Les vieux fourneaux, T3 : Celui qui part


Titre : Les vieux fourneau, T3 : Ceux qui partent
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet
Parution : Novembre 2015


Depuis ma rencontre avec Pierrot, Antoine et Mimile, je guette chacune de leurs nouvelles aventures contées dans la série Les Vieux Fourneaux. Ce trio d’amis aux cheveux blancs et aux visages ridés est autant attachant que drôle. Ayant déjà lu les deux premiers tomes de la saga, je me suis naturellement plongé dans le troisième intitulé Celui qui part. Sur la couverte de fond vert, on découvre un Mimile aérien sous les yeux de ses deux acolytes.

Des vieux qui se comportent comme des gamins.

Chaque album centre son intrigue sur un des personnages principaux. Après Antoine et Pierrot, c’est au tour de Mimile d’occuper cette place. Néanmoins, ce rituel scénaristique n’est, à mes yeux, par particulièrement marquant tant les enjeux nombreux qui alimentent la trame ne mettent pas un protagoniste plus en avant que l’autre. Il ne faut pas voir dans cette remarque est une critique mais plutôt un constat.

Mimile a baroudé et voyagé toute sa vie. On comprend qu’il a vécu bon nombre d’aventures dont il ne parle jamais. Cet album nous en conte une haute en couleur. Pierrot est un anarchiste jamais retraité. Avec son groupe des « Ni Yeux Ni Maître », il voit leur quartier général mis en péril par une saisie. Sophie, la petite fille d’Antoine, plonge involontairement dans le passé du village et des trois loustics en allant acheter des œufs à Berthe. Le fait d’échanger avec cette vieille dame vivant à l’écart fait rentrer son grand-père et ses copains dans une colère rare. Quelle est donc la raison enfouie dans le passé qui explique une telle réaction ?

Comme dans les deux opus précédents, les enjeux se construisent autour d’un retour vers passé pour ce petit monde. Ici, ce voyage dans le temps prend deux routes différentes. La première est uniquement empruntée par Mimile et le mène au milieu des requins dans la Pacifique. La seconde concerne le trio et nous font revivre une époque difficile dont les cicatrices ne semblent pas toutes avoir disparues. Ces deux trajets offrent des moments touchants. Lupano arrive à manipuler avec aisance et subtilité la nostalgie pour émouvoir le lecteur. A aucun moment, il ne conte des événements manichéens. Au contraire, il met en valeur toute l’humanité des personnages à travers leurs grandeurs et leurs fragilités. Sophie joue un rôle intéressant dans la mise en perspective de l’impact de ses décisions passées sur le quotidien présent.

Mais Celui qui part ne se contente pas de nous toucher en plein cœur. En effet, sa lecture sollicite aussi énormément nos muscles zygomatiques. Les sourires et les rires s’enchainent à rythme soutenu au fur et à mesure que les pages défilaient. Chacun dans son genre, chaque protagoniste est un diffuseur de bonne humeur. Découvrir ses trois loulous aux cheveux blancs se comporter comme des gamins est bien souvent hilarant. La manière avec laquelle Sophie les gèrent comme des enfants donne lieu à des « mises au point » très drôles dont je suis fan. Néanmoins ma préférence va malgré tout à Pierrot et son groupe activiste. Je les trouve top !

Pour conclure, ce troisième épisode s’inscrit pleinement dans la qualité des deux premiers tomes. Le scénario est bien construit, les dialogues font mouches, les dessins sont réussis. On se laisse prendre par l’ambiance, on rigole, on est ému et on a qu’une envie : retrouver tout ce petit monde au plus vite !

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