Maggy Garrison, T1 : Fais un sourire, Maggy – Lewis Trondheim & Stéphane Oiry

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Titre : Maggy Garrison, T1 : Fais un sourire, Maggy
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Stéphane Oiry
Parution : Mars 2014


« Maggy Garrisson » a attisé la curiosité des adeptes du neuvième art lors de sa sortie le six mars dernier. En effet, c’était l’occasion de voir Lewis Trondheim scénariser une histoire dans un monde dénué de fantastique et qui n’utilisait graphiquement aucun mécanisme anthropomorphe. D’ailleurs, il confie les dessins à Stéphane Oiry que je découvre à l’occasion de cet album. « Maggy Garrisson » semble vouée à devenir une série. En effet, cet ouvrage intitulé « Fais un sourire, Maggy » est numérotée. Il s’agit donc du tome initial des aventures d’une nouvelle héroïne. Le bouquin de format classique est édité chez Dupuis dans la collection Grand Public. La couverture nous fait découvrir Maggy sous un parapluie en train de s’allumer une cigarette dans une rue pluvieuse londonienne.

La quatrième de couverture nous présente la porte d’entrée suivante : « C’est son premier job depuis deux ans… Il faudrait qu’elle fasse un effort. Sauf que son patron a l’air d’un parfait incapable. Et qu’il n’y a pas mal de fric à gratter en parallèle. » Le ton posé. Il n’y avait plus qu’à espérer que la réalité soit à la hauteur des attentes suscitées.

Bien que m’étant offert ce bouquin peu de temps après son apparition dans les rayons de librairie, j’ai attendu quelques semaines avant de m’y plonger. J’ai donc eu l’occasion de lire sur le net ou dans la presse spécialisée bon nombre de critiques et d’avis à propos de cette nouvelle héroïne. Elles étaient dans leur grande majorité élogieuses et enthousiastes. Elles tressaient des louanges à ce personnage féminin à la personnalité marquée et au caractère fort. Elles louaient les auteurs d’avoir immergé leur intrigue dans la capitale britannique.

Découvrir le Londres contemporain

Je dois avouer que ce dernier aspect m’attirait. En effet, j’ai rarement eu l’occasion de découvrir le Londres contemporain dans un album de bandes dessinées. Bien souvent, les relations entre le neuvième art et « Smoke » se déroulent à la fin du dix-neuvième siècle, époque ayant vu naître Jack l’éventreur ou Sherlock Holmes. Les calèches dans les rues sombres bravant le brouillard légendaire permettait de générer des atmosphères envoutantes. Néanmoins, la richesse naît de la diversité et j’étais curieux de savoir comment les auteurs allaient exploiter les lieux et l’ambiance de la ville anglaise. Certaines scènes extérieures n’ont aucun à nous persuader que nous sommes outre-Manche. De plus, la météo grise ou les pubs locaux participent à cette immersion. Malgré tout, les événements, les personnages et le fait que les échanges soient en français ont tendance parfois à nous faire penser que les personnages pourraient se trouver dans n’importe quelle autre grande ville européenne. Peut-être qu’en intégrant quelques expressions anglaises dans les dialogues à la manière de « Blake et Mortimer » cela aurait facilité la crédibilité géographique de l’ensemble.

maggygarrison1aMaggy nous est jusqu’alors inconnue. Les auteurs doivent donc nous la présenter. La première impression est toujours importante. Les premiers mots sont en voix off. Ils permettent de se faire une idée de cette femme. Elle donne le sentiment de ne pas aimer être embêtée. En peu de termes, Trondheim nous offre l’identité de son héroïne. Les pages suivantes confirment notre perception. Elle apparaît débrouillarde. Son sens de l’éthique atteint rapidement ses limites quand quelques menus billets sont disponibles. Mais on ne lui en veut pas. Son côté futé semble l’emporter sur son côté magouilleur.

La neuvième planche marque le vrai début de l’intrigue. Les présentations sont faites. Il s’agit de rentrer dans le vif du sujet. La trame pose des jalons intéressants et sollicitent activement notre curiosité. Les zones d’ombre sont nombreuses et on ne demande qu’à suivre les pérégrinations de Maggy pour dénouer la pelote emberlificotée autour de son peu charismatique patron. Hélas, l’intensité narrative a tendance à diminuer au fur et à mesure que les pages défilent. Il se passe davantage de choses dans le premier tiers de l’album que dans les deux autres réunis. L’histoire donne lieu à des moments sympathiques et bien écrits mais le fil conducteur est faiblard et n’a pas arrivé à réellement m’intéresser. Au final, je me suis détourné de l’enquête menée par l’héroïne. Son dénouement m’a laissé quasiment insensible.

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Ce sentiment est regrettable car Maggy possède un vrai potentiel scénaristique. De plus, les auteurs font exister des personnages secondaires intéressants qui auraient pu donner une autre ampleur à l’ensemble s’ils avaient été mieux ou plus exploités. Je me demande même si la lecture n’aurait pas été plus agréable si le fil conducteur des recherches de la jeune femme avait été plus en retrait. Cela aurait laissé davantage de place aux différents échanges de Maggy avec ses rencontres. En effet, ces moments sont les meilleurs de l’album. Ce premier tome a donc ses qualités et ses défauts. Les premières m’inciteront à jeter un coup d’œil sur le prochain opus lors de sa future sortie. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 11/20

Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2014


Si Riad Sattouf fait beaucoup parler de lui ces dernières semaines avec son livre « L’arabe du futur », c’est bien la sortie du quatrième tome de « Pascal Brutal » qui me mettait dans tous mes états. Récompensée à Angoulême pour son troisième tome, cette série est un must-have d’humour. Ce nouvel opus, intitulé « Le roi des hommes », nous permet de découvrir un peu plus la vie de Pascal, l’homme le plus viril du monde. Le tout est publié chez Fluide Glacial.

Le monde de Pascal Brutal est assez original… Après l’accession d’Alain Madelin au pouvoir, la France décline et sombre dans un chaos intellectuel et social. Riad Sattouf crée une vision de notre future très pessimiste et pourtant si proche de notre société actuelle. C’est la complète décadence : violence, sexe et QI négatif s’y côtoient en permanence. Et au milieu de tout cela, Pascal Brutal…

Ce bon vieux Pascal, c’est la virilité à l’état pur : des gros muscles, une grosses motos et des femmes qui le veulent tout de suite et maintenant. Mais surtout, c’est une homosexualité refoulée qui ressort régulièrement…

La voix off, point fort de la série

Ainsi, tour à tour, Pascal va essayer de pécho dans la ville des gays, être star du rap, joueur de foot, etc. Riad Sattouf s’amuse à intégrer l’Homme dans toutes les situations possibles, mais toujours dans sa France façon Madelin. C’est d’ailleurs la description de cet univers ultralibérale, par la voix off, qui fait tout le sel de cette bande-dessinée. Au-delà des situations, Riad Sattouf s’amuse à décrire un monde improbable. Cerise sur le gâteau : un certain Riad Sattouf a permis au monde arabe de devenir la société la plus avancée et la plus progressiste (dans le tome 3). Nous retrouvons ainsi un stade Riad Sattouf construit à base de sacs plastiques recyclés…

Si on sourit souvent devant la vie de Pascal, on rit aussi. Cette série possède une telle identité et une telle densité que l’on a du mal à rester indifférent. Le lien avec « La vie secrète des jeunes » est évident. Riad Sattouf sait observer ses contemporains et projettent le tout dans l’avenir. Et ce n’est pas rose…

 Le dessin, simple en apparence, est parfaitement adapté. Les expressions du visage de Pascal sont complexes et participent à notre hilarité. Bref, du lourd.

Avec son quatrième opus, « Pascal Brutal » ne faiblit pas. L’univers et le personnage créés par Riad Sattouf possèdent une véritable originalité et l’auteur sait les utiliser sans se répéter. Une des grandes bande-dessinées d’humour de ces dernières années, dans la plus pure tradition Fluide Glacial !

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17/20

L’invention du vide – Nicolas Debon

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Titre : L’invention du vide
Scénariste : Nicolas Debon
Dessinateur : Nicolas Debon
Parution : Juin 2012


Étant soumis au vertige, l’escalade est quelque chose qui m’est interdite par la force des choses. Histoire de pouvoir profiter des sensations au mieux malgré mon handicap, je me suis procuré« L’invention du vide » de Nicolas Debon. Paru chez Dargaud, dans la collection Long Courrier, ce one-shot de belle taille narre l’ascension d’un pic du massif du Mont Blanc par Mummery, Burgener et Venetz. Continuer la lecture de « L’invention du vide – Nicolas Debon »

Bone, T4 : La nuit des rats-garous – Jeff Smith

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Titre : Bone, T4 : La nuit des rats-garous
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Mars 1997


« Bone » est le seul comics à trôner dans ma bibliothèque, même si un tome de « Sin City » s’est discrètement glissé entre deux bande-dessinées franco-belge. Découverte par hasard dans la médiathèque du quartier, ce mélange d’aventure et d’humour m’a pleinement séduit. Après trois premiers tomes exceptionnels, le propos se corse. « La nuit des rats-garous » annoncent de sombres évènements, comme l’indique parfaitement la couverture. Le tout est toujours édité chez Delcourt pour 88 pages. C’est l’un des tomes les plus légers en termes de pagination.

Clairement, on sent un petit problème de découpage dans cette édition. On reprend l’histoire en pleine forêt, sous le déluge… Qu’importe, le plaisir reste le même. Mamie Ben fuit et est rattrapée par Thorn et Fone Bone. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Cernés par les rats-garous qui écument la forêt, le trio tente de survivre.

Le tome des révélations

Ce tome est LE tome des révélations. Après un début plutôt léger, le propos se durcit. On apprend enfin qu’est-ce que la vallée, les forces en présence, son passé, etc. Le récit prend une autre tournure. Mais la deuxième partie du tome est elle pleinement humoristique. Lucius et Phoney se lancent dans le concours à la taverne. Chacun son côté et les gens consomment où ils le veulent. Même si la compétition semble là pour montrer le caractère de Phoney, cela aura évidemment bien plus d’importance…

Jeff Smith continue ici son mélange savoureux. De l’humour, du romantisme, de l’aventure, de l’héroïc fantasy… Le travail sur les ambiances est remarquable notamment pour cette fameuse « Nuit des rats-garous ». Son découpage donne une vraie puissance à l’ouvrage. Inspiré de l’animation, de nombreuses cases se suivent avec le même cadrage, changeant juste un petit détail de l’une à l’autre. Ce travail proche du dessin-animé par moment donne une fluidité à la lecture et permet de jouer aussi bien sur la peur que sur le rire !

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Au niveau du dessin, Jeff Smith produit des noirs et blancs particulièrement beaux dans ce tome nocturne. La représentation de la foudre, de la pluie est formidable ! Je suis conquis depuis bien longtemps par le trait rond et expressif de l’auteur. Sa capacité à mélanger cartoon et dessin réaliste est un modèle du genre !

« La nuit des rats-garous » est un tome charnière dans la série « Bone ». Il pose (en partie) les enjeux, ce qui n’était pas vraiment le cas auparavant. On passe de quêtes immédiates à une quête plus générale, ce qui change fortement la donne pour les personnages.

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Note : 19/20

Bone, T3 : Rêves et cauchemars – Jeff Smith

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Titre : Bone, T3 : Rêves et cauchemars
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Septembre 1996


« Bone » a été l’une de mes plus grandes surprises de lecture. Ce comics mélangent autant les codes graphiques que les genres dans une fusion de très grande qualité. On y retrouve des bones, personnages de cartoon exilés de Boneville, qui arrivent dans une vallée teintée d’héroïc-fantasy. Le début de l’histoire est très légère, pleine d’humour, bien que déjà les rats-garous sèment le trouble. Le tout est publié chez Delcourt. Je prends ici pour référence la première version publiée en noir et blanc.

Smiley et Phoney, suite aux paris truqués, sont obligés de travailler pour Mamie Ben, puis pour Lucius. Les voilà donc à la ferme pour reconstruire le tout après l’attaque des rats-garous. Si Smiley est toujours de bonne humeur, Phoney cherche à tout prix un moyen de repartir à Boneville couvert d’or. Problème : Fone Bone est amoureux de la belle Thorn et sa motivation de retour d’exil est toute relative…

L’ambiance est encore à la « bone » humeur

Dans ce troisième tome, l’ambiance est encore à la bonne humeur. Les trois bones sont ensemble et les situations cocasses sont légions. Mais les rêves s’invitent aussi bien chez Thorn que chez Fone Bone. Les enjeux réels restent ici encore flous mais le mystère s’épaissit et titille notre curiosité. Ce tome reste l’un des plus courts parus, l’histoire avance donc peu. A la fin de l’ouvrage, les bones sont une nouvelle fois séparés, laissant présager de nouvelles péripéties.

Clairement, le début de cette épopée est la partie que je préfère. Mêlant humour, suspense et aventure, c’est un cocktail détonnant ! C’est toujours le cas ici où, après des passages très drôles, une scène vient nous rappeler que l’heure est à l’inquiétude… Ce sont les derniers moments d’insouciance avant que les problèmes n’arrivent…

Concernant le dessin, ce tome est particulièrement beau. En effet, une bonne partie de l’histoire se passe en pleine averse et en pleine nuit, donnant lieu à des planches en noir et blanc de toute beauté. Jeff Smith est ici au sommet. Son trait au pinceau est une merveille. L’environnement est pourtant très simple (la forêt et la ferme…), mais parfaitement rendu. Et surtout, l’auteur parvient à mixer dessin cartoon et réaliste avec une aisance stupéfiante. Du grand art.

Jeff Smith a pris son rythme de croisière avec ce « Rêves et cauchemars ». Les enjeux ne sont pas encore très clairs pour le lecteur, mais la tension monte lentement…

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Note : 19/20

Ralph Azham, T6 : L’ennemi de mon ennemi – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T6 : L’ennemi de mon ennemi
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Février 2014


Lors de sa naissance, « Ralph Azham » s’est vu reproché d’être un sous-« Donjon ». En effet, le fait que Lewis Trondheim crée une série humoristique inscrite dans un univers de fantasy incitait naturellement à faire un parallèle avec la saga tentaculaire « Donjon ». Cette dernière possède une place particulière dans le neuvième art des deux dernières décennies. Ces afficionados dont je fais partie lui vouent une affection certaine. Les premières aventures de ce nouvel héros prénommé Ralph donnaient l’impression d’utiliser les mêmes ficelles que celles de ces prédécesseurs Herbert et Marvin sans atteindre leurs auras. Néanmoins, au fur et à mesure que les années passent, les tomes paraissent et permettent à cette nouvelle série de voir sa propre identité prendre de l’épaisseur. La raréfaction des parutions d’épisodes de « Donjon » facilite la chose. « Ralph Azham » se compose maintenant de six tomes dont le dernier est paru le six février dernier chez Dupuis. Vendu au prix de douze euros, il nous offre une couverture nous immergeant au beau milieu d’une bataille de grande ampleur dans laquelle notre héros n’a pas l’air au mieux. Il ne restait plus qu’à s’y plonger pour en savoir davantage…

Le site BDGest’ propose le résumé suivant des enjeux de cet opus : « Les oracles, ça ne raconte pas de bobards : conformément à leurs prédictions, Ralph a bel et bien décapité le terrible Vom Syrus. Ou plutôt son sosie empaillé, utilisé par le roi pour entretenir la légende… Privé de l’alliance qu’il voulait nouer avec cet homme de paille et de retour sur les terres d’Astolia, Ralph va devoir trouver son père, une nouvelle stratégie, et un pantalon agréable ! Car l’aventure ne s’arrête pas pour la petite bande qui va découvrir que les ennemis de nos ennemis ne sont souvent que d’autres… ennemis ! »

Jouer avec humour des codes de la fantasy

Je déconseille à tout lecteur de découvrir cet album sans avoir lu les cinq précédents de la série. Les tomes s’enchainent comme les chapitres d’un roman. Nous sommes bien loin de notre rencontre avec le héros quand il était un paria dans son propre village, perdu au milieu de nulle part. Depuis, il a fait bien des rencontres et a vu sa célébrité grandir au gré des événements. « Ralph Azham » s’adresse à un public large. L’auteur joue avec humour des codes de la fantasy.

Le cinquième tome s’est conclu par une vraie révélation imprévue. Elle remettait en cause beaucoup des enjeux et des repères jusqu’alors mis en place. Le grand méchant Von Syrus n’existait pas. Le roi semblait avoir créé un méchant de toute pièce. C’est donc pour cela que nous assistons au retour de notre petit groupe vers leur légendaire ennemi pour obtenir des explications. Sur ce plan-là, le lecteur s’interroge tout autant. Notre curiosité est mécaniquement attisée tant cette découverte scénaristique. La trame du tome se décompose grossièrement en deux parties. La première décrit le retour à Astolia, la seconde s’avèrera être une grande bataille avec Ralph dans le rôle principal.

ralphazham6bCette intrigue ne s’avère pas très intense. Le trajet vers la capitale n’est qu’une succession de rencontres et d’événements sans grand intérêt. Certes, ils sont autant d’occasion pour l’auteur de distiller une ou deux vannes bien senties. Je ne vous dis que je n’ai pas souri quelques fois au cours des pérégrinations de Ralph et ses amis. Néanmoins, l’ensemble manque de rythme et a un côté presque « encroûté ». Trondheim a beau donné une place intéressante au père du héros et son projet de résistance, il n’arrive réellement à générer une montée en puissance vers le combat final. C’est dommage.

Comme je l’évoque précédemment, à la manière de bon nombre de blockbuster, cet opus se termine sur une grande guerre. Je n’ai rien contre ce choix. Par contre, dans le sens où cette scène finale s’étale sur une vingtaine de pages, il est indispensable qu’elle soit originale, cadencée et spectaculaire. Je ne trouve pas que cela soit le cas dans « L’ennemi de mon ennemi ». Malgré tout l’affection que j’ai pour lui, je ne trouve pas que Trondheim arrive à structurer sa scène d’action finale. Les combats ne rebondissent pas, l’enchainement des différents duels ou assauts est brouillon. Bref, j’ai été assez déçu. Alors que cet album avait les ingrédients pour se conclure sur un feu d’artifice plein d’espoir pour la suite, il se conclue sur un sentiment mitigé. J’avais l’impression que les vingt dernières pages auraient pu être synthétisées en moins de dix, ce qui aurait permis de construire davantage le dénouement.

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Pour conclure, ce tome est loin d’être mon préféré de la série. Je trouve qu’il ne laisse pas beaucoup de place à l’humour tant dans les situations que dans les dialogues. Parallèlement, l’intrigue n’avance pas non plus à un rythme effréné. L’ensemble apparaît brouillon et dilué. L’attrait est préservé par l’empathie pour les personnages et par quelques moments très réussis, fruits du talent de son auteur. De plus, les dessins de Trondheim sont simples et sympathiques et rendent ainsi aisé et agréable la lecture. Le travail sur les couleurs de Brigitte Findakly n’est pas révolutionnaire mais participe à l’atmosphère graphique de l’ensemble. Je pense donc que « L’ennemi de mon ennemi » n’est pas l’épisode le plus marquant de la saga. Mais cette légère déception ne m’empêchera pas d’attendre la parution du prochain tome. Je reste toujours curieux de savoir vers où tout cela nous mène…

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Note : 11/20

Ralph Azham, T5 : Le pays des démons bleus – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T5 : Le pays des démons bleus
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Mai 2013


C’est peu de dire que Lewis Trondheim occupe une place à part dans mon panthéon de la bande-dessinée. Son œuvre riche et magistrale m’a fortement influencé et m’a donné envie de me mettre à la bande-dessinée en tant qu’auteur. Mais depuis quelques années, le fer de lance de la génération de L’Association a baissé le pied et publie beaucoup moins. Sa dernière série en date, « Ralph Azham », avait plus ou moins déçu tant sa parenté avec « Donjon » l’empêchait de prendre pleinement son envol. Mais avec le quatrième tome, cette série trouvait un souffle salvateur qui nous donnait de l’espoir pour la suite. « Le pays des démons bleus », le cinquième opus, allait-il confirmer le regain de forme de « Ralph Azham » ?

Ralph a quitté le royaume d’Astolia. Il recherche l’ennemi héréditaire, Vom Syrus, afin de renverser le roi d’Astolia. On retrouve donc la joyeuse bande sur un bateau, en partance pour le continent. Etant donné que l’on est au cinquième tome, on commence à se rapprocher de la fin et cela se sent. Ralph, que l’on a connu misérable, accepte son rôle et prend de l’ampleur. Sa relation avec Yassou (sûrement le personnage le plus réussi de cette bande-dessinée) évolue et mûri pour notre plus grand plaisir.

Une série qui se bonifie après plusieurs lectures.

Lewis Trondheim continue son exploration de l’héroïc fantasy plus ou moins détournée. Il faut bien avouer que l’homme possède une patte particulière, un sens du dialogue qui n’est qu’à lui. Cependant, à force de lire l’auteur, on est moins surpris. Difficile de dire si c’est l’habitude ou une baisse de régime de Trondheim. Heureusement, l’histoire tient la route et est prenante. Pas d’impression de dilution ici. Les bonnes idées sont légions et derrière l’humour, la dureté de l’univers est réelle. A la fermeture de l’ouvrage, on ressent l’envie de lire la suite, on sent que le tout avance et se rapproche d’un dénouement. Trondheim a su ménager quelques surprises à son lecteur. « Ralph Azham » est une série qui se bonifie après plusieurs lectures. Les détails et les subtilités ne se dévoilent pas toujours au premier abord.

Au niveau du dessin, Trondheim développe son trait animalier classique. Au fil des ans, son dessin s’est enrichi (notamment au niveau des décors. Le tout est fluide et dense, efficace. C’est un véritable plaisir. Au niveau des couleurs, j’ai été moins séduit. Le nouveau continent est plus coloré, plus vif. Et au final, je trouve l’ambiance un peu moins forte que dans les premiers tomes. Cela reste un détail, car les couleurs sont quand même un des points forts de cette série.

Ce cinquième tome de « Ralph Azham » tient ses promesses. De la fantasy avec de l’humour Trondheim, cela reste un plaisir. L’épilogue semble se profiler. En espérant qu’il ne tarde pas trop à arriver !

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Note : 14/20

Ralph Azham, T4 : Un caillou n’apprend jamais rien – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T4 : Un caillou enterré n’apprend jamais rien
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Octobre 2012


Le troisième tome de « Ralph Azham » annonçait la fin du premier cycle. Pourtant, à la fermeture du livre, ce n’était pas bien évident. Je n’étais pas pleinement séduit par cette histoire et j’hésitais donc fortement à continuer l’aventure avec ce nouveau cycle, du moins ce quatrième tome intitulé « Un caillou enterré n’apprend jamais rien ». Mais le tout étant dessiné et scénarisé par Lewis Trondheim, j’ai craqué…

« Ralph Azham » représentera, pour toute personne connaissant l’œuvre de Trondheim, comme un « Donjon bis en moins bien ». Là où « Donjon » se permettait tout, « Ralph Azham » est plus consensuel. Sa publication chez Dupuis (et dans le magazine Spirou) l’explique amplement. Ainsi donc, on se retrouve avec un monde de fantasy classique, mais malmené en permanence. C’est le personnage de Ralph, très cynique, qui sert de catalyseur aux clins d’œil de l’auteur. Ce dernier est l’élu, poursuivi par toutes les milices de tous les pays. Il est épaulé de son ami magicien avec qui il se dispute souvent, Ralph ne respectant que peu les croyances des autres. Nos deux compères entrent à Octania afin d’essayer d’embarquer sur un bateau et se rendre sur l’île de Vom Syrus, pour lui demander son aide.

Un lieu = un tome

On a clairement affaire à un tome de transition ici. En effet, à la fin du livre, Ralph quittera à peine Octania. Même s’il détourne les codes du genre, Trondheim s’y perd également. Un lieu = un tome. On découvre les us et coutumes du coin, le héros perturbe l’écosystème local puis s’en va.

Il serait cependant réducteur d’aborder ce tome ainsi. Si la notion de cycle n’est pas évidente, elle se retrouve dans les personnages. Ainsi, les premiers tomes étaient beaucoup basés sur la sœur de Ralph. Ici, Ralph va rencontrer de nouveaux personnages qui changent fortement le ton de l’album. Il faut bien avouer que le tout est sacrément prenant. Trondheim semble avoir pris son rythme et ce tome ne paraît pas du tout dilué. Cela m’a redonné foi dans cette série. Même si les enjeux réels de l’histoire semble bien mineurs ici (comme dans les premiers « Donjon » d’ailleurs), force est de constater qu’il y a beaucoup de bonnes idées et que les personnages commencent à devenir vraiment sympathiques et attachants (il était temps…).

Au niveau du dessin, on retrouve le dessin animalier de Lewis Trondheim. Le tout est maîtrisé et certains décors sont vraiment beaux. La mise en couleur, vive, met bien en valeur le trait de Trondheim. Il est à noter qu’il y a une forte densité de cases par page, l’auteur aimant beaucoup insérer des silences lorsque les personnages dialoguent, ce qui apporte une vraie subtilité aux comportements.

Au final, ce quatrième tome est une agréable surprise. Je ne regrette absolument pas d’avoir assouvi mes pulsions consuméristes. J’espère juste que l’histoire prendra une ampleur un peu plus importante par la suite. Car si les dialogues, les actions accrochent le lecteur à la lecture, parfois on s’arrête quelques secondes en se demandant « mais pourquoi ils sont là d’ailleurs ? ». Si vous avez apprécié un tant soit peu les premiers tomes, n’hésitez pas à continuer l’aventure.

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Note : 14/20

Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Avril 2012


« Noires sont les étoiles » est le troisième tome de « Ralph Azham ». Cet album marque la fin du premier cycle comme cela est indiqué sur la couverture. Edité chez Dupuis, cet ouvrage est paru il y a quelques mois. Il est vendu pour un prix avoisinant les douze euros. J’avais décidé de m’intéresser à cette série par le seul nom de son auteur. En effet, Lewis Trondheim occupe une place particulière dans mon cœur de bédéphile. « Les formidables aventures de Lapinot » et « Donjon » sont ses plus célèbres productions. Mais « Les petits riens », « Bludzee », « Fennec » ou « Moins d’un quart de seconde pour vivre » sont autant d’albums assez uniques dans leur atmosphère ou leur originalité. Les deux premiers opus de « Ralph Azham » étaient sympathiques sans être mémorables. J’espérais que « Noires sont les étoiles » fasse changer cette saga de braquet.

Le résumé suivant est issu du site BdGest : « Ralph, toujours accompagné par les magiciens Yassou et maître Migachi, a décidé de voler la couronne de Tanghor, dont le pouvoir pourrait rendre la mémoire à sa sœur. Il s’associe à trois voleurs rencontrés sur le bord de la route et se rend à Onophalae, où la couronne magique est conservée en haut d’un pic particulièrement bien protégé. Du moins pour le commun des mortels, car rien ne résiste aux méthodes non-conventionnelles de Ralph. De son côté, le père de Ralph, qui a survécu à l’effondrement du barrage, s’installe à Astolia, où il ouvre une boutique de gâteaux-surprises, dans l’espoir que son fils s’y rejoindra. Mais il n’est pas le seul à l’y attendre : nombreux sont ceux qui aimeraient toucher la prime promise pour sa capture ! »

Le premier tome avait pour objectif de nous présenter le héros, Ralph, et l’univers dans lequel il allait évoluer. On découvre qu’il est paria dans son propre village. Il est né avec les cheveux bleus, signe local d’être un élu. On est alors voué à un destin prestigieux. Mais Ralph n’a pas été admis et est donc revenu marqué par son échec chez lui. Tous ses amis lui tournent le dos. Il est tout juste bon à dormir au milieu des cochons. Mais un événement fait que son village est détruit. Il décide alors de partir accompagné d’un enfant. Le second tome le voit se regrouper avec tous les enfants aux cheveux bleus, chacun possédant un pouvoir particulier qui décidera de sa fonction prochaine. Mais ils se trouvent au centre d’un guet-apens et doivent à nouveau s’enfuir. Mais le réel événement de cet opus est la rencontre d’une jeune fille, chef de l’armée. Elle serait peut-être la sœur que Ralph croyait disparue. Mais cette dernière n’y croit pas. C’est pourquoi il décide de partir en quête de la couronne de Tanghor dans ce troisième tome…

Une évolution positive

J’avais trouvé les deux premiers tomes un petit peu fouillis. Trondheim donnait l’impression de vouloir construire un univers relativement complexe. Mais on avait tendance à se noyer sous les informations au détriment du côté drôle et décalé des personnages et des dialogues qui font le succès de l’auteur. J’espérais donc que « Noires sont les étoiles » se montrent plus structuré et linéaire sur le plan narratif pour laisser une place dans la lumière à ses protagonistes. Je trouve que l’évolution est positive. La trame principale est simple. Il faut retrouver une couronne qui permet de retrouver la mémoire. Dans un second temps, il s’agira de la faire porter à celle que Ralph pense être sa sœur. Cela offre une unité de lieu qui permet de retrouver tous les personnages des deux premiers opus dans un même endroit. Cela évite les voyages permanents qui remplissaient l’album précédent.

Le fait qu’on ne quitte pas Astolia dans la deuxième partie de l’histoire permet de nombreuses interactions entre les personnages. Cela laisse donc une plus grande place aux dialogues. Trondheim laisse libre cours à son talent et nous offre des moments vraiment drôles. Il retrouve un petit peu la magie de « Donjon » qui est culte dans la fantasy décalée. Il joue avec les codes du genre. Objets magiques, pouvoir, malédiction… Rien n’est oublié. Le rythme de narration est assez soutenu et nous ne offre aucun réel temps mort. En ce sens, « Noires sont les étoiles » est, à mes yeux, le meilleur des trois tomes de la série. En simplifiant l’ensemble, Trondheim fait naitre un album plus passionnant et drôle que les précédents qui étaient plus confus. On en apprend davantage également sur le monde dans lequel se déroule l’histoire. On rencontre le roi par exemple.

Les dessins sont également le fruit du trait de Trondheim. Son style est reconnaissable dès le premier coup d’œil. Je vous avoue que j’en suis friand. Le trait est simple et rend les planches faciles d’accès. Cela n’empêche pas les cases d’être pleines de détails et habitées d’une vraie atmosphère. Les décors ne sont pas négligés et participent à la création de l’univers qui abrite la trame. De plus, les personnages sont tous facilement reconnaissables et possèdent chacun leur identité graphique soit par leur caractère soit par leur physique. Enfin, le travail de Brigitte Findakly sur les couleurs est excellent et donne à l’ensemble un aspect visuel très attractif.

En conclusion, « Noires sont les étoiles » est un ouvrage honnête qui marque une progression dans la série. Il se lit avec plaisir. On ne s’ennuie jamais même si on n’est pas aussi transporté que dans « Donjon ». Néanmoins, le premier cycle étant terminé, on se doute qu’un second verra le jour. Je n’hésiterai pas à guetter sa parution pour suivre les aventures de Ralph. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Ralph Azham, T2 : La mort au début du chemin – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T2 : La Mort au Début du Chemin
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Août 2011


« Ralph Azham » est une série de fantasy créée par Lewis Trondheim sur le mode de « Donjon ». L’univers est quasi-identique. Il est étonnant de voir Trondheim se lancer dans une série si proche de celle qu’il avait initiée avec Sfar. La publication chez Dupuis (et en prépublication chez Spirou Magazine) explique peut-être cela.

Le tome 2, « La mort au début du chemin », fait suite à l’introduction. On suit toujours l’histoire de Ralph, un élu puisque ses cheveux devenus bleus. On le retrouve en voyage avec ses autres jeunes acolytes. Evidemment, les problèmes vont se succéder à une vitesse vertigineuse ! Il faut dire que Ralph fait tout pour les attirer. Son personnage, sorte de double d’Herbert (dans Donjon) est cynique et blasé. Peut-être plus courageux et plus à même à réagir aux évènements.

Une comparaison avec « Donjon » cruelle mais inévitable

La magie devient réellement un fondamental de « Ralph Azham » dans ce tome. Ralph rencontre d’autres magiciens et les pouvoirs des uns et des autres s’étoffent, prennent de l’ampleur. Les combats sont plus impressionnants. Clairement, l’histoire démarre réellement ici même si les tenants et les aboutissants sont encore très flous. Ce qui empêche quelque peu de se lancer pleinement dans la lecture. On ressent une forme de recul sur l’histoire. Les deux premiers tomes paraissent presque indépendants et à la fin de celui-ci, on a l’impression que ce sera pareil pour le suivant. Il faut dire que les personnages du premier tome ne sont pas (encore ?) réutilisés. On démarre donc sur de nouvelles bases.

Certes la comparaison avec « Donjon » est peut-être cruelle mais elle est inévitable. Si on retrouve la qualité d’écriture de Trondheim un peu comme on retrouve un vieil ami, il n’y a cependant pas la densité et le charisme des personnages de « Donjon ». Les trouvailles sont toujours originales, bien pensées et exploitées, les dialogues toujours aussi décalés et force est de constater qu’on lit la BD d’une traite. Mais Trondheim nous a tellement habitués à l’excellence que c’est difficile d’accepter de se retrouver avec « seulement » une bonne BD dans les mains !

Au niveau du dessin, on retrouve le style reconnaissable de l’auteur. Brigitte Findakly, sa femme, s’occupe des couleurs. Il faut avouer que les teintes de l’ensemble tirent vers les couleurs froides donnant par moment une ambiance particulière à l’ensemble. « Donjon » était très chaud dans ses couleurs. Ici, c’est moins le cas.

Mon avis peut paraître un peu dur et je l’atténue quelque peu. Lors de ma première relecture, j’ai apprécié beaucoup plus l’univers de ce « Ralph Azham ». Les dialogues sont bien tournés, les idées foisonnent et l’histoire regorge de nombreux détails. Peut-être que cette série est moins typé humoristique que « Donjon ». Il s’en dégage une certaine mélancolie (notamment chez Ralph) qui peut expliquer une première impression peu flatteuse. Cependant, après deux tomes, on ne sait pas vraiment où Trondheim veut nous emmener. Attention à ne pas trop nous faire attendre !

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Note : 13/20