Pinocchia

pinocchia


Titre : Pinocchia
Scénariste : Francis Leroi
Dessinateur : Jean-Pierre Gibrat
Parution : Novembre 1995


Lorsque j’ai appris que Jean-Pierre Gibrat avait dessiné une bande-dessinée érotique, mon sang n’a fait qu’un tour ! En effet, le dessinateur possède un trait magnifique, des couleurs splendides et sa façon de dessiner les femmes ne laisse jamais indifférent. Parue il y a bientôt 20 ans, Jean-Pierre Gibrat dessinait un scénario de Francis Leroi. Intitulé « Pinocchia », l’ouvrage réinterprète le conte de Pinocchio à sa sauce. Continuer la lecture de « Pinocchia »

De cape et de crocs, T1 : Le secret du janissaire – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

decapeetdecrocs1


Titre : De cape et de crocs, T1 : Le secret du janissaire
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Novembre 1995


« De Cape et de crocs » est une série qui s’est close récemment avec la parution de son dixième et dernier tome. Cela a fait naitre en moi l’envie de redécouvrir cette grande saga du neuvième art en commençant par son premier opus intitulé « Le secret du janissaire ». Il faut remonter huit ans en arrière pour découvrir la première parution de cet ouvrage chez Delcourt. On peut se l’offrir pour un petit peu moins de quatorze euros. Alain Ayroles s’occupe du scénario et Jean-Luc Masbou se charge des dessins. La couverture nous plonge dans une atmosphère nocturne. Deux personnages vêtus tels des mousquetaires cachent leur visage avec leur cape. L’un semble être un loup, l’autre semble être un renard. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Il ne reste plus qu’à se plonger dans la lecture pour le découvrir…

La quatrième de couverture nous présente les mots suivants : « A bord d’un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un écrin, dans l’écrin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte… l’emplacement du fabuleux trésor des îles Tangerines !… Il n’en faut pas plus à deux fiers gentilshommes, fins bretteurs, batailleurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geôles en galères, les mènera jusqu’aux confins du monde. »

decapeetdecrocs1aL’histoire exerce rapidement une emprise sur le lecteur. Dès les premières pages, on s’attache à notre duo de héros. Le premier, un loup, est un bel hidalgo nommé Don Lope. Le second, un renard, est un adepte de la poésie nommé Don Armando. La présentation est rapide et notre immersion dans leurs aventures immédiates. On y fera un grand nombre de rencontres avec des personnages très différents. On découvre un armateur avare, père d’un fils fainéant et peureux. On croise le chemin d’une belle gitane et d’une jeune femme blonde et orpheline qui feront chavirer les cœurs de nos deux gentilshommes. Enfin on découvrira un curieux lapin sur des galères et un fier guerrier ottoman en quête de trésor. Bref, les ingrédients sont appétissants et devraient faire naitre une lecture des plus plaisantes…

On entre tout de suite dans le vif du sujet.

Pour que la réussite soit totale, il fallait que cette galerie de protagonistes gravite dans un scénario dense et bien construit. On est rapidement rassuré sur ce plan-là. Les auteurs ne se perdent pas en digression pour nous présenter les jalons de la saga. On entre tout de suite dans le vif du sujet. On voit naitre deux histoires d’amour. On découvre une tentative de chantage. Et surtout, une chasse au trésor à grande ampleur semble être en passe d’être lancé. On est heureux de se trouver sur ces navires en quête du mythe des iles Tangerines sur les mers. Une fois l’album terminé, on a une intense envie de se plonger dans le tome suivant.decapeetdecrocs1b

Au-delà de suspense inhérent aux différentes épreuves qui se mettent sur le chemin de nos héros, le plaisir que se dégage de ce tome réside dans la qualité des dialogues. Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu récemment une telle densité et originalité dans les textes. Beaucoup de bulles sont cultes. Voir nos héros parler en rimes est le fruit d’un travail énorme. Le résultat est au rendez-vous. Il faut plusieurs lectures pour profiter pleinement de tous les jeux de mots offerts par le talent d’Alain Ayroles. Je me garde de vous citer quelques exemples car le plaisir réside également dans la découverte et la surprise.

Côté dessins, je trouve que la réussite est également au rendez-vous. Jean-Luc Masbou offre des cases denses sans être surchargées. Ils gèrent particulièrement bien les différentes entre premier plan, second plan et arrière-plan. Cette subtilité lui permet d’agrémenter ses planches de plein de petits détails qu’on prend plaisir à trouver au gré des lectures. De plus, les personnages possèdent une identité graphique intéressante. Leurs expressions très théâtrales génèrent une atmosphère vraiment unique qui caractérise la série.

decapeetdecrocs1c

En conclusion, « Le secret du janissaire » est une genèse de grande qualité qui explique aisément le succès que rencontre « De Cape et de Crocs » presque dix ans plus tard. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans cet ouvrage et par conséquent dans cette série. Vous ne regretterez pas ce voyage synonyme de grand dépaysement. De mon côté, il ne me reste plus qu’à partir une nouvelle fois à la découvre du deuxième tome intitulé « Pavillon noir ». Mais cela est une autre histoire… 

gravatar_eric

Note : 17/20

Bone, T1 : La forêt sans retour – Jeff Smith

bone1


Titre : Bone, T1 : La Forêt Sans Retour
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Septembre 1995


Il y a des jours où des circonstances particulières vous font découvrir des pépites. Des jours où l’on découvre « Bone » et où d’un coup, plus rien n’est pareil. Et pourtant, rien ne m’avait préparé à un pareil choc tant j’avais pris ce comics à la bibliothèque par simple curiosité et envie d’étendre ma culture des comics américains…

« Bone » est une série de comics faisant intervenir les bones, des êtres mi-humains, mi-animaux tout en rondeurs. Cette série compte 11 tomes (ou 9 selon l’édition originale). « La forêt sans retour » est le nom du premier opus.

Ils sont trois cousins, très différents. Fone Bone, le héros, est naïf, honnête, sensible, romantique… Il est aussi dépourvu de tout signe distinctif (et tout nu !). De quoi pouvoir parfaitement s’identifier à lui ! Phoney Bone est lui irascible, malhonnête et toujours prêt à faire un mauvais coup. Il était le bone le plus riche de Boneville grâce à ses nombreuses arnarques. Pour les monter, il utilise souvent Smiley Bone grand et souriant, mais un peu bête sur les bords.

L’histoire commence alors que les trois bones ont été chassés de Boneville à cause d’une nouvelle malversation de Phoney Bone. Ses cousins l’aident à échapper à l’ire populaire. Les voilà perdus dans le désert. Une attaque de criquets va alors rapidement les séparer. On suit le périple de Fone Bone découvrant une vallée encaissée et sa forêt. Il va alors s’y retrouver bloqué pour l’hiver et va essayer de retrouver ses cousins.

Un patchwork incroyable d’influences

La force de « Bone » est de ne rien dévoiler trop vite. On commence par découvrir les bones, ne sachant trop s’ils sont une représentation des humains ou pas. Puis on découvre que les bones peuvent parler avec certains animaux. Puis des monstres apparaissent. Puis des humains. Et ainsi de suite. La complexité et la féérie du monde de Jeff Smith est révélée au compte-goutte, l’auteur prenant le temps de nous immerger petit à petit dans son univers. Et quel univers ! Car sous ses aspects enfantins indéniables, il y a une noirceur persistente dans cette BD. L’humour est également omniprésent et souvent complètement absurde (à l’image de Mamy qui fait des courses contre les vaches…). C’est un patchwork incroyable d’influences, de Disney jusqu’à Tolkien.

L’histoire est très prenante bien que dans ce premier tome, il ne se passe pas tant de choses que ça. On découvre cette vallée en même temps que Fone Bone. Jeff Smith n’hésite pas à passer des pages entières à faire descendre Fone vers la vallée, mais à aucun moment on ne s’ennuie.

Le dessin est largement à la hauteur du propos. Etonnamment, il est dans un noir et blanc pur (pas de trames ou de niveaux de gris). Etant donné l’aspect enfantin du trait, la couleur paraissait un choix évident. Mais le noir et blanc apporte justement la noirceur qui donne toute sa force à « Bone ». La forêt la nuit est des plus angoissantes avec ces aplats de noir. De plus, le trait de Jeff Smith est incroyable et il aurait été dommage de l’atténuer par de la couleur. Je suis tombé amoureux de ses courbes au pinceau. La souplesse et les courbes des bones, associés à une expressivité incroyable des personnages m’ont séduit plus que de raison. Car Jeff Smith mélange les styles allègrement pour les besoins de son histoire. Les bones font partie d’un style très cartoon, enfantin, naïf, alors que Thorn est dessinée de façon réaliste. Mamy sera elle dans un style proche de la caricature, et les rat-garous appartiennent à l’univers du cauchemar. Cette faculté à manier et mélanger les styles, tant narratifs que picturaux, est unique. C’est vraiment un plaidoyer contre le cloisonnement des genres.

Au final, ce premier tome de « Bone », introduction à l’univers de Jeff Smith, m’a particulièrement séduit. Même s’il s’adresse à des adultes par son double degré de lecture, il est évident qu’il parlera d’avantage aux grands enfants, qui ont su garder une part d’imaginaire et de magie en eux (à la manière d’un Toy Story). Je suis sorti de ma lecture joyeux, ému et nostalgique. Une véritable révélation.

coupdecoeur_new

avatar_belz_jol

Note : 19/20