La famille Passiflore, T3 : La chasse au trésor

LaFamillePassiflore3


Titre : La famille Passiflore, T3 : La chasse au trésor
Scénariste : Michel Plessix
Dessinateur : LoĂŻc Jouannigot
Parution : Juin 2014


Ma critique d’aujourd’hui porte sur un album de jeunesse intitulĂ© « La chasse au trĂ©sor ». C’est le nom de son dessinateur qui m’a orientĂ© vers lui. Il s’agit de Michel Plessix dont le trait m’a charmĂ© dans « Le vent dans les saules ». De plus, j’avais eu l’occasion de lire une critique Ă©logieuse Ă  l’égard de cette troisiĂšme aventure de la famille Passiflore. Cette sympathique bande de lapins m’était inconnue jusqu’alors. La couverture est attirante. Elle nous prĂ©sente une bande de jeunes lapereaux bien dĂ©cidĂ©s au milieu d’une prairie verdoyante. Un danger rode dans l’ombre : ils sont observĂ©s par quelqu’un qui ne semble pas leur vouloir que du bien
 Continuer la lecture de « La famille Passiflore, T3 : La chasse au trĂ©sor »

AbĂ©lard, T2 : Une BrĂšve Histoire de PoussiĂšre et de Cendre – RĂ©gis HautiĂšre & Renaud Dillies

abelard2


Titre : Abélard, T2 : Une brÚve histoire de poussiÚre et de cendre
Scénariste : Régis HautiÚre
Dessinateur : Renaud Dillies
Parution : Septembre 2011


« AbĂ©lard » est un diptyque scĂ©narisĂ© par RĂ©gis HautiĂšre et dessinĂ© par Renaud Dillies. Trois mois seulement aprĂšs la sortie du premier tome, voilĂ  que se clĂŽt dĂ©jĂ  l’ensemble avec « Une brĂšve histoire de poussiĂšre et de cendre ». Nous avions laissĂ© AbĂ©lard le petit volatil en partance pour l’AmĂ©rique avec l’ours taciturne Gaston. Nous les retrouvons donc sur le chemin de la ville et du port, espĂ©rant se faire embarquer au plus vite. En effet, AbĂ©lard a entendu dire qu’il y a des machines volantes en AmĂ©rique. Il pourra ainsi dĂ©crocher la Lune pour Epilie, la jeune fille dont il est Ă©pris.

Dans le premier tome, AbĂ©lard faisait un peu office de personnage totalement innocent. N’ayant jamais connu autre chose que le marais, il en sort dĂ©sormais et va aller de surprises en surprises. La mer, la ville et surtout les gens
 Le petit volatil est totalement Ă©tranger Ă  tout. C’est une Ăąme pleine d’innocence lĂąchĂ©e dans un monde brutal. A la fin du premier tome dĂ©jĂ  se dessinait cette Ă©volution, on y entre ici de plein pied. La poĂ©sie fait rapidement place Ă  une noirceur terrible et finalement assez inattendue. En effet, le premier tome Ă©tait plutĂŽt lĂ©ger dans son propos. Le revirement est assez violent.

Un second tome pour les désillusions.

AbĂ©lard n’est en effet pas fait pour vivre dans le monde de la ville. Il n’est pas Ă©merveillĂ© par cet univers nouveau, il s’y retrouve en dĂ©calage total. Comment donc peut-il y trouver sa place ? Seule son amitiĂ© avec Gaston (le rayon de soleil de cet album ?) donne un peu d’espoir en l’humanitĂ©. Car sans Gaston, nul doute qu’AbĂ©lard ne serait pas allĂ© beaucoup plus loin que les abords du marais. D’ailleurs, le personnage de Gaston est assez central ici. Au premier abord violent, intolĂ©rant voire misanthrope, son Ă©volution lui donne le vrai premier rĂŽle de deuxiĂšme volet. 

A la lecture de ce tome, l’intĂ©rĂȘt du diptyque paraĂźt Ă©vident. Alors que le premier tome traitait des illusions (sur l’extĂ©rieur, la ville, l’AmĂ©rique, Epilie
), le deuxiĂšme tome est celui des dĂ©sillusions (sur les mĂȘmes sujets). MalgrĂ© sa poĂ©sie, « AbĂ©lard » est une sĂ©rie au propos bien noir.

Le dessin de Dillies est une fois de plus de haute volĂ©e. L’osmose entre HautiĂšre et Dillies est vraiment une grande rĂ©ussite. L’univers entre innocence, poĂ©sie et noirceur et parfaitement rendu par le trait faussement naĂŻf de Dillies. Son trait Ă©pais et indistinct, trĂšs dynamique, dessine des animaux Ă  l’apparence enfantine. Cet album, plus noir, est colorisĂ© de façon plus sombre globalement et installe par moment un vrai sentiment de malaise.

Tout ce que j’ai dit auparavant ne peut rĂ©ellement rĂ©sumer ce que j’ai ressenti Ă  la lecture de cet album. J’en ai eu des frissons. Il m’a simplement transportĂ© et m’a isolĂ© du monde le temps d’aller de la premiĂšre Ă  la derniĂšre page. C’est simplement un voyage dont on ne peut pas revenir indemne. Un chef d’Ɠuvre ?

coupdecoeur_new

avatar_belz_jol

note5

AbĂ©lard, T1 : La Danse des Petits Papiers – RĂ©gis HautiĂšre & Renaud Dillies

abelard1


Titre : Abélard, T1 : La Danse des Petits Papiers
Scénariste : Régis HautiÚre
Dessinateur : Renaud Dillies
Parution : Juin 2011


Renaud Dillies m’avait beaucoup marquĂ© de son trait avec « Betty Blues » et « Bulles et Nacelles » oĂč il dĂ©veloppait un univers plein de poĂ©sie. A la suite d’une rencontre lors d’un festival, j’ai pu dĂ©couvrir son nouvel ouvrage, « AbĂ©lard » (premier tome d’un diptyque) en avant-premiĂšre, oĂč il assure le dessin pendant que RĂ©gis HautiĂšre s’occupe du scĂ©nario. Ce n’est pas la premiĂšre collaboration des deux hommes, qui ont dĂ©jĂ  signĂ©s « Mister Plumb » ensemble.

L’histoire fait intervenir AbĂ©lard, un poussin qui vit dans les marais, entre jeu de cartes et parties de pĂȘche. Ayant toujours vĂ©cu Ă  cet endroit, il ne peut s’empĂȘcher de s’interroger sur l’ailleurs, si inconnu Ă  ses yeux. Une rencontre avec une femme, Epilie, va changer sa vie. Pour elle, il va dĂ©cider de voyager, jusqu’à vouloir partir en AmĂ©rique.

Un road trip sous forme d’initiation.

« AbĂ©lard », aprĂšs une introduction dans les marais, ressemble fort Ă  un road trip sous forme d’initiation. N’ayant vĂ©cu que dans les marais, AbĂ©lard a Ă©tĂ© protĂ©gĂ© du vaste monde et est particuliĂšrement naĂŻf. Cette naĂŻvetĂ© est Ă  la fois trĂšs touchante et drĂŽle. Sa mĂ©connaissance du monde et des gens est vraiment amusante. Ainsi, il se retrouve Ă  voyager avec des gitans sans mĂȘme savoir qu’ils sont trĂšs mal acceptĂ©s par la population. Lui prend les gens comme ils sont, sans trop se poser de questions.

Au-delĂ  de l’apparence parfois simple de l’histoire se dessine une trame qui paraĂźt plus complexe. Ainsi, tout le monde semble connaĂźtre Epilie, lui donnant une image de dangerositĂ© que l’on ne comprend pas. Nul doute que le deuxiĂšme tome explicitera tout ça, mais tout cela participe Ă  une ambiance des plus Ă©tranges. Autre particularitĂ© d’AbĂ©lard : son chapeau lui donne chaque jour un message sous forme de proverbe ou citation. Ces messages, venus dont ne sait oĂč vont avoir une vraie influence sur l’histoire. Une petite curiositĂ© qui donne de la poĂ©sie Ă  l’ensemble.

Car « AbĂ©lard » a une poĂ©sie certaine, Ă  l’image du hĂ©ros qui monte dans un arbre pour « dĂ©crocher la Lune » Ă  sa dulcinĂ©e. Le graphisme surannĂ© fait mouche. Le choix de la palette de couleur met parfaitement en valeur le trait de Dillies. Celui-ci est toujours aussi indistinct et naĂŻf Ă  la fois. Les diffĂ©rents personnages, tous des animaux, sont tous trĂšs rĂ©ussis graphiquement. AbĂ©lard, en poussin naĂźf, est simplement adorable.

Dillies abandonne ici le gaufrier de six cases qu’il affectionne pour un dĂ©coupage plus variĂ©. C’est une rĂ©ussite et le tout tĂ©moigne d’une grande maĂźtrise. Le dessinateur n’hĂ©site pas Ă  prendre une page pour une case (voire mĂȘme deux avec cette incroyable carte de voyage pleine d’humour).

J’ai Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©duit par « AbĂ©lard » tout au long des 64 pages de ce premier tome. Il me tarde dĂ©jĂ  d’en lire la suite. Son personnage, si naĂŻf, est particuliĂšrement attachant. Le scĂ©nario d’HautiĂšre est taillĂ© pour le style de Dillies. Une petite perle, simplement, rĂ©servĂ©e aux grands enfants. 

coupdecoeur_new

avatar_belz_jol

note5

 

Alvin, T1 : L’hĂ©ritage d’AbĂ©lard – RĂ©gis HautiĂšre & Renaud Dillies

Alvin1


Titre : Alvin, T1 : L’hĂ©ritage d’AbĂ©lard
Scénariste : Régis HautiÚre
Dessinateur : Renaud Dillies
Parution : Juin 2015


« AbĂ©lard » est un diptyque des plus bouleversants qui avait su faire parler de lui. Le personnage d’AbĂ©lard, naĂŻf perdu dans la duretĂ© de la rĂ©alitĂ©, avait su Ă©mouvoir les lecteurs. Et les deux auteurs, RĂ©gis HautiĂšre au scĂ©nario et Renaud Dillies au dessin, s’Ă©taient trouvĂ©s, chacun semblant fait pour travailler avec l’autre. VoilĂ  que cette nouvelle sĂ©rie, « Alvin », reprend les choses lĂ  oĂč elles en Ă©taient restĂ©es. On retrouve donc le compagnon d’infortune d’AbĂ©lard, Gaston, dans sa tentative de survivre aux États-Unis. On est au dĂ©but du vingtiĂšme siĂšcle, la vie est rude.

Alvin1cIl serait dommage de commencer « Alvin » sans avoir lu prĂ©cĂ©demment « AbĂ©lard ». L’histoire est indĂ©pendante mais des rappels sont faits, souvent en sous-entendus qui plus est.

Alvin est un petit garçon, nĂ© d’une prostituĂ©e. Autant dire que son avenir n’est pas rose et que son prĂ©sent est dĂ©jĂ  compliquĂ©. Comme AbĂ©lard dans son temps, il apporte une touche de naĂŻvetĂ© (de par son Ăąge) dans l’histoire par ses questionnements, mĂȘme si la vie l’a dĂ©jĂ  sacrĂ©ment endurci.

L’amitiĂ© comme valeur de survie.

Les auteurs retrouvent sans peine le ton dont ils ont fait leurs histoires. On y rencontre de la grĂące, de la poĂ©sie, des drames, une vie qui vous broie mais que l’amitiĂ© permet de combattre. « Alvin » possĂšde un ton assez unique, typique des auteurs, qui touche profondĂ©ment le lecteur. En instaurant ce chapeau magique qui donne des dictons comme leçons de sagesse du jour, ils apportent un peu de magie dans leur univers. Quant aux silences et aux sous-entendus, ils donnent beaucoup de puissance aux Ă©motions.

Alvin1bLes personnages sont des plus vivants. Chacun a ses cicatrices et essaie d’apprivoiser les autres. Ils sont bougons, rĂąleurs, mais avant tout ils sont seuls et souffrent. L’empathie pour eux est totale et on traverse leurs existences en ne leur souhaitant que du bien. Pour cela, les auteurs ne nous aident pas !

Difficile de ne pas parler du dessin de Renaud Dillies, qui est l’un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s, toutes catĂ©gories confondues ! Son dessin animalier, trĂšs enfantin dans l’esprit, est dotĂ© d’un encrage trĂšs personnel. C’est tout bonnement magnifique ! Ses personnages sont simples, mais plein de vie et d’expressivitĂ© ! Et que dire du dĂ©coupage… Une vraie maĂźtrise tant les pages muettes sont parlantes. Chaque case apporte ses informations et ses Ă©motions. Du grand art !

Alvin1a

RĂ©gis HautiĂšre et Renaud Dillies nous enchante une nouvelle fois avec une oeuvre commune. Parfaitement au diapason, ils crĂ©ent une nouvelle fois un livre oĂč leurs valeurs transparaissent. Un univers noir, fait d’exclus qui tentent de survivre en se serrant les coudes. Difficile de rester indiffĂ©rent Ă  ce Alvin. On n’attend plus qu’une chose : la suite.

coupdecoeur_new

avatar_belz_jol

note5

Le grand mĂ©chant renard – Benjamin Renner

LeGrandMechantRenard


Titre : Le grand méchant renard
Scénariste : Benjamin Renner
Dessinateur : Benjamin Renner
Parution : Janvier 2015


 

Sous le nom de Reineke, Benjamin Renner avait publiĂ© un ouvrage des plus sympathiques, « Un bĂ©bĂ© Ă  livrer ». Ce livre faisait intervenir les animaux de basse-cour dans une histoire rocambolesque pleine de rebondissements. À l’occasion de NoĂ«l, l’auteur avait proposĂ© sur son blog une nouvelle histoire oĂč, cette fois, les animaux essayaient de sauver les fĂȘtes de fin d’annĂ©e aprĂšs avoir exĂ©cutĂ© (pensaient-ils
) le PĂšre NoĂ«l
 « Le grand mĂ©chant renard », paru dans la collection Shampooing, reprend les personnages dĂ©jĂ  connus mais peut ĂȘtre lu indĂ©pendamment du reste. Comme son nom l’indique, le personnage principal est ici le renard. Le tout pĂšse quand mĂȘme plus de 180 pages.

Dans cette histoire, le renard ne fait peur Ă  personne, au grand dam de l’intĂ©ressĂ©. Il vient Ă  la ferme tous les jours, essayant de rĂ©cupĂ©rer une poule, mais se fait martyriser en permanence. Si bien que plus personne ne fait vraiment attention Ă  lui. Afin de manger enfin du poulet, il dĂ©cide de voler des Ɠufs. Car, aprĂšs tout, qu’y a-t-il de plus inoffensif qu’un poussin ? Bien Ă©videmment, rien ne va se passer comme prĂ©vu.

Un ouvrage destiné autant aux publics jeunesse et adulte.

LeGrandMechantRenard1Le style de Benjamin Renner se caractĂ©rise par une succession d’actions. Chaque dĂ©cision en amĂšne une autre, enfonçant le personnage de plus en plus dans son trou. Son personnage de renard est complĂštement dĂ©passĂ© par les Ă©vĂ©nements, les subissant en permanence. Cela crĂ©e une empathie Ă©vidente et l’humour de l’auteur fonctionne Ă  plein. On sourit en permanence, l’histoire ne faisant que peu de pauses dans les pĂ©ripĂ©ties de notre goupil.

Benjamin Renner rĂ©ussit la difficile tĂąche de crĂ©er un ouvrage aussi bien destinĂ© aux adultes qu’à un public plus jeunesse. Le tout est bon enfant, jamais vulgaire ou violent. Il joue sur les codes classiques du conte pour enfant (rien que le titre est assez Ă©vocateur !), mais son traitement humoristique touche les adultes sans problĂšme.

Concernant le dessin, difficile de passer Ă  cĂŽtĂ© du dĂ©coupage trĂšs dessin animĂ© (qui explique la forte pagination de l’ouvrage). Venant de l’animation, Benjamin Renner dĂ©compose les mouvements Ă  merveille. MalgrĂ© tout, l’abondance de cases lui permet aussi de caler les nombreux dialogues prĂ©sents. Au niveau du dessin proprement dit, je suis un grand fan. Le trait est vif, lĂąchĂ© avec dynamisme sur le papier et rehaussĂ© d’aquarelle. Une belle maĂźtrise d’un style animalier oĂč chaque animal est bien identifiĂ© avec peu de traits. Symbole de cette clartĂ© dans la simplicité : cette case oĂč le renard imite les mimiques du loup avec brio !

LeGrandMechantRenard2

« Le grand mĂ©chant renard » est un ouvrage bon enfant qui vous fera sourire et rire tout au long de ses pages. On est pris dans l’histoire, plein d’empathie pour ce pauvre renard qui voudrait ĂȘtre craint mais qui apprendra finalement qu’il vaut peut-ĂȘtre mieux ĂȘtre aimé 

avatar_belz_jol

Note : 16/20

Smart monkey – Winshluss

smartmonkey


Titre : Smart monkey
Scénariste : Winshluss
Dessinateur : Winshluss
Parution : Avril 2004


L’évolution est un curieux chemin dĂ©voilĂ© par Darwin. Alors quand Winshluss dĂ©cide de s’y attaquer, on sait que l’on va forcĂ©ment s’éloigner des sentiers battus. « Smart monkey » est l’histoire d’un singe, plus malin qu’intelligent, qui tente de survivre dans une jungle palĂ©olithique sans pitiĂ©. En effet, aprĂšs avoir copulĂ© avec une femelle, il a Ă©tĂ© exclu de son groupe, s’étant rebellĂ© sans avoir la force physique qui aurait pu lui permettre de rivaliser. Cette histoire est paru aux Éditions CornĂ©lius, elle pĂšse prĂšs de 100 pages et est dessinĂ©e entiĂšrement en noir et blanc.

Un exercice de style ?

smartmonkey1Le sujet de l’ouvrage pousse presque le livre dans l’exercice de style. L’ensemble est muet puisque l’on a affaire qu’à des animaux. Tout est donc dans l’action. Le livre est donc dans la veine de « Nid des Marsupilamis » de Franquin ou plus rĂ©cemment de la sĂ©rie « Love » par BrrĂ©maud et Bertolucci. Le propos se veut cruel, mĂȘme si le petit singe finit toujours par sans sortir, souvent aidĂ© par de grosses bestioles bien plus dangereuses que le tigre Ă  dents de sabre qui le harcĂšle.

L’histoire alterne les passages d’actions, d’humour et de tristesse avec pertinence, sans chercher Ă  trop appuyer chaque Ă©motion. L’humour n’est donc pas omniprĂ©sent. La chute permet de donner un sens au livre, traitant du rapport entre force et intelligence dans l’évolution. L’épilogue, faisant intervenir des humains bien plus tard, est rĂ©ussi mais finalement anecdotique. Son intĂ©rĂȘt est finalement assez limitĂ©.

Pour faire fonctionner un livre muet, il faut que le dessin soit expressif. C’est le cas. Winshluss possĂšde un trait un peu crado, mais trĂšs riche. Certaines pleines pages sont simplement splendides. La narration est maĂźtrisĂ©e et permet au lecteur de suivre sans peine l’histoire. Cependant, certaines cases manquent un peu de lisibilitĂ© par moment. Il est nĂ©cessaire de ne pas chercher Ă  lire le livre trop vite, mais d’adopter un rythme de croisiĂšre tranquille pour pleinement profiter des dessins de l’auteur.

smartmonkey2

Avec cet ouvrage, Winshluss parvient Ă  nous tenir en haleine sans un mot. DotĂ© d’un dessin personnel, fouillĂ© et inventif, il se relit avec plaisir afin de mieux saisir les nuances de l’épopĂ©e de ce « Smart monkey ». Une rĂ©ussite !

avatar_belz_jol

Note : 16/20

Solo, T1 : Les survivants au chaos – Oscar Martin

Solo1


Titre : Solo, T1 : Les survivants du chaos
Scénariste : Oscar Martin
Dessinateur : Oscar Martin
Parution : Septembre 2014


Un auteur espagnol venu de l’animation qui fait de la bande-dessinĂ©e
 Cela vous dit quelque chose ? On pense Ă  Guarnido bien sĂ»r. Il faudra dĂ©sormais ajouter le nom d’Oscar Martin. AprĂšs un passage dans le dessin-animĂ©, l’auteur se lance dans la bande-dessinĂ©e. « Solo » est l’une de ses histoires, qui paraĂźt en 2014 chez Delcourt dans la collection Contrebande. Le dessin anthropomorphe rappelle immanquablement Disney, mĂȘme si l’univers en est bien Ă©loigné  Le tout semble ĂȘtre une Ă©dition regroupant deux premiers tomes parus prĂ©cĂ©demment. L’ensemble pĂšse une centaine de pages et se nomme « Les survivants du chaos ».

Solo1d« Solo » s’intĂšgre dans une logique post-apocalyptique. La vie est rude, le gibier est rare tout comme la technologie. Fils aĂźnĂ© d’une famille de rats, Solo dĂ©cide de quitter le foyer pour permettre Ă  ses petits frĂšres et sƓurs de survivre. Son pĂšre a forgĂ© en lui un formidable guerrier prĂȘt Ă  abattre n’importe quelle bestiole, fut-elle trois fois plus grande.

Le monde de « Solo » mĂ©lange de nombreux style. Les factions sont humaines ou animales, voire fantastiques. Il y a relativement peu d’explications sur le monde et l’univers, si ce n’est en version texte dans les derniĂšres pages de l’ouvrage, une fois l’histoire terminĂ©e. Le scĂ©nario se concentre sur l’action et les combats, trĂšs nombreux et, finalement, peu dĂ©crits.

Ultra-violent sans ĂȘtre gore.

« Solo », outre l’action, joue sur l’ambiance. La narration est menĂ©e par le personnage principal. Bien qu’auto-centrĂ©e, elle apporte une empathie vĂ©ritable pour le personnage et son Ă©volution. Car Solo devient ultra-violent et y perd le sens de la vie. L’auteur ne fait cependant pas dans le gore pour tant. MalgrĂ© tout, le scĂ©nario est assez rĂ©pĂ©titif et peu original. Il plaira aux amateurs de mondes violents et dĂ©sespĂ©rĂ©s. L’auteur a cependant posĂ© des jalons qui mĂ©riteraient d’ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s dans la suite. « Solo » peut cependant se lire comme un one-shot tant on a l’impression que la boucle est bouclĂ©e Ă  la fin du livre.

Solo1c

L’ambiance et l’action sont magnifiĂ©es par le dessin splendide de l’auteur. Oscar Martin vient de l’animation et cela se voit. Il n’hĂ©site pas Ă  utiliser des dessins chronophotographiques, dĂ©composant les mouvements de ses personnages. Ses paysages sont du mĂȘme niveau et nous plonge dans l’univers en rien de temps. Les couleurs sont bien pensĂ©es et renforcent d’autant plus l’immersion et l’ambiance. Il est Ă  noter que le dĂ©coupage est parfaitement maĂźtrisĂ©, avec de belles trouvailles graphiques. Du grand art ! Clairement, Oscar Martin a tout pour devenir un grand de la bande-dessinĂ©e.

Solo1a

MalgrĂ© un scĂ©nario finalement peu original, on se prend au jeu de ce « Solo ». La voix off nous implique et le dessin met magistralement en scĂšne cette histoire. Difficile de rester indiffĂ©rent devant tant de maĂźtrise. Il ne reste plus qu’à espĂ©rer que la suite proposera un scĂ©nario plus touffu. Car aprĂšs cent pages de lecture, on est finalement pas loin d’une fable post-apocalyptique, plus que d’une grande histoire.

avatar_belz_jol

note4

LĂ©gendes de la Garde, T3 : La hache noire – David Petersen

LegendesDeLaGarde3


Titre : LĂ©gendes de la garde, T3 : La hache noire
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2014


« LĂ©gendes de la Garde » est un recueil nous contant les aventures de souris. En effet, l’auteur, David Petersen, nous fait dĂ©couvrir le quotidien de la sociĂ©tĂ© des cĂ©lĂšbres rongeurs. Il nous immerge donc dans un monde forestier dans lequel existent des citĂ©s habitĂ©es par ces petits animaux. Le milieu est hostile et donc la survie de tout ce petit monde nĂ©cessite une protection. C’est pour cela qu’est nĂ©e la Garde et ce sont dans les aventures de ses membres que nous plonge chaque tome de cette sĂ©rie. « La Hache Noire » est le troisiĂšme et dernier en date de ces Ă©pisodes. Il est paru en France en janvier dernier. Il est Ă©ditĂ© chez Gallimard. Il est d’un format peu classique. De forme carrĂ©e, il se compose de cent cinquante-cinq planches. La couverture nous prĂ©sente un trio de souris dont celle du centre tient fiĂšrement une arme qui doit ĂȘtre la fameuse Hache Noire Ă©voquĂ©e dans le titre.

Le site www.fnac.com propose le rĂ©sumĂ© suivant : « Au printemps 1115, le jeune Celanawe se voit investi d’une mission : escorter Em, sa derniĂšre parente, pour retrouver la Hache noire. Cette arme mythique, qui passe de main en main depuis la nuit des temps, a Ă©tĂ© forgĂ©e par un mystĂ©rieux ancĂȘtre, et quiconque la porte doit veiller secrĂštement sur le peuple des souris. Une quĂȘte qui entraine Celanawe au-delĂ  du danger, vers les mers inconnues et les contrĂ©es lointaines
 L’épopĂ©e fondatrice des LĂ©gendes de la Garde ! » 

LegendesDeLaGarde3b1Les Ă©vĂ©nements de ce troisiĂšme tome sont antĂ©rieurs de ceux des deux prĂ©cĂ©dents de plusieurs dizaines d’annĂ©es. La consĂ©quence logique est que la lecture de cet album peut se faire sans avoir lu les deux Ă©pisodes suivants. MalgrĂ© tout, une connaissance grossiĂšre de la sociĂ©tĂ© des souris permet une immersion plus aisĂ©e et plus profonde. De plus, la lecture de cet ouvrage peut convenir Ă  un public trĂšs large. Les plus jeunes prendront plaisir Ă  suivre les pĂ©rĂ©grinations de ces petits hĂ©ros, les plus ĂągĂ©s savoureront les arcanes du monde qui abritent tous ces personnages.

La datation indique clairement que l’intrigue s’inscrit dans un univers mĂ©diĂ©val. Par contre, l’auteur a fait le choix de ne pas s’orienter vers la fantasy. On ne trouve ni magie, ni crĂ©atures fantastiques ou imaginaires. Les adeptes du Moyen-Âge retrouveront donc avec plaisir des combats Ă  l’épĂ©e, des soldats avec une cape, des villes fortifiĂ©es, des altesses royales. Tous les protagonistes sont des animaux. Par contre, ils ne sont pas tous des souris. Il y a des furets, des lapins, des corbeaux et j’en passe
 L’architecture s’approche de celle qu’on imagine ayant abritĂ© nos trĂšs lointains ancĂȘtres. Le travail sur les dĂ©cors de la part de l’auteur est assez remarquable. Avec un style particulier, il arrive Ă  offrir beaucoup de dĂ©tails aux lieux et aux seconds plans. Cela permet au lecteur de voyager aisĂ©ment dans les artĂšres de ce monde Ă  la fois hostile et fabuleux.

La narration se dĂ©compose en neuf parties : un prologue, six chapitres, un Ă©pilogue et des annexes. Cela s’explique par le fait que la premiĂšre parution de l’histoire s’est faite en petit fascicule indĂ©pendant. Chaque chapitre offre donc une page de rĂ©sumĂ© des Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents. Il remet ainsi en perspective les enjeux en cours. Ce dĂ©coupage est une excellente chose. Cela rend la trame dense. Chaque partie apporte son lot d’évĂ©nements et de rĂ©vĂ©lations. MalgrĂ© la longueur globale de l’ouvrage, Ă  aucun moment, l’intensitĂ© ne diminue. Les pages se lisent avec plaisir et dĂ©filent sans mal. La quĂȘte menĂ©e par les hĂ©ros est relativement prenante. Je n’ai eu aucun mal Ă  emboiter leurs pas. On pourra toujours regretter que l’intrigue ne soit pas plus originale et se montre un petit peu moins classique. A contrario, il est toujours agrĂ©able qu’une histoire se dĂ©roule au douziĂšme siĂšcle utilise les codes de son Ă©poque.

LegendesDeLaGarde3b2

La qualitĂ© du travail graphique de David Petersen est Ă  signaler. Mon contact avec son trait dans le premier tome n’avait Ă©tĂ© un coup de foudre. Mais au fur et Ă  mesure de mon immersion dans son univers, j’ai appris Ă  l’apprĂ©hender son style et ce troisiĂšme opus m’a offert un vrai plaisir pour les yeux. Que ce soit les dĂ©cors ou les personnages, ils sont superbes et subliment l’épopĂ©e des protagonistes. Les couleurs sont Ă©galement habilement choisies et ajoutent davantage de personnalitĂ© Ă  l’ensemble.

Pour conclure, ce tome s’inscrit dans la lignĂ©e des deux prĂ©cĂ©dents. J’aurais d’ailleurs tendance Ă  dire que chacun Ă©pisode est meilleur que le prĂ©cĂ©dent. Cela attise donc ma curiositĂ© en pensant Ă  la parution du prochain opus. Mais en attendant, je vous conseille de partir Ă  la dĂ©couverte de ces petits rongeurs dont les aventures ne vous laisseront pas insensibles


gravatar_eric

Note : 14/20

LĂ©gendes de la Garde, T2 : Hiver 1152 – David Petersen

legendesdelagarde2


Titre : LĂ©gendes de la Garde, T2 : Hiver 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2011


A NoĂ«l dernier, mon frĂšre m’a offert l’ouvrage « LĂ©gendes de la Garde – Automne 1152 ». Il s’agissait d’un recueil d’histoires mettant en Ɠuvre des souris organisĂ©es en sociĂ©tĂ© pour survivre dans un univers hostile. J’avais Ă©tĂ© plutĂŽt sĂ©duit par l’univers crĂ©Ă© par l’auteur nommĂ© David Petersen. J’ai donc dĂ©cidĂ© de m’offrir la suite des aventures de ces rongeurs intitulĂ©s logiquement « LĂ©gendes de la Garde – Hiver 1152 ». EditĂ© chez Gallimard dans un ravissant ouvrage Ă  la forme presque carrĂ©e, cet album se compose de plus de cent cinquante pages. La parution du bouquin date du dĂ©but de l’annĂ©e deux mille onze. Son prix avoisine vingt euros. La couverture nous prĂ©sente une souris au pelage gris. Elle fume la pipe. Elle a le dos chargĂ© et affronte une tempĂȘte de neige. L’atmosphĂšre hivernale nous envahit immĂ©diatement. Il ne reste plus qu’à s’y plonger immĂ©diatement en attaquant notre lecture.

La quatriĂšme de couverture ne nous offre qu’une illustration nous prĂ©sentant quatre souris en train de lutter dans cette tempĂȘte de neige. C’est en dĂ©couvrant l’avant-propos qui prĂ©cĂšde l’histoire qu’on peut dĂ©couvrir un rĂ©sumĂ© de la trame : « La saison des glaces s’est installĂ©e sur les territoires. La Garde est Ă  court de vivres et de mĂ©dicaments. La petite Ă©quipe d’aventuriers doit se sĂ©parer et se rĂ©soudre Ă  de terribles choix. Toutes les grandes sociĂ©tĂ©s savent relevĂ©s les dĂ©fis qui se prĂ©sentent, et la Garde ne fait pas exception. Avec abnĂ©gation, ses membres rĂ©sistent au temps et bravent les prĂ©dateurs. Face aux Ă©preuves de l’hiver, leur hĂ©roĂŻsme paraĂźt plus Ă©clatant encore. »

Des codes proches de la fantasy

Cet ouvrage est relativement grand public. Il utilise des codes finalement proches de la fantasy. En effet, le fonctionnement de la sociĂ©tĂ© prĂ©sentĂ©e se rapproche de nos repĂšres mĂ©diĂ©vaux. La Garde qui se compose donc de souris dont la mission est de protĂ©ger voit ses membres ĂȘtre armĂ©s d’épĂ©e et habillĂ©s d’une cape. On utilise une nouvelle fois des repĂšres chevaleresques. Sur ce plan-lĂ , les adeptes du genre verront leur intĂ©rĂȘt chatouillĂ©. La narration se dĂ©compose en six chapitres. Chacun est prĂ©cĂ©dĂ© d’une page faisant le point sur l’état de l’intrigue. Cela permet Ă  l’histoire de voir ses Ă©tapes bien marquĂ©s et son cheminement marquĂ©. Cela participe Ă  l’atmosphĂšre particuliĂšre qui accompagne notre lecture.

Le fil conducteur est relativement simple. L’hiver est rude et les rĂ©serves viennent Ă  manquer. Les meilleurs Ă©lĂ©ments de la Garde se voient confier la mission d’assurer l’approvisionnement. On suit donc un groupe de souris qui ne nous sont pas inconnues. En effet, elles Ă©taient dĂ©jĂ  au centre de l’histoire dans l’opus prĂ©cĂ©dent. Au-delĂ  de la mĂ©tĂ©o compliquĂ©e, de nombreuses Ă©preuves vont se trouver sur leur chemin et attiser ainsi notre curiositĂ©. La richesse de l’histoire va donc rĂ©sider dans la variĂ©tĂ© des Ă©preuves qui vont ĂȘtre soumises Ă  nos hĂ©ros. Dans le premier ouvrage de la sĂ©rie, mon regret avait Ă©tĂ© que la richesse animaliĂšre qui habite dans l’univers des souris Ă©tait sous-exploitĂ©e. On avait le sentiment que les rongeurs vivaient seuls dans la forĂȘt. Dans ce nouvel album, l’auteur exploite davantage les prĂ©dateurs, adversaires ou acolytes des souris. Cela offre davantage d’originalitĂ© Ă  l’histoire et permet des surprises et des scĂšnes plus variĂ©es. C’est une agrĂ©able Ă©volution.

Du cĂŽtĂ© des dessins, on retrouve le trait de David Petersen que j’avais dĂ©couvert dans l’ouvrage prĂ©cĂ©dent. Je le trouve plutĂŽt rĂ©ussi dans le sens oĂč on n’a aucun mal Ă  reconnaitre chaque souris malgrĂ© leur forte ressemblance apparente. Il arrive Ă  leur gĂ©nĂ©rer une rĂ©elle identitĂ© graphique. C’est une rĂ©elle performance. De plus, je trouve que les paysages hivernaux prennent une ampleur que l’automne ne possĂ©dait pas. Je trouve qu’il se dĂ©gage une atmosphĂšre prenante et rĂ©aliste qui habite intensĂ©ment notre lecture. L’usage des couleurs est subtile et participe activement Ă  cette rĂ©ussite.

En conclusion, je ne regrette pas de m’ĂȘtre offert ce bouquin. J’ai passĂ© un vrai bon moment de lecture. Mon intĂ©rĂȘt n’a cessĂ© de croĂźtre tout au long des cent cinquante pages qui composent cette histoire. Je trouve cet ouvrage de meilleure qualitĂ© que le prĂ©cĂ©dent que j’avais pourtant trouvĂ© agrĂ©able. Je suis donc curieux de savoir si David Petersen a l’intention de donner une suite aux lĂ©gendes de la Garde. Une chose est certaine : si c’est le cas, je partirais Ă  leur rencontre avec joie. Mais cela est une autre histoire
 

gravatar_eric

Note : 14/20

LĂ©gendes de la Garde, T1 : Automne 1152 – David Petersen

LegendesDeLaGarde1


Titre : LĂ©gendes de la Garde, T1 : Automne 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2008


« LĂ©gendes de la Garde » est une sĂ©rie nĂ©e de l’imagination de David Petersen. L’ouvrage qu’on m’a offert s’intitule « Automne 1152 ». Il est Ă©ditĂ© chez Gallimard dans un format peu orthodoxe. Il est quasiment de forme carrĂ©e. L’histoire se dĂ©veloppe sur plus de cent cinquante pages. Le bouquin se compose de six chapitres qui dans un premier temps avait Ă©tĂ© Ă©ditĂ© indĂ©pendamment sous le titre original « Mouse Guard ». « Automne 1152 » a un prix proche de dix-neuf euros.

Le site de la Fnac nous offre le rĂ©sumĂ© suivant de l’intrigue : « Depuis la nuit des temps, la Garde protĂšge les souris de mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, dĂ©couvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissĂ©s pour mort aux portes de la ville et une armĂ©e traĂźtresse marche dĂ©jĂ  vers Lockhave, la lĂ©gendaire forteresse de la Garde. »

L’intrigue s’adresse Ă  un public adulte

En dĂ©couvrant la thĂ©matique de l’ouvrage, j’étais curieux de dĂ©couvrir cette sociĂ©tĂ© crĂ©e par l’auteur. Imaginer le monde dans lequel vivent les souris, la maniĂšre avec laquelle elles s’organisent pouvaient donner lieu Ă  un voyage intense pour le lecteur. Je m’interrogeais sur la maniĂšre avec laquelle cette civilisation allait s’intĂ©grer dans nos forĂȘts et dans notre univers connu. MalgrĂ© une couverture qui semble orienter le livre vers un public jeune, la construction de l’intrigue s’adresse finalement Ă  un public plus adulte. Le ton n’est pas spĂ©cialement lĂ©ger et ne rĂ©pondra pas aux attentes des plus petits.

La narration se dĂ©coupe en six chapitres de taille quasiment Ă©quivalente. Chacun est prĂ©sentĂ© par un titre propre est un rĂ©sumĂ© qui s’étale sur une page. Cette construction rĂ©sulte sĂ»rement de la parution originale qui avait dissociĂ© chaque partie. Les premiĂšres pages nous intriguent par le fait qu’on dĂ©couvre un nouveau monde. On est soucieux de comprendre les codes sociaux qui le rĂ©gissent. Finalement, on dĂ©couvre assez vite que cette civilisation s’approche de celle qui existait Ă  l’époque mĂ©diĂ©vale. Les moyens de dĂ©placement, la structure des citĂ©s, le type des armes
 Tout se rapproche du Moyen-Âge. Certains regretteront finalement un certain manque d’originalitĂ©, d’autres auront plaisir Ă  voir Ă©voluer ces petites souris dans cet univers qui ravira ses adeptes.

On s’immerge assez rapidement dans l’univers de l’histoire du fait de son relatif classicisme. On s’intĂ©resse alors rapidement au devenir de nos trois hĂ©ros qui se nomment Kenzie, Saxon et Lieam. Ils sont des soldats de la Garde. Ils sont en mission et semblent ne pas ĂȘtre lĂ  pour rigoler. Ils ne gĂ©nĂšrent pas une empathie immense mais cela ne nous empĂȘche d’ĂȘtre curieux de connaitre la suite de leurs aventures. Ces derniĂšres se composent par une succession d’évĂ©nements qui vont les amener Ă  ĂȘtre sĂ©parĂ©s. Ces derniers se suivent Ă  un rythme quasiment mĂ©canique qui doit ĂȘtre une consĂ©quence de la construction par chapitre. L’auteur offre une intrigue trĂšs factuelle dans laquelle la digression n’existe quasiment pas. Cela offre ainsi une lecture nerveuse qui n’a pas envie de perdre son temps. En contrepartie, cela se fait au dĂ©triment de l’atmosphĂšre de la lecture qui ne prend jamais une ampleur suffisante pour arriver Ă  nous envouter.

Les dessins ne m’ont pas laissĂ© indiffĂ©rent. Je ne peux pas dire que j’ai chavirĂ© en les dĂ©couvrant. Ce n’est pas le cas en effet. Par contre, j’ai eu le sentiment en les dĂ©couvrant de rencontrer un style que je n’avais jamais croisĂ© au cours de mes lectures. MĂȘme si Petersen se « contente » finalement de dessiner des souris qui se dissocie l’une de l’autre essentiellement par la couleur de leurs poils, il arrive malgrĂ© tout Ă  offrir Ă  son ouvrage une identitĂ© propre. Pourtant les dĂ©cors sont finalement assez secondaires. L’usage des couleurs est par contre Ă  mes yeux remarquables. Il se dĂ©gage un vrai quelque chose des forĂȘts ou des villes dans lesquelles errent nos hĂ©ros. Les tons orange, gris ou marron sont primordiaux et offrent un rĂ©sultat trĂšs rĂ©ussi.

En conclusion, Ă  dĂ©faut de m’avoir transportĂ© trĂšs loin, « LĂ©gendes de la Garde » m’a offert un voyage agrĂ©able que je ne regrette pas. Il s’agit d’une lecture intĂ©ressante dans la structure diffĂšre de celles que je connais habituellement. J’ai vu qu’une suite intitulĂ©e « Hiver 1152 » Ă©tait parue. Je pense que je m’y plongerai avec joie. Mais cela est une autre histoire


gravatar_eric

Note : 13/20