Undertaker, T4 : L’ombre d’Hippocrate


Titre : Undertaker, T4 : L’ombre d’hippocrate
Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer
Parution : Novembre 2017


Undertaker s’est imposé comme une des références du western dans l’univers de la bande dessinée actuelle. Lors de son arrivée en librairie, cette série était présentée comme le successeur du mythique Blueberry. La filiation pouvait apparaître lourde à porter. Mais la découverte du premier album donnant vie à ce nouvel héros de l’ouest sauvage américain répondait parfaitement aux attentes. La collaboration entre Xavier Dorison et Ralph Meyer ont fait naître trois premiers épisodes s’inscrivant pleinement dans la lignée de l’œuvre de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud. C’est donc avec un appétit gourmand que je me suis plongé dans la lecture du quatrième tome intitulé L’ombre d’Hippocrate.

Une chasse à l’homme intense et prenante.

Undertaker s’inscrit dans cette mode récente : le diptyque. L’ombre d’Hippocrate est donc la seconde partie d’une intrigue née dans L’Ogre de Sutter Camp. On y avait vu naître un serial killer particulièrement réussi. L’ogre est un chirurgien de génie, capable de toutes les folies avec ses outils. Il peut sauver la vie d’un cas présumé désespéré par une opération audacieuse. Mais il apprécie aussi les expérimentations se faisant souvent au détriment de victimes non consentantes. Les auteurs ont créé avec ce personnage un adversaire à la hauteur de l’Undertaker en termes de charisme et de complexité. L’Ogre est un génie à la fois malade, cruel et brillant. Il inspire la peur, la terreur mais aussi une forme de fascination et d’admiration. Néanmoins, une chose est sûre, on serait davantage rassuré de ne pas le voir en liberté !

L’histoire se construit autour du lien complexe entre le héros et l’Ogre. Il est l’heure de régler l’addition d’un conflit né il y a des années sur les champs de bataille. Le hasard qui leur a fait à nouveau croiser leurs routes offre aux deux adversaire l’occasion de fermer définitivement une plaie encore purulente. Leur haine est alimentée par la présence de Rose. Elle est le point faible de l’Undertaker. L’Ogre l’a senti et a conclu le tome précédent en arrivant à convaincre la femme de le suivre. La relation entre l’Ogre et Rose mêlant mépris et dépendance de la seconde à l’égard du premier est un des aspects les plus intenses de la lecture. L’Ogre s’amuse à jouer avec Rose quand cette dernière cherche à survivre tout en gardant sa droiture et ses valeurs. Le combat psychologique entre les deux ne peut pas laisser le lecteur indifférent. La dramaturgie de la lecture est sublimée par les moments de cohabitation vécu par Rose et son tortionnaire.

La trame se construit autour d’une course-poursuite intense et prenante. On est curieux de savoir quand elle va prendre fin. De plus, on appréhende un petit peu son dénouement tant les protagonistes sont emplis de haine et peu familiers de la notion de limite. Cette montée en puissance de la narration vers un dénouement qu’on suppose fort est habilement construite. Les qualités de scénariste de Dorison ne sont plus à prouver. L’ombre d’Hippocrate en est une nouvelle preuve.

Cette chasse à l’homme est sublimée par le talent de dessinateur de Ralph Meyer. Ils arrivent à donner vie à cet Ouest sauvage avec talent. Le premier diptyque nous plongeait dans des paysages arides. Ici, c’est au milieu de forêts sombres que Meyer nous fait naviguer. Les couleurs sont splendides et facilitent le dépaysement du lecteur. Du beau travail !

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller de partir à la découverte de ce héros de l’Ouest sauvage. La rencontre ne laisse pas indifférent et ce quatrième opus n’est pas le moins réussi de la saga ! Vivement le suivant…

 

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