Ralph Azham, T4 : Un caillou n’apprend jamais rien – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T4 : Un caillou enterré n’apprend jamais rien
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Octobre 2012


Le troisième tome de « Ralph Azham » annonçait la fin du premier cycle. Pourtant, à la fermeture du livre, ce n’était pas bien évident. Je n’étais pas pleinement séduit par cette histoire et j’hésitais donc fortement à continuer l’aventure avec ce nouveau cycle, du moins ce quatrième tome intitulé « Un caillou enterré n’apprend jamais rien ». Mais le tout étant dessiné et scénarisé par Lewis Trondheim, j’ai craqué…

« Ralph Azham » représentera, pour toute personne connaissant l’œuvre de Trondheim, comme un « Donjon bis en moins bien ». Là où « Donjon » se permettait tout, « Ralph Azham » est plus consensuel. Sa publication chez Dupuis (et dans le magazine Spirou) l’explique amplement. Ainsi donc, on se retrouve avec un monde de fantasy classique, mais malmené en permanence. C’est le personnage de Ralph, très cynique, qui sert de catalyseur aux clins d’œil de l’auteur. Ce dernier est l’élu, poursuivi par toutes les milices de tous les pays. Il est épaulé de son ami magicien avec qui il se dispute souvent, Ralph ne respectant que peu les croyances des autres. Nos deux compères entrent à Octania afin d’essayer d’embarquer sur un bateau et se rendre sur l’île de Vom Syrus, pour lui demander son aide.

Un lieu = un tome

On a clairement affaire à un tome de transition ici. En effet, à la fin du livre, Ralph quittera à peine Octania. Même s’il détourne les codes du genre, Trondheim s’y perd également. Un lieu = un tome. On découvre les us et coutumes du coin, le héros perturbe l’écosystème local puis s’en va.

Il serait cependant réducteur d’aborder ce tome ainsi. Si la notion de cycle n’est pas évidente, elle se retrouve dans les personnages. Ainsi, les premiers tomes étaient beaucoup basés sur la sœur de Ralph. Ici, Ralph va rencontrer de nouveaux personnages qui changent fortement le ton de l’album. Il faut bien avouer que le tout est sacrément prenant. Trondheim semble avoir pris son rythme et ce tome ne paraît pas du tout dilué. Cela m’a redonné foi dans cette série. Même si les enjeux réels de l’histoire semble bien mineurs ici (comme dans les premiers « Donjon » d’ailleurs), force est de constater qu’il y a beaucoup de bonnes idées et que les personnages commencent à devenir vraiment sympathiques et attachants (il était temps…).

Au niveau du dessin, on retrouve le dessin animalier de Lewis Trondheim. Le tout est maîtrisé et certains décors sont vraiment beaux. La mise en couleur, vive, met bien en valeur le trait de Trondheim. Il est à noter qu’il y a une forte densité de cases par page, l’auteur aimant beaucoup insérer des silences lorsque les personnages dialoguent, ce qui apporte une vraie subtilité aux comportements.

Au final, ce quatrième tome est une agréable surprise. Je ne regrette absolument pas d’avoir assouvi mes pulsions consuméristes. J’espère juste que l’histoire prendra une ampleur un peu plus importante par la suite. Car si les dialogues, les actions accrochent le lecteur à la lecture, parfois on s’arrête quelques secondes en se demandant « mais pourquoi ils sont là d’ailleurs ? ». Si vous avez apprécié un tant soit peu les premiers tomes, n’hésitez pas à continuer l’aventure.

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Note : 14/20

Ralph Azham, T2 : La mort au début du chemin – Lewis Trondheim

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Titre : Ralph Azham, T2 : La Mort au Début du Chemin
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Lewis Trondheim
Parution : Août 2011


« Ralph Azham » est une série de fantasy créée par Lewis Trondheim sur le mode de « Donjon ». L’univers est quasi-identique. Il est étonnant de voir Trondheim se lancer dans une série si proche de celle qu’il avait initiée avec Sfar. La publication chez Dupuis (et en prépublication chez Spirou Magazine) explique peut-être cela.

Le tome 2, « La mort au début du chemin », fait suite à l’introduction. On suit toujours l’histoire de Ralph, un élu puisque ses cheveux devenus bleus. On le retrouve en voyage avec ses autres jeunes acolytes. Evidemment, les problèmes vont se succéder à une vitesse vertigineuse ! Il faut dire que Ralph fait tout pour les attirer. Son personnage, sorte de double d’Herbert (dans Donjon) est cynique et blasé. Peut-être plus courageux et plus à même à réagir aux évènements.

Une comparaison avec « Donjon » cruelle mais inévitable

La magie devient réellement un fondamental de « Ralph Azham » dans ce tome. Ralph rencontre d’autres magiciens et les pouvoirs des uns et des autres s’étoffent, prennent de l’ampleur. Les combats sont plus impressionnants. Clairement, l’histoire démarre réellement ici même si les tenants et les aboutissants sont encore très flous. Ce qui empêche quelque peu de se lancer pleinement dans la lecture. On ressent une forme de recul sur l’histoire. Les deux premiers tomes paraissent presque indépendants et à la fin de celui-ci, on a l’impression que ce sera pareil pour le suivant. Il faut dire que les personnages du premier tome ne sont pas (encore ?) réutilisés. On démarre donc sur de nouvelles bases.

Certes la comparaison avec « Donjon » est peut-être cruelle mais elle est inévitable. Si on retrouve la qualité d’écriture de Trondheim un peu comme on retrouve un vieil ami, il n’y a cependant pas la densité et le charisme des personnages de « Donjon ». Les trouvailles sont toujours originales, bien pensées et exploitées, les dialogues toujours aussi décalés et force est de constater qu’on lit la BD d’une traite. Mais Trondheim nous a tellement habitués à l’excellence que c’est difficile d’accepter de se retrouver avec « seulement » une bonne BD dans les mains !

Au niveau du dessin, on retrouve le style reconnaissable de l’auteur. Brigitte Findakly, sa femme, s’occupe des couleurs. Il faut avouer que les teintes de l’ensemble tirent vers les couleurs froides donnant par moment une ambiance particulière à l’ensemble. « Donjon » était très chaud dans ses couleurs. Ici, c’est moins le cas.

Mon avis peut paraître un peu dur et je l’atténue quelque peu. Lors de ma première relecture, j’ai apprécié beaucoup plus l’univers de ce « Ralph Azham ». Les dialogues sont bien tournés, les idées foisonnent et l’histoire regorge de nombreux détails. Peut-être que cette série est moins typé humoristique que « Donjon ». Il s’en dégage une certaine mélancolie (notamment chez Ralph) qui peut expliquer une première impression peu flatteuse. Cependant, après deux tomes, on ne sait pas vraiment où Trondheim veut nous emmener. Attention à ne pas trop nous faire attendre !

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Note : 13/20

Comme un lundi – James

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Titre : Comme un lundi
Scénariste : James
Dessinateur : James
Parution : Novembre 2006


James est un auteur pour lequel j’ai beaucoup de sympathie. J’aime ses traits d’humour et son trait sur les planches. En tombant sur « Comme un lundi », recueil de strips muets, je n’ai pas hésité un instant à me le procurer afin d’en démarrer la lecture au plus vite. Paru chez 6 pieds sous terre dans la collection Hors Collection, l’ensemble fait près de 100 pages pour un format très vertical.

« Comme un lundi » reprend une partie des strips parus sur le blog de l’auteur. Tournant autour de quatre pages, ils sont présentés de façon verticale, avec deux dessins par pages. Et régulièrement, entre chaque strip, une petite illustration représentant une photo de l’auteur à différents stades de sa vie. Si bien qu’une impression de remplissage désagréable se fait vite sentir. Le livre est épais, mais sa lecture se fait à grande vitesse. C’est une tendance des recueils de blogs, puisque les ouvrages de Bastien Vivès donnent la même impression. On aurait préféré un livre plus fin (et moins cher).

La qualité des strips est largement à la hauteur, mais pas leur quantité.

Malgré tout, l’humour de James fonctionne parfaitement. Faire des strips muets n’est vraiment pas évident et l’auteur s’en sort parfaitement. Il aime beaucoup comparer les âges de la vie et le fait avec beaucoup de talent. Il n’est pas rare de sourire face au cynisme dégagé par l’ensemble, James n’étant que rarement positif sur le sens de la vie. Mais après, ne finissons tous pas âgés, puis morts ?

Le dessin développé par James est particulièrement plaisant. Ses personnages anthropomorphes possèdent leur propre style. Contrairement à des séries comme « Amour, Passion & CX Diesel », James varie les angles de vue et les décors pour notre plus grand plaisir. Son trait au feutre est dynamique et fouillé. Le noir et blanc est maitrisé et fait la part belle aux textures. Avec un dessin qui paraît simple de premier abord, James montre vraiment sa maîtrise du dessin ici.

Un avis mitigé sur ce livre. Malgré l’impression de densité (les pages sont épaisses qui plus est !), l’ensemble est particulièrement léger. Et si la qualité des strips est vraiment au rendez-vous, la quantité est trop légère pour ce prix-là. J’ai été très content de l’emprunter en bibliothèque. A l’achat, un goût amer me serait resté dans la bouche.

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Note : 14/20

Poulet aux prunes – Marjane Satrapi

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Titre : Poulet aux prunes
Scénariste : Marjane Satrapi
Dessinatrice : Marjane Satrapi
Parution : Octobre 2004


Après la lecture de Persépolis, j’étais resté un peu dubitatif. Si cette oeuvre possédait des qualités indéniables, je la trouvais un peu sur-côtée. Du coup, cela m’avait passé l’envie de lire d’autres livres de Marjane Satrapi. Le temps passant, je décidais de réviser mon jugement en lisant « Poulet aux prunes », son autre livre adapté (par l’auteure) sur le grand écran. Ce one-shot est paru dans la collection Ciboulette de l’Association.

Téhéran, 1958. Nasser Ali cherche un tar. Son instrument a été cassé et sans sa musique, il n’est plus rien. Mais malgré toutes ses tentatives, impossible de trouver un tar correct dans le pays, car il possédait le meilleur de tous. Incapable de jouer une quelconque mélodie, Nasser Ali perd sa raison de vivre et décide de se laisser mourir.

Le portrait d’un homme désespéré

« Poulet au prunes » est construit sur une série de chapitres articulés sur les journées que Nasser Ali passe à attendre la mort. Des flashbacks viennent compléter l’ensemble afin d’expliquer la vie de cet homme et ce qui l’a amené aujourd’hui à de telles extrémités. La narration est plaisante et facile à suivre. Les zones d’ombres s’éclaircissent régulièrement et tracent le portrait d’un homme. Comme pour « Persépolis », Satrapi décrit quelque peu l’Iran, même si ici la personne de Nasser Ali reste centrale. Malgré tout, le livre fait de multiples digressions sur la famille de l’homme. Parfois, on s’égare un peu, Satrapi s’inspirant avant tout une nouvelle fois de sa propre famille pour écrire.

Beaucoup de lecteurs citent l’humour comme force de Marjane Satrapi. J’avoue ne pas y voir de quoi sourire. C’est avant tout la capacité de traiter de sujets graves sans pathos inutile et avec une sorte de légèreté qui fait la force de l’ouvrage. Il y a beaucoup de sensibilité dans ce « Poulet aux prunes ».

Au niveau du dessin, je ne suis pas vraiment fan du trait de Marjane Strapi. Son noir et blanc pur est un peu inégal, capable de très belles choses et parfois un peu léger. Malgré tout, cela suffit à faire passer les émotions et c’est tout ce qui compte !

Marjane Satrapi nous propose ici un conte triste et sensible, où la légèreté de la narration atténue quelque peu le drame. On s’attache beaucoup à Nasser Ali et on le pleure comme la perte d’un vieil ami. Une belle histoire.

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Note : 15/20

Universal War One, T1 : La génèse – Denis Barjam

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Titre : Universal War One, T1 : La génèse
Scénariste : Denis Barjam
Dessinateur : Denis Barjam
Parution : Décembre 1998


Grand amateur de science-fiction en littérature, force est de constater qu’elle n’y tient pas une place aussi prépondérante dans ma bibliothèque. J’ai relativement peu accroché aux univers proposés par les auteurs de BD. Peut-être que la représentation de ces mondes fantasmés me gênait. Pourtant, « Universal War One » (ou UW1 pour les intimes) a su me passionner. Comment Denis Barjam a-t-il réussi à me faire entrer dans on univers ? Le tout a été publié chez Soleil dans un format classique.

Denis Barjam développe une SF relativement proche de nous, dans le sens où l’homme ne s’extirpe pas du système solaire. Malgré tout, il a développé des techniques qui lui permettent de voyager simplement dans l’espace. C’est ici que nous retrouvons l’escadron Purgatory. Constitué d’officiers passés par la cour martial, cette unité est donc remplie de bras cassés dangereux, que ce soit par leur orgueil, leur témérité ou… leur lâcheté ! Et pourtant, ces gens que tout le monde méprise sont partis pour sauver l’univers !

Un phénomène inexplicable

Un mur s’est élevé dans le système solaire. Personne ne sait d’où il sort. L’escadron est donc chargé d’enquêter sur le phénomène en envoyant des sondes dans le phénomène. Le danger est évidemment très présent puisque ce mur reste inexpliqué. Denis Barjam distille ses infos au compte-goutte, mais le suspense et la densité du récit sont réels. On n’est pas bien plus avancé à la fin du tome mais pourtant déjà captivé. Les questions sont nombreuses et les rebondissements déjà présents.

On pourra reprocher à ce tome de présenter des personnages stéréotypés. Chacun tient son rôle. C’est l’introduction et les nuances arriveront bien évidemment par la suite.

Concernant le dessin, j’ai ressenti comme un frein à la lecture de l’ouvrage. Les couleurs (notamment) dans l’espace ont l’air assez artificielles. Quant aux personnages, ils sont identifiés sans peine et expressif. On ressent une influence comics dans le dessin. Mais sans être convaincu par le trait de ce premier album, force est de constater un vrai sens de la mise en scène. Certaines cases sont puissantes par leur force émotionnelle et permettent à UW1 de passer dans le rang des bande-dessinées de haut niveau.

Ce premier tome apporte avant tout des questions plus que des réponses. Dense dans ses informations, il nous introduit aux (nombreux) personnages et nous captive avec cette histoire de mur. Le premier volet d’une des meilleures séries de cette époque.

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Note : 17/20

 

Top BD des blogueurs – Août 2014

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Le Top BD des blogueurs est un collectif rassemblant des blogs de critiques de bande-dessinées. Dès qu’un titre possède au moins trois notes, il entre dans le top. Vous pouvez découvrir chaque mois les cinquante titres les mieux notés.

1- (=) Le journal de mon père 18.67
Jiro Taniguchi, Casterman

2- (=) Asterios Polyp     18.65
David Mazzuchelli, Casterman

3- (=) Persépolis    18.64
Marjanne Satrapi, L’Association

4- (=) Le loup des mers 18.55
Riff Reb, Soleil

5- (=) Idées Noires       18.5
Franquin, Fluide Glacial

6- (=) NonNonBâ         18.5
Shigeru Mizuki, Cornélius

7- (=) Maus        18.49
Art Spiegelmann, Flammarion

8- (=) Le pouvoir des Innocents Cycle 2- Car l’enfer est ici   18.41
Tome 1Tome 2,

9- (=) Tout seul            18.38
Christophe Chabouté, Vents d’Ouest

10- (=) Le sommet des dieux       18.33
Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman
Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.

11- (=) Universal War One   18.33
Denis Bajram, Soleil
 Tome 1Tome 2, Tome 3, Tome 4Tome 5Tome 6.

12- (-) Un printemps à Tchernobyl  18.28
Emmanuel Lepage, Futuropolis

13- (+) Les vieux fourneaux tome 1   18.28
Wilfrid Lupano, Paul Cauuet, Dargaud

14- (=) Daytripper           18.27
Fabio Moon, Gabriel Ba, Urban Comics

15- (=) V pour Vendetta  18.22
Alan Moore, David Lloyd, Delcourt

16- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel   18.19
Van Hamme, Rosinski, Casterman

17- (=) Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes?  18.13
Benoît Zidrou, Roger, Dargaud

18- (=) Les derniers jours de Stefan Zweig   18.06
L. Seksik, G. Sorel, Casterman

19- (=) Herakles   18.05
Tome 1, Tome 2,
Edouard Cour, Akiléos

20- (=) Abélard     18.04
Régis Hautière, Renaud Dillies, Dargaud
Tome 1Tome 2.

21- (=) Universal War Two tome 1    18
Denis Bajram, Casterman

22- (=) La fille maudite du capitaine pirate  18
Jérémy Bastian, Editions de la Cerise

23- (N) Le muret    18
Pierre Bailly, Céline Fraipont, Casterman

24- (=) Il était une fois en France    17.98
Fabien Nury, Sylvain Vallée, Glénat
Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4Tome 5,Tome 6.

25- (=) Habibi       17.95
Craig Thompson, Casterman

26- (=) Les derniers jours d’un immortel     17.92
Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Futuropolis

27- (=) Gaza 1956     17.92
Joe Sacco, Futuropolis

28- (=) Les ombres     17.88
Zabus, Hippolyte, Phébus

29- (=) Scalped            17.86
Jason Aaron, R.M. Guerra, Urban Comics
Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4Tome 5Tome 6Tome 7,

30- (=) Manabé Shima 17.83
Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier

31- (=) Trois Ombres       17.78
Cyril Pedrosa, Delcourt

32- (=) Anjin-san    17.75
Georges Akiyama, Le Lézard Noir

33- (=) Joker                17.75
Brian Azzarello, Lee Bermejo, Urban Comics

34- (=) Mon arbre     17.75
Séverine Gauthier, Thomas labourot, Delcourt

35- (=) L’histoire des trois Adolf,              17.75
Osamu Tezuka, Tonkam

36- (=) Blankets  17.73
Craig Thompson, Casterman

37- (=) Le pouvoir des innocents Cycle 3- Les enfants de Jessica tome 1  17.73
L. Brunschwig, L. Hirn, Futuropolis

38- (=) Holmes               17.7
Luc Brunschwig, Cecil, Futuropolis
Tome 1, Tome 2Tome 3.

39- (=) Calvin et Hobbes,              17.7
Bill Watterson, Hors Collection
Tome 1Tome 2Tome 15tome 17,

40- (=) Les seigneurs de Bagdad  17.7
Brian K. Vaughan, Niko Henrichon, Urban Comics

41- (=) Urban              17.69
Luc Brunschwig, Roberto Ricci, Futuropolis
Tome 1Tome 2,

42- (=) Washita     17.69
Tome 1Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.

43- (=) Lorenzaccio              17.67
Régis Peynet, 12 Bis

44- (=) Match!   17.67
Grégory Panaccione, Editions Delcourt

45- (=) Tokyo Home  17.67
Thierry Gloris, Cyrielle, Kana

46- (=) Les Carnets de Cerise
Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Soleil
Tome 1Tome 2,

47- (=) L’Orchestre des doigts      17.65
Osamu Yamamoto, Editions Milan
Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4.

48- (=)Melvile     17.64
Romain Renard, Le Lombard

49- (=) Les ignorants             17.63
Etienne Davodeau, Futuropolis

50- (=) Rouge Tagada   17.63
Charlotte Bousquet, Stéphanie Rubini, Gulf Stream Editeur

Feuille de chou, T3 : journal d’un journal – Mathieu Sapin

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Titre : Feuille de chou, T3 : Journal d’un journal
Scénariste : Mathieu Sapin
Dessinateur : Mathieu Sapin
Parution : Septembre 2011


Après avoir écrit deux premiers « Feuille de chou » consacrés à des tournages, c’est cette fois-ci au journal Libération que Mathieu Sapin a décidé de s’attaquer. Immergé pendant des mois au sein de la direction, il va pouvoir croquer et nous montrer comment fonctionne ce quotidien qui alimente bien des fantasmes. Le tout pèse une centaine de pages et est publié chez Shampooing.

Mathieu Sapin a décidé de traiter le sujet de façon très libre, tant dans le fond que dans la forme. Le tout s’articule donc autour de saynètes, qui commencent par l’arrivée du dessinateur dans les locaux et ses différentes rencontres. Autour de ces anecdotes plus ou moins longues (et intéressantes), on retrouve aussi des « hors contexte », à savoir un dessin avec une citation (hors contexte, donc !). Le tout donne un véritable aspect bordélique à l’ensemble. Mathieu Sapin fait le choix de rester en surface et d’éviter de trop analyser ce qu’il voit et entend. Bien évidemment, son travail consiste notamment à choisir ce qu’il montre (et comment il le fait), mais il n’y a pas vraiment de travail de construction et de synthèse. Dommage.

Un quotidien au quotidien

Malgré tout, la particularité de Libération se retrouve bien dans l’ouvrage, que ce soit dans l’idéologie (« La passion de raconter l’actualité et la volonté de lui donner un sens » nous dit son ancien directeur) ou même dans ses locaux. On peut y lire également des réflexions sur l’évolution de la presse écrite (notamment quotidienne). Je dois avouer que tout n’est pas passionnant et ce que l’on retient, c’est avant tout les anecdotes (comme ce photographe qui reste des heures devant en bâtiment pour prendre une photo d’un homme qui en sort… Et la photo n’est pas retenue ! Tout ça pour ça ?).

Mathieu Sapin s’efforce le plus possible de retranscrire avec fidélité ce qu’il voit/entend. Ainsi, les scènes sont parfois confuses, mais cela donne une idée du bouillonnement qu’il doit régner au journal. On sent une forme de fidélité et d’authenticité dans le travail du dessinateur.

Défaut ou qualité, l’ouvrage est ancré dans son époque. Ainsi, de vieilles histoires ressortent. Certains trouveront cela amusant de retrouver l’actu de l’époque, d’autres trouveront que cela fait vieillir le livre… Mais comment parler d’un quotidien sans parler du quotidien ?

La façon dont illustre son livre Mathieu Sapin est des plus plaisantes. Avec un trait relâché et de belles couleurs à l’aquarelle, l’auteur tient un style parfaitement adapté. Il est cependant dommage que certaines pages soient aussi chargées. Son personnage, petit avec une tête toute ronde, le rend encore plus candide face à son sujet.

« Journal d’un journal » ne m’a pas transcendé. J’y ai trouvé de l’intérêt, mais sans avoir l’impression de découvrir autre chose qu’une sorte « d’esprit Libé ». Mais l’ensemble se lit bien, malgré un contenu un peu fouillis. A lire si vous aimez les documentaires dessinés.

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Note : 12/20

Blast, T1 : Grasse carcasse – Manu Larcenet

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Titre : Blast, T1 : Grasse Carcasse
Scénariste : Manu Larcenet
Dessinateur : Manu Larcenet
Parution : Novembre 2009


Manu Larcenet est un auteur que j’apprécie énormément. La principale qualité que je lui trouve est de ne pas s’enfermer dans une case scénaristique. Autant son « Le retour à la terre » est léger et drôle, autant son « Le combat ordinaire » est nostalgique et émouvant. Ses deux séries démontrent plutôt bien le grand spectre d’atmosphère dans lequel peut nous plonger cet écrivain. Mais ce n’est pas de ses séries dont je veux vous parler. Je me contente de vous les conseiller vivement. L’album dont je veux vous parler aujourd’hui se nomme « Blast ». Il s’agit d’un ouvrage au format original. Edité chez Dargaud, il est d’un format plus « carré » qu’un album de bandes dessinées classique. De plus, il est particulièrement épais. En effet, l’histoire se déroule sur environ deux cents pages. Il est vendu au prix de vingt-deux euros. « Blast » est une nouvelle série née de l’imagination de Larcenet. Il s’occupe à la fois du scénario et des dessins. Le premier opus s’intitule « Grasse carcasse ». Il est apparu dans les librairies en novembre dernier.

Un homme obèse et sans domicile fixe

L’histoire est construite autour d’un personnage imposant nommé Polza Mancini. On le découvre en garde à vue. Agé de trente-huit ans et sans domicile connu, il est accusé d’avoir agressée une femme maintenant plongée dans un coma artificiel. Deux policiers l’interrogent et cherchent à connaître son mobil et à savoir précisément d’où vient un tel déchainement de violence. Mais pour Polza, tout n’est pas si simple. Sa quête consiste à sentir à nouveau le Blast, moment où la vie atteint la perfection. Et cette recherche est permanente et vient de loin. Et pour cela, il faut en revenir au tout début. Et voilà cet homme obèse et sans domicile fixe qui commence à nous raconter sa vie dans la petite salle d’un commissariat…

Le héros est particulier. Si on l’avait croisé dans la rue, il ne nous aurait inspiré aucune affection ou empathie particulière. Voir cet homme errer dans la rue ne nous aurait pas touchés. On aurait éventuellement ressenti de la pitié pour son physique difforme et sa vie apparemment pas facile. Mais Larcenet en a décidé d’en faire son personnage central. Pour arranger le tout, cet homme a agressé violemment une femme et se trouve arrêté dans un commissariat. Comment peut-on s’intéresser à lui ? Peut-être est-ce du au talent de son créateur mais dès les premières pages de lecture, Mancini nous devient sympathique. On s’attache à lui très vite. On oublie la raison de sa présence dans ces lieux. On s’immerge pleinement dans son univers et dans son histoire. Sa narration nous passionne.

L’intérêt que j’ai ressenti pour cette histoire est d’autant plus surprenant qu’elle n’est a priori pas forcément passionnante. Mancini est un écrivain qui voit son père mourir à l’hôpital. Cet événement marque une rupture. Il décide de partir à l’aventure. La rue devient son nouvel univers et sa nouvelle maison. On a donc l’impression de suivre un clochard dans son quotidien. Il ne témoigne pas de réelle volonté d’améliorer sa situation, on ne ressent pas de quête particulière sortie de celle de ressentir le Blast. Bref, tout cela manque d’idéal classique. Et pourtant malgré tout cela, on se prend d’affection pour cette personne et on a énormément de curiosité pour son avenir.

Je pense que ce plaisir de lecture vient en grande partie de l’atmosphère assez particulière dans laquelle navigue Mancini. L’ambiance est assez envahissante je trouve. On s’y immerge de manière assez intense. Larcenet nous offre des moments de silence et contemplatif qui apportent une dimension assez intense à la narration. Peut-être que le fait que les dessins soient en noir et blancs participent à tout cela. Ce qui est également très particulier est le fait que malgré ce grand nombre de pages, on croise relativement peu de personnages. La narration est construite davantage sur l’introspection du héros plutôt que sur ses rencontres. De plus, le style de Larcenet, bien que particulier, me touche énormément. Je trouve les visages de ses personnages très expressifs.

Donc au final j’ai pris énormément de plaisir à découvrir ce nouvel univers. La lecture a été très agréable, le dépaysement total. Par contre, je comprendrais aisément que tout le monde n’y soit pas sensible. L’ambiance, le thème ou encore le dessin sont particuliers. Je vous conseille donc de le feuilleter dans les rayons avant de vous l’offrir. Par contre, si vous y êtes sensibles, je vous garantis un moment assez intense et je ne doute pas que vous partagerez avec moi l’impatience de devoir attendre la parution du deuxième opus de « Blast ». Bonne lecture…

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Note : 17/20

Bone, T2 : La grande course – Jeff Smith

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Titre : Bone, T2 : La grande courses
Scénariste : Jeff Smith
Dessinateur : Jeff Smith
Parution : Avril 1996


 « Bone » est certainement l’une des séries que j’ai le plus appréciées. De part son côté transatlantique, c’est aussi l’un des rares comics qui peuple ma bibliothèque. Le premier tome nous avait présenté les trois Bone : Fone, le rêveur sentimental, Smiley qui sourit tout le temps mais fait preuve d’un QI limité et Phoney, irascible et toujours prêt à arnaquer le monde. Perdus en plein désert, ils avaient découvert la vallée et ses habitants. Le deuxième tome fait honneur à la grande course de vaches… Le tout est publié chez Delcourt.

Nous retrouvons donc Thorn, la jolie fille et Fone, son soupirant en plein marché. C’est la foire et leurs aventures semblent terminées. Les Bone doivent retourner à Boneville dans deux jours. C’était sans compter sur Phoney qui espère truquer les paris de la course avec une vache mystère. Cette vache serait capable de concurrencer Mamie Ben (qui court avec les vaches…). On voit tout de suite que l’humour est bien présent dans cette série. Cette dernière a le mérite de mélanger plein de styles : aventure, héroïc-fantasy et humour. Ce deuxième tome est certainement l’un des plus légers de la série. Tous les personnages sont présents au même endroit, ce qui laisse la place à de succulentes situations. Et bien évidemment, à la fin de l’ouvrage, les Bone ne sont toujours pas rentrés…

Un mélange improbable

« Bone » est un mélange assez improbable qui permet à l’auteur de créer une œuvre originale et pleine de personnalité. Ainsi, nous ne savons pas vraiment ce que sont ces Bone, aux traits ronds et au nez énorme. Et visiblement, ça ne choque personne. Ces derniers discutent avec les animaux ou les humains indifféremment. Et au milieu de tout cela, un dragon apparaît régulièrement… C’est la magie de « Bone » ! Les personnages sont vraiment bien écrits, à l’image de ces deux rat-garous qui se disputent pour savoir s’il faut manger Fone Bone en ragoût ou… en quiche !

Ce tome est certainement l’un des plus brillants que Jeff Smith ait écrit. Il se situe à un moment critique. Le ton reste léger, mais déjà les zones d’ombres commencent à se dégager. Les pièces du puzzle s’emboîtent sans que l’on sache vraiment vers où tout cela va nous mener.

Concernant le dessin, je mets un point d’honneur à lire la version en noir et blanc (colorisée depuis). Le trait tout en rondeur de Jeff Smith est une vraie splendeur. On ressent le pinceau glisser sur la feuille ! Le traitement du noir et blanc est splendide et le mélange des styles (réaliste et cartoon) fonctionne parfaitement. Du grand art !

Ce tome est une véritable merveille. Difficile de ne pas tomber amoureux de cet univers, tant il nous rappelle notre enfance sans nous traiter pour autant comme des enfants. A ce stade, Jeff Smith tient déjà son chef d’œuvre et il confirmera pas la suite tout son talent.

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Note : 19/20

Métronom’, T4 : Virus psychique – Éric Corbeyran & Grun

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Titre : Metronom’, T4 : Virus psychique
Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Grun
Parution : Janvier 2014


 « Metronom’ » est une série née il y a quatre ans. Elle est le fruit du scénariste Eric Corbeyran et du dessinateur Grun. Le premier est un auteur qui m’est familier et le second une découverte pour moi. C’est donc le nom de Corbeyran qui m’a attiré vers le premier épisode de cette nouvelle aventure. En feuilletant quelques pages, j’ai été intrigué par les enjeux posés et l’univers dans lequel s’inscrivait la trame. Sans révolutionner le neuvième art, les trois premiers actes montraient une intrigue solide qui se laissait découvrir avec plaisir. C’est donc avec joie que j’ai accueilli le quatrième tome « Virus psychique » dans les librairies en janvier dernier.

La quatrième de couverture nous expose le résumé suivant : « Dans un avenir proche, au sein d’une société totalitaire qui écrase l’individu au profit de la toute-puissance et du mensonge étatiques, une femme mène un combat pour découvrir les raisons de la disparition mystérieuse de son mari parti en mission spatiale… »

Une société totalitaire, des invidualités vouées à disparaître

Ce qui m’a attiré en premier dans cette saga, est la société qu’elle décrit. Elle apparait totalitaire. Les individualités sont vouées à disparaitre. La description qui en est faite est relativement fine. Il n’y a pas de grands exposés pour magistraux pour présenter les codes politiques, sociaux et économiques. Au fur et à mesure que la pelote narrative se déroule, les informations se succèdent et densifient notre connaissance de la situation. Ce nouveau tome n’échappe à la règle et participe activement à notre maîtrise de l’univers de la série.

L’histoire se construit autour d’un personnage central prénommé Lynn. Tout est construit autour de son destin et de son parcours. Le personnage est plutôt bien construit. On s’y attache rapidement. Les épreuves qu’elle subit couplées à son caractère fort et déterminé forment un cocktail classique et efficace. Son identité graphique la démarque également du reste du casting. Bref, l’héroïne n’est pas un modèle d’originalité mais possède suffisamment de qualités pour rendre la lecture interactive. En effet, on peut aisément s’identifier à elle et s’approprier ses craintes et ses interrogations.

Concernant l’intrigue en elle-même, elle avance à un rythme régulier. Les auteurs ne tombent pas dans le défaut de beaucoup de séries qu’est une trop grande dilution des événements. Ce nouvel opus conserve cette qualité en faisant évoluer de manière relativement importante les aventures de Lynn et des autres protagonistes. Le scénario donne autant de réponses qu’il fait naître de questions. Bref, tout cela est plutôt bien rythmé. Je ne peux pas vous dire que je sois complètement enthousiasmé et possédé quand je vois les pages défiler. Par contre, je n’ai aucun mal à affirmer que je découvre tout cela avec une vraie curiosité.

Un des attraits de cette série concerne ses dessins. Le trait de Grun et son travail très intéressant sur les couleurs offre une vraie particularité à l’univers de la série. Même si je suis moins fan de leurs émotions graphiques, je trouve que les protagonistes possèdent suffisamment d’épaisseur pour être aisément identifiés et appropriés. Mais le gros point fort concerne les décors que je trouve superbes qu’ils soient urbains ou désertiques. De plus, les tons chromatiques gris, bleus et marron dégagent une atmosphère très réussie.

Pour conclure, ce quatrième tome est dans la lignée des trois précédents. Il possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. La trame reste globalement assez classique mais sa construction narrative est suffisamment rigoureuse pour permettre une lecture agréable et divertissante. Je m’offrirai donc avec plaisir le prochain opus. Les aventures de Lynn ne sont pas terminées et je suis curieux d’en connaitre la suite…

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Note : 13/20