Marzi, T4 : Le bruit des villes


Titre : Marzi, T4 : Le bruit des villes
Scénariste : Marzena Sowa
Dessinateur : Sylvain Savoia
Parution : Septembre 2008


Marzi, la petite rousse aux grands yeux bleus, revient pour un quatrième tome intitulé « Le bruit des villes ». On y découvre son enfance dans la Pologne communiste des années 80. Ouvrage autobiographique écrit par Marzena Sowa, il est dessiné par Sylvain Savoia et édité chez Dupuis. 

Marzi a un effet de sympathie énorme pour le lecteur.

« Marzi » fonctionne sur un système d’anecdotes qui, à la longue, raconte le quotidien de la petite fille. Le tout est un équilibre entre histoires légères (les copines, les vacances, la télévision…) et histoires plus graves (sa relation avec sa mère, les grèves de Solidarnosc). Cette alternance nous permet de passer par de nombreuses émotions. Les évènements en Pologne ont un aspect documentaire très intéressant bien sûr. Mais ceux-ci sont renforcés par le reste. En effet, Marzi a un effet de sympathie énorme pour le lecteur. Et quand elle raconte toujours qu’elle adore son père et que celui-ci ne revient pas pendant plusieurs jours… C’est le point fort de l’ouvrage : on s’attache énormément à cette petite fille aux grands yeux.

Le thème de l’enfance est lui aussi traité avec beaucoup de réussite. Ainsi, Marzi s’ennuie. L’ouvrage d’ailleurs commence ainsi : « C’est pénible d’être enfant unique… Personne avec qui discuter de choses sérieuses. » En effet, dans sa famille, l’enfant est insignifiant dans le sens où l’on ne lui explique rien et où on ne l’écoute jamais. Si bien que Marzi trouve cela d’autant plus pénible. Et quand des événements importants apparaissent, on ne lui explique pas beaucoup plus les faits. Cependant, cet aspect « entre deux » pourrait décevoir certains lecteurs. Je trouve pour ma part que c’est cet équilibre qui fait la force de l’ouvrage.

Le livre est construit sur des anecdotes de quelques pages découpées en pages de 6 cases carrées. Le discours est très majoritairement narratif, mené par Marzi. Les textes sont assez développés pour être intéressants mais avec la pointe d’innocence et de naïveté pour que la petite fille nous touche. C’est clairement la réussite de l’ouvrage. Sylvain Savoia, au dessin, utilise un trait simple que j’aime beaucoup. Les couleurs sont vives et les mises en scène variées, surtout en prenant en compte les contraintes d’un gaufrier si strict.

Toujours pas de lassitude face à ce quatrième tome. Certes, la formule est bien huilée, mais elle continue à fonctionner avec efficacité. On dévore l’ouvrage, on a peur en même temps que Marzi, on découvre la Pologne communiste… Du beau travail.

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