2018


Le chant des stryges est une série que j’ai vu naître il y a maintenant plus de vingt ans. Je me suis tout de suite passionné pour cette histoire fantastique qui faisait exister dans notre réalité des créatures ailées intimement liées au devenir de l’humanité. J’ai été tout autant captivé par les différents spin-off (Le clan des chimères, Le maitre de jeu et Le siècle des ombres)qui ont alimenté cet univers envoutant. Vous comprendrez donc aisément que la parution du dix-huitièmes tome intitulé Mythes. Cet album clôture une grande aventure bédéphile à mes yeux.

Une fin de série comme nouveau départ

Je me garderai de résumer l’histoire depuis ses débuts. Ce serait bien trop long et complexe. Ce qu’il est important de retenir est que l’épisode précédent se concluait sur une atmosphère apocalyptique. La planète semblait disparaitre dans de gigantesques explosions. Une ambiance de fin du monde nous habitait alors. Il est peu dire que d’affirmer que la curiosité en ouvrant ce dernier opus était intense ! Qu’était devenu le monde ? Comment les auteurs allait-il conclure leur odyssée ?

La lecture de ce dernier tome offre un ton différent de ses prédécesseurs. Jusqu’alors les humains et les Stryges menaient deux routes qui s’entremêlaient. Ces dernières les menaient inéluctablement vers un dénouement inéluctable : leur affrontement. Ce moment a eu lieu. Il est maintenant temps de faire le bilan. Voilà la fonction scénaristique de Mythes. Cela ne veut pas dire que cette lecture se contente de conclure rapidement une saga qui a déjà connu son combat final. Eric Corbeyran et Richard Guérineau offre un dernier voyage à leurs personnages très réussi. Leurs derniers pas dans ce climat de fin du monde sont particulièrement prenants.

Les décors ne sont plus que ruines. Le travail graphique de Guérineau y facile notre immersion. L’humanité semble subir une mutation. L’aspect physique de chaque survivant a évolué. Il se rapproche de celui des Stryges. On découvre des scènes familières des films catastrophes. De petites communautés se forment dans des habitats de fortune. La quête de victuaille ramène l’homme à son état sauvage. Le danger guette partout. L’anarchie prend le pouvoir. Tout cela est classique mais habilement utilisé par les auteurs pour qu’en tant que lecteur j’ai pris énormément de plaisir en me plongeant dans ce nouveau déséquilibre mondial.

Les enjeux de ce dernier opus est la quête d’une nouvelle voie. Les héros sont en quête d’une nouvelle voie pour l’humanité. Ils refusent d’accepter celle du chaos pourtant d’apparence inéluctable. Il reste un Stryge sur Terre. Ils le perçoivent comme la seule issue pour redonner un sens au monde. Nous suivons donc leurs pérégrinations vécues durant leur recherche de ce survivant pas comme les autres. Les interrogations qui les accompagnent sont intéressantes. Est-il également besoin de préciser que tout le monde n’est pas favorable à la fin de ce désordre anarchique ? Offrir un nouveau départ pour conclure n’est pas une chose aisée à construire. Les auteurs s’en sortent plutôt bien. Les événements s’enchainent plutôt bien et, sans rien révéler, je trouve que la conclusion est réussie. L’éléphant est loin d’accoucher d’une souris. Cet ouvrage présente un « au revoir » à la hauteur de la série qu’il clôt. J’en remercie les auteurs.

Il n’est pas évident de rédiger une critique sur cet ouvrage. Comment la rendre intéressante sans dévoiler top de choses aux adeptes de la saga ? Comment la rendre compréhensible pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de Stryges avant aujourd’hui ? Pour la seconde catégorie de lecteurs, je ne peux que vous conseiller de partir à la rencontre de cette réalité fantastique. Je peux maintenant vous garantir que l’attrait que vous pourriez voir naître lors des premiers tomes serait entretenu et alimenté jusqu’à la dernière planche du dernier tome. N’est-ce pas à la fois rassurant et enthousiasmant ?

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