Universal War Two, T2 : La terre promise – Denis Barjam

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Titre : Universal War Two, T2 : La terre promise
Scénariste : Denis Barjam
Dessinateur : Denis Barjam
Parution : Septembre 2014


 Ma découverte de la science-fiction dans le neuvième date de ma rencontre avec Baltimore, Paulo, Amina, Kalish et tous les autres. Ils formaient l’escadrille Purgatory dans une grande saga interstellaire intitulée « Universal War One ». Le premier cycle se composait de six épisodes d’une densité et d’un attrait constants. J’en avais savouré la conclusion car je la trouvais réussie, originale et bien construite.

C’est avec joie que j’ai accueilli la naissance d’une suite à cette belle et longue aventure. En effet, le premier tome de « Universal War Two » est apparu il y a deux ans. Sa lecture m’a confirmé que Denis Bajram n’avait égaré ni son talent ni son sérieux en offrant un album de qualité qui posait de nouveaux jalons intéressants. Le deuxième acte de ce nouveau cycle, « La terre promise », est sorti en librairie le vingt-quatre septembre dernier. Il est le thème de ma critique du jour.

UW22a« La Première Guerre Universelle a été apocalyptique, manquant d’anéantir l’humanité. Dans le système solaire, la situation des survivants reste bien précaire. Ce semblant de paix vient d’être brisé par un effrayant et mystérieux ennemi, capable de faire disparaître le Soleil lui-même ! Réfugiés sur la lointaine Canaan, les plus sages humains ne savent que plus que faire. Ce conflit embrasera-t-il toute la galaxie ? Ici continue la Deuxième Guerre Universelle. »

Un certain manichéisme.

C’est avec ses mots que l’auteur nous présente les enjeux de ce nouvel affrontement. Je dois vous prévenir que se lancer dans cette suite sans aucune connaissance du conflit précédent me semble périlleux. En effet, « UW1 » possède une densité telle qu’elle est un prérequis, de mon point de vue, indispensable à l’enchaînement vers cette nouvelle lecture. L’univers est complexe et le scénario riche. Bajram s’évertue à en rappeler les grandes dates au cours de ce nouvel album mais je ne suis pas sûr que cela suffise pour maîtriser l’ensemble de la trame.

UW22cLe tome précédent m’avait plu et rassuré quant à la qualité de ce nouveau départ. J’appréhende souvent les suites ou les spins offs. Ils sont trop souvent d’immenses déceptions dont le succès surfe sur la nostalgie de ses lecteurs envers l’œuvre originale. « UW2 » ne semblait pas appartenir à cette catégorie. J’étais donc plein d’entrain en découvrant les premières pages de « La terre promise ». Je n’ai eu aucun mal à m’y immerger. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages et avec curiosité une situation pour le moins instable. Les gentils et les méchants étaient bien marqués. On pourrait dénoncer un certain manichéisme. La gentille est vraiment très gentille et le méchant dénué de toute qualité apparente. Néanmoins, cela permet une empathie assez forte à l’égard de Théa. A l’opposé, son cousin est profondément antipathique.

Sur le même principe, la trame est plus claire que dans le précédent cycle. Je ne sous-entends pas que la narration manque d’attraits ou de densité. Mais, je ne retrouve pas la complexité jouissive des six premiers albums. Les événements s’enchaînent de manière linéaire et laisse moins le lecteur dans l’ombre. Sous certains aspects, je regrette de ne pas avoir besoin de lire plusieurs fois chaque planche avant d’en comprendre tous les messages. La lecture est maintenant plus aisée. Elle est agréable mais pas aussi mémorable.

Sur le plan graphique, le trait de Barjam conserve sa précision. Il arrive à créer un univers très précis et réaliste. Chaque vaisseau et chaque bâtiment sont précisément affinés. Les scènes spatiales restent mes préférées. Je les savoure d’autant plus qu’elles sont plus rares que précédemment du fait du scénario. L’ambiance est crédible mais le dépaysement est moins intense qu’au début. Il faut dire que le lecteur a pris ses habitudes…

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Pour conclure, « La terre promise » est une suite honnête et réussie aux aventures des descendants de Kalish. Sa dimension futuriste et sa capacité à jouer avec le voyage dans le temps continue à me ravir. Le côté mystérieux de ce triangle reste constant et alimente la curiosité. Le fait que « UW2 » me fasse moins chavirer que « UW1 » ne m’empêche de conseiller les adeptes du genre. La qualité est toujours là…

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Note : 13/20

Anatomie de l’éponge – Guillaume Long

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Titre : Anatomie de l’éponge
Scénariste : Guillaume Long
Dessinateur : Guillaume Long
Parution : Juillet 2006


J’ai connu Guillaume Long avec « À boire et à manger ». C’est ici une œuvre parue bien plus tôt, en 2006, dont il est question : « Anatomie de l’éponge ». C’est un recueil d’histoires courtes qui expliquent (entre autres), les influences de l’auteur. On a donc affaire à une autobiographie où l’autodérision est le maître mot. Le tout pèse 115 pages et est paru chez Vertige Graphic.

Guillaume Long nous propose une série d’histoires courtes aux thèmes variés. Dès la première, on sent l’influence (l’hommage ?) à Blutch. Mais c’est surtout Lewis Trondheim (sous le pseudonyme Luis Troën) qui sera au centre des attentions. Adulé par l’auteur, sa passion pour l’auteur devient un running gag très efficace au fil des pages.

Un auteur qui se cherche et se trouve.

Au-delà des histoires sur la bande-dessinée, Guillaume Long diverge et parle aussi de son enfance. On sent un auteur qui se cherche. Graphiquement, on voit une tentative de faire des bande-dessinées avec un dessin et le texte en-dessous, puis on tâtonne vers un entre-deux. Cette façon dont l’auteur se cherche dans la narration (et aussi dans l’humour) est des plus intéressantes. Et on le voit progresser, puisque les dernières histoires font mouche. Plus le livre avance et plus on rit. L’auteur parvient à trouver un ton et un humour qui nous font beaucoup sourire et même rire par moment. Au point qu’après cet ouvrage, il me paraissait essentiel de m’intéresser à la suite de la production de l’auteur.

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Hélas, qui dit recueil dit souvent qualité inégale. C’est le cas ici. Certaines histoires laissent un peu froid, là où d’autres nous transportent. Que dire que cette formidable histoire où Guillaume Long se perd en voiture et va dormir dans un domaine perdu ? L’autodérision marche à plein régime. Si ce n’est pas forcément original, Guillaume Long se l’approprie pleinement.

Graphiquement, Guillaume Long a un style qui se reconnaît vite, mais il se cherche ici. Le noir et blanc est de rigueur, bien que parfois relevé de niveaux de gris. On sent des modifications, des essais… Et le tout est plutôt réussi. La maturité de son style se sent une nouvelle fois et sa façon de dessiner en noir et blanc hachuré est dynamique et vivante. Le trait est simple, mais la gestion des noirs et des volumes est réfléchie et réussie. Bref, un dessin qui paraît simple au tout venant, mais qui vaut le coup d’œil.

Cette « Anatomie de l’éponge » a les défauts du recueil. Son côté inégal gênera à coup sûr. Mais il y a de vraies qualité tant dans la narration que dans le dessin chez Guillaume Long qui suffisent à lui donner de l’intérêt. Quand on voit le nombre d’autobiographies insipides qui peuvent fleurirent sur les rayons, ce n’est pas le cas ici. Le livre montre un auteur qui se cherche et, surtout, qui se trouve !

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Note : 14/20

Z comme Don Diego, T1 : Coup de foudre à l’hacienda – Fabcaro & Fabrice Erre

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Titre : Z comme Don Diego, T1 : Coup de foudre à l’hacienda
Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre
Parution : Avril 2012


« Z comme Diego » est une nouvelle série née en avril dernier. Son premier tome s’intitule « Coup de foudre à l’hacienda ». Edité chez Dargaud, cet ouvrage se compose d’une quarantaine de pages. Son prix avoisine onze euros. Le nom de son scénariste a attiré mon regard vers cet album. Il s’agit de Fabcaro dont j’avais apprécié « Jean-Louis et son encyclopédie » ou « Steve Lumour, l’art de la winne ». J’avais trouvé ses opus très drôles. Dans « Coup de foudre à l’hacienda », il ne se charge pas des dessins. Cette tâche est confiée à Fabrice Erre dont je découvre le travail à cette occasion. Les couleurs naissent de la plume de Sandrine Greff. La couverture nous présente un Don Diego désabusé. Il est entouré de Zorro qu’on suppose être des usurpateurs. En effet, qui ne sait pas que Don Diego est à Zorro, ce qu’est Peter Parker à Spiderman…

La quatrième de couverture nous présente le synopsis suivant : « Don Diego, alias Zorro, avait déjà bien du mal à gérer sa double personnalité : l’arrivée de la belle senora Sexoualidad n’allait certainement pas arranger les choses… Une parodie avec de l’action, du rire, de l’émotion, des chevaux, des épées, des combinaisons, de la paella, de la bière et des hommes invisibles. »

zcommedondiego1bEn me plongeant dans « Coup de foudre à l’hacienda », deux sentiments contradictoires se mêlaient. J’étais curieux de découvrir cette parodie de Zorro qui est vraiment le héros de mon enfance. J’ai toujours gardé une tendresse pour la série télévisée en noir et blanc datant des années cinquante. Le petit monde de Don Diego, Bernardo, le sergent Garcia et des autres m’ont toujours passionnée et fait rire. Parallèlement, j’appréhende de ce type de série qui prétend jouer avec les codes d’un univers établi et connu. Souvent, le soufflé retombe très vite et la dimension commerciale de ce choix scénariste prend rapidement le pas sur l’imagination de l’auteur. J’étais donc curieux de voir si Fabcaro allait arriver à manipuler avec talent tous les aspects de cette célèbre communauté.

Des vannes variées à aucun moment répétitives.

L’ouvrage nous présente deux gags par page. Chacun se décompose en six cases carrées de taille identique. Cela impose à la trame de chaque scène d’être dense et bien construite parce que l’auteur n’a pas non plus trop de temps pour les digressions. Je vous avoue que les premiers gags m’apparaissent prévisibles et presque décevants. Mais rapidement une atmosphère agréable se dégage de la lecture et notre immersion dans l’univers créé par les auteurs se fait plus intense. La densité de qualité est plutôt bonne et chaque page fait naitre un sourire ou un rire franc. Fabcaro arrive à offrir des vannes variées qui ne s’avèrent à aucun moment répétitive. C’est une performance parce le défaut de la redite est souvent irrémédiable dans ce genre d’ouvrage.

Le scénariste arrive à construire sa parodie en exploitant parfaitement les codes de la série originale. Tous les personnages avec leurs caractéristiques propres sont exploités. L’aspect humoristique est l’atout principal de cet ouvrage qui chatouillent nos zygomatiques aisément. A défaut de nous faire pleurer de rire, la bonne humeur dégagée par la lecture est des plus agréables. De plus, le fait que Fabcaro utilise tous les aspects de « Zorro » m’offre une plongée en enfance que je savoure avec appétit. Je n’ai pas envie de vous donner des exemples qui vous gâcheraient la découverte. Mais sachez qu’on rigole avec plaisir des maladresses de tous les protagonistes.

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Le dessin  de Fabrice Erre correspond parfaitement au public visé par cet ouvrage. Tous les membres de la famille peuvent trouver quelque chose dans cet opus. Néanmoins, j’ai eu du mal à être conquis par son trait au début. Je le trouvais un peu brouillon et trop excessif. Mais une fois envahi par l’atmosphère de la série, son trait quasi caricatural correspond parfaitement au propose tenu par Fabcaro. Je pense donc qu’à défaut de marquer les esprits, les illustrations nées du trait de Fabrice Erre accompagne parfaitement le moment divertissant de lecture offert par cet ouvrage.

En conclusion, « Coup de foudre à l’hacienda » est une réussite. Il s’agit d’un ouvrage de qualité qui génère de la bonne humeur. Tout n’est pas homérique et l’ensemble n’est pas un chef d’œuvre. Malgré tout, dans la thématique de la parodie, il s’agit à mes yeux d’un des meilleurs du genre. Il est difficile de s’approprier un univers et de le tourner en dérision. Fabcaro s’en sort vraiment bien. Je pense donc que je lirai avec joie le second tome qui devrait paraitre dans quelques mois. Mais cela est une autre histoire… 

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Note : 13/20

Prototype – Ralf König

Prototype


Titre : Prototype
Scénariste : Ralf König
Dessinateur : Ralf König
Parution : Septembre 2011


Ralf König est un auteur que j’aime beaucoup. Spécialisé dans la description du milieu gay, l’allemand produit ici « Prototype », sortant de son sujet habituel. Le prototype est Adam, le premier homme. Alors, que donne ce livre hors des sentiers battus ? Ralf König est-il aussi pertinent et drôle lorsqu’il aborde des sujets théologiques ?

Le livre s’articule essentiellement sur les dialogues entre Dieu et le serpent Lucky (alias Lucifer). Dieu crée sa nouvelle créature, mais Lucky est plutôt critique dessus, poussant Dieu a de nombreux changements. La suite, on la connaît : Eve, la pomme, l’exil, etc.

Un relecture du mythe sympathique.

prototype2Dans « Prototype », König se moque donc de la création de l’Homme en la prenant au pied de la lettre. Dieu ajoute et supprime des fonctionnalités au fur et à mesure. Capricieux et visiblement irascible, notre Père en prend pour son grade… Comme dans tout livre un tant soit plus blasphématoire qui se respecte, l’esprit malin paraît bien plus sympathique et plein de bon sens ! Ainsi, la relecture du mythe est finalement assez légère, malgré une grosse entorse à l’histoire officielle sur le fruit défendu !

Ralf König base tout son livre sur les dialogues, souvent absurdes au vue de la situation. C’est son point fort et l’ironie inonde les pages de l’ouvrage. Si on sourit souvent, on ne peut constater que le manque d’originalité de l’ensemble. Les ouvrages reprenant la Génèse sont très nombreux et force et de constater que celui-ci n’apporte rien de neuf. Reste des dialogues sympathiques et quelques passages bien sentis ! La thèse du livre en soit est plus originale, bien qu’un peu tirée par les cheveux.

Au niveau du dessin, on retrouve le trait tout en rondeur de l’auteur. Le sujet n’apporte pas forcément un maestria graphique, mais les expressions des personnages restent un vrai délice. On notera des couleurs assez criardes. Est-ce l’impression ou un choix esthétique ? Difficile de le savoir. En tout cas, Ralf König possède un trait parfaitement adapté à son propos.

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« Prototype » ne révolutionne rien. Malgré tout, la lecture est plaisante et l’humour fait mouche. Une lecture sympathique pour les amateurs de relecture biblique. Ni plus, ni moins.

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Note : 13/20

LAP ! – Aurélia Aurita

LAP


Titre : LAP !
Scénariste : Aurélia Aurita
Dessinatrice : Aurélia Aurita
Parution : Janvier 2014


Les précédents livres d’Aurélia Aurita ne m’avaient pas laissé un souvenir forcément positif. Mais en voyant son livre « LAP ! » (sous-titré « un roman d’apprentissage »), je n’ai pu m’empêcher de retourner lire un livre de cette dessinatrice. En effet, le LAP est l’acronyme du Lycée Autogéré de Paris. C’est un lycée particulier où les profs et les élèves sont (théoriquement) à égalité et où chacun s’occupe du fonctionnement du lycée (ménage, cuisine…). C’est aussi et surtout un endroit expérimental où une autre façon d’enseigner est testée depuis maintenant trente ans. Étant enseignant, j’étais curieux de connaître un peu mieux le fonctionnement du LAP. Le tout est édité aux Impressions Nouvelles et pèse environ 140 pages pour un format A5.

Le parallèle avec « Retour au Collège » de Riad Sattouf s’impose immédiatement. Aurélia Aurita est lâchée en cours et parmi les élèves et un lien se crée rapidement. Difficile d’être objective, surtout que l’auteure est encore jeune et que les élèves ont, par essence même, un rapport aux adultes particuliers. Après une mise en situation classique sous forme d’assemblée générale, on découvre peu à peu le fonctionnement du LAP avec ses votes, ses embrouilles, ses cours originaux. Le tout est décrit assez objectivement, dans le sens où les aspects négatifs sont signalés régulièrement. Cependant, l’auteure n’hésite pas à se représenter très perturbée par ce qu’il se passe au lycée. C’est le syndrôme du jeune prof : l’envie que tout le monde réussisse, la difficulté de mettre une barrière et ne pas trop tomber dans l’affectif avec les élèves. Clairement, au LAP, c’est encore plus fort ! Il n’est même pas caché que des relations prof/élève ont régulièrement éclaté.

La partie gestion mise en avant

Aurélia Aurita semble avoir été traumatisée par l’enseignement puisqu’elle est très mal à l’aise quand il faut assister à un cours. Du coup, elle n’en parle que de façon anecdotique et c’est bien dommage. C’est avant tout la partie gestion qui est mise en avant. Alors certes, le lycée est autogéré et sa partie gestion est bien évidemment au cœur du projet. Mais les enseignements font également la part belle aux expérimentations. Finalement, c’est un grand recueil de témoignages qui nous est présenté. Pour rester objective, la dessinatrice analyse finalement peu ce qu’elle voit. On la sent séduite par le lieu et les gens (d’autant plus qu’elle n’est qu’observatrice, ce qui est un rôle plus confortable). Mais il y a un vrai manque de recul, de comparaison avec les lycées classiques.

Concernant le dessin, je trouve qu’Aurélia Aurita fait du beau travail. Je n’étais pas fan de son trait, mais elle a progressé et propose un dessin expressif et pertinent, surtout que le livre est fait à 90% de dialogues. Le lavis accompagne bien le trait dynamique de l’auteure.

Mi-figue, mi-raisin pour ce « LAP ! ». Si ce qui nous est présenté est intéressant et la lecture est plaisante, on sent quand même que tout un pan de ce lycée n’est pas traité. Ainsi, on n’est presque jamais en salle de classe. Repaire de gauchistes pour les uns, établissement novateur pour les autres, il y a peu de chance que la lecture du livre vous fasse changer d’avis. Cela risque plus de confirmer vos a priori. A lire si vous aimez les documentaires en bande-dessinée.

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Note : 13/20

Le siècle des ombres, T4 : La sorcière – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le siècle des ombres, T4 : La sorcière
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Janvier 2013


Les Stryges sont des bestioles imaginées par Eric Corbeyran il y a un petit peu plus de dix ans. Tout a commencé par la série originale « Le chant des stryges ». Par la suite, sont apparues « Le maitre de jeu » et « Le clan des chimères ». La dernière naissance dans cet univers est celle de « Le siècle des ombres » en 2009. Son quatrième opus est paru au début du mois de janvier. Son titre est « La sorcière ». Edité chez Delcourt dans la collection Machination, son prix avoisine quatorze euros. Pour cette saga, le célèbre scénariste s’est associé à Michel Suro pour les dessins et Dimitri Fogolin pour les couleurs.

lesiecledesombres4bAvant d’entrer pleinement dans la critique de cet album, je vais expliquer rapidement aux néophytes ce qu’est un stryge. Il s’agit de grandes bêtes ailées qui vivraient dans l’ombre de l’humanité depuis toujours. Elles sont le garant de toutes les connaissances de l’univers. Elles ont été amenées à confier une partie de leur savoir à Sandor Weltman. Devenu immortel, ce dernier s’exonère de leur domination. On découvre donc Cylinia et Abeau, découverts dans « Le clan des chimères » partir à sa recherche en tant qu’alliés des Stryges…

Je ne vous cache qu’il me parait plutôt intéressant d’avoir lu les différentes séries précédemment citées pour profiter pleinement de cette aventure. Postérieur à « Le clan des chimères » et antérieur à « Le chant des stryges », « Le siècle des ombres » est à un croisement intéressant pour les adeptes de cet univers. L’immersion dans l’histoire était relativement rapide dans les premiers opus. Le rythme de narration était soutenu et les événements se succéder à un rythme effréné. Néanmoins, j’étais curieux de savoir où nous menait cette série. Pour l’instant, on assiste uniquement à une course poursuite parsemée de révélation. J’aimerais voir s’éclaircir l’objectif final de tout cela.

Les scènes se succédent de manière quasiment indépendante.

lesiecledesombres4cIl s’est déroulé quinze ans depuis le dénouement du tome précédent. Weltman est obsédé par la révélation que lui a faite Cylinia. Elle attendait un enfant de lui et suite à son accouchement, elle a confié le petit au monde des fées. On découvre également davantage la jolie Donessa, dévoué à Weltman et à peine entrevue jusqu’alors. L’attrait de la narration réside également dans une quantité relativement importante de flashback. Ce n’est pas désagréable car cela désassombrit certaines choses. Cela densifie également le propos. A contrario, cela nous donne l’impression de peu voir avancer l’histoire. De plus, l’intrigue voit naître un sentiment brouillon. On voit les scènes se succéder de manière quasiment indépendante. Je regrette un certain manque de liant entre tout cela. Par contre, la quantité d’informations  contenues dans cet ouvrage laisse présager une accélération de l’histoire au cours des prochains épisodes.

La lecture offre un plaisir intéressant en nous immergeant dans le siècle des Lumières. On découvre cette époque avec un plaisir certain. Le personnage de Weltman se trouve au centre de ce mouvement. Il participe à la rédaction de l’Encyclopédie, il côtoie Diderot ou Rousseau. Cet aspect fait du fugitif un personnage aux multiples facettes qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Au gré des événements, notre cœur balance entre les suiveurs et le suivi. Les dessins de Suro sont d’une qualité correcte. On n’a aucun mal à s’approprier les personnages. Les décors sont suffisamment travaillés pour qu’on n’ait aucun mal à se sentir dépaysé. Néanmoins, je ne peux pas dire que son trait transcende la narration. Elle l’accompagne avec talent, ce n’est déjà pas si mal.

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En conclusion, « La sorcière » poursuit avec honnêteté les quêtes des uns et des autres. Les stryges et le monde des fées apparaissent davantage et offre une dimension à l’ensemble. Il faudra espérer que la suite fasse pleinement pousser ces graines plantées. Pour cela, il faudra attendre la parution du cinquième tome. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Les Forêts d’Opale, T2 : L’Envers du Grimoire – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T2 : L’Envers du Grimoire
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Septembre 2001


« L’envers du grimoire » est le deuxième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série, actuellement composée de sept tomes, est scénarisée par Christophe Arleston et dessinée par Philippe Pellet. C’est la présence du premier nommé sur la couverture qui m’avait attiré vers cette nouvelle saga éditée chez Soleil. En effet, « Lanfeust de Troy », « Les maîtres cartographes » ou « Les naufragés d’Ythaq » sont des histoires du même auteur que j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à découvrir. « L’envers du grimoire » date d’une dizaine d’années.

Dans le premier opus, on découvrait Darko. Jeune homme vivant dans un village éloigné apprend de son oncle qu’il a un destin exceptionnel. Pour cela, il se voit remettre un bracelet dit « de Cohars ». Poursuivi par les prêtres de Lumière qui ne voit pas d’un bon œil son nouveau pouvoir, il part en quête avec Urfold son oncle et de sa sœur la ravissante Sleïlo du grimoire dont la lecture lui permettra de maîtriser les pouvoirs de ce bijou…

C’est ce voyage que nous conte cet ouvrage. On retrouve notre trio dans les rues de Le Havre de la Lumière, capitale des cinq Royaumes. Leur objectif est de pénétrer dans la Grande Bibliothèque. Mais il n’est pas simple d’y entrer et comment se loger et se sustenter dans une telle ville sans argent ? A cela, s’ajoute le fait de ne pas se faire remarquer par les autorités locales. Bref, tout n’est pas si simple…

La dimension humoristique de l’histoire prend la place de la trame principale.

Dans le précédent tome, on avait découvert les personnages et les grandes lignes de la trame. Dans « L’envers du grimoire », la narration est plus pragmatique. L’intrigue a un objectif qui est de s’emparer du grimoire et toute l’histoire est consacrée à cette quête. Cette dernière ne s’avère pas effrénée. En effet, la première partie du bouquin nous présente la cité dans laquelle on erre. Le but des premières pages est de nous faire découvrir le monde qui nous entoure au détriment de l’avancée des événements. On pourrait regretter que l’un ne puisse pas se faire sans l’autre. Dans le cas contraire, cela nous aurait offert une trame plus dense. A contrario, ce choix scénaristique a pour conséquence de laisser la dimension humoristique de l’histoire prendre sa place. Ce n’est pas désagréable car cela rend la lecture divertissante et agréable. Certains moments font sourire et ce n’est pas une mauvaise chose.

Dans un second temps, nos héros tentent leur immersion dans la bibliothèque. On entre donc dans la partie « action » de l’album. La lecture se veut plus rythmée. On se pose la question de savoir s’ils vont y arriver, s’ils vont se faire attraper. Quelle va être l’issue de leur plan ? Je trouve que cette partie-là est bien construite. Elle se découpe en plusieurs temps et alternent assez bien les temps morts et les moments plus actifs. Les batailles sont entrecoupées par des temps de pause qui donnent lieu d’ailleurs à des informations sur l’intrigue. En conclusion, on découvre l’apparition, à la manière des mousquetaires, d’un quatrième membre à notre trio.

Les dessins accompagnent bien la lecture. Les décors sont plutôt réussis mais restent malgré tout en retrait des personnages. Cela s’explique par le choix scénaristique de l’histoire qui se construit davantage sur les protagonistes que sur l’univers qui les entourent. Dans la deuxième partie, les scènes de combat et de poursuite sont bien dessinées. On n’a aucun mal à s’y retrouver et un rythme soutenu se dégage de la lecture. Les couleurs sont l’œuvre de Goussale. A défaut d’être mémorables, elles accompagnent parfaitement l’histoire. Leur côté vif crée un vrai plaisir de lecture en découvrant les premières pages. L’immersion dans l’album y est simple.

En conclusion, cet album se lit avec plaisir. Son principal défaut est de, finalement, faire peu avancer la trame. En effet, presque cinquante page pour récupérer un bouquin alors qu’on est déjà sur place dès la première d’entre elles. Il faut faire attention à ne pas donner trop d’importance aux personnages au détriment de la trame. Dans ce type d’ouvrage, la quête reste un aspect important de la lecture. Les protagonistes nous sont très sympathiques. Mais on aimerait bien les voir avancer plus vite…

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Note : 13/20

Légendes de la Garde, T1 : Automne 1152 – David Petersen

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Titre : Légendes de la Garde, T1 : Automne 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2008


« Légendes de la Garde » est une série née de l’imagination de David Petersen. L’ouvrage qu’on m’a offert s’intitule « Automne 1152 ». Il est édité chez Gallimard dans un format peu orthodoxe. Il est quasiment de forme carrée. L’histoire se développe sur plus de cent cinquante pages. Le bouquin se compose de six chapitres qui dans un premier temps avait été édité indépendamment sous le titre original « Mouse Guard ». « Automne 1152 » a un prix proche de dix-neuf euros.

Le site de la Fnac nous offre le résumé suivant de l’intrigue : « Depuis la nuit des temps, la Garde protège les souris de mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, découvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissés pour mort aux portes de la ville et une armée traîtresse marche déjà vers Lockhave, la légendaire forteresse de la Garde. »

L’intrigue s’adresse à un public adulte

En découvrant la thématique de l’ouvrage, j’étais curieux de découvrir cette société crée par l’auteur. Imaginer le monde dans lequel vivent les souris, la manière avec laquelle elles s’organisent pouvaient donner lieu à un voyage intense pour le lecteur. Je m’interrogeais sur la manière avec laquelle cette civilisation allait s’intégrer dans nos forêts et dans notre univers connu. Malgré une couverture qui semble orienter le livre vers un public jeune, la construction de l’intrigue s’adresse finalement à un public plus adulte. Le ton n’est pas spécialement léger et ne répondra pas aux attentes des plus petits.

La narration se découpe en six chapitres de taille quasiment équivalente. Chacun est présenté par un titre propre est un résumé qui s’étale sur une page. Cette construction résulte sûrement de la parution originale qui avait dissocié chaque partie. Les premières pages nous intriguent par le fait qu’on découvre un nouveau monde. On est soucieux de comprendre les codes sociaux qui le régissent. Finalement, on découvre assez vite que cette civilisation s’approche de celle qui existait à l’époque médiévale. Les moyens de déplacement, la structure des cités, le type des armes… Tout se rapproche du Moyen-Âge. Certains regretteront finalement un certain manque d’originalité, d’autres auront plaisir à voir évoluer ces petites souris dans cet univers qui ravira ses adeptes.

On s’immerge assez rapidement dans l’univers de l’histoire du fait de son relatif classicisme. On s’intéresse alors rapidement au devenir de nos trois héros qui se nomment Kenzie, Saxon et Lieam. Ils sont des soldats de la Garde. Ils sont en mission et semblent ne pas être là pour rigoler. Ils ne génèrent pas une empathie immense mais cela ne nous empêche d’être curieux de connaitre la suite de leurs aventures. Ces dernières se composent par une succession d’événements qui vont les amener à être séparés. Ces derniers se suivent à un rythme quasiment mécanique qui doit être une conséquence de la construction par chapitre. L’auteur offre une intrigue très factuelle dans laquelle la digression n’existe quasiment pas. Cela offre ainsi une lecture nerveuse qui n’a pas envie de perdre son temps. En contrepartie, cela se fait au détriment de l’atmosphère de la lecture qui ne prend jamais une ampleur suffisante pour arriver à nous envouter.

Les dessins ne m’ont pas laissé indifférent. Je ne peux pas dire que j’ai chaviré en les découvrant. Ce n’est pas le cas en effet. Par contre, j’ai eu le sentiment en les découvrant de rencontrer un style que je n’avais jamais croisé au cours de mes lectures. Même si Petersen se « contente » finalement de dessiner des souris qui se dissocie l’une de l’autre essentiellement par la couleur de leurs poils, il arrive malgré tout à offrir à son ouvrage une identité propre. Pourtant les décors sont finalement assez secondaires. L’usage des couleurs est par contre à mes yeux remarquables. Il se dégage un vrai quelque chose des forêts ou des villes dans lesquelles errent nos héros. Les tons orange, gris ou marron sont primordiaux et offrent un résultat très réussi.

En conclusion, à défaut de m’avoir transporté très loin, « Légendes de la Garde » m’a offert un voyage agréable que je ne regrette pas. Il s’agit d’une lecture intéressante dans la structure diffère de celles que je connais habituellement. J’ai vu qu’une suite intitulée « Hiver 1152 » était parue. Je pense que je m’y plongerai avec joie. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Avril 2012


« Noires sont les étoiles » est le troisième tome de « Ralph Azham ». Cet album marque la fin du premier cycle comme cela est indiqué sur la couverture. Edité chez Dupuis, cet ouvrage est paru il y a quelques mois. Il est vendu pour un prix avoisinant les douze euros. J’avais décidé de m’intéresser à cette série par le seul nom de son auteur. En effet, Lewis Trondheim occupe une place particulière dans mon cœur de bédéphile. « Les formidables aventures de Lapinot » et « Donjon » sont ses plus célèbres productions. Mais « Les petits riens », « Bludzee », « Fennec » ou « Moins d’un quart de seconde pour vivre » sont autant d’albums assez uniques dans leur atmosphère ou leur originalité. Les deux premiers opus de « Ralph Azham » étaient sympathiques sans être mémorables. J’espérais que « Noires sont les étoiles » fasse changer cette saga de braquet.

Le résumé suivant est issu du site BdGest : « Ralph, toujours accompagné par les magiciens Yassou et maître Migachi, a décidé de voler la couronne de Tanghor, dont le pouvoir pourrait rendre la mémoire à sa sœur. Il s’associe à trois voleurs rencontrés sur le bord de la route et se rend à Onophalae, où la couronne magique est conservée en haut d’un pic particulièrement bien protégé. Du moins pour le commun des mortels, car rien ne résiste aux méthodes non-conventionnelles de Ralph. De son côté, le père de Ralph, qui a survécu à l’effondrement du barrage, s’installe à Astolia, où il ouvre une boutique de gâteaux-surprises, dans l’espoir que son fils s’y rejoindra. Mais il n’est pas le seul à l’y attendre : nombreux sont ceux qui aimeraient toucher la prime promise pour sa capture ! »

Le premier tome avait pour objectif de nous présenter le héros, Ralph, et l’univers dans lequel il allait évoluer. On découvre qu’il est paria dans son propre village. Il est né avec les cheveux bleus, signe local d’être un élu. On est alors voué à un destin prestigieux. Mais Ralph n’a pas été admis et est donc revenu marqué par son échec chez lui. Tous ses amis lui tournent le dos. Il est tout juste bon à dormir au milieu des cochons. Mais un événement fait que son village est détruit. Il décide alors de partir accompagné d’un enfant. Le second tome le voit se regrouper avec tous les enfants aux cheveux bleus, chacun possédant un pouvoir particulier qui décidera de sa fonction prochaine. Mais ils se trouvent au centre d’un guet-apens et doivent à nouveau s’enfuir. Mais le réel événement de cet opus est la rencontre d’une jeune fille, chef de l’armée. Elle serait peut-être la sœur que Ralph croyait disparue. Mais cette dernière n’y croit pas. C’est pourquoi il décide de partir en quête de la couronne de Tanghor dans ce troisième tome…

Une évolution positive

J’avais trouvé les deux premiers tomes un petit peu fouillis. Trondheim donnait l’impression de vouloir construire un univers relativement complexe. Mais on avait tendance à se noyer sous les informations au détriment du côté drôle et décalé des personnages et des dialogues qui font le succès de l’auteur. J’espérais donc que « Noires sont les étoiles » se montrent plus structuré et linéaire sur le plan narratif pour laisser une place dans la lumière à ses protagonistes. Je trouve que l’évolution est positive. La trame principale est simple. Il faut retrouver une couronne qui permet de retrouver la mémoire. Dans un second temps, il s’agira de la faire porter à celle que Ralph pense être sa sœur. Cela offre une unité de lieu qui permet de retrouver tous les personnages des deux premiers opus dans un même endroit. Cela évite les voyages permanents qui remplissaient l’album précédent.

Le fait qu’on ne quitte pas Astolia dans la deuxième partie de l’histoire permet de nombreuses interactions entre les personnages. Cela laisse donc une plus grande place aux dialogues. Trondheim laisse libre cours à son talent et nous offre des moments vraiment drôles. Il retrouve un petit peu la magie de « Donjon » qui est culte dans la fantasy décalée. Il joue avec les codes du genre. Objets magiques, pouvoir, malédiction… Rien n’est oublié. Le rythme de narration est assez soutenu et nous ne offre aucun réel temps mort. En ce sens, « Noires sont les étoiles » est, à mes yeux, le meilleur des trois tomes de la série. En simplifiant l’ensemble, Trondheim fait naitre un album plus passionnant et drôle que les précédents qui étaient plus confus. On en apprend davantage également sur le monde dans lequel se déroule l’histoire. On rencontre le roi par exemple.

Les dessins sont également le fruit du trait de Trondheim. Son style est reconnaissable dès le premier coup d’œil. Je vous avoue que j’en suis friand. Le trait est simple et rend les planches faciles d’accès. Cela n’empêche pas les cases d’être pleines de détails et habitées d’une vraie atmosphère. Les décors ne sont pas négligés et participent à la création de l’univers qui abrite la trame. De plus, les personnages sont tous facilement reconnaissables et possèdent chacun leur identité graphique soit par leur caractère soit par leur physique. Enfin, le travail de Brigitte Findakly sur les couleurs est excellent et donne à l’ensemble un aspect visuel très attractif.

En conclusion, « Noires sont les étoiles » est un ouvrage honnête qui marque une progression dans la série. Il se lit avec plaisir. On ne s’ennuie jamais même si on n’est pas aussi transporté que dans « Donjon ». Néanmoins, le premier cycle étant terminé, on se doute qu’un second verra le jour. Je n’hésiterai pas à guetter sa parution pour suivre les aventures de Ralph. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Métronom’, T4 : Virus psychique – Éric Corbeyran & Grun

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Titre : Metronom’, T4 : Virus psychique
Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Grun
Parution : Janvier 2014


 « Metronom’ » est une série née il y a quatre ans. Elle est le fruit du scénariste Eric Corbeyran et du dessinateur Grun. Le premier est un auteur qui m’est familier et le second une découverte pour moi. C’est donc le nom de Corbeyran qui m’a attiré vers le premier épisode de cette nouvelle aventure. En feuilletant quelques pages, j’ai été intrigué par les enjeux posés et l’univers dans lequel s’inscrivait la trame. Sans révolutionner le neuvième art, les trois premiers actes montraient une intrigue solide qui se laissait découvrir avec plaisir. C’est donc avec joie que j’ai accueilli le quatrième tome « Virus psychique » dans les librairies en janvier dernier.

La quatrième de couverture nous expose le résumé suivant : « Dans un avenir proche, au sein d’une société totalitaire qui écrase l’individu au profit de la toute-puissance et du mensonge étatiques, une femme mène un combat pour découvrir les raisons de la disparition mystérieuse de son mari parti en mission spatiale… »

Une société totalitaire, des invidualités vouées à disparaître

Ce qui m’a attiré en premier dans cette saga, est la société qu’elle décrit. Elle apparait totalitaire. Les individualités sont vouées à disparaitre. La description qui en est faite est relativement fine. Il n’y a pas de grands exposés pour magistraux pour présenter les codes politiques, sociaux et économiques. Au fur et à mesure que la pelote narrative se déroule, les informations se succèdent et densifient notre connaissance de la situation. Ce nouveau tome n’échappe à la règle et participe activement à notre maîtrise de l’univers de la série.

L’histoire se construit autour d’un personnage central prénommé Lynn. Tout est construit autour de son destin et de son parcours. Le personnage est plutôt bien construit. On s’y attache rapidement. Les épreuves qu’elle subit couplées à son caractère fort et déterminé forment un cocktail classique et efficace. Son identité graphique la démarque également du reste du casting. Bref, l’héroïne n’est pas un modèle d’originalité mais possède suffisamment de qualités pour rendre la lecture interactive. En effet, on peut aisément s’identifier à elle et s’approprier ses craintes et ses interrogations.

Concernant l’intrigue en elle-même, elle avance à un rythme régulier. Les auteurs ne tombent pas dans le défaut de beaucoup de séries qu’est une trop grande dilution des événements. Ce nouvel opus conserve cette qualité en faisant évoluer de manière relativement importante les aventures de Lynn et des autres protagonistes. Le scénario donne autant de réponses qu’il fait naître de questions. Bref, tout cela est plutôt bien rythmé. Je ne peux pas vous dire que je sois complètement enthousiasmé et possédé quand je vois les pages défiler. Par contre, je n’ai aucun mal à affirmer que je découvre tout cela avec une vraie curiosité.

Un des attraits de cette série concerne ses dessins. Le trait de Grun et son travail très intéressant sur les couleurs offre une vraie particularité à l’univers de la série. Même si je suis moins fan de leurs émotions graphiques, je trouve que les protagonistes possèdent suffisamment d’épaisseur pour être aisément identifiés et appropriés. Mais le gros point fort concerne les décors que je trouve superbes qu’ils soient urbains ou désertiques. De plus, les tons chromatiques gris, bleus et marron dégagent une atmosphère très réussie.

Pour conclure, ce quatrième tome est dans la lignée des trois précédents. Il possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. La trame reste globalement assez classique mais sa construction narrative est suffisamment rigoureuse pour permettre une lecture agréable et divertissante. Je m’offrirai donc avec plaisir le prochain opus. Les aventures de Lynn ne sont pas terminées et je suis curieux d’en connaitre la suite…

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Note : 13/20