Légendes de la Garde, T3 : La hache noire – David Petersen

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Titre : Légendes de la garde, T3 : La hache noire
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2014


« Légendes de la Garde » est un recueil nous contant les aventures de souris. En effet, l’auteur, David Petersen, nous fait découvrir le quotidien de la société des célèbres rongeurs. Il nous immerge donc dans un monde forestier dans lequel existent des cités habitées par ces petits animaux. Le milieu est hostile et donc la survie de tout ce petit monde nécessite une protection. C’est pour cela qu’est née la Garde et ce sont dans les aventures de ses membres que nous plonge chaque tome de cette série. « La Hache Noire » est le troisième et dernier en date de ces épisodes. Il est paru en France en janvier dernier. Il est édité chez Gallimard. Il est d’un format peu classique. De forme carrée, il se compose de cent cinquante-cinq planches. La couverture nous présente un trio de souris dont celle du centre tient fièrement une arme qui doit être la fameuse Hache Noire évoquée dans le titre.

Le site www.fnac.com propose le résumé suivant : « Au printemps 1115, le jeune Celanawe se voit investi d’une mission : escorter Em, sa dernière parente, pour retrouver la Hache noire. Cette arme mythique, qui passe de main en main depuis la nuit des temps, a été forgée par un mystérieux ancêtre, et quiconque la porte doit veiller secrètement sur le peuple des souris. Une quête qui entraine Celanawe au-delà du danger, vers les mers inconnues et les contrées lointaines… L’épopée fondatrice des Légendes de la Garde ! » 

LegendesDeLaGarde3b1Les événements de ce troisième tome sont antérieurs de ceux des deux précédents de plusieurs dizaines d’années. La conséquence logique est que la lecture de cet album peut se faire sans avoir lu les deux épisodes suivants. Malgré tout, une connaissance grossière de la société des souris permet une immersion plus aisée et plus profonde. De plus, la lecture de cet ouvrage peut convenir à un public très large. Les plus jeunes prendront plaisir à suivre les pérégrinations de ces petits héros, les plus âgés savoureront les arcanes du monde qui abritent tous ces personnages.

La datation indique clairement que l’intrigue s’inscrit dans un univers médiéval. Par contre, l’auteur a fait le choix de ne pas s’orienter vers la fantasy. On ne trouve ni magie, ni créatures fantastiques ou imaginaires. Les adeptes du Moyen-Âge retrouveront donc avec plaisir des combats à l’épée, des soldats avec une cape, des villes fortifiées, des altesses royales. Tous les protagonistes sont des animaux. Par contre, ils ne sont pas tous des souris. Il y a des furets, des lapins, des corbeaux et j’en passe… L’architecture s’approche de celle qu’on imagine ayant abrité nos très lointains ancêtres. Le travail sur les décors de la part de l’auteur est assez remarquable. Avec un style particulier, il arrive à offrir beaucoup de détails aux lieux et aux seconds plans. Cela permet au lecteur de voyager aisément dans les artères de ce monde à la fois hostile et fabuleux.

La narration se décompose en neuf parties : un prologue, six chapitres, un épilogue et des annexes. Cela s’explique par le fait que la première parution de l’histoire s’est faite en petit fascicule indépendant. Chaque chapitre offre donc une page de résumé des épisodes précédents. Il remet ainsi en perspective les enjeux en cours. Ce découpage est une excellente chose. Cela rend la trame dense. Chaque partie apporte son lot d’événements et de révélations. Malgré la longueur globale de l’ouvrage, à aucun moment, l’intensité ne diminue. Les pages se lisent avec plaisir et défilent sans mal. La quête menée par les héros est relativement prenante. Je n’ai eu aucun mal à emboiter leurs pas. On pourra toujours regretter que l’intrigue ne soit pas plus originale et se montre un petit peu moins classique. A contrario, il est toujours agréable qu’une histoire se déroule au douzième siècle utilise les codes de son époque.

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La qualité du travail graphique de David Petersen est à signaler. Mon contact avec son trait dans le premier tome n’avait été un coup de foudre. Mais au fur et à mesure de mon immersion dans son univers, j’ai appris à l’appréhender son style et ce troisième opus m’a offert un vrai plaisir pour les yeux. Que ce soit les décors ou les personnages, ils sont superbes et subliment l’épopée des protagonistes. Les couleurs sont également habilement choisies et ajoutent davantage de personnalité à l’ensemble.

Pour conclure, ce tome s’inscrit dans la lignée des deux précédents. J’aurais d’ailleurs tendance à dire que chacun épisode est meilleur que le précédent. Cela attise donc ma curiosité en pensant à la parution du prochain opus. Mais en attendant, je vous conseille de partir à la découverte de ces petits rongeurs dont les aventures ne vous laisseront pas insensibles…

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Note : 14/20

Légendes de la Garde, T2 : Hiver 1152 – David Petersen

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Titre : Légendes de la Garde, T2 : Hiver 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2011


A Noël dernier, mon frère m’a offert l’ouvrage « Légendes de la Garde – Automne 1152 ». Il s’agissait d’un recueil d’histoires mettant en œuvre des souris organisées en société pour survivre dans un univers hostile. J’avais été plutôt séduit par l’univers créé par l’auteur nommé David Petersen. J’ai donc décidé de m’offrir la suite des aventures de ces rongeurs intitulés logiquement « Légendes de la Garde – Hiver 1152 ». Edité chez Gallimard dans un ravissant ouvrage à la forme presque carrée, cet album se compose de plus de cent cinquante pages. La parution du bouquin date du début de l’année deux mille onze. Son prix avoisine vingt euros. La couverture nous présente une souris au pelage gris. Elle fume la pipe. Elle a le dos chargé et affronte une tempête de neige. L’atmosphère hivernale nous envahit immédiatement. Il ne reste plus qu’à s’y plonger immédiatement en attaquant notre lecture.

La quatrième de couverture ne nous offre qu’une illustration nous présentant quatre souris en train de lutter dans cette tempête de neige. C’est en découvrant l’avant-propos qui précède l’histoire qu’on peut découvrir un résumé de la trame : « La saison des glaces s’est installée sur les territoires. La Garde est à court de vivres et de médicaments. La petite équipe d’aventuriers doit se séparer et se résoudre à de terribles choix. Toutes les grandes sociétés savent relevés les défis qui se présentent, et la Garde ne fait pas exception. Avec abnégation, ses membres résistent au temps et bravent les prédateurs. Face aux épreuves de l’hiver, leur héroïsme paraît plus éclatant encore. »

Des codes proches de la fantasy

Cet ouvrage est relativement grand public. Il utilise des codes finalement proches de la fantasy. En effet, le fonctionnement de la société présentée se rapproche de nos repères médiévaux. La Garde qui se compose donc de souris dont la mission est de protéger voit ses membres être armés d’épée et habillés d’une cape. On utilise une nouvelle fois des repères chevaleresques. Sur ce plan-là, les adeptes du genre verront leur intérêt chatouillé. La narration se décompose en six chapitres. Chacun est précédé d’une page faisant le point sur l’état de l’intrigue. Cela permet à l’histoire de voir ses étapes bien marqués et son cheminement marqué. Cela participe à l’atmosphère particulière qui accompagne notre lecture.

Le fil conducteur est relativement simple. L’hiver est rude et les réserves viennent à manquer. Les meilleurs éléments de la Garde se voient confier la mission d’assurer l’approvisionnement. On suit donc un groupe de souris qui ne nous sont pas inconnues. En effet, elles étaient déjà au centre de l’histoire dans l’opus précédent. Au-delà de la météo compliquée, de nombreuses épreuves vont se trouver sur leur chemin et attiser ainsi notre curiosité. La richesse de l’histoire va donc résider dans la variété des épreuves qui vont être soumises à nos héros. Dans le premier ouvrage de la série, mon regret avait été que la richesse animalière qui habite dans l’univers des souris était sous-exploitée. On avait le sentiment que les rongeurs vivaient seuls dans la forêt. Dans ce nouvel album, l’auteur exploite davantage les prédateurs, adversaires ou acolytes des souris. Cela offre davantage d’originalité à l’histoire et permet des surprises et des scènes plus variées. C’est une agréable évolution.

Du côté des dessins, on retrouve le trait de David Petersen que j’avais découvert dans l’ouvrage précédent. Je le trouve plutôt réussi dans le sens où on n’a aucun mal à reconnaitre chaque souris malgré leur forte ressemblance apparente. Il arrive à leur générer une réelle identité graphique. C’est une réelle performance. De plus, je trouve que les paysages hivernaux prennent une ampleur que l’automne ne possédait pas. Je trouve qu’il se dégage une atmosphère prenante et réaliste qui habite intensément notre lecture. L’usage des couleurs est subtile et participe activement à cette réussite.

En conclusion, je ne regrette pas de m’être offert ce bouquin. J’ai passé un vrai bon moment de lecture. Mon intérêt n’a cessé de croître tout au long des cent cinquante pages qui composent cette histoire. Je trouve cet ouvrage de meilleure qualité que le précédent que j’avais pourtant trouvé agréable. Je suis donc curieux de savoir si David Petersen a l’intention de donner une suite aux légendes de la Garde. Une chose est certaine : si c’est le cas, je partirais à leur rencontre avec joie. Mais cela est une autre histoire… 

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Note : 14/20

Légendes de la Garde, T1 : Automne 1152 – David Petersen

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Titre : Légendes de la Garde, T1 : Automne 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2008


« Légendes de la Garde » est une série née de l’imagination de David Petersen. L’ouvrage qu’on m’a offert s’intitule « Automne 1152 ». Il est édité chez Gallimard dans un format peu orthodoxe. Il est quasiment de forme carrée. L’histoire se développe sur plus de cent cinquante pages. Le bouquin se compose de six chapitres qui dans un premier temps avait été édité indépendamment sous le titre original « Mouse Guard ». « Automne 1152 » a un prix proche de dix-neuf euros.

Le site de la Fnac nous offre le résumé suivant de l’intrigue : « Depuis la nuit des temps, la Garde protège les souris de mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, découvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissés pour mort aux portes de la ville et une armée traîtresse marche déjà vers Lockhave, la légendaire forteresse de la Garde. »

L’intrigue s’adresse à un public adulte

En découvrant la thématique de l’ouvrage, j’étais curieux de découvrir cette société crée par l’auteur. Imaginer le monde dans lequel vivent les souris, la manière avec laquelle elles s’organisent pouvaient donner lieu à un voyage intense pour le lecteur. Je m’interrogeais sur la manière avec laquelle cette civilisation allait s’intégrer dans nos forêts et dans notre univers connu. Malgré une couverture qui semble orienter le livre vers un public jeune, la construction de l’intrigue s’adresse finalement à un public plus adulte. Le ton n’est pas spécialement léger et ne répondra pas aux attentes des plus petits.

La narration se découpe en six chapitres de taille quasiment équivalente. Chacun est présenté par un titre propre est un résumé qui s’étale sur une page. Cette construction résulte sûrement de la parution originale qui avait dissocié chaque partie. Les premières pages nous intriguent par le fait qu’on découvre un nouveau monde. On est soucieux de comprendre les codes sociaux qui le régissent. Finalement, on découvre assez vite que cette civilisation s’approche de celle qui existait à l’époque médiévale. Les moyens de déplacement, la structure des cités, le type des armes… Tout se rapproche du Moyen-Âge. Certains regretteront finalement un certain manque d’originalité, d’autres auront plaisir à voir évoluer ces petites souris dans cet univers qui ravira ses adeptes.

On s’immerge assez rapidement dans l’univers de l’histoire du fait de son relatif classicisme. On s’intéresse alors rapidement au devenir de nos trois héros qui se nomment Kenzie, Saxon et Lieam. Ils sont des soldats de la Garde. Ils sont en mission et semblent ne pas être là pour rigoler. Ils ne génèrent pas une empathie immense mais cela ne nous empêche d’être curieux de connaitre la suite de leurs aventures. Ces dernières se composent par une succession d’événements qui vont les amener à être séparés. Ces derniers se suivent à un rythme quasiment mécanique qui doit être une conséquence de la construction par chapitre. L’auteur offre une intrigue très factuelle dans laquelle la digression n’existe quasiment pas. Cela offre ainsi une lecture nerveuse qui n’a pas envie de perdre son temps. En contrepartie, cela se fait au détriment de l’atmosphère de la lecture qui ne prend jamais une ampleur suffisante pour arriver à nous envouter.

Les dessins ne m’ont pas laissé indifférent. Je ne peux pas dire que j’ai chaviré en les découvrant. Ce n’est pas le cas en effet. Par contre, j’ai eu le sentiment en les découvrant de rencontrer un style que je n’avais jamais croisé au cours de mes lectures. Même si Petersen se « contente » finalement de dessiner des souris qui se dissocie l’une de l’autre essentiellement par la couleur de leurs poils, il arrive malgré tout à offrir à son ouvrage une identité propre. Pourtant les décors sont finalement assez secondaires. L’usage des couleurs est par contre à mes yeux remarquables. Il se dégage un vrai quelque chose des forêts ou des villes dans lesquelles errent nos héros. Les tons orange, gris ou marron sont primordiaux et offrent un résultat très réussi.

En conclusion, à défaut de m’avoir transporté très loin, « Légendes de la Garde » m’a offert un voyage agréable que je ne regrette pas. Il s’agit d’une lecture intéressante dans la structure diffère de celles que je connais habituellement. J’ai vu qu’une suite intitulée « Hiver 1152 » était parue. Je pense que je m’y plongerai avec joie. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T3 : Plus Fort que les Plus Forts
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2009


Je clos ma trilogie « Pascal Brutal » avec cet avis portant sur le dernier opus de ses aventures. Ce troisième tome intitulé « Plus fort que les plus forts » est paru en septembre 2009 aux éditions « Fluide Glacial ». Composé d’une petite cinquantaine de pages, ce bouquin est vendu à 9,95 euros. « Plus fort que les plus forts » tient une place particulière dans la bibliographie de Riad Sattouf. En effet, il a été primé au festival d’Angoulême cette année. Cela a eu pour conséquence de mettre dans la lumière ce cher Pascal et son créateur.

Pascal Brutal est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Il est la virilité. Musclé, plein de testostérone, le bouc bien aiguisé, sa gourmette, ses basket torsion 1992… Voilà comment on peut définir notre « héros ». Il est évolue dans un futur proche dans un monde ultralibéral dont le président de la République est Alain Madelin. Mais dans cet univers, Pascal survit parce qu’il est inimitable…

Découvrir la jeunesse de Pascal Brutal…

Dans le premier opus, Sattouf nous présentait son personnage. Dans le deuxième tome, il partait du principe que Pascal faisait partie de la famille et il nous le faisait suivre dans son quotidien. Dans ce nouvel ouvrage, une nouvelle fois on découvre un Pascal au sommet de sa forme. L’album se décompose en environ une dizaine d’histoires courtes. Cela rend la narration assez rythmée. On découvre la naissance de Pascal et sa petite enfance. Dès les premières heures de sa vie, il était exceptionnel. On le voit faire usage de son charme pour faire succomber miss Bretagne ou une employée du Pole Emploi… Pascal Brutal est le « beauf » qu’on ne supporte pas quand on le croise dans la rue ou dans une soirée. Mais ici, il ne nous inspire ni antipathie ni colère, il nous fait rire. On s’attache à sa personnalité si particulière. C’est un vrai bourrin plein de testostérone qui s’assume pour notre plus grand bonheur…

Un des autres attraits de cet album est son déroulement dans un futur proche très libéral. On découvre de nouvelles lois, de nouveaux modes de fonctionnement. Certains pays ont subi une vraie révolution politique. Bref, sans donner à l’album une dimension politique, il est intéressant de voir un auteur pousser certains principes à l’extrême. On en rigole dans un premier temps, on se pose parfois quelques questions. En tout cas, cela donne une dimension originale supplémentaire à la série.

Ce troisième opus de « Pascal Brutal » est à la hauteur des précédents. Ce n’est pas peu dire. On rigole à chaque bulle et à chaque case. La densité de la trame est certaine. Plusieurs lectures sont nécessaires pour saisir toutes les finesses des dialogues. « Plus fort que les plus forts » est un ouvrage qui peut se lire et se relire sans jamais lasser. Chaque nouvelle découverte est un vrai bonheur. De plus, les dessins sont toujours aussi agréables. C’est avec plaisir qu’on retrouve notre héros et ses acolytes. La signature graphique de Riad Sattouf est reconnaissable et se redécouvre à chaque fois avec plaisir.

Au final, je ne peux que vous conseiller de courir à la rencontre de Pascal Brutal. Vous ne pourrez plus le quitter. Chaque album peut se lire de manière indépendante. Néanmoins, il peut être intéressant de lire les tomes dans l’ordre pour découvrir le héros au rythme choisi par son créateur. De mon côté, il ne me reste plus qu’à attendre la parution du prochain tome que je guette avec attention. Que l’attente va être dure…

gravatar_ericNote : 17/20

Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T2 : Le Mâle Dominant
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Août 2007


Il y a peu de temps, j’ai rédigé un avis portant sur le premier opus de la série de bande dessinée « Pascal Brutal ». Aujourd’hui, je m’attaque au deuxième tome intitulé « Le mâle dominant ». Cet ouvrage paru en août 2007 est vendu au prix de 9,95 euros. Il est édité chez « Fluide Glacial » et se compose d’une petite cinquantaine de pages. Son auteur est Riad Sattouf qui est depuis l’an dernier davantage connu pour avoir réalisé « Les Beaux Gosses » que pour ses œuvres littéraires. C’est dommage dans le sens où sa bibliographie gagne à être découverte.

Le premier tome intitulé « La nouvelle virilité » nous faisait découvrir Pascal Brutal. Ce monstre de muscles et de charisme n’est pas viril. Il est la virilité. Il s’agit d’un homme au physique de déménageur, adepte de la castagne et tombeur de ses dames… Par contre, on ne peut pas dire qu’il soit un monument d’intelligence. Mais on ne peut pas tout avoir… Cet opus nous décrivait le quotidien de Pascal, nous faisait acquérir tous ses codes. C’est vraiment drôle et réussi. C’est pourquoi, j’étais enthousiaste en découvrant ce nouvel album.

Dans « Le mâle dominant », l’auteur part du principe que Pascal ne nous est pas inconnu. La présentation est plus succincte. On rentre directement dans le vif du sujet. On suit notre héros dans ses aventures. Son charisme et son charme animal lui permet de se sortir de situations compliquées. Il a un côté « James Bond ». Il s’en sort toujours et avec classe ! On prend vraiment énormément de plaisir à suivre ce « beauf ». Alors qu’il nous agacerait dans notre quotidien, il nous fait rire ici. La lecture prend un ton différent dans cet album. Maintenant que Pascal nous est familier, cela nous permet d’anticiper ses réactions et ses pensées. Il nous dégage un côté familier qui est très agréable.

La particularité de cette série est qu’elle se déroule dans un futur proche dans lequel Alain Madelin fête son troisième septennat à la présidence de la République. Cela permet à l’auteur d’évoquer certains codes actuels comme étant des repères du passé. Cette vision décalée de notre quotidien est intéressante et donne lieu à beaucoup de gags. Il n’est pas toujours facile d’avoir du recul sur ce qui parait être des évidences du présent. Par exemple, suite à un coup d’état, la monarchie belge a été remplacée par une « gynarchie » extrême. C’est-à-dire que les femmes dirigent tout. L’homme est totalement soumis. On découvre également une Bretagne autonome… Bref, les repères géopolitiques sont modifiées pour notre plus grand plaisir tant Sattouf arrive à exploiter tout cela pour nous faire rire.

Comique de situation et dialogues savoureux

L’humour résidant dans cet opus réside dans plusieurs domaines. D’une part, il s’agit d’un comique de situation. Les aventures qui arrivent à Pascal et les modifications historiques donnent lieu à beaucoup de gags « premier degré ». D’autre part, les dialogues sont savoureux. Que ce soit les phrases sortant tout droit du cerveau de notre cher Pascal ou la narration de la « voix off », on n’arrête pas de rire. La densité des gags est d’une rare intensité. Plusieurs lectures sont nécessaires pour en profiter pleinement. De plus, le fait que l’album se décompose en des histoires indépendantes de quatre ou cinq pages, fait qu’on n’est pas obligé de tout lire d’un coup. On peut le découvrir à tout moment par petite touche pour notre plus grand plaisir.

De plus, les dessins sont facilement accessibles. Le trait est simple, les cases sont très colorées. Tout cela participe activement au plaisir de notre lecture. Malgré un style apparemment simple, Sattouf arrive à donner des expressions à ses personnages parfois « cartoonesques ». Bref, « Le mâle dominant » se montre à la hauteur de « La nouvelle virilité ». C’était loin d’être simple… Avec « Pascal Brutal », c’est une série de grande qualité qui s’offre à nous. J’ai hâte de me plonge dans le troisième tome qu’on m’a offert à mon anniversaire. Il s’intitule « Plus fort que les plus forts ». Mais cela est une autre histoire… Bonne lecture !

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T1 : La Nouvelle Virilité
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Juin 2006


 Grâce à mon frère, j’ai récemment fait une rencontre qui ne laisse pas indifférent. J’ai découvert Pascal Brutal. Ce héros de bande dessinée est un véritable personnage. « Pascal Brutal » est une série actuellement composée de quatreopus. Ils sont nés de la plume de Riad Sattouf célèbre pour avoir réalisé le récent « Les Beaux gosses » au cinéma. Cet auteur prolifique est également connu pour le succès de son album « La vie secrète des jeunes » dont est paru récemment le second tome. Mais tout cela n’est pas le sujet d’aujourd’hui. En effet, je veux vous parler du tome initial de la grande saga de Pascal Brutal intitulée « La nouvelle virilité ». Paru chez « Fluide Glacial », ce bouquin est composé d’une petite cinquantaine de pages. Il est vendu au prix d’environ dix euros.

Il est maintenant temps de vous présenter cet homme « remarquable ». Pascal Brutal vit dans une société dans laquelle Alain Madelin est président de la République. Pascal n’est pas viril, il est la virilité. Cheveux courts, bouc parfaitement dessiné, ultra-bodybuildé, une gourmette qui brille, des baskets Torsion 1992… Voilà qui est Pascal Brutal. Il s’agit du male dans toute sa splendeur. Il préfère réfléchir avec ses muscles qu’avec son cerveau. Et cet album va nous apprendre à le découvrir…

Une histoire contée en voix off.

L’album est construit d’une manière très particulière. Il ne s’agit pas d’une aventure de ce cher Pascal. L’histoire se décompose en une succession de scènes de quelques pages ayant pour unique but de nous faire connaître le héros. Chaque chapitre s’étale sur quatre ou cinq pages. L’histoire nous est également contée par une « voix off » qui commente tout ce qui arrive à notre cher Pascal. Cette « voix » est une des grandes réussites de l’ouvrage. Le ton est décalé et caricatural. On rigole vraiment en comparant le regard subjectif du narrateur et la réalité des actes commis par PB dans la case juste dessous.

pascalbrutal1aCar « La nouvelle virilité » est vraiment une grande réussite sur le plan des dialogues et des textes. Il y a une grande densité de gags, de petites tournures. La qualité est de sortie et aucune case et aucune bulle ne sont négligées. C’est un bouquin qui se savoure petit à petit. Le dévorer d’une traite aurait pour conséquence de se gâcher. Chaque phrase et chaque anecdote sont écrites pour être savourées. Vous n’êtes pas obligé de tout lire d’un coup. Feuilleter quelques pages suffisent à vous chatouiller les zygomatiques et à penser très fort un « Quel con, ce Pascal ! ».

Car Pascal n’est pas futé. C’est le moins qu’on puisse dire. On est quelque part dans la caricature du beauf musclé qui a raison parce qu’il a des poings qui partent vite et qui font mal. Les filles sont folles de son corps et de ses nombreux talents physiques. Pascal est l’homme parfait tant qu’on ne lui demande pas de trop réfléchir. On prend plaisir à se moquer de lui. Ce n’est pas forcément très sain. Mais une chose est sûre, on rigole bien ! N’est-ce pas là le plus important ?

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Concernant les dessins, je les trouve très réussis. C’est la première fois que je découvrais le coup de crayon de Riad Sattouf. Je n’ai pas été déçu. Le style est simple mais sait se montrer au diapason de l’esprit de la bande dessinée. On rentre très vite dans l’histoire. Dès les premières cases, on s’immerge dans la vie de Pascal. Cette réussite est également du aux dessins. Les cases sont colorées et ne devraient pas rebutés ceux d’entre vous qui ne sont pas forcément familiers de la bande dessinée.

Au final, je suis très loin de regretter ma rencontre avec Pascal. J’ai vraiment bien rigolé et j’ai hâte de me plonger dans les deux autres opus de la série. De bonnes tranches de rigolade m’attendent. Je ne peux donc que vous inciter à aller découvrir cet homme qui n’est comme aucun autre. Bonne lecture ! 

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Note : 17/20

Maggy Garrison, T1 : Fais un sourire, Maggy – Lewis Trondheim & Stéphane Oiry

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Titre : Maggy Garrison, T1 : Fais un sourire, Maggy
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Stéphane Oiry
Parution : Mars 2014


« Maggy Garrisson » a attisé la curiosité des adeptes du neuvième art lors de sa sortie le six mars dernier. En effet, c’était l’occasion de voir Lewis Trondheim scénariser une histoire dans un monde dénué de fantastique et qui n’utilisait graphiquement aucun mécanisme anthropomorphe. D’ailleurs, il confie les dessins à Stéphane Oiry que je découvre à l’occasion de cet album. « Maggy Garrisson » semble vouée à devenir une série. En effet, cet ouvrage intitulé « Fais un sourire, Maggy » est numérotée. Il s’agit donc du tome initial des aventures d’une nouvelle héroïne. Le bouquin de format classique est édité chez Dupuis dans la collection Grand Public. La couverture nous fait découvrir Maggy sous un parapluie en train de s’allumer une cigarette dans une rue pluvieuse londonienne.

La quatrième de couverture nous présente la porte d’entrée suivante : « C’est son premier job depuis deux ans… Il faudrait qu’elle fasse un effort. Sauf que son patron a l’air d’un parfait incapable. Et qu’il n’y a pas mal de fric à gratter en parallèle. » Le ton posé. Il n’y avait plus qu’à espérer que la réalité soit à la hauteur des attentes suscitées.

Bien que m’étant offert ce bouquin peu de temps après son apparition dans les rayons de librairie, j’ai attendu quelques semaines avant de m’y plonger. J’ai donc eu l’occasion de lire sur le net ou dans la presse spécialisée bon nombre de critiques et d’avis à propos de cette nouvelle héroïne. Elles étaient dans leur grande majorité élogieuses et enthousiastes. Elles tressaient des louanges à ce personnage féminin à la personnalité marquée et au caractère fort. Elles louaient les auteurs d’avoir immergé leur intrigue dans la capitale britannique.

Découvrir le Londres contemporain

Je dois avouer que ce dernier aspect m’attirait. En effet, j’ai rarement eu l’occasion de découvrir le Londres contemporain dans un album de bandes dessinées. Bien souvent, les relations entre le neuvième art et « Smoke » se déroulent à la fin du dix-neuvième siècle, époque ayant vu naître Jack l’éventreur ou Sherlock Holmes. Les calèches dans les rues sombres bravant le brouillard légendaire permettait de générer des atmosphères envoutantes. Néanmoins, la richesse naît de la diversité et j’étais curieux de savoir comment les auteurs allaient exploiter les lieux et l’ambiance de la ville anglaise. Certaines scènes extérieures n’ont aucun à nous persuader que nous sommes outre-Manche. De plus, la météo grise ou les pubs locaux participent à cette immersion. Malgré tout, les événements, les personnages et le fait que les échanges soient en français ont tendance parfois à nous faire penser que les personnages pourraient se trouver dans n’importe quelle autre grande ville européenne. Peut-être qu’en intégrant quelques expressions anglaises dans les dialogues à la manière de « Blake et Mortimer » cela aurait facilité la crédibilité géographique de l’ensemble.

maggygarrison1aMaggy nous est jusqu’alors inconnue. Les auteurs doivent donc nous la présenter. La première impression est toujours importante. Les premiers mots sont en voix off. Ils permettent de se faire une idée de cette femme. Elle donne le sentiment de ne pas aimer être embêtée. En peu de termes, Trondheim nous offre l’identité de son héroïne. Les pages suivantes confirment notre perception. Elle apparaît débrouillarde. Son sens de l’éthique atteint rapidement ses limites quand quelques menus billets sont disponibles. Mais on ne lui en veut pas. Son côté futé semble l’emporter sur son côté magouilleur.

La neuvième planche marque le vrai début de l’intrigue. Les présentations sont faites. Il s’agit de rentrer dans le vif du sujet. La trame pose des jalons intéressants et sollicitent activement notre curiosité. Les zones d’ombre sont nombreuses et on ne demande qu’à suivre les pérégrinations de Maggy pour dénouer la pelote emberlificotée autour de son peu charismatique patron. Hélas, l’intensité narrative a tendance à diminuer au fur et à mesure que les pages défilent. Il se passe davantage de choses dans le premier tiers de l’album que dans les deux autres réunis. L’histoire donne lieu à des moments sympathiques et bien écrits mais le fil conducteur est faiblard et n’a pas arrivé à réellement m’intéresser. Au final, je me suis détourné de l’enquête menée par l’héroïne. Son dénouement m’a laissé quasiment insensible.

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Ce sentiment est regrettable car Maggy possède un vrai potentiel scénaristique. De plus, les auteurs font exister des personnages secondaires intéressants qui auraient pu donner une autre ampleur à l’ensemble s’ils avaient été mieux ou plus exploités. Je me demande même si la lecture n’aurait pas été plus agréable si le fil conducteur des recherches de la jeune femme avait été plus en retrait. Cela aurait laissé davantage de place aux différents échanges de Maggy avec ses rencontres. En effet, ces moments sont les meilleurs de l’album. Ce premier tome a donc ses qualités et ses défauts. Les premières m’inciteront à jeter un coup d’œil sur le prochain opus lors de sa future sortie. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 11/20

Ralph Azham, T6 : L’ennemi de mon ennemi – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T6 : L’ennemi de mon ennemi
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Février 2014


Lors de sa naissance, « Ralph Azham » s’est vu reproché d’être un sous-« Donjon ». En effet, le fait que Lewis Trondheim crée une série humoristique inscrite dans un univers de fantasy incitait naturellement à faire un parallèle avec la saga tentaculaire « Donjon ». Cette dernière possède une place particulière dans le neuvième art des deux dernières décennies. Ces afficionados dont je fais partie lui vouent une affection certaine. Les premières aventures de ce nouvel héros prénommé Ralph donnaient l’impression d’utiliser les mêmes ficelles que celles de ces prédécesseurs Herbert et Marvin sans atteindre leurs auras. Néanmoins, au fur et à mesure que les années passent, les tomes paraissent et permettent à cette nouvelle série de voir sa propre identité prendre de l’épaisseur. La raréfaction des parutions d’épisodes de « Donjon » facilite la chose. « Ralph Azham » se compose maintenant de six tomes dont le dernier est paru le six février dernier chez Dupuis. Vendu au prix de douze euros, il nous offre une couverture nous immergeant au beau milieu d’une bataille de grande ampleur dans laquelle notre héros n’a pas l’air au mieux. Il ne restait plus qu’à s’y plonger pour en savoir davantage…

Le site BDGest’ propose le résumé suivant des enjeux de cet opus : « Les oracles, ça ne raconte pas de bobards : conformément à leurs prédictions, Ralph a bel et bien décapité le terrible Vom Syrus. Ou plutôt son sosie empaillé, utilisé par le roi pour entretenir la légende… Privé de l’alliance qu’il voulait nouer avec cet homme de paille et de retour sur les terres d’Astolia, Ralph va devoir trouver son père, une nouvelle stratégie, et un pantalon agréable ! Car l’aventure ne s’arrête pas pour la petite bande qui va découvrir que les ennemis de nos ennemis ne sont souvent que d’autres… ennemis ! »

Jouer avec humour des codes de la fantasy

Je déconseille à tout lecteur de découvrir cet album sans avoir lu les cinq précédents de la série. Les tomes s’enchainent comme les chapitres d’un roman. Nous sommes bien loin de notre rencontre avec le héros quand il était un paria dans son propre village, perdu au milieu de nulle part. Depuis, il a fait bien des rencontres et a vu sa célébrité grandir au gré des événements. « Ralph Azham » s’adresse à un public large. L’auteur joue avec humour des codes de la fantasy.

Le cinquième tome s’est conclu par une vraie révélation imprévue. Elle remettait en cause beaucoup des enjeux et des repères jusqu’alors mis en place. Le grand méchant Von Syrus n’existait pas. Le roi semblait avoir créé un méchant de toute pièce. C’est donc pour cela que nous assistons au retour de notre petit groupe vers leur légendaire ennemi pour obtenir des explications. Sur ce plan-là, le lecteur s’interroge tout autant. Notre curiosité est mécaniquement attisée tant cette découverte scénaristique. La trame du tome se décompose grossièrement en deux parties. La première décrit le retour à Astolia, la seconde s’avèrera être une grande bataille avec Ralph dans le rôle principal.

ralphazham6bCette intrigue ne s’avère pas très intense. Le trajet vers la capitale n’est qu’une succession de rencontres et d’événements sans grand intérêt. Certes, ils sont autant d’occasion pour l’auteur de distiller une ou deux vannes bien senties. Je ne vous dis que je n’ai pas souri quelques fois au cours des pérégrinations de Ralph et ses amis. Néanmoins, l’ensemble manque de rythme et a un côté presque « encroûté ». Trondheim a beau donné une place intéressante au père du héros et son projet de résistance, il n’arrive réellement à générer une montée en puissance vers le combat final. C’est dommage.

Comme je l’évoque précédemment, à la manière de bon nombre de blockbuster, cet opus se termine sur une grande guerre. Je n’ai rien contre ce choix. Par contre, dans le sens où cette scène finale s’étale sur une vingtaine de pages, il est indispensable qu’elle soit originale, cadencée et spectaculaire. Je ne trouve pas que cela soit le cas dans « L’ennemi de mon ennemi ». Malgré tout l’affection que j’ai pour lui, je ne trouve pas que Trondheim arrive à structurer sa scène d’action finale. Les combats ne rebondissent pas, l’enchainement des différents duels ou assauts est brouillon. Bref, j’ai été assez déçu. Alors que cet album avait les ingrédients pour se conclure sur un feu d’artifice plein d’espoir pour la suite, il se conclue sur un sentiment mitigé. J’avais l’impression que les vingt dernières pages auraient pu être synthétisées en moins de dix, ce qui aurait permis de construire davantage le dénouement.

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Pour conclure, ce tome est loin d’être mon préféré de la série. Je trouve qu’il ne laisse pas beaucoup de place à l’humour tant dans les situations que dans les dialogues. Parallèlement, l’intrigue n’avance pas non plus à un rythme effréné. L’ensemble apparaît brouillon et dilué. L’attrait est préservé par l’empathie pour les personnages et par quelques moments très réussis, fruits du talent de son auteur. De plus, les dessins de Trondheim sont simples et sympathiques et rendent ainsi aisé et agréable la lecture. Le travail sur les couleurs de Brigitte Findakly n’est pas révolutionnaire mais participe à l’atmosphère graphique de l’ensemble. Je pense donc que « L’ennemi de mon ennemi » n’est pas l’épisode le plus marquant de la saga. Mais cette légère déception ne m’empêchera pas d’attendre la parution du prochain tome. Je reste toujours curieux de savoir vers où tout cela nous mène…

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Note : 11/20

Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T3 : Noires sont les étoiles
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Avril 2012


« Noires sont les étoiles » est le troisième tome de « Ralph Azham ». Cet album marque la fin du premier cycle comme cela est indiqué sur la couverture. Edité chez Dupuis, cet ouvrage est paru il y a quelques mois. Il est vendu pour un prix avoisinant les douze euros. J’avais décidé de m’intéresser à cette série par le seul nom de son auteur. En effet, Lewis Trondheim occupe une place particulière dans mon cœur de bédéphile. « Les formidables aventures de Lapinot » et « Donjon » sont ses plus célèbres productions. Mais « Les petits riens », « Bludzee », « Fennec » ou « Moins d’un quart de seconde pour vivre » sont autant d’albums assez uniques dans leur atmosphère ou leur originalité. Les deux premiers opus de « Ralph Azham » étaient sympathiques sans être mémorables. J’espérais que « Noires sont les étoiles » fasse changer cette saga de braquet.

Le résumé suivant est issu du site BdGest : « Ralph, toujours accompagné par les magiciens Yassou et maître Migachi, a décidé de voler la couronne de Tanghor, dont le pouvoir pourrait rendre la mémoire à sa sœur. Il s’associe à trois voleurs rencontrés sur le bord de la route et se rend à Onophalae, où la couronne magique est conservée en haut d’un pic particulièrement bien protégé. Du moins pour le commun des mortels, car rien ne résiste aux méthodes non-conventionnelles de Ralph. De son côté, le père de Ralph, qui a survécu à l’effondrement du barrage, s’installe à Astolia, où il ouvre une boutique de gâteaux-surprises, dans l’espoir que son fils s’y rejoindra. Mais il n’est pas le seul à l’y attendre : nombreux sont ceux qui aimeraient toucher la prime promise pour sa capture ! »

Le premier tome avait pour objectif de nous présenter le héros, Ralph, et l’univers dans lequel il allait évoluer. On découvre qu’il est paria dans son propre village. Il est né avec les cheveux bleus, signe local d’être un élu. On est alors voué à un destin prestigieux. Mais Ralph n’a pas été admis et est donc revenu marqué par son échec chez lui. Tous ses amis lui tournent le dos. Il est tout juste bon à dormir au milieu des cochons. Mais un événement fait que son village est détruit. Il décide alors de partir accompagné d’un enfant. Le second tome le voit se regrouper avec tous les enfants aux cheveux bleus, chacun possédant un pouvoir particulier qui décidera de sa fonction prochaine. Mais ils se trouvent au centre d’un guet-apens et doivent à nouveau s’enfuir. Mais le réel événement de cet opus est la rencontre d’une jeune fille, chef de l’armée. Elle serait peut-être la sœur que Ralph croyait disparue. Mais cette dernière n’y croit pas. C’est pourquoi il décide de partir en quête de la couronne de Tanghor dans ce troisième tome…

Une évolution positive

J’avais trouvé les deux premiers tomes un petit peu fouillis. Trondheim donnait l’impression de vouloir construire un univers relativement complexe. Mais on avait tendance à se noyer sous les informations au détriment du côté drôle et décalé des personnages et des dialogues qui font le succès de l’auteur. J’espérais donc que « Noires sont les étoiles » se montrent plus structuré et linéaire sur le plan narratif pour laisser une place dans la lumière à ses protagonistes. Je trouve que l’évolution est positive. La trame principale est simple. Il faut retrouver une couronne qui permet de retrouver la mémoire. Dans un second temps, il s’agira de la faire porter à celle que Ralph pense être sa sœur. Cela offre une unité de lieu qui permet de retrouver tous les personnages des deux premiers opus dans un même endroit. Cela évite les voyages permanents qui remplissaient l’album précédent.

Le fait qu’on ne quitte pas Astolia dans la deuxième partie de l’histoire permet de nombreuses interactions entre les personnages. Cela laisse donc une plus grande place aux dialogues. Trondheim laisse libre cours à son talent et nous offre des moments vraiment drôles. Il retrouve un petit peu la magie de « Donjon » qui est culte dans la fantasy décalée. Il joue avec les codes du genre. Objets magiques, pouvoir, malédiction… Rien n’est oublié. Le rythme de narration est assez soutenu et nous ne offre aucun réel temps mort. En ce sens, « Noires sont les étoiles » est, à mes yeux, le meilleur des trois tomes de la série. En simplifiant l’ensemble, Trondheim fait naitre un album plus passionnant et drôle que les précédents qui étaient plus confus. On en apprend davantage également sur le monde dans lequel se déroule l’histoire. On rencontre le roi par exemple.

Les dessins sont également le fruit du trait de Trondheim. Son style est reconnaissable dès le premier coup d’œil. Je vous avoue que j’en suis friand. Le trait est simple et rend les planches faciles d’accès. Cela n’empêche pas les cases d’être pleines de détails et habitées d’une vraie atmosphère. Les décors ne sont pas négligés et participent à la création de l’univers qui abrite la trame. De plus, les personnages sont tous facilement reconnaissables et possèdent chacun leur identité graphique soit par leur caractère soit par leur physique. Enfin, le travail de Brigitte Findakly sur les couleurs est excellent et donne à l’ensemble un aspect visuel très attractif.

En conclusion, « Noires sont les étoiles » est un ouvrage honnête qui marque une progression dans la série. Il se lit avec plaisir. On ne s’ennuie jamais même si on n’est pas aussi transporté que dans « Donjon ». Néanmoins, le premier cycle étant terminé, on se doute qu’un second verra le jour. Je n’hésiterai pas à guetter sa parution pour suivre les aventures de Ralph. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 13/20

Ralph Azham, T1 : Est-ce qu’on ment aux gens qu’on aime ? – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T1 : Est-ce qu’on ment aux gens qu’on aime ?
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Mars 2011


« Ralph Azham » est une nouvelle série née de l’imagination du célèbre et talentueux Lewis Trondheim. Le premier tome intitulé « Est-ce qu’on ment aux gens qu’on aime ? » est sorti le mois dernier. Edité chez Dupuis, cet opus de format classique est composé d’une grosse quarantaine de pages. Sur un fond blanc, la couverture nous présente une galerie de personnages originaux tournant autour d’un jeune homme aux cheveux bleus et dont les mains sont attachées à un poteau. Le prix de l’ouvrage est un petit peu inférieur à douze euros.

Ralph Azham vit dans un village dans lequel il possède le statut de souffre-douleur. Toutes les occasions sont bonnes pour le punir, le torturer ou le frapper. Il faut dire que ce cher Ralph possède un pouvoir bien particulier. Il peut voir les morts et les naissances. Bref, pour lui, le quotidien est rarement rose et bien trop souvent noir et dur. Mais déjà que la vie n’est pas facile, voilà que le village va être attaqué par la Horde, une troupe sanguinaire qui pris l’habitude de terroriser les habitants…

Il faut savoir que je suis un grand fan de Lewis Trondheim. Je possède une grande partie de ses productions. Et rares sont les lectures de l’une d’entre elles qui ne m’ont pas enthousiasmé. Cela fait que la seule présence de son nom sur une couverture de bandes dessinées fait que je m’offre l’album en question. La couverture laissait sous-entendre une nouvelle immersion de l’auteur dans l’univers de « l’Héroïc Fantasy ». C’était plutôt une bonne nouvelle car son premier voyage dans le domaine a donné naissance à la grande saga « Donjon » qui est une des œuvres majeures de la dernière décennie dans le neuvième art français. J’avais donc hâte de découvrir ce cher Ralph. Pour ceux qui n’auraient pas encore la chance de connaître la magie de Trondheim, sachez qu’elle s’adresse à tous les publics. Cet album répond également à cette règle.

On frôle parfois l’indigestion.

Cet album marque le début d’une nouvelle série. Les personnages nous sont donc inconnus tout autant d’ailleurs que l’univers dans lequel ils vivent ou que les règles qui régulent leur monde. C’est un attrait toujours certain des premiers opus de séries de « Fantasy ». On est toujours à la recherche de la petite originalité qui va nous rendre ce monde si sympathique. On ne peut pas dire que cet album se démarque vraiment des habitudes du genre. L’attrait réside davantage dans le fait que Trondheim veuille jouer avec les codes du genre. Le bémol est que j’ai trouvé la trame très brouillonne. On a parfois l’impression que cela part dans tous les sens. Les informations sont nombreuses, les chemins variés. Mais au final, on frôle parfois l’indigestion. J’ai en effet eu du mal à me plonger dans le quotidien de Ralph Azham. Je suis resté spectateur parce que la porte d’entrée était peut-être un petit peu trop obstruée.

Côté personnages, Trondheim nous en offre une galerie assez fournie. Le premier d’entre eux donne le nom à la série. Il s’agit de Ralph Azham. On ressent un petit peu d’empathie pour lui. En effet, le fait que le village lui fasse porter tous les malheurs du monde avec un certain sadisme fait qu’on ne peut être que de son côté. Le fait que l’histoire se déroule dans une petite communauté fait qu’on voit rapidement graviter un nombre certain de personnages identifiables. C’est une réussite de l’ouvrage car cela nous permet quand même de visualiser assez rapidement le fonctionnement local. Je ne vous les présente pas tous parce qu’une partie du plaisir de la lecture réside dans la surprise et la découverte.

Côté atmosphère, je ne l’ai pas trouvé très prenante. Au risque de me répéter, je trouve que la narration est trop brouillonne pour rendre notre immersion totale. Je pense que structurer davantage les informations en les allégeant éventuellement aurait permis de donner davantage d’épaisseur aux personnages et ainsi de développer nos sentiments à leurs égards. Ce n’est que mon point de vue mais c’est en tout cas ce que j’ai ressenti. C’est dommage car certaines scènes sont vraiment très réussies. Trondheim démontre une nouvelle fois son talent pour faire rire en tout occasion. Certaines répliques sont remarquables de drôlerie. Néanmoins, on ne retrouve pas la densité humoristique que contiennent certains épisodes de « Donjon ».

Concernant les dessins, je les trouve remarquables. Il faut dire que je trouve le style de Trondheim très agréables. D’apparence très simple et quasiment enfantin, ils collent parfaitement au ton de l’histoire. Ils rendent la lecture aisée pour tout type de public. Pour des raisons équivalentes, les couleurs sont bien dosées. J’en profite pour signaler la qualité du travail dans ce domaine de Brigitte Findakly qui s’en est chargée dans cet opus. Le découpage des cases est classique. Chaque page est composée de quatre lignes découpées chacune en une à quatre cases. Sur ce plan-là, la lecture ne nécessite pas de gymnastique particulière.

Au final, cet opus m’a laissé un sentiment mitigé une fois terminé. Je ne peux pas dire qu’il ne m’a pas fait passer un moment agréable. J’ai souvent ri, j’ai également trouvé certains dialogues ou certaines scènes savamment tournés. Par contre, je n’ai pas eu l’envie, comme souvent avec Trondheim, de me plonger au plus vite dans l’album tout juste terminé. Peut-être en attendais-je trop ? Malgré tout, je n’ai pas passé un moment désagréable en le découvrant. Mais il n’est pas à la hauteur des séries comme « Lapinot » ou « Donjon ». Cela ne m’empêchera pas de m’offrir le prochain opus de cette série pour découvrir les nouvelles aventures de ce pauvre Ralph Azham…

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Note : 12/20