Les Ogres-Dieux, T2 : Demi-sang


Titre : Les Ogres-Dieux, T2 : Demi-sang
Scénariste : Hubert
Dessinateur : Bertrand Gatignol
Parution : Juin 2016


« Les Ogres Dieux » avaient surpris son monde en proposant un pavé doté d’un univers original porté par un dessin en noir et blanc élégant. Le gigantisme et la violence des ogres apportait une touche particulière à l’ensemble, de même que les notes biographiques analysant la génétique des familles. Ce tome 2, intitulé « Demi-sang », s’intéresse aux nobles-nés, cette caste qui gère les affaires du royaume. Le tout pèse plus de 100 pages et est publié dans la collection Métamorphoses chez Soleil.

Une ascension vers le pouvoir… Sans les ogres ?

Yuri est un bâtard. Repoussé par son père, adulé par sa mère, il va chercher à monter les marches du pouvoir pour devenir chambellan, la plus haute distinction chez les humains. C’est d’ailleurs les biographies des chambellans qui nous sont proposées entre les chapitres.

Quelle déception que ce « Demi-sang » ! Alors que le premier tome traitait des ogres, du gigantisme, d’une fin de race, celui-ci peine à se différencier. Ainsi, les ogres en sont presque absents… On se retrouve avec une histoire d’ascension vers le pouvoir très classique. Tous les moyens sont bons pour Yuri pour y arriver. Les intrigues à la cour deviennent le quotidien de cet ouvrage. Et on en vient à se demander s’il n’aurait pas été plus pertinent de faire un one-shot puissant du premier tome plutôt que de vouloir en développer une suite qui, hélas, n’apporte finalement pas grand-chose à l’univers.

En cela, les notices biographiques, point fort de la série, perde ici de leur intérêt. Lorsqu’on nous parlait d’ogres gigantesques et de tares génétiques, il y avait quelque chose de fascinant. Les chambellans sont bien plus communs et leurs histoires sont bien moins percutantes. Surtout, elles ne nourrissent pas le récit comme elles le faisaient auparavant.

Si l’élégance du dessin de Gatignol est toujours présente, avec son noir et blanc bien maîtrisé, il est aussi moins marquant. En se consacrant aux humains, on perd toutes ces trognes d’ogres qui faisaient aussi la particularité de la série. Le personnage de Yuri, candide au départ, passe son temps avec les yeux grands ouverts. Le tout manque de subtilité et prend un aspect bien plus manga que le premier tome.

« Demi-sang » est un échec. Il faut croire que les auteurs n’ont pas compris où résidait l’intérêt de leur série. En tournant le dos aux ogres dès le deuxième tome, ils en appauvrissent l’intérêt, mais aussi le dessin. Quel dommage !

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