Solo, T3 : Le monde cannibale


Titre : Solo, T3 : Le monde cannibale
Scénariste : Oscar Martin
Dessinateur : Oscar Martin
Parution : Octobre 2017


« Solo » d’Oscar Martin a été un de mes grands coups de cœur graphiques de ces dernières années. Son anthropomorphisme à la Disney boosté aux hormones est de toute beauté, enrichi par un sens de l’animation qui dynamise (dynamite ?) ses planches. Hélas, le scénario manquait d’originalité. Avec « Le monde cannibale », l’auteur clôt ce qui sera un triptyque. Le tout paraît chez Delcourt pour 120 pages de tueries sanguinaires. Continuer la lecture de « Solo, T3 : Le monde cannibale »

Le reste du monde, T2 : Le monde d’après


Titre : Le reste du monde, T2 : Le monde d’après
Scénariste : Jean-Christophe Chauzy
Dessinateur : Jean-Christophe Chauzy
Parution : Octobre 2016


« Le reste du monde » de Jean-Christophe Chauzy m’avait laissé un goût amer. Présenté comme un one-shot, sa fin laissait présager une suite puisque rien n’était résolu. Mes craintes sont confirmées avec ce « Monde d’après ». Suite directe du « Reste du monde », il n’en porte aucune marque éditoriale… Que ce soit un choix de Chauzy ou de Casterman, ce genre de procédé est particulièrement gênant sur le principe… Continuer la lecture de « Le reste du monde, T2 : Le monde d’après »

Le reste du monde

LeResteDuMonde


Titre : Le reste du monde
Scénariste : Jean-Christophe Chauzy
Dessinateur : Jean-Christophe Chauzy
Parution : Mars 2015


La mode du post-apocalyptique actuelle est plutôt basée sur les zombies. Jean-Christophe Chauzy décide de l’orienter sur une catastrophe naturelle, à savoir une série de séismes. Comment une famille, coincée dans une vallée, va-t-elle survivre dans cet environnement où tout commence à manquer ? Ce one-shot d’une centaine de pages est publié chez Casterman.

Marie, enseignante, termine ses vacances avec ses deux fils. Pendant ce temps-là, son mari la trompe, l’ayant quitté quelques semaines auparavant. C’est donc aigri qu’elle s’apprête à quitter le chalet. Mais voilà que des séries de séismes viennent tout bouleverser, coupant la vallée du reste du monde. Commence alors la difficile tentative de survie en attendant d’hypothétiques secours.

Un survival franchouillard.

LeResteDuMonde1b« Le reste du monde » a tout du récit catastrophe classique. Des individus ordinaires se retrouvent perdus face à une situation inconnue et doivent se débrouiller. Certains dépérissent, d’autres s’aguerrissent. Jean-Christophe Chauzy, en prenant pour personnage principal une femme, fait preuve d’originalité. Ce n’est pas une pin-up, elle est mère de famille trompée et n’est pas préparée à ce qu’elle va vivre. Hélas, c’est la seule véritable originalité du livre. Les étapes qui s’enchaînent sont très classiques et on devine sans peine ce qu’il va se passer pour les pages suivantes. Après un premier intérêt en début de lecture, le soufflet retombe un peu dans la deuxième partie.

La grande catastrophe touchant un petit village montagnard, « Le reste du monde » prend un aspect « survival franchouillard ». En soit, ce n’est pas forcément désagréable, mais pas passionnant non plus. L’auteur ancre fortement son récit dans un lieu donné, où chaque non de ville parle aux protagonistes, chacun connaissant parfaitement la région. La fin, ouverte, laisse un goût amer au lecteur. Présenté comme un one-shot, « Le reste du monde » se laisse clairement la possibilité d’une suite. Or, après un constat assez moyen en première lecture (et globalement sans réponse), difficile d’être catégorique. Car s’il y a une suite, cela pourrait donner (un peu) plus de matière à ce premier tome. Voilà qui laisse un peu perplexe.

Le dessin de Jean-Christophe Chauzy est des plus convaincants. Optant pour une absence de noir à l’encrage, son trait fait preuve de dynamisme, dans un réalisme expressif. Il prend plaisir à réaliser de grandes cases et les scènes de séismes sont très réussies. Les couleurs se veulent tantôt vives, tantôt beaucoup plus désaturées, renforçant efficacement les ambiances. Un bilan des plus positifs concernant le dessin.

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Optant pour un récit classique sans grandes surprises ni réponses, Jean-Christophe Chauzy laisse son lecteur sur sa faim. « Le reste du monde », comme one-shot, manque d’originalité pour séduire. Et sa fin ouverte, présageant une suite, laisse un peu dubitatif devant la démarche. Bref, il faudra attendre de voir si suite il y a pour avoir un avis définitif. Et c’est un peu dommage…

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note3

Ekhö, monde miroir, T4 : Barcelona

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Titre : Ekhö, monde miroir, T4 : Barcelona
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci
Parution : Septembre 2015


« Ekhö » est le fruit d’un concept efficace. Cette série fait vivre les aventures d’une jolie demoiselle dans une réalité parallèle à la nôtre. Chaque opus fait voyager le lecteur à travers le monde. New York, Paris et Los Angeles ont abrité les pérégrinations de Fourmille et ses acolytes. Dans le dernier tome datant du mois de septembre dernier, c’est la capitale catalane qui accueillait tout ce petit monde. Intitulé Barcelona, l’album est accompagné d’une couverture présentant un bâtiment rappelant la légendaire Sagrada Familia.

Les choix narratifs des auteurs font que chaque intrigue peut être découverte indépendamment. Cette nouvelle histoire est précédée d’une page présentant l’univers d’Ekhö et les protagonistes principaux. Fourmille est l’héroïne. Elle a été catapultée dans ce monde au début de la saga en même temps que Yuri avec qui ils s’entendent comme chien et chat. La particularité de la demoiselle est de voir son corps accueillir bien souvent l’esprit de personnes décédées dans des circonstances obscures. Cette « rencontre » marque toujours le début de l’enquête qui sert de fil conducteur à la trame. Dans ce quatrième épisode, Fourmille est habitée par un chat. C’est une grande première et une bonne chose a priori. La richesse naît de la diversité.

Christophe Arleston est le scénariste de cette série. Comme beaucoup de bédéphile, je le connais à travers son travail sur « Lanfeust de Troy ». J’ai toujours gardé un œil sur son œuvre et ai pris plaisir à découvrir « Leo Loden », « Le chant d’Excalibur » ou encore « Les Maîtres Cartographes ». Par contre, certaines de ses productions sont de qualité inégale. « Les Naufragés d’Ythaq » ou « Les Forêts d’Opale » en sont des exemples marquants. Les premiers tomes sont réussis, les suivants frôlent l’imposture. Bref, cet auteur est talentueux mais n’arrive pas à assumer qualitativement la fréquence de parution qu’il s’impose. Néanmoins, « Ekhö » possède une identité agréable et divertissante qui m’a aisément persuadé de m’offrir ce voyage à Barcelona.

Des mondes parallèles.

Ekhö4bLe concept de monde parallèle est un jouet idéal pour l’imagination d’Arleston. Dans chacune de ses histoires, le scénariste a toujours adoré offrir des allusions plus ou moins fines à notre quotidien et notre société. Avec Ekhö, l’espace d’expression dans ce domaine est sans limite. Les décors et le fonctionnement sociétal sont tous détournés de notre monde. La seule frontière est celle que se fixe l’auteur. Cet aspect-là est un des attraits les plus forts de le la saga. Ce quatrième tome possède évidemment cette richesse. Nous n’avons aucun mal à nous immerger dans une Catalogne qui nous est familière tout en souriant aisément du détournement des codes qui est fait. Certains gags sont moins réussis que d’autres. Mais leur densité fait qu’on accepte facilement les variations dans la finesse humoristique.

L’identité de l’album passe également par le trait tout en rondeur d’Alessandro Barbucci. Son style entre parfaitement dans le canevas heroïc fantasy chez les éditions Soleil. Il fait d’ailleurs partie du haut de gamme dans le genre. Les filles sont ravissantes, les décors plein de détails, l’action pleine de dynamisme. Les planches sont agréables et raviront un public très large. Les couleurs sont vives sans être révolutionnaires. Elles accompagnent parfaitement la bonne humeur que dégage la lecture.

Finalement, le seul léger bémol de l’album concerne l’intrigue en elle-même. Je l’ai trouvé un petit peu brouillonne. Les auteurs cherchent à multiplier les rebondissements. Mais les enchainements manquent quelque peu de subtilité. De plus, les moments hystériques des personnages et les scènes de poursuites ou de batailles gagneraient à être entrecoupés de moments plus légers. Cela permettrait au lecteur de reprendre son souffle plutôt que de vivre le quotidien d’un diable de Tasmanie. Le rythme de lecture est un petit peu saccadé. C’est dommage car cela empêche la trame de prendre une plus grande ampleur.

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Pour conclure, Barcelona s’inscrit dans la continuité des opus précédents. Une certaine routine s’installe. Elle n’est pas désagréable même si j’espère toujours que la série change de braquet. J’ai toujours plaisir à retrouver Fourmille et ses amis mais j’apprécierai d’être davantage surpris. Peut-être la prochaine fois ? Mais cela est une autre histoire…

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note3

Les aventures de la fin du monde – Vincent Caut

LesAventuresDeLaFinDuMonde


Titre : Les aventures de la fin du monde
Scénariste : Vincent Caut
Dessinateur : Vincent Caut
Parution : Avril 2012


Vincent Caut est un auteur de bande-dessinée précoce. Après avoir gagné des prix de la BD scolaire à Angoulême, il parvient à faire éditer son blog sur sa vie d’étudiant. « Les aventures de la fin du monde » (qui eut l’honneur d’un blog, aujourd’hui fermé) narre l’histoire de Monsieur Toupin et Madame Billot, sa secrétaire. Dieu les a choisis pour reconstruire le monde. En effet, ils n’avaient alors vécu sur le brouillon de la Terre, il faut tout refaire (en mieux). Le tout est publié chez 12 bis pour 110 pages au prix de 13,90 €.

La bande-dessinée est construite sous forme de strips de 6 cases carrées. Chaque strip amène une chute et une histoire en découle. Ce procédé a été abondamment utilisé par Lewis Trondheim que ce soit dans le passé (« Le pays des trois sourires », « Politique étrangère », « Fennec ») ou même aujourd’hui avec « L’atelier mastodonte ». On retrouve chez Vincent Caut cette influence de façon très marquée. L’humour, l’absurde, le minimalisme graphique, tout rappelle Lewis Trondheim.

La Genèse version 2.0

LesAventuresDeLaFinDuMonde2Vincent Caut essaye donc de créer sa propre identité sur un sujet éculé : Adam, Ève et Dieu. Au départ, l’idée de faire une sorte de Genèse 2.0 est plutôt bien pensée. Malheureusement, le sujet est finalement peu utilisé. En revanche, la représentation de Dieu sous forme de pomme est là parfaitement exploitée du début à la fin.

Les gags fonctionnent plutôt bien, sans que l’on ne rie vraiment. On sourit parfois, mais cela manque de folie ou de chutes vraiment percutantes. Il faut dire que le dessin est minimaliste et participe peu à l’humour. Les gags visuels sont très rares et les expressions des personnages sont particulièrement limitées (Adam n’a pas d’yeux par exemple). C’est aussi là qu’on touche un peu aux limites de l’ouvrage. Avec un dessin très simple, Vincent Caut doit s’appuyer uniquement sur son scénario pour convaincre. Surtout qu’il a déjà produit des ouvrages aux personnages bien plus expressifs. Or, avec un sujet maintes fois abordé, il manque ici un peu d’originalité, de folie ou de constance dans l’humour.

LesAventuresDeLaFinDuMonde1

Ces « aventures de la fin du monde » laissent un goût d’inachevé. On lit l’ouvrage avec plaisir, mais sans vraiment rire. Et à la fermeture du livre, on l’oublie rapidement. C’est dommage car on sent le potentiel devant certaines idées pas toujours suffisamment exploitées.

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Note : 11/20