Happy birds


Titre : Happy Birds
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Hugo Piette
Parution : Juin 2017


Je n’ai jamais joué à Angry Birds. Je tiens à faire cette précision avant d’entamer ma critique car ce célèbre jeu à succès est au centre de Happy Birds, l’ouvrage co-écrit par le dessinateur Hugo Piette et le scénariste Lewis Trondheim. N’ayant point été attiré vers ce bouquin par sa thématique, c’est le nom du célèbre auteur de Lapinot et Donjon sur la couverture qui m’a poussé à découvrir sa dernière production.

Cahier des charges rempli.

Dans un format à l’italienne, les auteurs enchaînent les gags centrés autour de Pekko, geek afficionado du célèbre jeu dont le rêve ultime est de travailler dans l’entreprise créatrice de Angry Birds. Chaque page conte une situation avec sa chute. Cela autorise donc une lecture perlée de l’ensemble. Néanmoins, je conseille de respecter la chronologie pour profiter pleinement des running gags ou encore des changements de situation professionnelle du héros.

Le fait de connaître ou non le jeu n’est d’aucun apport pour profiter des pérégrinations du personnage principal. Savoir qu’il s’agit d’un jeu addictif dont le but est de finir des niveaux pour en découvrir de nouveaux est suffisant pour saisir la psychologie du joueur. Le rythme de narration est assez effréné correspondant parfaitement à l’hystérie de Pekko quand il s’agit d’évoquer de près ou de loin Angry Birds. Cet aspect peut d’ailleurs un petit peu fatiguer le lecteur s’il lit la centaine de pages d’une traite. Quelques moments de pause auraient été parfois les bienvenues. Mais il s’agit d’un défaut lié à la structure globale de l’ensemble.

La première partie du livre m’a beaucoup plu. Pekko est vraiment drôle. Son immaturité, son stress permanent et ses rêves irréalistes donnent lieu à des moments divertissants et parfois hilarants. J’avais parfois le sentiment de retrouver l’atmosphère, dans un contexte différent, de L’Atelier Mastodonte. Les personnages secondaires apportent leur écot au quotidien du héros et permettent une diversité dans les sources humoristiques. Néanmoins cet enthousiasme s’atténue au fur et à mesure que les pages défilent. Les gags ont tendance à se répéter et les auteurs ont du mal à renouveler les aventures de Pekko. J’ai eu le sentiment que tout cela tournait en rond au point de voir arriver la fin avec un certain soulagement. Peut-être que cette sensation n’aurait pas existé si j’avais lu Happy Birds en plusieurs fois. La lassitude aurait sûrement été moindre.

Le dessin de Hugo Piette ne casse pas trois pattes à un canard mais suffit largement pour accompagner les vannes de Trondheim. L’illustrateur arrive à faire transpirer de son dessin la personnalité de son héros et le rend sympathique. Il faut dire que la structure même de l’histoire n’offre pas non plus un terrain d’expression graphique impressionnante.

Pour conclure, Happy Birds remplit honnêtement le cahier de charges fixé. Les auteurs jouent avec les codes du jeu, de ses concepteurs et de ses utilisateurs. Mon regret porterait sur le fait que l’ensemble manque de matière et d’imagination pour offrir des moments surprenants et drôles du début à la fin. La seconde moitié est plus poussive est plus sourire de temps de temps que rigoler systématiquement. C’est dommage…

 

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