Le vendangeur de Paname


Titre : Le vendangeur de Paname
Scénariste : Frédéric Bagères
Dessinateur : David François
Parution : Janvier 2018


Le Vendangeur de Paname est un album qui donne vie à deux nouveaux personnages de papier : l’Ecluse et la Bloseille. C’est à travers une interview de leurs auteurs, Frédéric Bagères et David François, que j’ai découvert le fruit de leur travail. L’article était accompagné d’une planche de l’ouvrage et je dois bien vous dire que l’originalité graphique qui s’en dégageait a fini de me convaincre de partir à la rencontre de ces deux policiers qui utilisaient leur talent au début du siècle dernier.

Une ambiance : Le Paris du siècle dernier.

La quatrième de couverture présente l’intrigue avec les mots suivants : « Paris 1912, un mystérieux tueur en série défie la police française. Le quai des Orfèvres mobilise toutes ses forces pour l’arrêter. Toutes ses forces ? Non. L’Ecluse, un inspecteur porté sur la boutanche, et Pierre Caillaux, fils de ministre pistonné, sont priés de ne surtout pas se mêler de l’enquête. C’est pourtant ce qu’ils vont s’empresser de faire, avec enthousiasme. »

Avant tout, ce bouquin, c’est une ambiance : Paris il y a un siècle. La gouaille des personnages est remarquable. Les textes sont des petits bijoux. Les expressions sont splendides, les métaphores de titi parisien splendides. C’est un texte dont chaque gorgée littéraire se savoure jusqu’à la dernière goutte. Je me garderai bien de vous en citer des exemples pour ne pas vous en gâcher le plaisir. Mais sachez que certaines répliques cultes du film Les Tontons flingueurs ne dépareilleraient pas dans cet univers linguistique.

Le Vendangeur de Paname, c’est également un duo de choc. La première page nous présente Caillaux. Le fait qu’il soit pistonné dans la police ne fait aucun doute. Néanmoins, cela ne l’empêche pas d’apparaître sympathique tant il semble soucieux et volontaire de faire au mieux son métier. Son partenaire répond davantage à des canons caricaturaux : la bedaine en avant, toujours partant pour un petit verre et a priori pas débordé par le travail. Mais le binôme va bien fonctionner pour notre plus grand plaisir. À aucun moment, je n’ai eu le sentiment que j’avais à faire à deux génies de la déduction mais je n’ai jamais douté qu’en suivant leurs pas, je n’allais jamais m’ennuyer !

Côté scénario, l’intrigue est plutôt bien construite. Elle fait cohabiter deux enquêtes, celle menée par les deux héros et celle qui agite tout Paris. D’un côté, le lecteur suit les pérégrinations du duo autour du meurtre d’un caviste. De l’autre, les nouveaux crimes d’un tueur en série rythment le déroulement de l’ensemble. Sans révolutionner le genre, la narration est plutôt prenante. Je n’ai eu aucun mal à me laisser porter et ai rapidement été curieux de connaître le dénouement de tout cela.

Enfin, je ne peux pas conclure ma critique sans dévoiler mes sentiments amoureux à l’égard des dessins nés de la plume de David François. Je trouve son style plein de personnalité. Son travail tout en courbe couplé à une mise en couleur remarquable offre un album assez unique. En lisant, j’ai eu le sentiment de découvrir un nouvel univers graphique. Cette sensation était bien agréable et je me dois donc logiquement de vous encourager à suivre mon chemin !

Vous l’aurez compris, je vous incite vivement à rencontrer Le vendangeur de Paname. Il s’agit d’un opus plein de charmes qui se lit avec plaisir. Je ne sais pas si les auteurs ont prévu d’offrir une suite aux aventures de leurs deux héros. Mais si c’est le cas, je ne m’en priverai pas !

2 réflexions sur « Le vendangeur de Paname »

  1. Jolie chronique !
    Merci pour ce bel article, que de louanges, n’en jetez plus, je suis aux anges.
    Heureux que l’on vous ait fait passer un bon moment de lecture.

    FB

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