Saveur coco

SaveurCoco


Titre : Saveur Coco
Scénariste : Renaud Dillies
Dessinateur : Renaud Dillies
Parution : Septembre 2013


Les albums écrits par Renaud Dillies ont la capacité de me bouleverser. La lecture de Abélard ou Betty Blues ne m’ont pas laissé indemne. Il s’agit d’histoires très intenses émotionnellement. J’étais donc enchanté de voir apparaître dans les libraires son dernier opus sorti le cinq septembre dernier. Il s’intitule Saveur Coco. Comme toujours, il s’agit d’un très bel objet de quatre-vingts pages. La couverture est très réussie. Elle présente un oiseau et un renard en train de marcher dans le désert. Le seul lien avec le titre semble être la noix de coco que tient dans ses mains l’un des personnages. L’ouvrage est accompagné d’une étiquette indiquant que ce bouquin est « plus poétique que Le Petit Prince ». Ce n’est pas rien même si je ne suis pas un grand fan de l’œuvre de Saint-Exupéry. 

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La quatrième de couverture nous présente un simple dialogue : « Jiri, j’ai soif ! – J’ai soif aussi mon bon Polka… J’ai soif aussi ! ». Il est court mais résume assez bien les enjeux de la trame. Jiki est une cigogne et Polka un renard. Ils se trouvent au milieu d’un désert et meurt de soif et décide de partir vers l’inconnu en quête de boisson. L’album nous conte les différentes pérégrinations qui vont agrémenter leur longue marche.

Ni début, ni réelle fin.

SaveurCoco2L’histoire est simple. Le road movie est une thématique qu’utilise souvent l’auteur. Abélard et Betty Blues utilisent également ce mécanisme scénaristique. Renaud Dillies a démontré dans ses albums précédents sa capacité à insérer des rencontres fortes tout au long du parcours de ses héros. C’est moins le cas dans Saveur Coco. Le ton parfois absurde de la narration fait que les protagonistes qui croisent le chemin des deux amis se contentent finalement de marquer des étapes dans leur quête plus que d’offrir des moments intenses qui relancent la curiosité du lecteur. Le côté trop rectiligne de la trame fait que chaque nouveau personnage m’est quasiment indifférent dans la seconde moitié de la lecture tant je n’espère plus un changement de braquet de la narration.

Le duo de héros nous est rapidement présenté. Ils m’ont été rapidement sympathiques. J’étais curieux de savoir ce qui allait advenir de leur quête. Le fait que les dénouements de l’auteur ne soient pas toujours prévisibles attise d’autant plus ma curiosité. L’évolution de Jiki et Polka est décevante. En effet, ils sont à la dernière page comme ils étaient à la première. Ils n’ont pas du tout évolué. C’est d’ailleurs curieux car leur quête se prête à des changements d’humeur. Leur désespoir semble le même au début et à la fin. Les faux espoirs qui parsèment leur route n’ont finalement aucun effet réel sur eux. C’est curieux et dommage.

SaveurCoco3Les personnages n’évoluent pas… l’histoire non plus ! Je suis vraiment surpris par le fait que l’intrigue ne possède finalement ni réel début ni réelle fin. La trame peut quasiment se lire comme une succession de chapitres indépendants mettant en jeu deux assoiffés au milieu du désert. Chaque événement semble n’être relié ni à celui qui le précède ni à celui qui le suit. Le côté absurde de certaines rencontres pourrait générer de la poésie si l’ensemble avait possédé davantage de liant. Le côté décousu sans direction m’a empêché de m’immerger dans l’univers de Dillies. Je suis le premier à le regretter.

Le principal atout de Saveur coco reste les illustrations. Le style de Renaud Dillies est très reconnaissable et c’est toujours avec plaisir que je le retrouve. Il a un talent énorme pour créer des personnages et des lieux à la profondeur certaine. Son travail sur les couleurs est également brillant. Il fait partie des auteurs qui possèdent une identité graphique forte. C’est agréable et cela compense en partie les faiblesses évoquées précédemment.

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Pour conclure, Saveur coco est la première déception née de la plume de Renaud Dillies. Cet ouvrage diffère des précédents et je ne suis pas arrivé à entrer dans son univers particulier et absurde. Je ne doute pas que certains y trouveront leur compte comme le sous-entendent bon nombre de critiques élogieuses lues sur les blogs ou dans les revues spécialisées. Néanmoins, cela ne m’empêchera de guetter avec attention et appétit le prochain opus de cet auteur à la personnalité artistique si forte et originale…

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2 réflexions sur « Saveur coco »

  1. Une lecture qui déstabilise oui. J’ai rapidement comparé cet univers absurde aux univers de l’ours Barnabé et de Philémon. Car finalement, l’essentiel ne réside-t-il pas dans le fait que le lecteur est invité à tirer ses propres conclusions de cet imbroglio narratif.
    C’est absurde, décalé, saugrenu… je ne sais pas comment j’ai fait pour trouver ma place dans cet univers où on cherche à définir les contours de la quête insensée de Jiri et Polka… peut-être grâce à ces illustrations (poétiques) dont tu parles si bien.

    1. Je suis un grand fan de l’univers de Philémon. De mon point de vue, « Saveur Coco » est bien loin de la maestria et de l’originalité du monde créé par Fred. Plutôt qu’absurde, je trouve l’ensemble décousu et brouillon. Bref, je ne suis pas tombé sous le charme… Les goûts et les couleurs…

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