L’arabe du futur, T1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

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Titre : L’arabe du futur, T1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Mai 2014


Riad Sattouf a commencé sa carrière de bédéaste en racontant ses jeunes années. Que ce soit son adolescence avec « Le manuel du puceau » ou son enfance avec « Ma circoncision », on a senti dès le départ un besoin de raconter sa jeunesse. Il faut dire que celle-ci est assez particulière, l’auteur ayant vécu en Lybie et en Syrie ses premières années… Dix ans après « Ma circoncision », Riad Sattouf revient au sujet, fort de son expérience pour nous narrer cette vie plus en détail. Le premier tome de « L’arabe du futur » se concentrer sur les années 1978 à 1984, ce qui correspond aux premiers souvenirs du petit Riad. Le livre pèse 160 pages et est publié chez Allary Éditions.

Riad Sattouf est né d’une mère bretonne et d’un père syrien. Ce dernier, grand adepte du panarabisme, va trimballer sa famille en Lybie, sous Khadafi, puis en retourner au pays en Syrie (sous El Assad). Son admiration pour les dictateurs arabes est évidente et sa vision de la politique, mouvante et contradictoire, est le centre de l’ouvrage. Car ne nous y trompons pas, ce livre parle avant tout du père de Riad, Abdel-Razak.

On peut dire que dans ce livre, Riad tue le père ! Non seulement, il en fait un portrait fait de paradoxes politiques, de machisme et surtout de lâcheté. Mais en plus, il pointe le reproche de lui avoir fait vivre une enfance peu reluisante. En vieillissant, Riad vit de plus en plus mal son quotidien. Entre les cousins qui le martyrisent car il a les cheveux blonds (il doit donc être juif, forcément !) et les appartements vides dans des villages pauvres au fin fond de la Syrie… Surtout que l’homme ment régulièrement, annonçant chercher du travail en France, mais n’en cherchant qu’au Moyen-Orient. La figure de la mère est tout autant coupable, étant totalement absente et soumise.

Un portrait sans concession pour tout le monde

Riad Sattouf fait un portrait sans concession et très dur de partout où il passe : Libye, Syrie et Bretagne. Le tout est bien évidemment teinté d’humour. Si beaucoup font la parallèle avec Persépolis, il faut bien prendre en compte que les ouvrages sont très différents dans leur approche. Riad a vécu en France et est venu s’installer dans sa famille syrienne plus tard dans un village très pauvre. Satrapi est née en Iran dans une famille d’intellectuels. Bref, il ne faut chercher à trouver la même analyse. Peu sensible à l’humour de Satrapi, je le suis beaucoup plus à celui de Sattouf par exemple.

Le dessin simple de Sattouf est parfaitement adapté à l’ouvrage. Il est efficace et fait parfaitement passer les émotions et les expressions des personnages. Le tout est colorisé en monochrome, une couleur par pays. C’est efficace et joli à regarder.

J’ai dévoré cet ouvrage et ait y trouvé beaucoup d’intérêt. C’est une belle autobiographie que nous propose Riad Sattouf. Dur avec un peu tout le monde, il n’épargne personne. A la fermeture de l’ouvrage, on n’attend qu’une seule chose : lire la suite ! 

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Note : 16/20

Les forêts d’Opale, T8 : Les hordes de la nuit – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les forêts d’Opale, T8 : Les hordes de la nuit
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Octobre 2013


 « Les forêts d’Opale » furent longtemps l’une de mes séries de fantasy préférées. Doté d’un dessin plus original que la moyenne, Arleston avait su entretenir son histoire au fur et à mesure des tomes. Hélas, l’opus précédent, « Les dents de pierre » était particulièrement décevant. Voyant que sa suite ne fermait toujours pas la série, j’ai décidé de continuer cette lecture en bibliothèque. Force est de constater, hélas, que j’ai bien fait.

L’histoire nous avait mis en quête des Titans pour sauver le monde de l’emprise des prêtres de la Lumière. Mais notre groupe de héros a découvert que ces derniers ont disparu et que Cohars a sombré. Comment Darko pourra-t-il alors libérer le monde ? Sa sœur Sleilo semble arriver à contrôler la pierre noire (alors que Cohars y avait succombé).

Traverser les cercles des Enfers.

Ce tome ce concentre avant tout sur les Enfers. Comme il est fait régulièrement mention des Enfers et de ses cercles au cours des tomes précédents, l’idée n’est pas mauvaise. Malheureusement, l’exploitation n’est vraiment pas à la hauteur. Outre le fait que les différents cercles manquent cruellement de profondeur, ils ne sont même pas traités. Ainsi, nos héros découvrent des bestioles volantes qui leur permettent de franchir plein de cercles d’un coup. Alors certes, on n’est pas chez Dante, mais il y a des limites quand même… Et je passe sur la conclusion de fin qui nous fait immanquablement dire « Ok… Tout ça pour ça ! » Cela est devenu une habitude chez Arleston de prolonger ses séries en faisant des tomes qui ne font pas avancer le schmilblick, mais ce sera sans moi désormais.

La dimension humoristique est relativement peu présente dans ce tome. Après un tome 7 plus noir, on continue dans la même veine. Hélas, cela ne fonctionne pas vraiment et on a du mal à se passionner pour les personnages. Pourtant, ce sont eux qui font tout le sel de cette série. Il va falloir que les auteurs se réveillent pour nous proposer une suite digne de ce nom. On a l’impression qu’ils naviguent en eaux troubles, sans trop savoir où ils vont.

Malgré les tentatives scénaristiques d’apporter de la tension et de l’intérêt à l’histoire, tout tombe à plat. L’émotion n’y est pas, de même que le danger. Pourtant, le dessin de Philippe Pellet reste de qualité et avec une vraie personnalité. Mais l’histoire va trop vite pour pouvoir développer de façon intéressante un univers graphiquement viable.

Comme d’autres séries de fantasy (et plus spécifiquement d’Arleston), le prolongement artificiel des intrigues abouti à un affaiblissement général de l’intrigue. La chute est rude ici. Nul doute que les prochains tomes continueront à se vendre aux plus ardents collectionneurs, mais il est difficile de cacher sa déception à la fermeture de l’ouvrage.

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Note : 6/20

La cicatrice – Gilles Rochier

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Titre : La cicatrice
Scénariste : Gilles Rochier
Dessinateur : Gilles Rochier
Parution : Mars 2014


Je me rappelle avoir rencontré Gilles Rochier au Festival d’Angoulême alors qu’il soutenait « TMLP ». Auréolé d’un prix, le voilà de retour avec « La cicatrice ». Son précédent livre était puissant et teinté d’autobiographie. « La cicatrice » est une fiction sous forme de chronique sociale. On retrouve Denis, un cadre moyen, sur le point de signer un gros contrat. Tout semble aller pour le mieux. Mais Denis se découvre une cicatrice. Et impossible de savoir pourquoi il a cette cicatrice… Le tout est paru chez 6 pieds sous terre.

En utilisant le fil conducteur de cette cicatrice, Gilles Rochier met le doigt sur le malaise de la classe moyenne. On refait la salle de bain, on signe des contrats, on reçoit la belle-famille, on écoute les plaintes de sa mère… C’est surtout un homme entouré mais très seul qui nous est décrit. Car Denis tente de parler de son problème à tout son entourage, mais personne ne l’écoute réellement. L’homme s’enferme alors de plus en plus. Et le pire, c’est que les autres lui reprochent de ne pas s’épancher plus fortement…

Un malaise grandissant

Le thème n’est pas nouveau bien évidemment, mais Gilles Rochier parvient à mettre une vraie dose de suspense dans cette histoire. La montée en tension est très réussie et on ressent pleinement le malaise grandissant du personnage principal. Clairement, « TMLP » proposait un univers plus fort car il se passait dans une cité. Dans le milieu des classes moyennes, « La cicatrice » est un livre moins puissant, car les drames y sont moins exotiques.

C’est donc la narration qui prévaut ici. Gilles Rochier maîtrise son tempo et l’impose au lecteur avec minutie. Denis passe son temps à se toucher la cicatrice dès qu’il est seul. Cette obsession est parfaitement rendue et parlera à tous ceux qui ont déjà eu des phénomènes soudains et stressants sur leur corps. Cela ressemble à un homme hypocondriaque, mais c’est bien plus que ça, c’est révélateur d’un malaise avant tout psychique. Pour ma part, ce rapport entre la tête qui ne va pas et le corps qui en est le révélateur m’a parlé.

Concernant le dessin, le trait nerveux et imprécis de l’auteur ne plaira clairement pas à tout le monde. Mais il est très efficace et au service de la narration. Si les parties muettes parlent d’elles-mêmes, les parties dialoguées font la part belle aux phylactères. Ces derniers envahissent l’espace, la case, les visages… Plus qu’une façon de dessiner, cela montre aussi le poids de la parole, et surtout le flot continu de stress qui en découle.

Moins puissant de par son sujet que « TMLP », « La cicatrice » demande au lecteur de faire abstraction du précédent ouvrage de Gilles Rochier pour être pleinement apprécié. Malgré un thème déjà souvent traité, l’auteur y apporte sa touche personnelle avec notamment une montée de tension très réussie. Gilles Rochier confirme ici les espoirs placés en lui.

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Note : 14/20

Top BD des blogueurs – Septembre 2014

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Le Top BD des blogueurs est un collectif rassemblant des blogs de critiques de bande-dessinées. Dès qu’un titre possède au moins trois notes, il entre dans le top. Vous pouvez découvrir chaque mois les cinquante titres les mieux notés.

Jiro Taniguchi, Casterman
2- (=) Asterios Polyp     18.65
David Mazzuchelli, Casterman
3- (=) Persépolis    18.64
Marjanne Satrapi, L’Association
4- (N) Ceux qui me restent  18.63
Damien Marie, Laurent Bonneau, Bamboo
5- (=) Le loup des mers 18.55
Riff Reb, Soleil
6- (=) Idées Noires       18.5
Franquin, Fluide Glacial
7- (=) NonNonBâ         18.5
Shigeru Mizuki, Cornélius
8- (=) Maus        18.49
Art Spiegelmann, Flammarion
9- (=) Le pouvoir des Innocents Cycle 2- Car l’enfer est ici   18.41
10- (=) Tout seul            18.38
Christophe Chabouté, Vents d’Ouest
11- (+) Les vieux fourneaux tome 1   18.35
Wilfrid Lupano, Paul Cauuet, Dargaud
12- (=) Le sommet des dieux       18.33
Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman
Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.
Emmanuel Lepage, Futuropolis
14- (=) Daytripper           18.27
Fabio Moon, Gabriel Ba, Urban Comics
15- (=) V pour Vendetta  18.22
Alan Moore, David Lloyd, Delcourt
Van Hamme, Rosinski, Casterman
17- (-) Universal War One   18.14
Denis Bajram, Soleil
Benoît Zidrou, Roger, Dargaud
19- (=) Les ombres     18.1
Zabus, Hippolyte, Phébus
20- (=) Abélard     18.04
Régis Hautière, Renaud Dillies, Dargaud
21- (=) Universal War Two tome 1    18
Denis Bajram, Casterman
Jérémy Bastian, Editions de la Cerise
23- (=) Le muret    18
Pierre Bailly, Céline Fraipont, Casterman
24- (=) Il était une fois en France    17.98
Fabien Nury, Sylvain Vallée, Glénat
25- (=) Habibi       17.95
Craig Thompson, Casterman
26- (-) Herakles    17.92
Edouard Cour, Akileos
Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Futuropolis
28- (=) Gaza 1956     17.92
Joe Sacco, Futuropolis
29- (=) Scalped            17.86
Jason Aaron, R.M. Guerra, Urban Comics
30- (=) Manabé Shima 17.83
Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier
31- (+) Urban              17.79
Luc Brunschwig, Roberto Ricci, Futuropolis
Tome 1, Tome 2, Tome 3,
32- (=) Trois Ombres       17.78
Cyril Pedrosa, Delcourt
L. Seksik, G. Sorel, Casterman
34- (=) Anjin-san    17.75
Georges Akiyama, Le Lézard Noir
35- (=) Joker                17.75
Brian Azzarello, Lee Bermejo, Urban Comics
36- (=) Mon arbre     17.75
Séverine Gauthier, Thomas labourot, Delcourt
37- (=) L’histoire des trois Adolf,              17.75
Osamu Tezuka, Tonkam
38- (=) Blankets  17.73
Craig Thompson, Casterman
L. Brunschwig, L. Hirn, Futuropolis
40- (=) Holmes               17.7
Luc Brunschwig, Cecil, Futuropolis
41- (=) Calvin et Hobbes,              17.7
Bill Watterson, Hors Collection
Brian K. Vaughan, Niko Henrichon, Urban Comics
43- (=) Washita     17.69
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.
44- (=) Lorenzaccio              17.67
Régis Peynet, 12 Bis
45- (=) Match!   17.67
Grégory Panaccione, Editions Delcourt
46- (=) Tokyo Home  17.67
Thierry Gloris, Cyrielle, Kana
47- (=) Les Carnets de Cerise
Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Soleil
48- (=) L’Orchestre des doigts      17.65
Osamu Yamamoto, Editions Milan
49- (=)Melvile     17.64
Romain Renard, Le Lombard
50- (=) Les ignorants             17.63
Etienne Davodeau, Futuropolis

Manuel du puceau – Riad Sattouf

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Titre : Manuel du puceau
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Octobre 2003


L’adolescence est un sujet qui semble préoccuper Riad Sattouf. De son premier ouvrage, « Manuel du puceau » à son premier film « Les beaux gosses », en passant par un « Retour au collège », le sujet le passionne. Et c’est évidemment les préoccupants d’ordre sentimental qui sont abordées. D’abord paru chez Bréal, « Manuel du puceau » fut réédité chez l’Association pour 80 pages d’aide à l’adolescent loser. Continuer la lecture de « Manuel du puceau – Riad Sattouf »

Universal War One, T3 : Caïn et Abel – Denis Barjam

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Titre : Universal War One, T3 : Caïn et Abel
Scénariste : Denis Barjam
Dessinateur : Denis Barjam
Parution : Décembre 2000


 Dès le début de « Universal War One », Denis Barjam avait su tenir son lecteur en haleine. Les mystères étaient nombreux et chaque fois qu’ils étaient résolus, d’autres venaient se poser. Confirmant le potentiel de la série avec un deuxième tome haletant, place à l’introspection avec « Caïn et Abel », le troisième opus. La couverture, nous présentant Balti face à sa double mort, nous met tout de suite dans l’ambiance. Le tout est toujours publié sous forme d’album classique chez Soleil.

Après l’apparition du mur et sa destruction par l’escadrille Purgatory. Mais pourtant nos héros sont toujours dans le mur… Comment est-ce possible ? Accostant une ancienne station orbitale, ils vont comprendre ce qu’il s’est passé…

Paradoxe temporel & caractères antagonistes

Ce tome fait la part belle au paradoxe temporel. Relatant la création du wormhole, il permet de mieux comprendre son fonctionnement et la logique qui anime ses créateurs. Pas question de guerre ici, on est en plein huis clos. Bloqués dans une station, l’escadron cohabite pour le meilleur et pour le pire. Les caractères antagonistes se percutent et la tension monte. Excellent choix de Denis Barjam. Après deux tomes où tout allait très vite, l’auteur prend le temps d’affiner ses personnages.

L’espace confiné de la station permet aussi à Barjam de poser de vraies ambiances, quels soient malsaines ou dépressives. Du coup, le dessin passe un vrai cap avec des cases particulièrement marquantes. Bien qu’il y ait beaucoup moins d’action, le découpage reste dynamique et maîtrisé de bout en bout. L’utilisation des aplats noirs est remarquable. Alors que le dessin m’était encore un peu difficile pour les deux premiers tomes, je suis définitivement conquis ici.

« Universal War One » est une série captivante et intelligente. Les bavardages y sont toujours utiles et assez peu pompeux pour que le lecteur puisse suivre le tout sans être obligé de relire pour être sûr de comprendre ! Doté d’une formidable mise en scène, d’une ambiance pesante et de personnages plus humains que jamais, ce tome 3 enfonce le clou et installe la série comme un must des bande-dessinées de science-fiction.

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Note : 18/20

Universal War One, T2 : Le fruit de la connaissance – Denis Barjam

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Titre : Universal War One, T2 : Le fruit de la connaissance
Scénariste : Denis Barjam
Dessinateur : Denis Barjam
Parution : Novembre 1999


« Universal War One » est l’une des séries de science-fiction les plus palpitantes publiées en bande-dessinée. Après un premier tome alléchant, laissant le lecteur en suspens, Denis Barjam (au dessin et au scénario) se devait de transformer l’essai avec ce second tome nommé « Le fruit de la connaissance ». Le tout est toujours publié chez Soleil pour un album classique de 46 pages.

Un mur est apparu dans le système solaire. Personne ne sait ce que c’est. Mais Balti, de l’escadron Purgatory, est parvenu à y entrer. Seul problème, il en est ressorti en sale état dans un vaisseau inconnu et avec une barbe de trois jours… On avait laissé l’escadron plonger dans le vortex afin de voir ce qu’il y avait dans le mur. Ils ne vont pas être déçus ! Attaqué par des drones, ils s’empressent de retourner d’où ils sont venus. Et déjà, Kalish le génié annonce qu’il y a un problème de différentiel temporel…

Une intrigue spatio-temporelle

Si c’était déjà abordé dans le premier tome, la notion de temps (et donc d’espace-temps) s’installer réellement dans la série. Tout va tourner alors autour. Y a-t-il une civilisation qui évolue 1000 fois plus vite que la notre dans le mur ? Denis Barjam maîtrise pleinement son sujet et le lecteur est happé par le suspense en permanence. Les explications scientifiques sont précises et claires, pas trop pompeuses et surtout compréhensibles !

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Dans ce tome, les révélations sont nombreuses et le lecteur ne restera pas sur sa faim. Les coups de théâtre s’enchaînent jusqu’à la dernière page qui nous laisse pantois et pressé de lire la suite. En cela, Barjam possède un vrai talent pour gérer le rythme de sa série. Il dévoile beaucoup de choses mais sans excès. Et tout sert l’histoire, à un moment ou à un autre.

Mais « Universal War One », outre son histoire spatio-temporelle a comme attrait sa galerie de personnages. Tous sortis de cour martiale, ils ont chacun un défaut qui les rend dangereux. Comme à chaque bouquin, Barjam dévoile le passé de l’un d’entre eux. Cet aspect rend aussi la relecture d’autant plus intéressante, une vraie qualité pour une série ! Après des débuts caricaturaux, on connaît mieux les personnages qui s’affirment, même s’ils n’évoluent pas encore en profondeur. On est ici encore dans la phase d’apprentissage.

Au niveau du dessin, le trait de Denis Barjam semble influencé par les comics. J’avoue ne pas être forcément fan de son trait ni de ses couleurs (notamment dans l’espace), mais le tout est cohérent et la mise en scène toujours efficace. C’est dans le découpage aussi que Barjam montre pleinement son talent. J’ai appris à assimiler ce style et force est de constater que « Universal War One » possède une vraie identité graphique.

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Essai transformé pour ce tome 2. Le lecteur est pris par le suspense et n’a plus qu’une envie : lire la suite. Les zones d’ombres sont nombreuses et malgré les avancées de nos héros, elles restent bien nébuleuses ! Un must !

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Note : 17/20

Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes – Riad Sattouf

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Titre : Pascal Brutal, T4 : Le roi des hommes
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution : Septembre 2014


Si Riad Sattouf fait beaucoup parler de lui ces dernières semaines avec son livre « L’arabe du futur », c’est bien la sortie du quatrième tome de « Pascal Brutal » qui me mettait dans tous mes états. Récompensée à Angoulême pour son troisième tome, cette série est un must-have d’humour. Ce nouvel opus, intitulé « Le roi des hommes », nous permet de découvrir un peu plus la vie de Pascal, l’homme le plus viril du monde. Le tout est publié chez Fluide Glacial.

Le monde de Pascal Brutal est assez original… Après l’accession d’Alain Madelin au pouvoir, la France décline et sombre dans un chaos intellectuel et social. Riad Sattouf crée une vision de notre future très pessimiste et pourtant si proche de notre société actuelle. C’est la complète décadence : violence, sexe et QI négatif s’y côtoient en permanence. Et au milieu de tout cela, Pascal Brutal…

Ce bon vieux Pascal, c’est la virilité à l’état pur : des gros muscles, une grosses motos et des femmes qui le veulent tout de suite et maintenant. Mais surtout, c’est une homosexualité refoulée qui ressort régulièrement…

La voix off, point fort de la série

Ainsi, tour à tour, Pascal va essayer de pécho dans la ville des gays, être star du rap, joueur de foot, etc. Riad Sattouf s’amuse à intégrer l’Homme dans toutes les situations possibles, mais toujours dans sa France façon Madelin. C’est d’ailleurs la description de cet univers ultralibérale, par la voix off, qui fait tout le sel de cette bande-dessinée. Au-delà des situations, Riad Sattouf s’amuse à décrire un monde improbable. Cerise sur le gâteau : un certain Riad Sattouf a permis au monde arabe de devenir la société la plus avancée et la plus progressiste (dans le tome 3). Nous retrouvons ainsi un stade Riad Sattouf construit à base de sacs plastiques recyclés…

Si on sourit souvent devant la vie de Pascal, on rit aussi. Cette série possède une telle identité et une telle densité que l’on a du mal à rester indifférent. Le lien avec « La vie secrète des jeunes » est évident. Riad Sattouf sait observer ses contemporains et projettent le tout dans l’avenir. Et ce n’est pas rose…

 Le dessin, simple en apparence, est parfaitement adapté. Les expressions du visage de Pascal sont complexes et participent à notre hilarité. Bref, du lourd.

Avec son quatrième opus, « Pascal Brutal » ne faiblit pas. L’univers et le personnage créés par Riad Sattouf possèdent une véritable originalité et l’auteur sait les utiliser sans se répéter. Une des grandes bande-dessinées d’humour de ces dernières années, dans la plus pure tradition Fluide Glacial !

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17/20

L’invention du vide – Nicolas Debon

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Titre : L’invention du vide
Scénariste : Nicolas Debon
Dessinateur : Nicolas Debon
Parution : Juin 2012


Étant soumis au vertige, l’escalade est quelque chose qui m’est interdite par la force des choses. Histoire de pouvoir profiter des sensations au mieux malgré mon handicap, je me suis procuré« L’invention du vide » de Nicolas Debon. Paru chez Dargaud, dans la collection Long Courrier, ce one-shot de belle taille narre l’ascension d’un pic du massif du Mont Blanc par Mummery, Burgener et Venetz. Continuer la lecture de « L’invention du vide – Nicolas Debon »

Bone, T4 : La nuit des rats-garous – Jeff Smith

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Titre : Bone, T4 : La nuit des rats-garous
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Mars 1997


« Bone » est le seul comics à trôner dans ma bibliothèque, même si un tome de « Sin City » s’est discrètement glissé entre deux bande-dessinées franco-belge. Découverte par hasard dans la médiathèque du quartier, ce mélange d’aventure et d’humour m’a pleinement séduit. Après trois premiers tomes exceptionnels, le propos se corse. « La nuit des rats-garous » annoncent de sombres évènements, comme l’indique parfaitement la couverture. Le tout est toujours édité chez Delcourt pour 88 pages. C’est l’un des tomes les plus légers en termes de pagination.

Clairement, on sent un petit problème de découpage dans cette édition. On reprend l’histoire en pleine forêt, sous le déluge… Qu’importe, le plaisir reste le même. Mamie Ben fuit et est rattrapée par Thorn et Fone Bone. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Cernés par les rats-garous qui écument la forêt, le trio tente de survivre.

Le tome des révélations

Ce tome est LE tome des révélations. Après un début plutôt léger, le propos se durcit. On apprend enfin qu’est-ce que la vallée, les forces en présence, son passé, etc. Le récit prend une autre tournure. Mais la deuxième partie du tome est elle pleinement humoristique. Lucius et Phoney se lancent dans le concours à la taverne. Chacun son côté et les gens consomment où ils le veulent. Même si la compétition semble là pour montrer le caractère de Phoney, cela aura évidemment bien plus d’importance…

Jeff Smith continue ici son mélange savoureux. De l’humour, du romantisme, de l’aventure, de l’héroïc fantasy… Le travail sur les ambiances est remarquable notamment pour cette fameuse « Nuit des rats-garous ». Son découpage donne une vraie puissance à l’ouvrage. Inspiré de l’animation, de nombreuses cases se suivent avec le même cadrage, changeant juste un petit détail de l’une à l’autre. Ce travail proche du dessin-animé par moment donne une fluidité à la lecture et permet de jouer aussi bien sur la peur que sur le rire !

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Au niveau du dessin, Jeff Smith produit des noirs et blancs particulièrement beaux dans ce tome nocturne. La représentation de la foudre, de la pluie est formidable ! Je suis conquis depuis bien longtemps par le trait rond et expressif de l’auteur. Sa capacité à mélanger cartoon et dessin réaliste est un modèle du genre !

« La nuit des rats-garous » est un tome charnière dans la série « Bone ». Il pose (en partie) les enjeux, ce qui n’était pas vraiment le cas auparavant. On passe de quêtes immédiates à une quête plus générale, ce qui change fortement la donne pour les personnages.

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Note : 19/20