Silas Corey, T3 : Le testament Zarkoff 1/2

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Titre : Silas Corey, T3 : Le testament Zarkoff 1/2
Scénariste : Fabien Nury
Dessianteur : Pierre Alary
Parution : Janvier 2015


Silas Corey est une série née récemment de la collaboration du brillant scénariste Fabien Nury et du talentueux dessinateur Pierre Alary. Je dois vous avouer que c’est la présence du premier auteur cité sur la couverture qui a attiré mon regard sur l’album. Je n’ai pas regretté ma découverte après avoir lu le premier diptyque mettant en œuvre ce sympathique et peu conformiste détective privé. J’ai donc accueilli avec plaisir et curiosité la parution l’an dernier d’un troisième tome intitulé Le Testament Zarkoff 1/2. Cet intitulé laissait aisément présager que l’intrigue allait s’étendre sur deux épisodes.

L’histoire débute deux jours après la signature de l’armistice de la première Guerre Mondiale. Nous sommes le 13 novembre 1918 et le silence succède aux fracas des armes dans les tranchées. Néanmoins, tout est loin d’être réglé. L’un des sacs de nœuds à résoudre, et pas des moindres, concerne le testament de Madame Zarkoff. Cette dame âgée nous était apparue dans l’aventure précédente sous les traits d’une femme vendeuse d’armes aussi riche que dépourvue de moralité. Apprendre que la maladie lui promettait une mort prochaine ne déclencha aucune compassion de la part de notre héros. Par contre, la quête d’un héritier pour cette immense était une affaire lucrative qui pouvait l’intéresser…

Un cocktail scénariste riche et épicé.

SilasCorey3aLe concept de la quête du descendant secret et disparu n’est pas nouveau. Par contre, il peut donner lieu à beaucoup de rebondissements et cette mission peut s’avérer parsemer de nombreuses embûches diverses et variées. Les conséquences économiques découlant du devenir des entreprises Zarkoff ont une influence sur toute l’Europe. Il est donc évident que tout le monde n’a pas intérêt à voir un inconnu prendre la main sur le butin. Il ne s’agit donc pas uniquement pour Silas de mener à bien sa mission mais d’être suffisamment rapide et discret pour que personne ne vienne porter préjudice à son futur protégé.

J’étais sûr et certain que Fabien Nury offrirait un cocktail scénaristique riche et épicé avec de tels ingrédients. Je n’ai pas été déçu. La mise en place des enjeux est rapide et efficace. Dès les premières pages, les zones d’ombre et les questions apparaissent. La toile d’araignée se tisse. Le charisme du héros apparaît également dans sa gestion de cette situation. La dureté de ses propos à la future défunte mette en valeur la personnalité de chacun des protagonistes. Les personnages sortent de la guerre, les idéaux n’existent pas. Bref, nous ne sommes pas au pays de Oui-Oui. Cette atmosphère se dégage immédiatement de la lecture et ne quitte jamais le lecteur.

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A cela s’ajoute un vrai suspense. L’enquête de Silas est passionnante. Le héros sent bien qu’il navigue dans des eaux troubles. Malgré tout, son courage, sa curiosité, sa conscience et son appât du gain lui interdisent de faire demi-tour. Les découvertes faites au cours de ses pérégrinations complexifient une situation qui n’était déjà pas simple. Le héros se trouve rapidement sur un chemin interdisant le demi-tour. Sa condition ne fait qu’empirer au fur et à mesure de son avancée. Je ne développe pas davantage les qualités du scénario pour ne pas risquer de vous dévoiler trop d’informations. Sachez néanmoins que l’immersion historique de l’intrigue est totale. Il s’agit incontestablement d’une histoire dans l’Histoire. D’ailleurs les enjeux gravitant autour de Silas sont d’une ampleur de plus en plus grande au fur et à mesure de la lecture. Fabien Nury confirme son talent unique pour insérer des narrations dans un contexte historique fort comme il avait pu le faire dans Il était une fois en France ou La Mort de Staline.

Le travail graphique de Pierre Alary accompagne parfaitement la trame. Le dessinateur arrive à donner un rythme au déroulement des événements. Cela ne l’empêche d’accorder tout autant d’importance aux scènes plus statiques et intenses. Sa capacité à offrir une identité graphique à ses personnages est remarquable et permet ainsi une immersion pleine du lecteur dans l’histoire. Enfin, le trait d’Alary nous fait voyager dans le temps et nous offre une Europe de fin de guerre particulièrement crédible.

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Pour conclure, cet opus est une belle réussite. Bien que n’étant que la première partie d’un diptyque, il ne se contente pas d’introduire des protagonistes et des enjeux. Le lecteur est tout de suite plongé dans cette grande machine scénaristique et n’a qu’une envie en refermant l’ouvrage : celle de découvrir le tome suivant. Mais cela est une autre histoire…

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note4

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