Le serpent et la lance, T1 : Ombre-montagne


Titre : Le serpent et la lance, T1 : Ombre-montagne
Scénariste : Hub
Dessinateur : Hub
Parution : Novembre 2019


Le serpent et la lance est un ouvrage que le père Noël a eu la gentillesse de m’offrir en fin d’année dernière. Ma première impression en le tenant de les mains a été de posséder un album dense, dépaysant qui était le fruit d’un auteur a priori inconnu. Après m’être renseigné, j’ai découvert que Hub était également à l’origine de la série Okko. Je n’ai jamais eu l’occasion de m’y plonger mais n’en ai eu que des échos élogieux. Bref, à l’amorce de ma lecture, mon impression à l’égard de ce livre était positive.

Un beau travail d’écriture

« Empire aztèque, 1454 – La cité lacustre de Tenochtitlan bruisse de rumeurs depuis quelques temps. A l’extérieur de son enceinte, de sinistres momies de jeunes filles sauvagement assassinées sont retrouvées à l’identique jusque dans les régions les plus éloignées. Afin d’éviter tout trouble, les autorités de la ville tenter d’étouffer l’affaire. L’enquête est discrètement confiée à Serpent, un haut-fonctionnaire cruel mais efficace. Un prêtre influent, Cozatl, fort embarrassé par certains indices qui relient ces meurtres à l’ordre qu’il dirige, tente de retrouver au plus vite son vieil ami, Œil-Lance. Il veut inciter ce dernier à mener une enquête parallèle. Serpent et Œil-Lance se connaissent depuis l’enfance. Ils ont fréquenté la même maison du peuple et leurs rapports ont toujours été détestables. L’un des deux élucidera-t-il cette sombre affaire ? »

Cet album possède un format peu classique. Il se compose de presque deux cents pages. Son découpage en chapitres facilite la lecture et la compréhension du déroulé de l’intrigue. J’ai vraiment eu le sentiment de me plonger dans une saga de grande ampleur.

Le premier attrait de cette histoire est l’originalité de la civilisation au milieu de laquelle elle se déroule. Rares sont mes lectures à m’avoir permis de découvrir l’univers des incas. Mes quelques immersions dans ce monde l’ont souvent été à travers le prisme des guerres contre les conquistadors espagnols. C’est donc avec curiosité que j’ai débuté ma lecture de cette nouvelle aventure. L’atmosphère mystérieuse et exotique qui l’envoutée s’est rapidement avérée prenante et a fait de cet album une belle réussite à mes yeux.

L’intrigue s’avère particulièrement dense. Elle débute à plusieurs endroits et à plusieurs époques. Une toile narrative complexe semble se tisser au fur et à mesure que les pages défilent. Toutes les parties de cette grande machinerie scénaristiques ne sont pas encore emboîtées mais elles se rapprochent les unes des autres petit à petit. La lecture demande une certaine concentration devant la richesse des personnages, des enjeux et des événements. Mon attention a été alimentée en permanence par l’intrigue que j’ai trouvé très prenante. Il s’agit d’un beau travail d’écriture.

Cette histoire captivante est sublimée par les illustrations. J’ai été immédiatement conquis par le dessin. Le style graphique de l’auteur fait vivre le lieu et a favorisé mon dépaysement. De plus, la capacité de son crayon à varier les ambiances et à travailler sur les couleurs pour faire évoluer l’atmosphère est un atout indéniable au plaisir offert par cette lecture.

Pour conclure, Le serpent et la lance est une belle découverte. J’ai énormément apprécié le voyage. La densité du scénario est remarquable et a éveillé chez moi une forte envie de connaitre la suite. Mais cela est une autre histoire…

Okko, T10 : Le cycle du vide, deuxième partie

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Titre : Okko, T10 : Le cycle du vide, deuxième partie
Scénariste : Hub
Dessinateur : Hub
Parution : Novembre 2015


« Okko » fait partie de ces rares séries qui, au fur et à mesure des tomes, se bonifie. Après cinq diptyques, il est temps pour Hub de raccrocher et de terminer son histoire. Les premiers cycles avaient vu Okko le ronin faiblir, vieillir et être mutilé. Dans « Le cycle du vide », il prend une retraite bien méritée. C’est l’occasion de revenir sur son passé. Le tout est publié chez Delcourt.

« Okko » reprend les codes de l’aventure classique. Un groupe disparate d’individu (un démon, un ronin, un moine alcoolique et son apprenti) arpente un Japon médiéval fantastique. En utilisant un flashback pour terminer son œuvre, Hub s’attache à nous expliquer comment ce groupe s’est formé. Okko est donc à la recherche de sa mère. Parallèlement, on suit l’histoire de Noshin, comprenant comment il est devenu moine.

Une fin en apothéose.

Okko10aL’inconvénient majeur de ce cycle est l’absence (presque) totale de Noburo, un personnage ô combien charismatique ! Cependant, les informations distillées, le suspense insoutenable et les révélations compensent largement cette perte. Car au-delà de ce cycle passionnant, c’est toute la série qui prend du sens. Sitôt fermé ce tome, je me suis relancé dans la lecture complète des cycles précédents, retrouvant les allusions laissés par Hub précédemment (la relecture de la visite des monastères prend ainsi une saveur particulière…). L’auteur a vraiment pensé sa série comme un tout. Et au-delà de chaque cycle qui possédait un intérêt en tant qu’entité unique, la série prend encore une nouvelle dimension.

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Hub réussit donc le pari de refermer sa série sans laisser de regret à ses lecteurs. On sentait un Okko à bout et on le laisse partir chasser ses démons intérieurs. Les révélations sont puissantes et on ne sort pas déçu de ce cycle qui explique le passé des protagonistes sans renier aux codes de la série : violence, démons et manipulations.

Graphiquement, Hub a beaucoup évolué dans son dessin les années passant, tout en gardant cette identité forte. Le trait est dynamique et élégant, puisant dans différentes sources. La colorisation est encore une fois de grande qualité, sublimant les ambiances sans ternir le dessin de l’auteur.

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« Okko » se termine et c’est tant mieux. Point d’orgue de la série, ce cycle du vide est riche en action et en émotion. Ainsi, aucune déception ne vient ternir cette épopée qui restera comme l’une des meilleures séries de ces dernières années. Okko a pris sa retraite et on aura grand plaisir à relire ses aventures. Il n’y a pas eu de cycle de trop et c’est bien le principal !

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note5

Okko, T7 : Le cycle du feu, première partie

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Titre : Okko, T7 : Le Cycle du Feu, première partie
Scénario : Hub
Dessin : Hub
Parution : Octobre 2011


« Okko » est une série basé sur des cycles élémentaires composés de deux tomes chacun, scénarisée et dessinée par Hub. Après le cycle de l’eau, le cycle de la terre et le cycle de l’air, voici venir le cycle du feu. Premier tome de ce cycle et donc septième de la série, celui-ci démarre sur un mariage entre deux familles très puissantes. Devant l’ampleur du phénomène (qui pourrait amener un nouvel empereur), les familles font appel à la garde blanche, composée des cent samouraïs les plus valeureux. Auquel s’ajoute un cent-unième bien connu : Okko. Bien qu’étant déshonoré et diminué (il a perdu une main lors du cycle précédent), ce qui fait de lui un ronin, ses faits d’armes le rendent indispensables. Cependant, notre héros sait prendre du recul et évite de se mélanger avec des pairs qui le renient.

La réussite d’ « Okko » tient à plusieurs facteurs. Le japon médiéval, teinté de fantastique, est à la fois terriblement exotique et sombre. Hub crée un monde d’héroïc-fantasy japonais avec ses guerriers, ses nobles, ses monstres et ses sorciers. La balance entre l’aspect historique (et documenté) et fantastique est parfaitement dosée et accouche d’un univers crédible et cohérent.

Un Japon médiéval, exotique et sombre.

Autre facteur de réussite : les personnages. Comme dans toute saga de fantasy, « Okko » est avant tout l’histoire d’un groupe. On y trouve Okko, samouraï déchu, Noburo, guerrier géant caché derrière un masque, Noshin, moine alcoolique et Tikku, jeune apprenti du moine. La galerie est pittoresque mais moins caricaturale qu’elle n’y paraît. Les relations entre les personnages sont souvent conflictuelles et les problèmes viennent souvent de l’une des personnes du groupe. Le vrai lien est Okko, qui n’hésite pas à se mettre en danger (voire à se sacrifier) pour défendre l’un de ses compagnons. C’est une vraie force dans cette BD car Okko est parfois à la limite de l’antipathique. Aigri et agressif avec le moine, Hub ne lui fait pas non plus de cadeau. Mais son personnage préfère ses amis à son honneur. L’auteur en fait donc une version nouvelle du samouraï, très intéressante.

Comme d’habitude, l’histoire se passe sur une île. Cycle du feu oblige, elle est volcanique ! Dans ce premier tome du cycle, Hub distille son atmosphère lentement sans dévoiler les vrais tenants de l’intrigue. Et à la fin du tome, un évènement avive un suspense insoutenable. L’auteur maîtrise réellement la construction en deux tomes et c’est sans doute ce qui fait tout le charme de cette œuvre. Plutôt que d’écrire une longue épopée de 8 tomes, Hub écrit des histoires denses à l’identité fortement marquée. Résultat : on a l’impression que « Okko » s’améliore de tomes en tomes.

A force de passer les tomes, on en apprend un peu plus sur les personnages. Hub nous présente un Okko en apparence vieilli et affaibli. Bien que pouvant être lu indépendamment des autres tomes, je conseille tout de même une lecture préalable des ouvrages précédents. De même, le jeune Tikku, si timide et effrayé au départ, vieillit et prend de plus en plus d’initiatives. On a vraiment l’impression de voir évoluer les personnages. Mais comme toujours, c’est très léger et subtil. Hub ménage ses informations, ses évolutions afin de créer une œuvre des plus intéressantes.

Et que dire du dessin ? Il est simplement magnifique. Détaillé et expressif, il sait se faire dynamique dans les combats. La faune et la flore sont parfaitement retranscrits et donnent de la chaleur à ce cycle ardent. De même, tous les apparats du japon médiéval donnent vraiment l’impression d’y être, facilitant notre plongée dans l’univers. Sans en faire trop, Hub sait créer des moments forts dans ses planches. Une grande réussite comme toujours ! De plus, chaque cycle a une vraie identité, que ce soit dans les tons, les couleurs et les ambiances.

« Okko » est une vraiment une œuvre majeure de la bande-dessinée. Construite selon des cycles de deux tomes, tout y est réussi. Un dessin virtuose reconnaissable immédiatement, des intrigues teintées de fantastique, un univers original et cohérent, des personnages complexes et attachants… Je ne peux que vivement la conseiller à ceux qui ne l’auraient pas encore découverte. Chaque tome est un grand moment, simplement.

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note5

 

Okko, T9 : Le cycle du vide, première partie

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Titre : Okko, T9 : Le cycle du vide, première partie
Scénariste : Hub
Dessinateur : Hub
Parution : Mai 2014


« Okko » est certainement l’une de mes séries préférées. Je la suis depuis le premier tome. Or, fait rare, cette série a eu tendance à se bonifier au fur et à mesure des tomes. Et des tomes, il y en a puisque c’est le neuvième qui sort en cette année 2014. Scindés par cycle de deux, voilà donc l’ultime cycle : le cycle du vide. C’est donc l’avant-dernier opus des aventures d’Okko qui paraît chez Delcourt. Alors, que nous propose donc ce nouveau cycle ?

Okko est un ronin qui arpente l’Empire du Pajan accompagné par de curieux acolytes. Ils sont chasseurs de démons. On retrouve Noshin le moine alcoolique, Noburo le géant masqué et Tikku, apprenti moine. Or, depuis le début, nous ne savons toujours pas qui est Noburo ni même comment le moine a pu se retrouver embarqué dans ce groupe. Quant à Okko, son passé reste trouble. Le groupe est actuellement chassé et fuit perpétuellement. Okko, usé, décidé qu’il est temps pour lui de prendre sa retraite. Et voilà l’occasion de présenter un flashback sur l’histoire du ronin.

Beaucoup d’informations restent en suspens

La force de l’univers de « Okko » est de savoir distiller les informations au compte-goutte. Hub maîtrise parfaitement son univers et ne nous laisse entrevoir les liens du passé qu’avec parcimonie. Et, enfin, avec ce dernier cycle, l’auteur va avoir les réponses à ses questions ! Et il faut bien avouer que l’on est gâté ! Sans trop s’attarder sur la narration, Hub déclenche très vite un flashback qui tiendra jusqu’à la fin du livre. Certains personnages passés apparaissent donc et le passé est révélé. L’auteur nous livre beaucoup d’informations, si bien qu’à la fin de l’ouvrage on n’a qu’une envie : relire les huit premiers tomes pour voir si certains aspects étaient déjà visibles à l’époque… Cependant, beaucoup de questions restent en suspens et l’idée d’attendre encore de longs mois pour lire l’épilogue est une véritable souffrance.

« Okko » tient sa force de l’univers nippon médiéval fantastique qu’il propose. Hub lui donne toute sa force par des dessins expressifs et des décors splendides. Les couleurs rendent hommage au trait du dessinateur sans peine et aident à la narration, utilisant de différents camaïeus pour les flashbacks. Les nombreux combats (au katana bien sûr !) sont admirablement rendus avec beaucoup de dynamisme. Bref, c’est parfaitement adapté au propos !

Si on pourra regretter l’absence de certains personnages (Noburo notamment !), cette bande-dessinée se dévore d’une traite et donne suffisamment d’informations pour rassasier lecteur. Malgré tout, on ne peut qu’attendre l’épilogue de cette série. L’une des plus passionnantes de ces dernières années.

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