Astérix, T39 : Astérix et le Griffon


Titre : Astérix, T39 : Astérix et le Griffon
Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad
Parution : Octobre 2021


Ma critique d’aujourd’hui porte sur Astérix et le griffon, trente-neuvième opus des aventures du plus célèbre des gaulois. Il s’agit du cinquième cru né de la collaboration de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais trouvé les quatre précédents plutôt honnêtes. A la vue de la couverture, nos héros vont voyager dans des contrées froides et hostiles. Une sculpture de griffon en bois dans un paysage enneigé dépayse le fidèle lecteur que je suis. En effet, les aventures des deux amis se déroulaient souvent dans des décors colorés et sous un climat agréable et chaleureux !

Un ensemble confus et mal exploité

L’intrigue ne perd pas dans ton en plongeant immédiatement les héros au milieu de la Barbarricum qui définit le monde situé à l’est de Rome. Cette région est accompagnée de mythes effrayants. L’un d’entre eux est le griffon, mi-aigle, mi-lion avec des oreilles de cheval. Jules César verrait d’un bon œil pour sa popularité de pouvoir exhiber un tel animal. C’est pourquoi il a missionné une expédition pour capturer la bête. Cette colonie va être amené à croiser dans ces contrées hostiles Astérix et Obélix. En effet, ces derniers ont accompagné Panoramix répondre à l’appel à l’aide d’un chaman local.

Je n’ai pas souvenir d’avoir découvert un album dont seule la dernière image de la dernière page se situe dans le légendaire village gaulois. Ce choix original qui se démarque des codes habituels pourrait avoir comme intérêt de démarrer plus rapidement l’intrigue. Je dois bien avouer que, de mon point de vue, cela pas le cas. J’ai trouvé que l’histoire prenait beaucoup de temps à démarrer. L’installation était laborieuse. Il faut présenter les voyageurs romains, les hommes du village barbare, les amazones locales… Tout cela est bien confus.

Astérix et le Griffon s’inscrit dans la continuité des aventures d’Astérix qui font voyager les deux gaulois. La réussite de ces dernières réside en partie dans le traitement humoristique qui est fait des peuples autochtones. Sur ce plan, la déception est grande. La première facilité est de dessiner une version alternative et barbare du grand Est des membres historiques du village armoricain. On découvre entre autres des clones d’Astérix, d’Obélix, de Cétautomatix, d’Ordralfabétix. Au-delà de la lourdeur du mécanisme, il n’en est rien fait par les auteurs. De plus, les membres de cette nouvelle communauté n’ont aucune particularité autre que de parler avec un « accent ». Nous sommes bien loin de l’exploitation comique des belges, des hispaniques, des corses ou encore des bretons…

Les auteurs décident de construire cette nouvelle société suivant un principe simple : les hommes restent au village pendant que les femmes sont des guerrières. Là encore, le principe est grossier et manque d’originalité. Il n’est quasiment pas exploité dans les interactions entre les hommes et les femmes. De plus, cela fait qu’Astérix et Obélix sont accompagnés par un groupe d’amazones tout au long de leur histoire. Ces demoiselles en arme n’apportent rien du tout à l’histoire. Au contraire, elles apparaissent comme une contrainte narrative que les auteurs s’efforcent de ne pas oublier en leur laissant ponctuellement une scène ou une réplique. Mais rien n’est drôle ou utile. Il y a trop de personnages. Les auteurs n’arrivent pas à faire « vivre » tout le monde. On s’y perd en peu car on ne s’attache finalement à personne. La quête en devient inintéressante. C’est dommage.

L’expédition romaine possède un casting a priori intéressant. Elle est dirigée par un trinôme composé d’un centurion, d’un géographe et d’un gladiateur. Ils dirigent une légion dont le membre le plus mis en lumière se nomme Fakenius. De ce côté-là, la réussite est au rendez-vous. Certains gags font mouches. Chaque protagoniste trouve sa place pour nous faire rire et les interactions entre eux sont claires et efficaces. Je trouve finalement dommage qu’ils n’occupent pas davantage de place dans la narration. La qualité de l’ensemble y aurait gagné.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas tombé sous le charme de cet ouvrage. Je n’ai même pas évoqué le scénario que je trouve sans réel attrait. Très rapidement, cette quête du griffon a cessé de m’intéresser. Les rires et les sourires provoqués sont trop rares pour se passionner pour ce périple oriental. Les dessins de Didier Conrad sont honnêtes. Il s’en sort plutôt bien dans ces décors originaux. Je pense donc que Astérix et le Griffon n’est pas le meilleur cru du dernier cycle de la série. C’est dommage car l’idée de départ était bonne et le potentiel des lieux et de certains personnages était intéressant. Hélas, à vouloir trop en mettre, la quantité l’emporte sur la qualité…

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