L’atelier Mastodonte, T5


Titre : L’atelier Mastodonte, T5
Auteurs : Alfred, Guillaume Bianco, Mathilde Domecq, Benoît Feroumont, Nob, Obion, Fabien Toulmé, Lewis Trondheim, Tofépi, Jérôme Jouvray & Pascal Jousselin
Parution : Octobre 2017


L’Atelier Mastodonte est une série dont j’ai appris à guetter la parution de chaque nouveau tome avec curiosité. Ces ouvrages collectifs chapeauté par Lewis Trondheim ont pris l’habitude de me faire passer des moments de lecture drôles et divertissants. Le cinquième opus est apparu en librairie il y a quelques jours. Je me suis empressé de me l’offrir et de me plonger dans le quotidien de cet atelier de bandes dessinées pas comme les autres.

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Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester

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Titre : Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Septembre 2012


Ma découverte de « Billy Brouillard » avait mené Guillaume Bianco au panthéon de mes influences. J’étais passé à côté de « Zizi, chauve-souris », série dont il parle dans « L’atelier Mastodonte » ! Comme quoi, cet ouvrage collectif sert aussi à faire un peu de publicité aux auteurs ! De plus, « Zizi » est scénarisé par Lewis Trondheim, dont la réputation n’est plus à faire. Le tout est (logiquement) publié chez Dupuis et lorgne vers la jeunesse. Mais qui n’a pas gardé son âme d’enfant ? Continuer la lecture de « Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester »

Billy Brouillard, T3 : Le chant des sirènes – Guillaume Bianco

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Titre : Billy Brouillard, T3 : Le chant des sirènes
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Novembre 2012


Billy Brouillard reprend du service dans ce troisième tome appelé « Le chant des sirènes ». Alors qu’il ne voit plus de monstres et peut ainsi vivre beaucoup plus tranquillement, Billy part en vacances à la mer. Il va alors croiser des nymphes et replonger dans ce monde fantastique où les bestioles en tout genre cohabitent au milieu des fantômes. Le tout est toujours publié dans la collection Métamorphose aux éditions Soleil. Cet univers sort tout droit de la plume de Guillaume Bianco.

« Billy Brouillard » est une série originale qui traite de l’imaginaire de l’enfance de façon glauque. Mais c’est surtout un melting-pot de la narration : bande-dessinées, illustrations, poèmes, textes illustrés, publications scientifiques… Il y a de quoi faire dans ce livre. Du coup, le lecteur sera souvent déstabilisé, voire gêné par ce fouillis. Mais c’est justement avec ce genre d’ouvrage que l’objet livre prend tout son sens.

Billy Brouillard va donc rencontrer une sirène qu’il va devoir aller sauver au plus profondément de la mer. Car la petite dormeuse risque de se réveiller… Si l’histoire dans « Billy Brouillard » à une fâcheuse tendance à digresser, le fil rouge existe bel et bien. Il est dommage qu’en début d’ouvrage, on mette si longtemps à voir arriver l’intrigue principale. Clairement, Guillaume Bianco prend son temps et se fait plaisir le long des 128 pages de l’ouvrage. Ainsi, n’y cherchez pas une grande histoire, « Billy Brouillard » est avant un ensemble d’anecdotes qui construisent un univers loufoque, fantastique et malsain.

Une plongée en enfance.

La richesse de la narration se retrouve également dans les émotions qui nous traversent : tristesse, humour, aventure… Il y en a pour tous les goûts ! C’est une vraie plongée en enfance que nous propose Guillaume Bianco. Cette richesse se retrouve aussi dans le graphisme. Ce dernier s’adapte et propose des variations sur le même thème : noir et blanc avec ou non des hachures, lavis… Et c’est sans compter sur les gazettes du bizarre qui ajoutent encore une variété dans le graphisme. Je suis tombé amoureux du dessin de Guillaume Bianco. Il retransmet parfaitement les deux facettes de son univers : l’enfance et le fantastique.

Derrière l’originalité et la pertinence de l’objet, on tiquera un peu sur les nombreuses digressions qui gênent parfois la lecture. Lire cet ouvrage demande un vrai investissement tant il est rude à assimiler, tant sur le fond que sur la forme. Cependant, si vous parvenez à vous immerger dans ce monde, c’est un véritable plaisir ! 

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Billy Brouillard, T2 : Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël – Guillaume Bianco

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Titre : Billy Brouillard, T2 : Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Novembre 2010


Avec « Le don de trouble vue », Guillaume Bianco avait frappé fort. Son personnage Billy Brouillard, qui avait la capacité de voir au-delà des choses, vivant dans un univers à la fois sombre et enfantin parfaitement maîtrisé. Le mélange des genres (livre illustré, encyclopédie, bande-dessinée) pouvait certes déroute, mais cela faisait la force de l’ouvrage. Ce tome 2 reprendre la même formule dans la même collection Métamorphoses des éditions Soleil. Le tout pèse une centaine pages.

Si la lecture de « Billy Brouillard » ne nécessite pas forcément la lecture des tomes précédents pour apprécier le tout, une lecture préalable du tome 1 est recommandée. En effet, on retrouve Billy qui demande au Père Noël de ressusciter son chat, mort dans le précédent opus. Hélas, son chat ne revenant pas parmi les vivants, Billy va cherche d’autres moyens de parvenir à ses fins.

Mort et forces obscures

Malgré la couverture et le titre, Noël n’est pas réellement le thème central de l’ouvrage. Ici, on parle avant tout de la mort et des forces obscures. Le croque-mitaine, notamment, y tient une place non-négligeable ! Ainsi, malgré son classement parfois en bande-dessinée jeunesse, « Billy Brouillard » me semble une série fondamentalement orientée vers les adultes. Ces derniers apprécieront plus facilement l’univers noir et blanc, ainsi que les thèmes sombres traités. De même, tel Bill Watterson avec certaines scènes de « Calvin & Hobbes », Guillaume Bianco sait parfaitement capter l’essence de l’imaginaire des enfants. Et naviguant toujours entre réalité et monde fantasmé, il sème le doute dans l’esprit du lecteur.

Ainsi, à côté des pages de bande-dessinée plus ou moins classiques (on a autant des planches avec des dessins et les textes au-dessous que des planches plus communes avec phylactères), l’auteur intercale des extraits encyclopédiques qui enrichissent l’univers. Toujours en rapport direct avec ce que l’on vient de lire, cela donne une originalité certaine à ce qui est, au final, un très beau livre (en tant qu’objet également). Et malgré l’exigence de lecture, le tout se dévore sans peine.

Le graphisme de l’auteur m’a conquis depuis longtemps. Son noir et blanc est maîtrisé, avec un petit côté gravure parfaitement adapté à ce qui ressemble parfois à un livre illustré, très en vogues au XIXèmesiècle. Le dessin est plein d’invention et d’imagination.

Après un premier tome très réussi, Guillaume Bianco transforme l’essai ici avec un livre plein de personnalité. La suite (sur les sirènes) est même annoncée en fin de tome ! L’auteur a crée une belle œuvre cohérente à découvrir d’urgence !

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Billy Brouillard, T1 : Le don de trouble-vue – Guillaume Bianco

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Titre : Billy Brouillard, T1 : Le don de trouble-vue
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Novembre 2008


Lorsque j’ai présenté mes travaux de dessinateur à des professionnels, on m’a cité à deux reprises la série « Billy Brouillard » dessinée par Guillaume Bianco, comme référence en termes de dessin en noir et blanc et en hachures. Cela m’a suffisamment intrigué pour que je m’intéresse à cet auteur que je ne connaissais absolument pas. La série « Billy Brouillard » est publiée aux Editions Soleil, dans la collection « Métamorphose ». Cette collection propose de très beaux livres qui explorent le côté sombre de l’enfance.

Billy Brouillard, comme le nom du premier tome l’indique, est doté du don de trouble vue. Ainsi, sans ses lunettes, il voit ce que les autres ne voient pas. Un ballon et quelques branches et voilà que le petit garçon transforme cela en squelette. Mais au-delà du flou, Billy parvient à voir les créatures fantastiques : monstres, fantômes et tout ce qui traîne dans une forêt lugubre.

La particularité de cet ouvrage est d’explorer la bande-dessinée dans plusieurs directions. Si certains passages sont sous forme de BDs « classiques », le livre est parsemé de plein d’autres choses. On y trouvera notamment des bestiaires, des manuels de nécromancie, des faux journaux, des textes illustrés… Il est évident que ce genre de narration perturbera nombre de lecteurs, mais cela fait partie intégrante du charme de l’ouvrage. Au-delà d’une histoire, c’est un véritable univers que crée Guillaume Bianco autour d’un petit garçon obsédé par le fantastique. Car l’ambiguïté est toujours présente : Billy imagine-t-il tout cela ou est-ce que c’est vrai ? C’est une ode à l’enfance, même si elle est bien glauque. L’auteur tape juste tout en étant original. Le monde de « Billy Brouillard » est sombre et fantastique et pourtant, cela nous rappelle notre enfance… Une vraie performance !

Une lecture exigeante.

L’univers créé pour l’occasion est magnifié par le graphisme somptueux de Guillaume Bianco. Le mélange entre un trait enfantin (pour les personnages notamment) et l’aspect très sombre du rendu en noir et blanc fonctionnent parfaitement. L’auteur est en pleine maîtrise de son art. Le tout est mis en valeur par la beauté du livre et du papier. Parfois, la couleur s’invite, que ce soit dans le dessin ou dans le papier lui-même.

L’impression à la lecture de ce livre est d’une sorte de fouillis, un cahier d’écolier où seraient griffonnées quantités de choses sur les mystères de la vie vus par un petit garçon. La mise en page est remarquable d’intelligence et le rythme bien mené. Cependant, la lecture est exigeante et il est évident que certains lecteurs, désarçonnés, auront du mal à adhérer au concept.

Ce premier tome de « Billy Brouillard » ne peut pas laisser indifférent. Doté d’une personnalité affirmée, l’ouvrage désempare autant qu’il fascine. Comme quoi, on peut sortir des schémas classiques et enthousiasmer. Une formidable découverte qui montre, au grès des pages, le talent incroyable de l’auteur pour nous faire rire, nous faire peur ou simplement nous emporter ailleurs.

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L’atelier mastodonte, T2 : Alfred, Guillaume Bianco, Benoît Feroumont, Keramidas, Julien Neel, Nob, Tebo, Lewis Trondheim & Yoann

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Titre : L’atelier Mastodonte, T2
Scénaristes : Alfred, Guillaume Bianco, Benoît Feroumont, Keramidas, Julien Neel, Nob, Tebo, Lewis Trondheim & Yoann
Dessinateurs : Alfred, Guillaume Bianco, Benoît Feroumont, Keramidas, Julien Neel, Nob, Tebo, Lewis Trondheim & Yoann
Parution : Juin 2014


« L’atelier Mastodonte » est un projet original né dans les pages de Spirou. Il est l’œuvre conjointe de neuf auteurs : Alfred, Bianco, Feroumont, Keramidas, Neel, Nob, Tebo, Trondheim et Yoann. Certains me sont familiers depuis longtemps, d’autres sont entrés récemment dans mon univers. Chaque planche de cet ouvrage au format à l’italienne est dessiné avec un trait différent, le tout format un ensemble cohérent et drôle.

Une diversité des personnalités.

L'atelierMastodonte2bLe bouquin se compose de cent vingt-six planches. Chacune peut être lue indépendamment tout en étant liée à la précédente ou à la suivante. L’originalité de la structure du propos possède un réel potentiel. La diversité des personnalités doit relancer en permanence l’attrait du lecteur. De plus, le principe du strip booste l’intensité de la lecture. A l’opposé, il faut veiller à ne pas diffuser une impression de fouillis brouillon.

Le point de départ de l’histoire est le suivant : Trondheim crée un atelier regroupant ses collègues précédemment cités. Cet album nous plonge dans le quotidien créatif de cette troupe de joyeux lurons. La dimension despotique de Lewis est moins mise en avant que dans le premier tome. Malgré tout, cela reste un fil conducteur efficace sur le plan humoristique. Chaque apparition du chef  fait sourire sans difficulté ! Certains lecteurs reprochaient à l’opus précédent les blagues trop systématiquement scatologiques mettant en scène Tebo. Cet aspect est toujours présent mais peut-être disséminé avec davantage de parcimonie.

Mais cette suite ne se résume pas à une redondance des mécanismes comiques déjà utilisés. Les protagonistes décident de déplacer leur lieu de travail dans un superbe château. Cela donne lieu à des histoires de chevaliers, de fantômes et de siestes en forêt. Cela offre un second souffle intéressant à l’histoire et chatouille aisément les zygomatiques. Les auteurs alternent ces vacances studieuses à la campagne avec d’autres scènes dans l’atelier parisien. Elles mettent en scène deux auteurs qui se font passer pour Trondheim. Cela permet à la narration de ne pas ronronner.

La grande diversité d’auteurs est une force narrative importante. Chacun possède son trait, son ton et sa corde humoristique. L’ensemble s’harmonise plutôt bien et offre une lecture pleine de surprises et de rebondissements. Je connaissais la majorité d’entre eux de noms mais j’ai pris plaisir à découvrir leur style et une petite partie de leur univers. Tous réunis opèrent sur un spectre suffisamment large pour attiser notre curiosité de manière constante.

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Le bilan est très positif. Ce second opus donne la banane. Il peut se lire d’une traite dans son lit ou se feuilleter dans les transports en commun. Sa construction scénaristique couplée à sa petite taille en fait un compagnon en toute circonstance. Le dénouement laisse croire qu’il n’y aura pas de suite. J’espère l’avoir mal compris et m’être trompé car je regretterai de ne pas suivre les nouvelles aventures de ces joyeux lurons…

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Note : 14/20

L’atelier Mastodonte – Lewis Trondheim, Yoann, Cyril Pedrosa, Alfred, Julien Neel, Tébo & Guillaume Bianco

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Titre : L’atelier Mastodonte
Scénaristes : Alfred, Guillaume Bianco, Julien Neel, Cyril Pedrosa, Tebo, Lewis Trondheim & Yoann
Dessinateurs : Alfred, Guillaume Bianco, Julien Neel, Cyril Pedrosa, Tebo, Lewis Trondheim & Yoann
Parution : Juin 2013


Lorsque je tombe sur un ouvrage de Lewis Trondheim, je suis bien incapable de résister à la pulsion de l’achat. Alors lorsqu’il s’associe à d’autres auteurs que j’apprécie (Neel, Bianco, Yoann, Alfred…), il m’est impossible de ne pas passer à la caisse… « L’atelier Mastodonte » raconte le quotidien de quelques auteurs de bande-dessinée réunis en atelier. Ils dessinent tous des strips sur les anecdotes de l’atelier. Ainsi, il n’est pas rare qu’ils se répondent… Publiés dans le journal de Spirou, ceux-ci se voient regroupés dans un ouvrage au format paysage de belle facture. L’écrin est même dessiné par Bilal… Mais alors que donne cet ouvrage réunissant une véritable dream team de la BD ?

Tout démarre par la volonté de Trondheim d’ouvrir un atelier. Les premiers strips font donc part de cette envie et nous présente les auteurs. Ainsi, Guillaume Bianco est intimidé par Lewis Trondheim, Julien Neel se balade avec une marionnette, Cyril Pedrosa souhaite que les auteurs se syndiquent… Et rapidement s’instaure ce qui fera la force de l’ouvrage : la réponse du berger à la bergère ! Ainsi, lorsqu’un auteur se moque d’un autre dans son strip, celui-ci lui répond dans le strip suivant. Cela instaure une vraie dynamique. Il me semble d’ailleurs que dans le journal de Spirou, les strips étaient publiés par deux sur une page. Ceux-ci font chacun une demi-page de huit cases.

Une vraie diversité dans les humours.

La diversité des humours fait la force de l’ouvrage. Même si chacun sera plus ou moins sensible à tel ou tel auteur, globalement il y a une ligne directrice qui se dégage. Comme les auteurs se répondent, on reste souvent dans les mêmes humours au final. Et après des débuts plus classiques, les délires se développent et chaque personnage prend une ampleur intéressante, car son caractère est vu par différents auteurs. Et l’atelier parvient à dégager de vrais délires collectifs (on pense au collectionneur par exemple) qui donne l’impression d’une vraie cohésion de groupe.

L’autre intérêt est évidemment la diversité des graphismes. Tout est assez différent puisque l’on passe de dessins d’humains à de l’animalier… Là encore, c’est un plaisir de découvrir les différentes visions de chacun. Pour ma part, j’aime beaucoup les styles graphiques de beaucoup d’auteurs de cet ouvrage. On notera que de nombreux guests viennent enrichir l’ensemble et pas des moindres : Bouzard, Buchet, Delaf, Feroumont, Frantico, Keramidas, Libon, Nob, Plessix, Sapin, Stan & Vince et Vivès. Rien que ça !

Cet « Atelier Mastodonte » est une véritable réussite. Voilà un exemple à suivre en termes d’ouvrage collectif. Tout est entremêlé et c’est cela qui fait toute la force de ce livre. Plein d’humours différents, du scatologique au plus subtil, il est aussi une source de blagues sur les auteurs et leurs différences. A lire absolument.

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Note : 16/20