Les forêts d’Opale, T10 : Le destin du jongleur


Titre : Les forêts d’Opale, T10 : Le destin du jongleur
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Cédric Fernandez
Parution : Novembre 2017


Les Forêts d’Opale est une série que je suis depuis la parution de son premier tome. A l’époque, j’étais un grand afficionado de l’œuvre de Christophe Arleston depuis ma rencontre avec Lanfeust de Troy. Je guettais donc chaque nouvelle immersion du scénariste dans l’univers de la fantasy : Les maîtres cartographes, Le chant d’Excalibur ou encore Les naufragés d’Ythaq m’ont attiré uniquement par la présence du nom de cet auteur sur la couverture. Les Forêts d’Opale répondait également à cette « loi ». Je dois bien avouer que je garde un excellent souvenir de ma rencontre avec les protagonistes de cette saga classique. L’humour était présent et chaque lecture était un agréable moment de divertissement. Néanmoins, au fur et à mesure que les tomes sortaient, la qualité, à mes yeux, déclinait. C’était donc avec presque soulagement que j’avais conclu ma lecture du neuvième tome qui semblait conclure cette aventure. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’apparition d’un nouvel épisode de la série intitulé Le destin du jongleur ! Étant un lecteur fidèle, je me le suis procuré et l’ai entamé avec une certaine curiosité. Comment donner une suite au dénouement précédent ?

Un reboot du premier cycle ?

La quatrième de couverture présente les nouveaux enjeux avec les mots suivants : « Sur Opale, le monde des forêts, l’épopée de Darko est oubliée depuis plusieurs siècles. Pourtant, un maitre archéologue, Rodombre, cherche à reconstituer des pans obscurs de l’histoire. Avec l’aide de son assistante, Altaï, et d’un jongleur des rues, Luksand, il découvre qu’une nouvelle menace pourrait fondre sur les Cinq Royaumes… »

Les premières pages donnent l’impression d’être un reboot du premier cycle. L’histoire débute dans un village au milieu de la forêt. La routine est bousculée par l’apparition d’une troupe de baladins. La scène est quasiment une copie de celle du premier tome. Un trio se retrouve formé pour mener à bien une quête. Il se compose d’un personnage âgé et de deux jeunes qui se chamaillent : une femme et un homme. Là encore le parallèle est saisissant. Ces ressemblances ne m’ont pas dérangées car elles ont éveillé en moi le sentiment de retrouver le plaisir que j’associe à ma rencontre avec cette série. Il n’y a plus qu’à espérer que cette sensation s’inscrira de manière plus constante.

L’intrigue est classique mais se déroule sur un rythme soutenu et plutôt prenant. La recette scénaristique est un classique mais elle est bien exécutée. Les ingrédients ne sont pas révolutionnaires mais ils sont bien utilisés. Je me suis tout de suite pris de sympathie pour les personnages principaux et Arleston distille ses traditionnelles touches humoristiques avec talent. La lecture est vraiment agréable et j’ai passé un très bon moment à découvrir cette nouvelle aventure. La trame est rythmée et ne souffre d’aucun temps mort. Les événements s’enchainent vite facilitant ainsi notre immersion dans l’univers de la série. Les auteurs alternent assez bien moments calmes et scènes d’action, faisant en sorte que l’ennui ne nous guette jamais. Ce n’est pas le moindre des compliments.

La vraie rupture de cet album avec les précédents a lieu sur le plan graphique. En effet, Arleston a changé d’associé. Ce n’est plus Philippe Pellet qui et en charge d’illustrer les aventures de ces nouveaux héros mais Cédric Fernandez dont j’ai découvert le travail à cette occasion. Je n’étais pas un grand fan de Pellet et je dois dire que je suis plus sensible au style du nouveau venu. Il participe à l’atmosphère divertissante et dépaysante de l’ouvrage sans révolutionner pour autant le genre.

Pour conclure, Les forêts d’Opale a réussi son nouveau départ. L’intrigue n’est pas originale, les personnages répondent aux codes du genre mais l’ensemble reste sympathique et très agréable à lire. Le résultat est suffisamment bon pour que j’accueille avec plaisir et curiosité la future parution du onzième opus de la série. C’est déjà pas si mal…

2 réflexions sur « Les forêts d’Opale, T10 : Le destin du jongleur »

  1. J’ai été surpris de lire que tu n’est « pas un grand fan de Pellet ». J’ai récemment découvert cette série, et outre les scénarios d’Arleston, sachant se renouveler en exploitant toujours les mêmes recettes, j’ai beaucoup apprécié les dessins, entre les décors super détaillés, et les personnages soignés, et restant bien dynamique, évitant le piège de trop de réalisme menant parfois à de la raideur.
    Le coloriste a changé entre le tome 1 (qui était bien) et le 2 (mise en couleur plus sophistiquée, mais sans l’effet « plastique » constaté dans beaucoup de comics US), les couleurs restent bien, à mon avis.

    J’ai parcouru tes premières chroniques de la série, où tu dis apprécier les dessins.
    Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?
    Que reproches-tu à ces dessins ?

    (Sans agressivité aucune, chacun a droit à ses opinions, je suis juste curieux.)

    1. Ta remarque est pertinente car je n’avais pas remarqué que j’étais assez élogieux envers le trait de Pellet lors de mes lectures précédentes. Je pense que la nuance que j’apporte dans cette critique vient du fait qu’ayant lu depuis ma découverte des forêts d’Opale bon nombre de séries de fantasy, je trouve finalement que le style de Pellet est agréable mais se démarque finalement peu de ses acolytes du genre. C’est sûrement cette comparaison qui m’a amené à avoir un regard plus nuancé et pas forcément plus juste ou objectif sur le travail de Pellet. Je n’ai donc pas forcément d’explication bien rationnelle pour répondre à tes interrogations. C’était bien sympathique de me mettre face à mes contradictions ! Cela permet également de voir qu’une critique écrite après plusieurs relectures ne serait pas nécessairement la même que celle qu’on écrit juste après avoir fini la première découverte… Mais cela est un autre débat. En tout cas, je te remercie pour ton passage sur notre blog et n’hésite à revenir régulièrement. Au plaisir de te relire…

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