Pierre Tombal, T30 : Questions de vie ou de mort – Raoul Cauvin & Marc Hardy

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Titre : Pierre Tombal, T30 : Questions de vie ou de mort
Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Marc Hardy
Parution : Avril 2014


Pierre Tombal est un héros qui est né pour moi dans la bibliothèque de mes parents. J’ai lu et relu la petite quinzaine d’album du célèbre fossoyeur qui agrémentait les étagères familiales. Les années passant, je n’ai jamais coupé le lien avec ce héros assez unique dans son genre. Je m’offre régulièrement un recueil de ses aventures comme on s’autoriserait une jolie pâtisserie au détour d’une rue. Le dernier des épisodes que je me suis offert est le trentième de la série. Il s’intitule « Questions de vie et de mort ». Sorti en avril dernier, il est l’œuvre conjointe du scénariste Raoul Cauvin et du dessinateur Marc Hardy. Les couleurs sont confiées au Studio Cerise.

Le site BD Gest’ (www.bdgest.com) présente l’album avec les mots suivants : « Qui a dit qu’avec la mort, tout s’arrête ? Certainement pas Pierre Tombal, qui gère au quotidien ses pensionnaires du cimetière avec leurs hauts, leurs bas, leurs doutes et leurs chamailleries. Perpétuellement taquinée par la Vie, Mme la Mort n’entend pas céder un pouce de terrain aux effronteries des uns et des autres. Œil pour œil, dent pour dent, telle est sa devise ! Et ce n’est pas toujours de tout repos… » 

PierreTombal30aPierre Tombal est fossoyeur. Nous partageons son quotidien tout au long des quarante-cinq planches qui se découpent en gags allant chacun de une à trois pages. Les auteurs nous font visiter un cimetière tout au long de la lecture. Les rencontres sont nécessairement originales et cocasses. Je trouve l’idée inédite et habilement exploitée depuis tant d’années. J’étais confiant quant au bonheur que m’inspirerait ce nouveau tome.

Pourquoi construire une série humoristique au milieu des tombes funéraires ? Ce sont des lieux généralement associés à la douleur, la tristesse, l’abandon ou la perte. Les blagues s’appuient rarement sur cet endroit-là et les comédies naviguent peu dans ces eaux. Cela rend l’idée intrigante et intéressante. Elle attise la curiosité. Le potentiel comique du concept était nébuleux mais le jeu méritait d’être tenté. La plume de Raoul Cauvin allait valider ce choix. La première réussite est son héros. Pierre Tombal est un fossoyeur sympathique et attachant. Il se montre accueillant envers le lecteur. Ce n’est pas la moindre des qualités tant elle semble antinomique des décors qui l’abritent. Il arrive à rendre son métier passionnant et plein d’aventures.

« La Faucheuse devient la vraie star de l’histoire. « 

Les premiers tomes se contenaient au monde des vivants. Au fur et à mesure de la parution des albums, d’autres protagonistes sont intervenus. Les premiers à entrer dans la danse sont les locataires des lieux : les morts. Ils interagissent avec le fossoyeur et les visiteurs et font ainsi naître une corde scénaristique riche. Enfin, les auteurs ont personnalisé la Mort et la Vie. L’idée est prenante car la Faucheuse devient même la vraie star de l’histoire.

PierreTombal30cCette diversité d’angles d’attaque permet de varier la structure des gags. A ce niveau-là, ce trentième opus est une réussite. Depuis toujours, Pierre Tombal conte aux visiteurs de son cimetière des causes ou des circonstances de décès abracadabrantesques. L’imagination de Cauvin dans le domaine n’est pas éculée. Il offre des anecdotes très drôles mettant en jeu un accident d’avion ou une manœuvre de Heimlich par exemple. Mais la vie dans ce lieu de repos éternel ne se résume à cela. La dimension professionnelle du fossoyeur est utilisée pour nous faire rire. Le vidage de l’ossuaire devient un moment très plaisant pour le lecteur.

Une société de l’au-delà identique à celle des vivants.

Mais les auteurs ne se contentent d’exploiter le lieu du côté des vivants. Les morts sont les vraies stars de cet album. Un des principes de base posé par le scénariste est que la société de l’au-delà est régie d’une manière identique que celle qui nous est familière. Il est désopilant de voir un mort refusé de voir sa tombe délocalisée, de subir les excès d’un mort interné psychiatrique ou de découvrir la manière utilisée par un défunt pour répondre à son courrier. Là encore, le terreau narratif s’avère très fertile.

Il reste un dernier axe comique à l’aura certaine : la Mort. Même si elle cohabite avec la Vie dans le quotidien de Pierre Tombal, c’est elle qui est la vraie star. Il faut dure que la découvrir sous sa capuche brune escortée de sa légendaire faux génère une plus forte personnalité que la jeune fille qui représente la Vie. Tout en conservant son pouvoir de nuisance certain, la grande faucheuse possède ici des faiblesses. Cet album l’expose dépressive, jalouse, heureuse, dans le doute, reconnaissante, méchante… Bref, l’échantillon émotionnel est large et présente une vision des plus originales de la Mort. Cet axe est parfaitement cultivé dans « Questions de vie et de mort » pour la plus grande joie du lecteur.

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Le dessin de Marc Hardy accompagne merveilleusement les gags. Son style possède une vraie identité et il se retrouve qu’elle s’accorde avec le ton de la narration. Pierre Tombal est un héros au caractère graphique certain. Les différents visiteurs qui agrémentent les histoires sont également bien construits. Enfin, j’apprécie particulièrement les expressions des morts que je trouve hilarantes. Pour conclure, « Questions de vie et de mort » est un bon cru. Il est rare de voir un album composé de gags courts être d’une qualité constante. C’était un plaisir de la lire et ce sera une joie de s’y replonger à l’occasion…

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Note : 14/20

Aâma, T3 : Le désert des miroirs – Frédérik Peeters

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Titre : Aâma, T3 : Le désert des miroirs
Scénariste : Frédérik Peeters
Dessinateur : Frédérik Peeters
Parution : Octobre 2013


A sa sortie, « Aâma » s’est imposé comme une excellente série de science-fiction. Après un premier tome très réussi, Frédérik Peeters avait su confirmer l’essai avec brio. Si bien que c’est plein de confiance que j’ai commencé la lecture de ce troisième tome intitulé « Le désert des miroirs ». On nous avait laissé en plein suspense et c’est avec hâte que je lisais le bouquin. Ce dernier est toujours publié chez Gallimard pour un total de 86 pages.

aama3cLes hommes ont créé, avec l’aâma, de la vie sur une planète qui n’en possédait pas. Chargés de retrouver cet aâma, le groupe se retrouve attaqué par ces nouvelles formes de vie. Nous reprenons donc l’histoire en plein combat. Après une dizaine de pages, le groupe reprend son chemin, amenuisé.

Le tome deux faisait montait la tension au fur et à mesure des pages. Ce n’est pas vraiment le cas ici, bien au contraire. Après un début plein d’action, le tout se pose fortement avant de partir dans l’onirisme. Le genre d’histoire où chacun fait des rêves qui lui apportent des réponses, voire lui permet de connaître l’avenir. J’ai pour ma part complètement décroché devant ce que je considère comme une facilité scénaristique. Alors que la série était construite sur une base cohérente, elle part ici dans quelque chose de bien moins intéressant. Ainsi, le repas entre Verloc et son frère est un prétexte à flashbacks et explications sur leur enfance…

Moins de clarté dans la narration.

De même certaines ellipses et explications aama3amanquent un peu de clarté. Le passage vers certains lieux est souvent flou. C’est dommage car c’était un des points forts de la série de faire évoluer le paysage et les endroits de façon cohérente et crédible. On a l’impression que l’auteur s’embarrasse moins des détails.

La série garde bien sûr certaines de ses qualités. Les personnages continuent à osciller toujours entre sympathie et antipathie. Leur humanité est assez exceptionnelle. Aucun n’est parfait, ni même vraiment bon et chacun suit sa propre voie. La psychologie des personnages est d’autant plus le cœur de la série dans cet album.

Le dessin de Frédérik Peeters est toujours de haute volée. Aussi bien à l’aise dans la création de mondes fantasmés que dans l’action ou l’émotion, il frappe une nouvelle fois fort. Et que dire de son découpage dynamique, inventif et d’une efficacité qui n’est plus à prouver.

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J’ai été profondément déçu par ce tome. Doté d’une narration moins claire et d’un onirisme auquel je n’ai pas adhéré, j’ai eu bien plus de mal à entrer dans l’histoire et à me sentir pris par les événements. Clairement, ce tome est un pivot qui ravira les uns et déplaira aux autres. A vous de voir où vous vous situez !

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Note : 12/20

Aâma, T2 : La multitude invisible – Frederik Peeters

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Titre : Aâma, T2 : La multitude invisible
Scénariste : Frederik Peeters
Dessinateur : Frederik Peeters
Parution : Octobre 2012


Frederik Peeters avait frappé un grand coup avec le premier tome d’ « Aâma ». Il avait accouché d’un récit de science-fiction dense et original, basé sur des personnages intéressants et charismatiques. Ce deuxième tome, intitulé « La multitude des choses », transformera-t-il l’essai ? Toujours édité aux éditions Gallimard, cette suite compte une nouvelle fois un peu plus de 80 pages.

Nous retrouvons donc Velroc et son frère Conrad sur la planète Ona(ji) en recherche de la substance aâma et de celle qui l’a volée afin de l’utiliser en grandeur nature. La planète se recouvre alors de nouvelles formes de vie. Et plus le groupe se rapproche de l’épicentre, plus cette vie est complexe, dense et donc dangereuse.

aama2aC’est un passionnant voyage que nous propose Frederik Peeters. Dans ce tome encore, l’histoire est avant tout basée sur les relations entre les personnages. Tout démarre d’ailleurs là-dessus. Des histoires de coucheries qui mettent le groupe en péril alors qu’il y a bien plus grave à s’occuper… Ainsi est « Aâma ». La science-fiction et l’univers créé par l’auteur servent avant tout une épopée humaine. Seul personnage un peu différent, Churchill irradie de son charisme les pages de l’ouvrage. Ce singe/robot est particulièrement réussi. A la fois surpuissant et terriblement humain. Le seul être raisonnable du groupe ?

aama2bCe deuxième tome est également l’occasion de mieux connaître Volric. Ce dernier narre son histoire et les flashbacks permettent de mieux comprendre les problèmes qu’il a avec sa fille. Cet aspect est particulièrement réussi. J’ai été très touché par son histoire qui, si elle se passe dans un univers futuriste, est pourtant terriblement d’actualité. Ces flashbacks permettent également de varier les ambiances, passant de la planète sauvage à la métropole pullulant.

Une montée en tension tout au long de l’ouvrage.

La force de cet album tient également dans la montée en tension tout au long de l’ouvrage. Commençant par un simple voyage détendu où Velroc raconte sa vie à Myo, le stress et le danger d’installe petit à petit jusqu’à l’apothéose de fin. Et pourtant, difficile de savoir où va vraiment nous mener cet ouvrage. Tel Velroc, on est parachuté dans une aventure sans vraiment en comprendre les tenants et les aboutissants. En cela, la narration est exemplaire.

Le dessin au pinceau de Frederik Peeters est un vrai plaisir. Les personnages sont bien identifiés et expressifs. Il passe sans peine des métropoles urbaines au paysage désertique de la planète Ona(ji). Les scènes d’action sont bien rendues. Une mention spéciale est à accorder aux couleurs. Bien que faites d’aplats très simples (mettant du coup en valeur le trait de Peeters), elles participent grandement à l’ambiance. Ainsi, les tons jaune/orangé de la planète s’enrichissent de nouvelles teintes au fur et à mesure que la végétation apparaît. Cette dernière est d’ailleurs très réussie et possède une cohérence tout au long de l’ouvrage, même si l’auteur semble avoir pris un certain plaisir à représenter une nature vulvaire et phallique…

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Au final, ce deuxième tome confirme tous les espoirs placés dans cette série. Doté d’un univers réussi, de personnages marquants et d’un graphisme maîtrisé, « Aâma » devrait s’imposer comme une série de science-fiction majeure si elle continue avec un tel niveau de qualité. Mais après un deuxième tome aussi réussi, on ne peut être que confiant.

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Note : 18/20

Aâma, T1 : L’odeur de la poussière chaude – Frederik Peeters

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Titre : Aâma, T1 : L’odeur de la poussière chaude
Scénariste : Frederik Peeters
Dessinateur : Frederik Peeters
Parution : Octobre 2011


Lorsque le premier tome d’ « Aâma » est sorti, je me rappelle avoir été marqué par sa couverture montrant trois personnages, dont une sorte de singe fumant un cigare… Les critiques de l’époque étant on ne peut plus élogieuse sur l’ouvrage, je m’étais empressé de me le procurer. Le tout est scénarisé et dessiné par Frederik Peeters et est publié chez Gallimard. Ce premier tome, intitulé « L’odeur de la poussière chaude », pèse plus de 80 pages. C’est de science-fiction dont il va être question ici.

aama1cVelroc se réveille sur une planète aride. A côté de lui, un singe dont la peau des jambes est nue. Et Velroc a perdu la mémoire. Il va alors relire son calepin où il note ce qui lui est arrivé. Tout commence au niveau 1, lieu de perdition des êtres humains. Velroc abuse des drogues et gît dans une flaque après s’être visiblement battu. Et voilà que son frère lui tombe dessus. Son frère qui, lui, a réussi, et qu’il n’a plus vu depuis 10 ans. Ce dernier va alors lui proposer de l’accompagner dans une mission à l’autre bout de la galaxie qui, évidemment, va mal tourner.

Laisser le lecteur comprendre les mécanismes de l’univers.

La science-fiction est un genre difficile. Beaucoup de choses ont déjà été faites et, souvent, les auteurs sont un peu trop didactiques pour montrer la richesse de leur monde. Ici, Frederik Peeters reste en surface et laisse le lecteur comprendre les mécanismes de son univers. L’histoire avance et on découvre peu à peu comment est régie la société. La subtilité de l’entreprise est belle à voir. Surtout que dès que l’on part pour la planète, Velroc fait office de naïf et on découvre avec lui les événements.

aama1aAu-delà de la science fiction pure, c’est avant tout les relations humaines qui sont au centre de cet ouvrage. Frederik Peeters utilise son univers pour servir une histoire et des personnages et non pas l’inverse. Et c’est tout ce qui fait la force de l’ouvrage. Le scénario est dense et n’hésite pas à digresser pour présenter les faces d’ombre de Velroc. En cela, ce premier tome est une grande réussite. Il parvient à présenter profondément les personnages, un univers, mais aussi à avancer déjà beaucoup dans l’aventure. En comparaison, je trouve qu’on est au niveau du « Cycle de Cyann », pour comparer avec une série de science-fiction du même type.

Le dessin de Peeters apporte une touche supplémentaire à son scénario. Le découpage est intelligent, le dessin marquant et le trait au pinceau très élégant. Les personnages sont très reconnaissables et expressifs. Une mention particulière est accordée au robot simiesque Churchill. Les décors vont du désert à la ville tentaculaire, montrant la maîtrise pleine de l’auteur. Bref, j’ai été conquis par ce dessin qui sert parfaitement la narration et l’univers.

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Ce premier tome d’« Aâma » est une grande réussite. Contrairement à beaucoup d’ouvrages, l’histoire a déjà bien avancé et le lecteur peut être confiant pour la suite. La densité du scénario, la complexité des personnages et le dessin de haut niveau font que l’on peut espérer voir émerger l’une des meilleures séries de science-fiction de ces dernières années. 

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Note : 18/20

Top BD des blogueurs – Octobre 2014

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Le Top BD des blogueurs est un collectif rassemblant des blogs de critiques de bande-dessinées. Dès qu’un titre possède au moins trois notes, il entre dans le top. Vous pouvez découvrir chaque mois les cinquante titres les mieux notés.
1- (N) La lune est blanche 19.17
Emmanuel Lepage, François Lepage, Futuropolis
2- (N) Yossel, 19 avril 1943       19
Joe Kubert, Delcourt
Jiro Taniguchi, Casterman
4- (N) Sharaz-de   18.67
Sergio Toppi, Mosquito
5- (=) Asterios Polyp     18.65
David Mazzuchelli, Casterman
6- (=) Persépolis    18.64
Marjanne Satrapi, L’Association
7- (=) Ceux qui me restent  18.63
Damien Marie, Laurent Bonneau, Bamboo
8- (=) Le loup des mers 18.55
Riff Reb, Soleil
9- (=) Idées Noires       18.5
Franquin, Fluide Glacial
10- (=) NonNonBâ         18.5
Shigeru Mizuki, Cornélius
11- (=) Maus        18.49
Art Spiegelmann, Flammarion
12- (=) Le pouvoir des Innocents Cycle 2- Car l’enfer est ici   18.41
13- (=) Tout seul            18.38
Christophe Chabouté, Vents d’Ouest
14- (=) Le sommet des dieux       18.33
Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman
Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.
Emmanuel Lepage, Futuropolis
16- (=) Daytripper           18.27
Fabio Moon, Gabriel Ba, Urban Comics
17- (=) V pour Vendetta  18.22
Alan Moore, David Lloyd, Delcourt
Van Hamme, Rosinski, Casterman
19- (=) Universal War One   18.14
Denis Bajram, Soleil
Benoît Zidrou, Roger, Dargaud
21- (-) Les vieux fourneaux tome 1   18.11
Wilfrid Lupano, Paul Cauuet, Dargaud
22- (=) Les ombres     18.1
Zabus, Hippolyte, Phébus
23- (=) Abélard     18.04
Régis Hautière, Renaud Dillies, Dargaud
Jérémy Bastian, Editions de la Cerise
25- (=) Le muret    18
Pierre Bailly, Céline Fraipont, Casterman
26- (=) Il était une fois en France    17.98
Fabien Nury, Sylvain Vallée, Glénat
27- (=) Habibi       17.95
Craig Thompson, Casterman
28- (=) Herakles    17.92
Edouard Cour, Akileos
Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Futuropolis
30- (=) Gaza 1956     17.92
Joe Sacco, Futuropolis
31- (+)Melvile     17.88
Romain Renard, Le Lombard
32- (=) Scalped            17.86
Jason Aaron, R.M. Guerra, Urban Comics
33- (=) Manabé Shima 17.83
Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier
34- (=) Trois Ombres       17.78
Cyril Pedrosa, Delcourt
L. Seksik, G. Sorel, Casterman
36- (=) Anjin-san    17.75
Georges Akiyama, Le Lézard Noir
37- (=) Joker                17.75
Brian Azzarello, Lee Bermejo, Urban Comics
38- (=) Mon arbre     17.75
Séverine Gauthier, Thomas labourot, Delcourt
39- (=) L’histoire des trois Adolf,              17.75
Osamu Tezuka, Tonkam
40- (=) Blankets  17.73
Craig Thompson, Casterman
L. Brunschwig, L. Hirn, Futuropolis
42- (=) Holmes               17.7
Luc Brunschwig, Cecil, Futuropolis
43- (=) Calvin et Hobbes,              17.7
Bill Watterson, Hors Collection
Brian K. Vaughan, Niko Henrichon, Urban Comics
45- (-) Urban              17.69
Luc Brunschwig, Roberto Ricci, Futuropolis
Tome 1, Tome 2, Tome 3,
46- (=) Washita     17.69
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.
47- (=) Lorenzaccio              17.67
Régis Peynet, 12 Bis
48- (=) Match!   17.67
Grégory Panaccione, Editions Delcourt
49- (N) Mots rumeurs, mots cutter    17.67
Charlotte Bousquet, Stéphanie Rubini, Gulf Stream Editeur
50- (=) Tokyo Home  17.67
Thierry Gloris, Cyrielle, Kana

Le siècle des ombres, T5 : La trahison – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le siècle des ombres, T5 : La trahison
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Mars 2014


« Le chant des stryges » est un univers créé par Eric Corbeyran. Ce thriller fantastique s’étale sur une quinzaine d’albums décomposés en trois saisons. Je suis un grand fan de cette aventure aux arcanes complexes. Mais ce projet ne s’arrête pas à cette série. Des sagas cousines sont nées telles que « Le clan des chimères » ou « Le Maître de jeu ».  De qualité, elles ont développé l’univers de ses grands monstres ailés que sont les stryges. La dernière-née s’intitule « Le Siècle des ombres ». Elle aussi scénarisée par Eric Corbeyran, elle est dessinée par Michel Suro déjà à l’œuvre dans « Le clan des chimères ». Cette histoire vient de voir paraître son cinquième épisode il y a quelques mois. Cet album, édité chez Delcourt, s’intitule « La trahison ».

« 1751. Quelques décennies avant la Révolution française, un vent d’idées nouvelles souffle à travers l’Europe. Un vent de progrès et de liberté… Mais au cœur de ce Siècle des lumières, la découverte d’une étrange météorite à l’autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d’Orcières, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d’Holbach, philosophe et encyclopédiste éclairé, qu’ils soupçonnent d’être insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d’une lutte acharnée pour la possession de cette pierre aux mystérieux pouvoirs… »

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Prioritairement, « Le siècle des ombres » s’adresse aux lecteurs assidus de « Le chant des stryges ». L’histoire s’insère chronologiquement entre « Le clan des chimères » et la série mère. Elle permet de retrouver des personnages connus tels que Weltman, Cylinia et Abeau. Malgré, un lecteur qui découvrirait l’univers des Stryges à travers cette série ne sera pas totalement perdu. En effet, l’intrigue s’avère finalement assez indépendante.

La trame se déroule au dix-huitième siècle durant le siècle des Lumières. Les premières avaient bien exploitées la dimension historique et philosophique de l’époque. D’Holbach est un proche de Diderot ou Rousseau. Il participe à la rédaction de l’Encyclopédie. Son opposition idéologique avec les instances religieuses de l’Eglise est exploitée par le scénario. Je trouvais cet aspect très intéressant. L’immersion dans la période historique ne se réduit pas à sa dimension politique. Il est dommage que cette richesse soit moins présente dans ce dernier opus. La narration s’y centre exclusivement sur l’opposition entre Cylinia et d’Holbach. Le choix de ne pas laisser de place importante aux philosophes et aux pontes chrétiens est regrettable de mon point de vue. Leur présence et leurs échanges participaient au réalisme du voyage temporel que nous offrait « Le siècle des ombres ».

« Le déroulé des événements apparaît dilué. »

LeSiecleDesOmbres5bConcernant l’avancée de la trame, j’avais noté un ralentissement du rythme dans le tome précédent. J’espérais donc que ce nouvel acte reprenne la vitesse de croisière qui habitait les trois opus initiaux. Hélas, je dois dire que l’heure était plus à la décélération qu’à l’accélération. Le déroulé des événements m’apparaît dilué. Certaines planches auraient gagné à être raccourcies. Elles n’apportent pas grand-chose à l’atmosphère de la narration et ne font pas du tout avancer le propos. En poussant à l’extrême mon sentiment, j’ai tendance à croire que les deux derniers tomes n’auraient pu en faire qu’un sans que l’histoire soit édulcorée. Cela aurait densifié le scénario et aurait ainsi maintenu mon attention plus concentrée sur la durée.

En lisant une critique sur le site www.planetebd.com, j’ai appris que ce cycle doit se composer de six tomes. J’en déduis logiquement que « La trahison » en est donc l’avant-dernier. Cela peut expliquer le ton de cet opus. A défaut de faire vivre une succession de rebondissements et de révélations, il a tendance à remettre toutes les pièces de l’intrigue en place. Les objectifs des uns et des autres sont clarifiés et tout ce beau monde semble se préparer pour la lutte finale. Ce choix est cohérent et classique. Mon regret est qu’il y ait eu besoin de quarante-huit planches pour que la situation s’éclaire.

LeSiecleDesOmbres5cLes dessins sont l’œuvre de Michel Suro. Comme je l’ai dit précédemment, il avait déjà illustré « Le clan des chimères ». A l’époque, je n’étais pas tombé sous le charme de son trait auquel j’étais peu sensible. Ce sentiment peut s’expliquer par la rupture graphique qu’il offrait à l’univers par rapport au style de Richard Guérineau en charge des planches de « Le chant des stryges ». A priori, mes goûts artistiques ont évolué car son travail sur « Le siècle des ombres » et particulièrement « La trahison » ne m’a pas dérangé. Au contraire, je trouve qu’il accompagne agréablement la lecture. Je ne peux pas dire que je sois tombé sous le charme de certaines de son œuvre mais je lui reconnais un vrai talent pour créer des décors et des personnages. De plus, il est autant à l’aise dans des scènes de dialogues que d’action. C’est appréciable car cette série alterne les deux de manière équivalente.

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Au final, mon sentiment en refermant l’ouvrage est mitigé. J’ai pris plaisir à retrouver les personnages et à voir avancer la trame. Néanmoins, je suis frustré par la sensation de statu quo de la situation et par la mise en retrait des aspects philosophiques et religieux des débats. Malgré tout, cela ne m’empêchera pas de guetter la sortie du prochain et dernier tome qui devrait répondre à bon nombre de questions et éclairer les zones d’ombre qui accompagnent les Stryges. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 11/20

Le siècle des ombres, T4 : La sorcière – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le siècle des ombres, T4 : La sorcière
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Janvier 2013


Les Stryges sont des bestioles imaginées par Eric Corbeyran il y a un petit peu plus de dix ans. Tout a commencé par la série originale « Le chant des stryges ». Par la suite, sont apparues « Le maitre de jeu » et « Le clan des chimères ». La dernière naissance dans cet univers est celle de « Le siècle des ombres » en 2009. Son quatrième opus est paru au début du mois de janvier. Son titre est « La sorcière ». Edité chez Delcourt dans la collection Machination, son prix avoisine quatorze euros. Pour cette saga, le célèbre scénariste s’est associé à Michel Suro pour les dessins et Dimitri Fogolin pour les couleurs.

lesiecledesombres4bAvant d’entrer pleinement dans la critique de cet album, je vais expliquer rapidement aux néophytes ce qu’est un stryge. Il s’agit de grandes bêtes ailées qui vivraient dans l’ombre de l’humanité depuis toujours. Elles sont le garant de toutes les connaissances de l’univers. Elles ont été amenées à confier une partie de leur savoir à Sandor Weltman. Devenu immortel, ce dernier s’exonère de leur domination. On découvre donc Cylinia et Abeau, découverts dans « Le clan des chimères » partir à sa recherche en tant qu’alliés des Stryges…

Je ne vous cache qu’il me parait plutôt intéressant d’avoir lu les différentes séries précédemment citées pour profiter pleinement de cette aventure. Postérieur à « Le clan des chimères » et antérieur à « Le chant des stryges », « Le siècle des ombres » est à un croisement intéressant pour les adeptes de cet univers. L’immersion dans l’histoire était relativement rapide dans les premiers opus. Le rythme de narration était soutenu et les événements se succéder à un rythme effréné. Néanmoins, j’étais curieux de savoir où nous menait cette série. Pour l’instant, on assiste uniquement à une course poursuite parsemée de révélation. J’aimerais voir s’éclaircir l’objectif final de tout cela.

Les scènes se succédent de manière quasiment indépendante.

lesiecledesombres4cIl s’est déroulé quinze ans depuis le dénouement du tome précédent. Weltman est obsédé par la révélation que lui a faite Cylinia. Elle attendait un enfant de lui et suite à son accouchement, elle a confié le petit au monde des fées. On découvre également davantage la jolie Donessa, dévoué à Weltman et à peine entrevue jusqu’alors. L’attrait de la narration réside également dans une quantité relativement importante de flashback. Ce n’est pas désagréable car cela désassombrit certaines choses. Cela densifie également le propos. A contrario, cela nous donne l’impression de peu voir avancer l’histoire. De plus, l’intrigue voit naître un sentiment brouillon. On voit les scènes se succéder de manière quasiment indépendante. Je regrette un certain manque de liant entre tout cela. Par contre, la quantité d’informations  contenues dans cet ouvrage laisse présager une accélération de l’histoire au cours des prochains épisodes.

La lecture offre un plaisir intéressant en nous immergeant dans le siècle des Lumières. On découvre cette époque avec un plaisir certain. Le personnage de Weltman se trouve au centre de ce mouvement. Il participe à la rédaction de l’Encyclopédie, il côtoie Diderot ou Rousseau. Cet aspect fait du fugitif un personnage aux multiples facettes qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Au gré des événements, notre cœur balance entre les suiveurs et le suivi. Les dessins de Suro sont d’une qualité correcte. On n’a aucun mal à s’approprier les personnages. Les décors sont suffisamment travaillés pour qu’on n’ait aucun mal à se sentir dépaysé. Néanmoins, je ne peux pas dire que son trait transcende la narration. Elle l’accompagne avec talent, ce n’est déjà pas si mal.

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En conclusion, « La sorcière » poursuit avec honnêteté les quêtes des uns et des autres. Les stryges et le monde des fées apparaissent davantage et offre une dimension à l’ensemble. Il faudra espérer que la suite fasse pleinement pousser ces graines plantées. Pour cela, il faudra attendre la parution du cinquième tome. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Comme tout le monde – Rudy Spiessert, Denis Lapière & Pierre-Paul Renders

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Titre : Comme tout le monde
Scénaristes : Denis Lapière & Pierre-Paul Renders
Dessinateur : Rudy Spiessert
Parution : Octobre 2007


Au départ, il y a un scénario. De ce scénario originel accoucheront deux œuvres : la première sera un film, la seconde une bande-dessinée. « Comme tout le monde » n’a pas laissé beaucoup de souvenirs aux cinéphiles, qu’en est-il de sa version dessinée qui se veut une « version longue » de son cousin sur grand écran. L’ensemble pèse quand même 140 pages, ce qui laisse aux auteurs le temps de développer les enjeux et les personnages. Publié chez Dupuis, le livre est dessiné par Rudy Spiessert et scénarisé par Denis Lapière et Pierre-Paul Renders.

CommeToutLeMonde2Tout commence par une émission, la bien nommée « comme tout le monde ». Sur le principe de « La famille en or », les participants doivent trouver la réponse la plus souvent citée par un panel de sondés. Or, le grand champion Jalil ne se trompe jamais. Au point qu’il définit la plus pur français moyen. Une aubaine pour les marques qui peuvent l’utiliser comme panel à moindre coût. Mais à son insu…

 Voyeurisme & célébrité

« Comme tout le monde » s’intègre parfaitement dans un monde de voyeurisme et de télé-réalité. La célébrité du français moyen qui exhibe son intimité est traitée ici. Si le sujet de la bande-dessinée n’est simplement jamais crédible, on se prend au jeu de cette histoire qui sait nous dévoiler les secrets petit à petit. Quelques retournements de situation sont bien vus et surprendront le lecteur. En cela, la pagination importante est adaptée, permettant de développer pleinement tous les aspects de l’histoire.

CommeToutLeMonde1C’est peut-être au niveau des personnages que l’ensemble pêche un peu. Jalil, trop moyen, manque vraiment de charisme. C’est son personnage, certes, mais on n’a finalement que très peu de sympathie pour lui, au contraire de sa jeune compagne, à laquelle on s’attache. Mais le tout manque cruellement d’analyse. Claire accepte de se mettre en couple pour de l’argent, sans que la notion de prostitution ne soit relevée. C’est bien un livre de chez Dupuis qui reste bien gentillet. On aurait pu imaginer une critique mordante, ce ne sera pas le cas. Dommage, car le sujet est plutôt intéressant et la narration bien menée.

Au niveau du dessin, Rudy Spiessert est à lui seul un argument pour le bouquin. Clairement influencé par Dupuy et Berberian, il propose un dessin simple en apparence mais très riche, à la mise en scène soignée. Une véritable découverte et un auteur à suivre assurément.

« Comme tout le monde » est un ouvrage qui se lit d’une traite, ménageant son suspense intelligemment. Hélas, on sent qu’avec un sujet pareil, le livre aurait pu être plus intéressant en étant plus sombre ou cynique. Une sympathique découverte.

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Note : 14/20

Le Siècle des Ombres, T3 : Le Fanatique – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le Siècle des Ombres, T3 : Le Fanatique
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Janvier 2012


« Le Fanatique » est le troisième tome de « Le siècle des ombres ». Cette série est scénarisée par Eric Corbeyran et dessinée par Luca Malisan. Elle s’inscrit dans l’univers des Stryges comme « Le chant des Stryges », « Le maitre de jeu » et « Le clan des chimères ». Je possède l’intégralité des tomes parus dans ce monde et guette chaque nouvelle arrivée dans les librairies. « Le Fanatique » est sorti récemment dans les bacs. Edité chez Delcourt, il est d’un format classique et l’histoire se déroule sur presque cinquante pages. La couverture nous présente le baron d’Olbach en train de fuir un navire en flamme. Pour cela il pénètre dans une espèce de sous-marin sphérique. Il restait donc à se plonger dans la lecture pour connaitre les mésaventures qui arrivent à ce cher baron…

La quatrième de couverture nous présente la série avec les mots suivants : « 1751. Quelques décennies avant la Révolution française, un vent d’idées nouvelles souffle à travers l’Europe. Un vent de progrès et de liberté… Mais au cœur de ce siècle des lumières, la découverte d’une étrange météorite à l’autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d’Orcières, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d’Holbach, philosophe et encyclopédiste éclairé, qu’ils soupçonnent d’être l’insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d’une lutte acharnée pour la possession de cette pierre aux mystérieux pouvoirs… »

lesiecledesombres3aL’histoire se déroule au dix-huitième siècle. Il s’agissait d’un des attraits de la série car j’ai rarement lu des aventures se déroulant à cette époque-là. L’originalité est d’autant plus forte que rare est l’insertion du fantastique dans cet univers. Cet apport est savamment dosé et offre une intrigue bien construite. Il me parait assez intéressant d’avoir lu au moins « Le chant des stryges » pour maîtriser les tenants et les aboutissants de la trame. Quelques prérequis m’apparaissent nécessaires pour maîtriser les sous-entendus entre certains des personnages principaux.

« La richesse du personnage prend une réelle ampleur dans cet ouvrage. »

Les deux premiers albums se déroulaient en grande partie en Amérique du Sud. On y avait trouvé une pierre aux vertus intrigantes. Les pérégrinations des protagonistes nous avaient amené à faire des découvertes qui ne laissaient pas indifférent. A la fin du précédent opus, il était l’heure de rentrer en Europe. La conséquence est que « Le fanatique » se déroule sur le Vieux Continent. Cet opus se construit essentiellement autour du personnage du baron d’Holbach. C’est assez passionnant pour le lecteur que je suis lesiecledesombres3bpour une raison simple. D’Holbach est un personnage obscur dans « Le chant des stryges ». Il existe parce qu’il est évoqué mais on ne le voit jamais. On a été frustré de ne jamais le croiser pendant des pages et des pages. Le fait de le côtoyer aussi aisément dans « Le Siècle des ombres » fait qu’on est vraiment curieux de tout ce qu’il peut nous apprendre. La richesse du personnage prend une réelle ampleur dans ce troisième ouvrage. On le découvre en bienfaiteur des sciences vivant pour un idéal humaniste. On partage bon nombre de ses pensées et de ses réflexions. On est curieux de se sentir de son côté après l’avoir considéré comme un méchant depuis des années. Ce revirement est original et subtilement dosé.

Les illustrations de Michel Suro sont de bonne qualité. J’ai découvert ce dessinateur dans cette série et je ne le regrette pas. Les personnages sont assez classiques mais ils s’avèrent assez dynamiques. Je trouve que le trait n’est pas figé et cela correspond parfaitement à cette quête ésotérique. Les différents décors sont bien construits et on n’a aucun mal à différencier les différentes destinations que nous font découvrir ces aventures. Chaque lieu est habité d’une ambiance et d’une atmosphère et c’est toujours agréable. Les couleurs sont appliquées par Luca Malisan qui offrent une lecture agréable et divertissante.

En conclusion, « Le Fanatique » offre une suite de qualité à l’histoire qu’on suit depuis quelques temps maintenant. Le scénario n’est pas dilué. En effet, on apprend toute une série d’informations intéressantes. Cela donne une dimension plus bavarde et moins active que dans l’opus précédent. Ce changement de rythme n’est pas gênant du fait de l’attrait des discours qu’on découvre. Je suis donc curieux de connaitre la suite pour savoir jusqu’où ira le jeu du chat et la souris entre d’Holbach et ses chasseurs. Mais cela est une autre histoire…  

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Note : 14/20

Ma révérence – Wilfrid Lupano & Rodguen

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Titre : Ma révérence
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Rodguen
Parution : Septembre 2013


Ma révérence est un album que j’ai découvert en lisant une critique à son propos dans une revue. J’avais également l’occasion d’y découvrir les premières planches. Sans savoir exactement où je me plongeais, j’ai décidé de partir à la découverte de cet ouvrage né de la collaboration de Wilfrid Lupano et de Rodguen. Le premier se charge du scénario et le second du dessin. L’histoire se déroule sur près de cent trente pages. Il est édité chez Delcourt et son prix avoisine dix-sept euros. La couverture nous présente deux personnages. L’un est jeune et tient une immense peluche à la main. L’autre, plus âgé,  a le style de Dick Rivers et tient un flingue. On y voit aussi un fourgon blindé amené à être central dans l’intrigue.

La quatrième de couverture offre la mise en bouche suivante : « Depuis maintenant un mois, je bois mon café tous les matins à la brasserie des Sports, à côté de Bernard. Il est convoyeur de fonds… Bernard, c’est mon ticket pour les tropiques. Un beau jour, j’ai pris la décision ferme et définitive de m’emparer de tout l’argent que contient son camion et de tirer ma révérence… et ce jour-là, ma vie a changé. »

MaReverence2Ce bouquin est un « one shot ». Je ne connaissais donc pas ses personnages et ne devraient pas être amené les croiser dans une autre aventure bédéphile. Je supposais donc que l’histoire nous offrirait un départ et un dénouement, ce qui n’est pas désagréable. Son grand nombre de pages me laissait espérer une intrigue dense et des protagonistes travaillés. Bref, c’est plein d’optimisme que je partais à la rencontre de Vincent et de Gaby.

La narration est subjective. Les événements nous sont contés à travers le regard de Vincent. Il est un jeune trentenaire dont la vie a subi quelques sorties de route. Il s’est décidé à braquer un fourgon. Les raisons qui l’ont amené à cette extrémité sont distillées tout au long de l’histoire. Il possède un côté looser qui rend son projet peu réaliste. Ce sentiment s’intensifie au moment où j’ai découvert son complice alcoolique à la fiabilité peu convaincante. La trame se construit autour de ce duo assez réussi de prime abord. Je me suis rapidement attaché à Vincent. Ses cicatrices sont touchantes et font que je n’arrivais jamais vraiment à le voir comme un délinquant. Néanmoins, il est évident que le personnage le plus haut en couleur est Gaby. Il fait partie de ces copains auxquels on s’attache autant qu’on ne supporte pas l’immaturité. Il est de ces personnes qui sont des boulets qu’on se traîne sans jamais vouloir s’en séparer. Il est très réussi et je regrette qu’il ne prenne pas une place moins secondaire dans l’intrigue. Cela aurait permis à l’ensemble d’être plus drôle et également plus intéressant. En effet, Gaby possède des zones d’ombre que les autres choisissent de ne pas réellement explorer. C’est un choix qui se respecte mais que je regrette.

« Une réussite inégale. »

L’enjeu est donc le braquage d’un fourgon. Les pages nous rapprochent donc inéluctablement du moment où Vincent et Gaby devront assumer un acte qui les mettra au ban de la vie qu’il connaissait jusque-là. A l’aide de flashbacks, les auteurs nous font vivre le terreau qui a fait germer cette idée folle. Ces ruptures chronologiques sont régulièrement réparties et ont pour but apparent de relancer l’intérêt du lecteur. C’est une réussite inégale. En effet, certaines révélations influent profondément le regard porté sur les personnages. D’autres sont davantage des clichés sur la misère sociale et sont moins intéressants en n’apportant aucune dimension supplémentaire à l’histoire.

En débutant ma lecture, je l’ai trouvée originale. Les personnages, l’intrigue et l’univers me paraissaient être une base solide à un album de qualité. Hélas, je trouve que tous ces arguments se diluent au fur et à mesure que les pages défilent. Notre curiosité n’est pas relancée, notre intérêt n’est pas alimenté. Le ton devient plus lisse. Les rebondissements sont plus prévisibles. Bref, tout ne va pas dans le bon sens. Alors que le début m’avait vraiment séduit, j’avais un sentiment bien plus mitigé en refermant l’ouvrage.

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Concernant les dessins, j’ai du mal à me faire un avis définitif sur le trait de Rodguen. Certaines cases sont très réussies. Certains visages sont d’une réalité forte. Ils dégagent une intensité qui ne laisse pas indifférent. Par contre, à l’opposé, je trouve d’autres planches plus banales sans réelle identité graphique. Je dirai donc que la qualité des illustrations est inégale. Pour résumer, je ne suis pas tombé sous le charme mais serait curieux de découvrir un autre travail de ce dessinateur pour me faire une idée plus précise de son style.

En conclusion, Ma révérence ne m’a totalement conquis. L’album n’est pas dénué d’intérêt et d’idées. Mais la qualité inégale et irrégulière du propos fait que j’ai eu du mal à m’immerger dans l’histoire sur la durée. Je suis donc envieux d’une certaine manière des nombreux lecteurs enthousiastes à l’égard de cet ouvrage. En effet, cet opus possède des échos très favorables sur la toile. Comme quoi, les goûts et les couleurs…

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Note : 10/20