Moby Dick – Olivier Jouvray & Pierre Alary

MobyDick


Titre : Moby Dick
Scénariste : Olivier Jouvray
Dessinateur : Pierre Alary
Parution : Avril 2014


« Moby Dick » est un roman de l’écrivain américain Herman Melville datant du milieu du dix-neuvième siècle. Je n’ai jamais eu l’occasion de le lire mais la mythique baleine qui donne son nom au bouquin fait partie de l’imaginaire collectif. J’ai donc accueilli avec joie et curiosité l’adaptation en bande dessinée coécrite par le scénariste Olivier Jouvray et le dessinateur Pierre Alary. Je connaissais le premier à travers son travail sur « Lincoln ». Quant au second, ce sont ses illustrations sur « Silas Corey » qui me l’ont fait rencontrer. L’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui est un bel objet de cent vingt-quatre pages édité chez Soleil dans la collection Noctambule. La couverture est une jolie image nous présentant une immense baleine attirer vers le fond un homme qui venait de la harponner. Elle dégage déjà une atmosphère forte.

MobyDick_1Le site BD Gest’ présente l’album avec les mots suivants : « Une adaptation fougueuse d’un monument de la littérature américaine, rythmée au gré des vents et des passions humaines ! Herman Melville, qui fut marin, s’inspira de faits réels pour donner naissance à Moby Dick – un chef d’œuvre de la littérature américaine, un livre culte qui inscrivit un nouveau mythe dans la mémoire des hommes : celui de la baleine blanche. Il y raconte – sous la forme d’une parabole chargée de thèmes universels – la quête furieuse, mystique, désespérée du capitaine Achab et son dernier affrontement avec Moby Dick. » 

Comme je l’ai écrit en introduction, je n’ai pas lu le roman de Melville. Je me garderai de toute comparaison entre les deux œuvres. Je ne donnerai pas mon opinion sur la rigueur ou pas de l’adaptation. J’ai donc découvert cet opus comme une production originale. Elle s’adresse aux lecteurs adeptes de grands espaces et d’aventure.

Un conteur omniscient.

L’histoire est narrée par un des marins ayant participé à la chasse du monstre marin. Il s’agissait de sa première sortie sur un baleinier. Il travaillait dans la marine marchande et était en quête d’adrénaline et d’aventure. Il se prénomme Ishmaël et sa première apparition le présente naufragé sur une barque au milieu de nulle part. Il est recueilli par un navire et décide alors de leur relater sa terrible histoire. Le choix d’opter pour une narration a posteriori offre une omniscience au conteur. Cela autorise une analyse sur les événements que rendrait impossible une trame vécue dans le feu de l’action.

MobyDick_3L’intrigue fait exister une jolie galerie de personnages intéressants. Il y a évidemment Ishmaël. Le capitaine Achab fait peur tant il est possédé par sa haine pour la bête. Sa folie est bien rendue par les auteurs. Plus en retrait, l’indien Queequeg est charismatique et le second du bateau, Starbuck, apporte un écot intéressant. Le bémol de cette quantité de protagonistes est qu’il faut trouver de la place pour tout le monde. En passant de l’un à l’autre, les auteurs génèrent de la frustration. Chacun aurait mérité d’être central et finalement aucun ne l’est totalement. Peut-être qu’en répartissant le temps consacré à chacun de manière moins égalitaire, cela aurait intensifié certaines scènes et aurait clarifié le statut dans l’histoire des uns et des autres. Néanmoins, le travail graphique de Pierre Alary offre à chacun une identité graphique forte. Sur ce plan, chaque apparition d’Achab ne laisse pas indifférent.

Partir sur la mer en quête de cette baleine légendaire fait naître une atmosphère d’aventure. Le côté isolé au milieu de nulle part de ce baleinier parti à la chasse est bien rendu. Les peurs propres à ce genre de trajet, la cohabitation dans un espace fermé, les interrogations sur l’issue de la quête… Tout cela transpire de chacune des pages. Le trait d’Alary engendre des décors forts. Il s’en dégage une angoisse, un sentiment d’enferment qui rend la lecture intense. Les choix de couleur accentuent cette sensation pour le plus grand plaisir du lecteur.

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Concernant l’histoire en elle-même, elle suit son cours sans réelle surprise. Ce n’est pas une critique, mais la trame est classique. Elle offre des moments forts et des moments plus apaisés mais ceux-ci sont dans les grandes lignes prévisibles. Mais cela n’empêche pas la lecture d’être agréable et plutôt prenante. Je me suis laissé porter sans avoir à me forcer. Cela fait de cet ouvrage un album de qualité tant sur la forme que sur le fond. Je pense qu’en mettant Achab plus au centre de l’histoire et en intensifiant la dimension « course d’un fou vers la mort », ce bouquin serait passé de bon à excellent. Mais cela n’est qu’un léger bémol sûrement marqueur d’une trop grande exigence de ma part…

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Note : 14/20

Tu mourras moins bête, T2 : Quoi de neuf, Docteur Moustache ? – Marion Montaigne

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Titre : Tu mourras moins bête, T2 : Quoi de neuf, Docteur Moustache ?
Scénariste : Marion Montaigne
Dessinatrice : Marion Montaigne
Parution : Septembre 2012


J’ai découvert le travail de Marie Montaigne à travers son blog. Chacun de ses nouveaux billets était un condensé d’humour et de science. L’auteur montrait une vraie capacité à rendre accessible la biologie, la physique ou la chimie à tout le monde grâce à un vrai talent de vulgarisation couplé à un ton réellement décalé. C’était donc avec beaucoup de joie que j’avais découvert la transcription de son univers sur papier via la parution de « Tu mourras moins bête – La science, c’est pas du cinéma ! ». Elle y regroupait toute une série d’histoire dont le point commun était le cinéma. L’ouvrage s’avérait être de qualité et a été accompagné dans les rayons d’un honnête succès critique. En septembre dernier, est sorti le second opus des aventures du docteur Moustache intitulé « Quoi de neuf, Docteur Moustache ? ». Le professeur nous plonge maintenant dans le corps humain. Et c’est loin d’être triste !

Comme dans l’épisode précédent, l’ouvrage se décompose en une succession de petites histoires tout au long des deux cent cinquante pages. Chacune est la réponse à une question telle que « Comment le corps traque les virus ? » ou « Comment ça marche, les rêves ? ». Cela permet de ne pas lire le bouquin d’une seule traite. On peut le feuilleter à tout moment en choisissant une page au hasard. La densité des propos fait qu’il est dur de digérer tout l’album d’une traite. Pour la savourer, il me parait indispensable de le lire en plusieurs étapes. Il ne faut pas voir dans cette remarque une critique. Les dialogues sont travaillés et une lecture trop longue risque d’empêcher d’en profiter pleinement.

On peut apprendre en s’amusant.

Le fait que Marion Montaigne vulgarise la science ne l’empêche pas de s’appuyer sur des vérités scientifiques étayées. Les références bibliographiques qui concluent le livre en sont la preuve. Cet album veut donner raison à la théorie qui dit qu’on peut apprendre en s’amusant. Il est donc à la fois drôle et intéressant de découvrir les réflexions du cerveau pour reconnaitre les gens ou le quotidien d’un globule blanc traquant les bactéries étrangères. Certaines anecdotes tendent davantage vers le côté universitaire, d’autre vers un côté plus graveleux. Mais dans l’immense majorité des exposés, l’équilibre science – humour est respecté.

On trouve quasiment une trentaine d’histoires. Elles ne sont évidemment pas toutes d’un même attrait. Certaines répondent à une interrogation très décalée : « Est-ce grave d’avoir un petit zizi ? » ou « Pourquoi l’ovulation de la femme est invisible ? ». D’autres sont plus classiques médicalement : « Comment fonctionne le système immunitaire ? » ou « Comment le corps traque les virus ? ». Enfin, certaines nous plongent dans l’Histoire auprès d’Ambroise Paré ou d’Aristote. Certains pourraient trouver que beaucoup des propos sont situés sous la ceinture. Je n’ai pas eu ce sentiment. De plus, il faut se l’avouer, bon nombre des interrogations concernant notre corps sont liées de près ou de loin à cet endroit.

Les dessins ne sont pas nécessairement faciles d’accès. Le trait apparait brouillon et négligé à la manière de celui d’un Reiser. Néanmoins, on s’y habitue rapidement et la capacité de Montaigne à donner un ton caricatural à ses illustrations participe à la bonhommie de la lecture. Les textes étant denses, il est important que les dessins ne surchargent pas davantage la page. L’auteur arrive à trouver cet équilibre en faisant disparaitre tout découpage apparent des cases et en se contentant de faire apparaitre le minimum de décors utile à la cohérence du propos.

Tout cela fait que « Quoi de neuf, docteur Moustache ? » un ouvrage de qualité qui s’avère assez unique dans son genre. Après le très réussi « La science, c’est pas du cinéma ! », l’essai est transformé avec ce voyage au plus profond de chacun d’entre nous. Je ne peux donc vous en conseiller la lecture. De mon côté, il ne me reste plus qu’à attendre la parution du prochain épisode. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 14/20

Les femmes en blanc, T36 : Neuf fois de gros stress – Raoul Cauvin & Philippe Bercovici

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Titre : Les femmes en blanc, T36 : Neuf mois de gros stress
Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Philippe Bercovici
Parution : Mars 2014


Depuis plus de dix ans, les rayons de librairie sont envahis par bon nombre de séries centrées sur un corps de métier. Les enseignants, les CRS, les pompiers, les psys… Tout le monde possède ses albums décrivant son quotidien de manière humoristique. Le moins que je puisse dire est qu’il y a à boire et à manger. Bien souvent, il s’agit d’albums relativement médiocres dont les ficelles sont trop grosses pour chatouiller efficacement les zygomatiques. Néanmoins, parmi les plus anciennes, certaines m’ont conquis depuis que je suis enfant. « Pierre Tombal » ou « Les femmes en blanc » font partie de celles-là. Ma critique d’aujourd’hui porte sur le dernier de tome de la dernière citée. Il s’intitule « Neuf mois de gros stress » et est sorti dans les bacs en avril dernier. Cet album est scénarisé par Raoul Cauvin et dessiné par Philippe Bercovici.

Le site BDGest’ propose le résumé suivant : « Le miracle de la vie… dans les coulisses de l’hôpital. Gérer le stress, c’est la spécialité des femmes en blanc, et à l’hôpital, elles ont de quoi faire ! Entre les futurs pères en panique, les inquiets chroniques et les éclopés en tout genre, pas moyen de lever le pied. C’est ça, le miracle de la vie… dans les coulisses de l’hôpital ! »

Divertir sans trop réfléchir.

Pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de lire un des tomes de la série, je vais rapidement vous présenter la structure narrative. L’ouvrage est de format classique et se compose de quarante-six planches. Il se décompose en une suite de gags qui peuvent s’étaler sur une à trois pages. Chacun est indépendant du précédent et du suivant. Cela fait qu’un tel album peut se feuilleter au gré des envies et du temps libre. Il peut être ouvert à n’importe quel page sans gâcher la lecture. Son seul but est de divertir sans trop réfléchir. C’est un objectif louable et apprécié quand il est atteint.

Comme son titre l’indique, les blagues s’insèrent pleinement dans la vie des infirmières. L’auteur arrive à utiliser une certaine variété de cordes à son arc humoristique pour nous faire rire. Il y a évidemment la gestion des patients, les relations avec les médecins, les interactions entre elles mais également leur quotidien de femme en dehors de leur lieu de travail. Chacune de ses thématiques est exploitée de manière équitable tant en quantité qu’en qualité. Raoul Cauvin a une imagination fertile car cela des dizaines d’histoires qu’il a construites dans l’univers hospitalier et il arrive encore à me surprendre.

En effet, une des forces de l’album est d’offrir des chutes imprévisibles. Sans forcément nous faire pleurer de rire, l’auteur arrive par la dernière case à nous surprendre ou à nous faire sourire. J’ai souvent essayé de connaître le dénouement de son gag au fur et à mesure de son déroulement et bien souvent je n’y suis pas arrivé. Il utilise souvent une espèce d’anaphores scénaristiques. Une infirmière nous contente une succession d’anecdotes liées en très peu de temps dans le but d’aboutir à une conclusion marrante. Malgré le nombre parfois important d’événements contés, déjà drôles en soi, je n’arrive pas à découvrir la conclusion de la narratrice. Parallèlement, Cauvin nous présente également des gags en une planche. Ils sont efficaces et légers. La mise en situation est rapide et la fin joue davantage avec les mots que les situations.

Mon seul bémol pourrait concerner les dessins de Bercovici. Je ne leur trouve pas de défauts particuliers. Par contre, je regrette qu’ils se contentent – tout est relatif – d’accompagner le propos sans chercher à le sublimer ou à intensifier son côté humoristique ou parfois caricatural. J’ai toujours le plaisir de retrouver ce trait qui a accompagné mes lectures d’enfance quand je farfouillais dans la bibliothèque parentale. Néanmoins, j’ai toujours l’espoir que la série exploite un de ses axes de progression.

Pour conclure, « Neuf mois de gros stress » fait honneur à la série en se montrant très fidèle aux ingrédients de son succès. Cet album ne possède rien d’exceptionnel mais demeure assez efficace. J’ai pris du plaisir à m’y plonger et l’ai trouvé divertissant. Je pourrais regretter qu’il se lise rapidement mais ce léger défaut est compenser par le fait qu’il se relira toujours avec amusement quand on recherchera un passe-temps plaisant.

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Note : 12/20

Les Forêts d’Opale, T7 : Les Dents de Pierre – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T7 : Les Dents de Pierre
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Novembre 2011


« Les dents de pierre » est le septième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série est née il y a une dizaine d’années de l’association de Christophe Arleston et Philippe Pellet. Le premier est un des auteurs les plus célèbres de ces vingt dernières années grâce au succès de série telle que « Lanfeust de Troy », « Troll de Troy », « Le chant d’Excalibur » ou « Les naufragés d’Ythaq ». J’ai découvert par contre les dessins de Philippe Pellet à travers la série qui m’intéresse aujourd’hui. L’album que j’évoque aujourd’hui est le dernier en date de cette série. Sa parution chez Soleil date de novembre dernier. D’un format classique, il se compose d’une petite cinquantaine de pages et est vendu à prix proche de quatorze euros. La couverture nous plonge dans une ambiance sombre dans laquelle on reconnait la ravissante Sleilo. Elle semble apeurée par la vision d’un cadavre squelettique habillé d’un long manteau. Cet opus nous offrirait-il des révélations ?

La série est présentée par les mots suivants sur la quatrième de couverture : « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance des Pierres Magiques. Mais Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et faire revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la jolie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg. Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde… Une grande saga vivante, de la pure fantasy ! »

Ce résumé est le même pour chaque album de la série. Il va sans dire que depuis le début, ce cher Darko a fait du chemin. Il n’est plus le jeune garçon naïf d’un village perdu dans la forêt. Il a pris conscience de ses pouvoirs, commence à les maitriser. Il prend conscience de son destin. Le groupe qu’il formait avec Urfold et Sleilo a recruté un nouveau membre prénommé Tara. Elle est général paladin et ne laisse pas indifférent notre héros. Les différents opus ont été autant d’étapes dans sa quête. Il cherche à redonner vie aux Titans afin de libérer Opale de la gestion corrompue et dictatrice du clergé de la Lumière. Le dernier tome avait offert une vraie surprise en voyant le méchant mourir suite à la manipulation de son ancien maitre. Cela pose une nouvelle série de questions dont j’espérais trouver quelques réponses dans ce nouvel ouvrage.

Le début ce tome est intéressant car nos héros doivent affronter la Dorsale, énorme chaine montagneuse. L’attrait de cette expédition est de nous changer de décors. On quitte les forêts et les cités médiévales pour un territoire inquiétant et d’un blanc immaculé. On s’éloigne de la civilisation et j’espérais donc découvrir un nouvel univers sur tous les plans. J’attendais également que la trame change de braquet et ne se contente pas de nous offrir une nouvelle ampleur qui ne fait, finalement, pas tant que cela avancer le schmilblick. Pour résumer la variation des lieux devait entrainer une prise d’ampleur de l’intrigue.

L’ensemble apparaît brouillon.

La montagne de mes attentes va accoucher d’une toute petite souris qui n’avance pas. En effet, une fois l’album refermé, j’ai vraiment le sentiment d’en être au même point qu’en découvrant la première page. Les deux ou trois informations que nous offre cet ouvrage sur l’histoire auraient pu être narrées en une dizaine de pages plutôt qu’en quasiment cinquante ! Sincèrement, l’ensemble apparait brouillon. Je trouve que beaucoup de scènes ressemblent à du remplissage. Il est déjà arrivé que les auteurs nous offrent des « moments de transition » dans les tomes précédents. Mais souvent, cela nous offrait un moment drôle ou prenant qui fait qu’on était tolérant sur le fait que l’intrigue n’avançait pas assez vite. Dans « Les dents de pierre », le côté léger et divertissant est quasiment inexistant. Il n’est pas pour autant remplacer par une dimension dramatique qui aurait s’avérait captivante. On n’a ni l’un ni l’autre et en plus les événements sont souvent sans intérêt et semblent être dissociés de tout fil conducteur.

Le contenu narratif est donc d’une faiblesse rare. Il ne restait plus qu’à espérer que la forme compense la déception du fond. Philippe Pellet nous offre une nouvelle fois des illustrations réussies. Les décors neigeux sont réussis. De la même manière, la partie de l’histoire se déroulant dans les grottes possède généralement une vraie atmosphère. Les autres parties sont moins originales concernant les lieux. Cela permet malgré tout au dessinateur de nous confirmer une nouvelle fois son talent dans sa transcription de ses ambiances de tavernes ou équivalent. Concernant les personnages, on a plaisir à les retrouver. Je trouve d’ailleurs qu’il y a une vraie progression dans leurs traits par rapport à notre rencontre dans le premier tome.

En conclusion, cet ouvrage m’a profondément déçu. Il ne possède quasiment aucun intérêt dans l’avancée de l’histoire. Sorti du plaisir de retrouver les personnages, il y a relativement peu de choses à en sortir. Les derniers tomes avaient montré des attraits certains. La chute est dure. Il ne me reste plus qu’à attendre patiemment la parution du prochain tome en espérant que l’arrêt marqué par « Les dents de la pierre » ne soit d’un accident de parcours. Mais cela est une autre aventure…

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Note : 7/20

Les Forêts d’Opale, T6 : Le Sortilège du Pontife – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T6 : Le Sortilège du Pontife
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Octobre 2009


« Le sortilège du pontife » est le sixième tome de « Les forêts d’Opale ». Sa parution date d’octobre deux mille neuf. Edité aux éditions Soleil, il se compose d’une cinquantaine de pages et est d’un format classique. Son prix avoisine les quatorze euros. Cet ouvrage est l’œuvre conjointe de Christophe Arleston et de Philippe Pellet. Le premier se charge du scénario et le second des dessins. La couverture est très réussie. Elle nous offre un Ghörg, démon de son état, s’apprêtant à faire sa fête à un soldat avec son imposante hache. Le fond est couleur flamme. A priori, il va y avoir du sport dans cet album. Espérons que les annonces ne soient pas vaines à ce niveau-là !

Pour ceux qui n’auraient lu ni les opus de cette série ni mes critiques sur les tomes précédents, je vous cite le résumé qui est fait de l’histoire sur la quatrième de couverture de chacun des ouvrages de cette saga. « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance des Pierres Magiques. Mais Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et faire revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la jolie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg, Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde… Une grande saga vivante, de la pure fantasy ! »

Cela fait maintenant des années qu’on erre dans les forêts d’Opale. En effet, la parution du premier tome date d’une dizaine d’années. Le groupe s’est étoffée depuis quelques opus de la ravissante Tara, ancienne général paladin de la Lumière, qui a renié son engagement à ce gouvernement convaincu pour aider Darko à réaliser sa quête. Le cinquième ouvrage avait redonné du souffle à la trame principale qui avait tendance à tomber en hibernation lors des opus précédents. J’espérais donc ma curiosité ainsi attisée allait voit sa flamme à nouveau alimentée en découvrant « Le sortilège du pontife ».

On en prend plein les mirettes.

La lecture ne souffre d’aucun temps mort. Dès les premières pages, on en prend plein les mirettes en découvrant un démon terrifiant en recherche de son maître. Pendant ce temps, le pontife Xarchias, méchant de l’histoire s’apprête à porter un coup fatal à Darko est ses amis en mettant en place un cérémonial puissant de magie noire avec l’aide de son maître angoissant. Pour cela, il doit réunir ses sept enfants disséminés à travers le monde. Cette quête va servir de fil conducteur tout au long de l’ouvrage. Surtout que celle-ci nous offre une révélation de taille qui ne nous laisse pas indifférente. Elle intensifie même notre pour ce compte à rebours qui nous mène à ce qui ressemble à un grand combat final.

Le bémol qui aurait pu naître de cette attente de l’issue finale est un ventre mou de la lecture sans grand intérêt. Ce n’est pas le cas. La présence de Darko et ses amis à Onze Racines, repère de la résistance offre beaucoup de moments importants essentiellement basés sur les rapports entre les personnages et les sentiments qui les accompagnent. Bien que le dénouement sanglant de notre lecture soit irrémédiable, cela n’empêche pas la majorité du bouquin de se montrer relativement peu fourni en bataille et combat. Certains trouveront peut-être que cette attente aurait pu être réduite et offrir ainsi une trame plus intense. Je ne partage pas cet avis. Je trouve au contraire que ces moments moins violents ou dynamiques sont clairement le calme qui précède la tempête. Je trouve que la montée en puissance est dosée en alternant les moments plutôt posés à Onze Racines et les moments plus durs et cruels qu’offre l’armée du pontife dont son avancée irrémédiable vers nos héros.

Les dessins sont dans la lignée des tomes précédents. Ils accompagnent parfaitement l’histoire. Ils sont dans la lignée des illustrations qui accompagnent ces grandes sagas de fantasy grand public. Les filles sont bien roulées, les monstres sont nombreux et hauts en couleur. Les décors qu’ils soient urbains ou forestiers sont colorés et participent au dépaysement qui accompagne notre lecture. Les traits des personnages sont classiques. Ils ne révolutionnent pas le genre. Néanmoins, ils possèdent une vraie personnalité picturale et leurs émotions sont bien traduites par le trait de Philippe Pellet.

En conclusion, « Le sortilège du Pontife » m’a plutôt plu. Même si je ne l’ai pas trouvé aussi dense et rythmé que le précédent tome, je trouve qu’il s’agit d’un des meilleurs de la série. De plus, le dénouement amène son lot de surprises et de questions qui incite donc à se plonger dans le septième album au plus vite. Ce dernier s’intitule « Les dents de pierre ». Il s’agit d’ailleurs du dernier tome paru pour l’instant. Une fois celui-ci lu, il faudra donc attendre patiemment la suite. Mais à chaque jour suffit sa peine. Cela est une autre histoire…

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Note : 14/20

Les Forêts d’Opale, T5 : Onze Racines – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T5 : Onze Racines
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Mai 2007


« Onze racines » est le cinquième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série de fantasy est le fruit de la collaboration de Christophe Arleston et Philippe Pellet. C’est la présence du premier cité qui m’avait attiré vers cette nouvelle aventure il y a une dizaine d’années. Je le connaissais par mes lectures de « Lanfeust de Troy » ou « Les maîtres cartographes ». Depuis, je m’offre chaque nouvelle parution de cette saga. L’apparition de « Onze racines » chez Soleil date de deux mille sept. L’ouvrage est de qualité et nous offre une couverture qui attire l’œil. Elle nous présente le héros en train de tenir une épée à deux mains et s’apprêtant à achever le corps d’une femme allongée à terre. En arrière-plan, apparait des grands éclairs de feu.

Pour ceux qui n’auraient pas lu mes critiques précédentes ou pour qui « Les forêts d’Opale » est une histoire inconnue, je vous cite le texte ornant la quatrième de couverture de l’album : « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance des Pierres Magiques. Mars Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et faire revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la jolie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg, Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin du monde… »

Pour les adeptes du genre, ils retrouveront les codes de la fantasy. La lutte entre le bien et le mal, la notion d’élu, le parcours initiatique, un groupe hétéroclite dans un combat type « David et Goliath »… La recette est un classique. Néanmoins, quand elle est bien exécutée, elle peut offrir un festin de qualité. Les débuts de la série étaient agréables et dynamiques. On prenait plaisir à suivre des personnages sympathiques. La maladresse de l’un, les charmes de l’autre, la roublardise d’un troisième ou la bestialité du dernier rendait notre voyage haut en couleur. Mais l’avancée de la trame avait tendance à ralentir et le quatrième tome était décevant. J’étais donc curieux de savoir si les choses allaient repartir dans le bon sens dans « Onze racines ».

Le scénario possède une épaisseur qu’il avait tendance à perdre.

Mes attentes ont été globalement comblées. Le fil conducteur de la quête principale retrouve une place de choix dans l’histoire. Je ne vais évidemment pas vous conter les différents événements qui accompagnent notre lecture, mais on n’a pas le sentiment de faire du surplace. Le scénario possède une épaisseur qu’il avait tendance à perdre. On rencontre des personnages secondaires qui semblent posséder un rôle qui ne se restreint pas à l’album qu’on est en train de lire. Leur destin devrait se prolonger dans les opus suivants. Cela coupe la sensation que chaque tome était un épisode qui tendait de plus en plus à être indépendant du précédent et du suivant. « Onze racines » redonne un sens à la saga « Les forêts d’Opale ». J’espère que cette ampleur grandira dans les albums suivants et que le soufflet ne retombera pas.

Cette amélioration a pour conséquence que notre attrait pour le devenir des héros voit sa flamme ravivée. Notre curiosité ainsi ranimée découvre donc avec plaisir une évolution importante des relations entre nos héros. Même si cette évolution apparaissait prévisible, c’est avec plaisir qu’on voit certains sentiments se révéler et offrir à la trame un nouvel aspect à développer. Le scénariste arrive à mêler cette apparition à un événement important de l’histoire. Cette toile d’araignée ainsi tissée densifie ainsi l’intrigue et rend la lecture d’autant plus passionnante. Même si l’album se conclue sur quelques pages plutôt calmes et apaisée, cela ne nous empêche d’espérer nous plonger au plus vite dans le sixième tome intitulé « Le sortilège du pontife ».

Les dessins de Pellet suivent également une courbe croissante. Ils ne m’ont jamais gêné, je tiens à être clair. Par contre, longtemps, je trouvais qu’ils servaient essentiellement de support à l’histoire sans réellement la transcender. Je trouve que le retour de flamme de mon attrait pour la série est mis en valeur par le trait du dessinateur. Je trouve que ses personnages apparaissent plus vivants, plus expressifs. Les décors sont très réussis. Les forêts, lieux récurrents de l’histoire, sont mises en valeur et participent à l’atmosphère de la lecture qui se veut dépaysant. Au final, la réussite est au rendez-vous à ce niveau-là.

En conclusion, « Onze racines » est une agréable surprise. J’avais peur de voir « Les forêts d’Opale » devenir, à l’image d’autres séries, une saga à épisode qui négligerait sa trame au profit d’événements gadget. J’ai donc hâte de découvrir « Le sortilège du pontife » en croisant les doigts pour que cette poussée de qualité ne soit pas sans lendemain. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 15/20

Les Forêts d’Opale, T4 : Les Geôles de Nénuphe – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T4 : Les Geôles de Nénuphe
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Mai 2005


« Les Geôles de Nenuphe » est le quatrième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série de fantasy, actuellement composée de sept opus, est scénarisée par Christophe Arleston et dessinée par Philippe Pellet. Le premier est un spécialiste du genre. Il possède à son actif des sagas telles que « Lanfeust de Troy », « Les maîtres cartographes » ou « Les naufragés d’Ythaq ». L’album que j’évoque aujourd’hui date de mai deux mille cinq. Edité chez Soleil, il se compose assez classiquement d’une cinquantaine de pages. La couverture nous présente un serpent de mer assez impressionnant qui, la gueule grande ouverte, s’attaque à deux de nos héros.

La série est présentée de la manière suivante sur la quatrième de couverture : « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance de Pierres Magiques. Mais Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et faire revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la jolie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg, Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde… Une grande saga vivante, de la pure fantasy !»

« Les Geôles de Nenuphe » est le quatrième opus de la saga. L’histoire a donc avancé depuis la présentation qui en est faite à l’arrière du bouquin. Notre trio s’est vu rejoindre par un quatrième membre qui prend les traits de la ravissante Tara, général paladin. Son apport n’est pas anecdotique. Sa plastique est en opposition avec son caractère froid et militaire alors qu’on pourrait l’attendre féminine. Le groupe des personnages ont pris leurs repères entre eux et avec le lecteur. Cela doit donc donner lieu à de vrais moments de complicité et d’humour. Ce n’est hélas pas le cas. Je trouve que cet album est le plus pauvre des quatre sur ce plan là. On rit rarement. La légèrement de propos a plutôt disparu et c’est bien dommage car il s’agit d’un des attraits de la série.

Les enjeux secondaires prennent les devants

J’espérais donc que le fait de négliger l’humour aurait pour conséquence une intrigue plus dense. Par conséquent, j’espérai que la trame principale avancerait plus rapidement dans que dans les opus précédents. En effet, Arleston a la mauvaise habitude dans ses séries de fantasy de privilégier les enjeux secondaires au fil conducteur central. Hélas, c’est encore ici le cas. Si je dois résumer ce qui se déroule sur les cinquante pages, cela se fait en une seule phrase. Ils s’évadent d’une prison dans laquelle on les avait jetés au début de l’histoire. Cela reste quand même succinct. Alors certes, l’évasion est haute en couleur. On a la course contre la montre, le suspense, de grandes scènes d’action, des personnages secondaires colorés… Mais cela reste à mes yeux légers pour occuper un album entier. Les dernières pages nous font apparaître le grand méchant, histoire de marquer le coup mais sans intérêt réel également.

Je suis donc sorti déçu de ma lecture. Une fois l’ouvrage terminé, je me suis dit « C’est tout ? ». Quelque part, les cinquante pages de l’album aurait pu se résumer en une grosse vingtaine de pages. Cela aurait pour conséquence de densifier l’intrigue et de voir notre intérêt grandir au fur et à mesure. Je ne me suis pas ennuyé en lisant cet album. Je suis curieux de savoir ce que vont devenir les héros pour qui j’ai de la sympathie. Par contre, je me rappelle que lors de ma première lecture, j’avais été déçu de voir que l’histoire avait si peu avancée pour un bouquin dont j’avais attendu la parution un an. Espérons donc que le cinquième opus intitulé « Onze racines » sera d’un meilleur acabit. Mais cela est une autre histoire…

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Note : 10/20

Les Forêts d’Opale, T3 : La Cicatrice Verte – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T3 : La cicatrice verte
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Avril 2003


« La cicatrice verte » est le troisième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série de « heroïc fantasy », actuellement composée de sept tomes, est édité chez Soleil. Sa parution date d’avril deux mille trois. Il est scénarisé par Christophe Arleston, auteur entre autre de « Lanfeust de Troy », « Les maîtres cartographes » et « Les naufragés d’Ythaq ». Les dessins sont confiés à Philippe Pellet. Les couleurs sont l’œuvre de Goussale. Le format de l’album est classique et son prix avoisine les quatorze euros.

La série est présentée de la manière suivante sur la quatrième de couverture : « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance des Pierres Magiques. Mais Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et faire revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la jolie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg, Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde… Une grande saga vivante, de la pure fantasy ! »

Le premier tome avait servi de présentation des protagonistes et de l’univers qui les entoure. Dans le deuxième, on suivait la quête de nos héros partis à la recherche du grimoire de Cahors. Ce dernier avait pour intérêt de permettre à Darko d’apprendre à maîtriser le bracelet éponyme censé posséder un pouvoir immense. Cette mission réussie avait conclu l’opus. En bonus, notre petite communauté avait un gagné un nouveau membre. Il s’agit de Tara, un général paladin, qui a décidé de les suivre par fidélité pour la Lumière…

La trame ne prend pas beaucoup d’ampleur

J’espérai que maintenant que Darko était en possession du grimoire et que les deux camps s’étaient mutuellement identifiés, la trame allait prendre une autre ampleur. On ne pas dire que ce soit trop le cas. Le rythme reste proche de celui de l’album précédent. En effet, nos héros sont devenus des cibles pour tout le monde du fait que leurs têtes sont mises à prix. Parallèlement, ils font une rencontre originale avec un être assez unique dans son genre qui sera le thème central de l’histoire de cet opus. Du côté des méchants, un nouveau personnage assez réussi apparait. Son physique inquiétant et marqué semble être à la hauteur de son caractère. On fait également connaissance avec Tara qui était la nouvelle venue des dernières pages de l’opus précédent.

L’histoire se construit donc sur une succession d’événements et de rencontres plutôt intéressants. Cela nous offre ainsi une lecture sans temps morts et qui voit son intérêt régulièrement relancé. Les différentes étapes du voyage et les personnages qu’on y croise offrent des moments dépaysant et divertissants. Malgré tout, je regrette que le fil conducteur avant finalement assez peu. On en est plus ou moins au même point qu’au début de l’album et je trouve cela dommage. Je pense que cette série gagnerait à ne pas tendre vers une parution type « épisodes » plutôt que de rester une entité unique comme devrait l’être une saga de ce type-là.

Malgré ce bémol, Arleston ne tombe pas dans quelques pièges classiques de ce type d’ouvrage. En effet, les scènes de combat ne parasitent pas la narration. On ne passe pas son temps à se battre ou à se poursuivre et c’est une bonne chose. Le fait d’alterner les scènes d’action et des scènes plutôt narratives ou légères fait que le rythme de notre lecture fluctue et cela a pour conséquence de ne pas nous lasser. A cela s’ajoute la dimension humoristique des personnages qui ne disparait pas. Chacun des protagonistes donne lieu à des moments drôles du fait de sa personnalité, de sa maladresse ou de ses caractéristiques. Il s’agit d’un aspect qui n’est pas bâclé. Heureusement car il s’agit d’un attrait incontestable de cette série.

J’ai énormément évoqué les attraits scénaristiques de cet album. Mais je me dois d’évoquer rapidement les dessins. Ils sont dans la lignée des opus précédents. C’est logique car il n’y a pas de raison que Pellet change radicalement de style au beau milieu d’une série. Les décors sont toujours aussi chatoyants et les personnages possèdent chacun une vraie personnalité graphique. En conclusion, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet album. Les bémols que je peux trouver à la trame principale sont compensés par une bonne humeur et un dynamisme qui se dégage de la lecture. Cette lancée se poursuivra-t-elle dans « Les geôles de Nénuphe », quatrième tome de la saga ? Ceci est une autre histoire…

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Note : 14/20

Les Forêts d’Opale, T2 : L’Envers du Grimoire – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T2 : L’Envers du Grimoire
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Septembre 2001


« L’envers du grimoire » est le deuxième tome de « Les forêts d’Opale ». Cette série, actuellement composée de sept tomes, est scénarisée par Christophe Arleston et dessinée par Philippe Pellet. C’est la présence du premier nommé sur la couverture qui m’avait attiré vers cette nouvelle saga éditée chez Soleil. En effet, « Lanfeust de Troy », « Les maîtres cartographes » ou « Les naufragés d’Ythaq » sont des histoires du même auteur que j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à découvrir. « L’envers du grimoire » date d’une dizaine d’années.

Dans le premier opus, on découvrait Darko. Jeune homme vivant dans un village éloigné apprend de son oncle qu’il a un destin exceptionnel. Pour cela, il se voit remettre un bracelet dit « de Cohars ». Poursuivi par les prêtres de Lumière qui ne voit pas d’un bon œil son nouveau pouvoir, il part en quête avec Urfold son oncle et de sa sœur la ravissante Sleïlo du grimoire dont la lecture lui permettra de maîtriser les pouvoirs de ce bijou…

C’est ce voyage que nous conte cet ouvrage. On retrouve notre trio dans les rues de Le Havre de la Lumière, capitale des cinq Royaumes. Leur objectif est de pénétrer dans la Grande Bibliothèque. Mais il n’est pas simple d’y entrer et comment se loger et se sustenter dans une telle ville sans argent ? A cela, s’ajoute le fait de ne pas se faire remarquer par les autorités locales. Bref, tout n’est pas si simple…

La dimension humoristique de l’histoire prend la place de la trame principale.

Dans le précédent tome, on avait découvert les personnages et les grandes lignes de la trame. Dans « L’envers du grimoire », la narration est plus pragmatique. L’intrigue a un objectif qui est de s’emparer du grimoire et toute l’histoire est consacrée à cette quête. Cette dernière ne s’avère pas effrénée. En effet, la première partie du bouquin nous présente la cité dans laquelle on erre. Le but des premières pages est de nous faire découvrir le monde qui nous entoure au détriment de l’avancée des événements. On pourrait regretter que l’un ne puisse pas se faire sans l’autre. Dans le cas contraire, cela nous aurait offert une trame plus dense. A contrario, ce choix scénaristique a pour conséquence de laisser la dimension humoristique de l’histoire prendre sa place. Ce n’est pas désagréable car cela rend la lecture divertissante et agréable. Certains moments font sourire et ce n’est pas une mauvaise chose.

Dans un second temps, nos héros tentent leur immersion dans la bibliothèque. On entre donc dans la partie « action » de l’album. La lecture se veut plus rythmée. On se pose la question de savoir s’ils vont y arriver, s’ils vont se faire attraper. Quelle va être l’issue de leur plan ? Je trouve que cette partie-là est bien construite. Elle se découpe en plusieurs temps et alternent assez bien les temps morts et les moments plus actifs. Les batailles sont entrecoupées par des temps de pause qui donnent lieu d’ailleurs à des informations sur l’intrigue. En conclusion, on découvre l’apparition, à la manière des mousquetaires, d’un quatrième membre à notre trio.

Les dessins accompagnent bien la lecture. Les décors sont plutôt réussis mais restent malgré tout en retrait des personnages. Cela s’explique par le choix scénaristique de l’histoire qui se construit davantage sur les protagonistes que sur l’univers qui les entourent. Dans la deuxième partie, les scènes de combat et de poursuite sont bien dessinées. On n’a aucun mal à s’y retrouver et un rythme soutenu se dégage de la lecture. Les couleurs sont l’œuvre de Goussale. A défaut d’être mémorables, elles accompagnent parfaitement l’histoire. Leur côté vif crée un vrai plaisir de lecture en découvrant les premières pages. L’immersion dans l’album y est simple.

En conclusion, cet album se lit avec plaisir. Son principal défaut est de, finalement, faire peu avancer la trame. En effet, presque cinquante page pour récupérer un bouquin alors qu’on est déjà sur place dès la première d’entre elles. Il faut faire attention à ne pas donner trop d’importance aux personnages au détriment de la trame. Dans ce type d’ouvrage, la quête reste un aspect important de la lecture. Les protagonistes nous sont très sympathiques. Mais on aimerait bien les voir avancer plus vite…

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Note : 13/20

Les Forêts d’Opale, T1 : Le Bracelet de Cohars – Christophe Arleston & Philippe Pellet

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Titre : Les Forêts d’Opale, T1 : Le Bracelet de Cohars
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Philippe Pellet
Parution : Mars 2004


Mes premières aventures dans la fantasy ont eu lieu lors de ma rencontre avec « Lanfeust de Troy ». Je garde d’ailleurs toujours une affection particulière pour cette série. Le plaisir qu’avait fait naitre cette grande saga m’incitait à m’intéresser à toutes les séries nées de la plume de son scénariste, Christophe Arleston. C’est ainsi qu’il y a dix ans, j’ai assisté à la parution du premier tome de « Les forêts d’Opale ». A découvrir sa couverture, il était évident que la fantasy serait encore la thématique de cette nouvelle histoire. Edité chez Soleil, cet ouvrage s’intitule « Le bracelet de Cohars ». Arleston s’est associé au dessinateur Pellin.

La trame nous est présentée de la manière suivante par la quatrième de couverture suivant : « Opale est le monde des forêts. Le clergé de la Lumière y fait régner un pouvoir assis sur la puissance des Pierres Magiques. Mais Darko est celui qui doit réaliser la Prophétie et fait revenir les Titans pour libérer les Cinq Royaumes… Aidé du barde Urfold, de la folie jongleuse Sleilo et du monstrueux Ghörg, Darko est plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde… »

La trame générale utilise les codes classiques de la fantasy. On découvre un adolescent qui se révèle être l’élu d’une prophétie et dont le rôle semble de plus ou moins sauver le monde. Il va sans dire qu’il ne maîtrise pas parfaitement son pouvoir et que ses aventures vont lui servir de chemin initiatique. Tout cela a été utilisé de nombreuses fois de la littérature mais n’est-ce pas dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes… J’étais donc curieux de découvrir ce nouvel univers et ses protagonistes.

On ne s’ennuie pas une seconde.

La réussite de ce type d’histoire réside en grande partie dans la qualité de son « casting ». Si les personnages sont trop fades, on ne s’implique pas dans la trame et donc la lecture manque d’attrait. Le groupe que nous nous apprêtons à suivre est un trio qui, comme les mousquetaires, accueille parfois un quatrième acolyte. Le personnage central se prénomme Darko. Il travaillait le verre dans un village perdu dans la forêt jusqu’à ce que son oncle vienne le rattraper avec son destin. Urfold est un personnage haut en couleur qui semble posséder de nombreuses cordes à son arc. Il est accompagnée de la ravissante et plantureuse Sleilo qui en plus de ses talents de jongleuse et des formes généreuses paraît posséder des savoir-faire traditionnellement peu féminins. Le dernier loustic est Ghörg est un démon, vague cousin d’Hébus pour adepte de « Lanfeust de Troy ».

Le défaut de nombreux premiers tomes est de ne servir que d’introduction et de nous offrir quelques informations mais bien peu d’action. « Le bracelet de Cahors » ne relève pas de ces opus-là. En effet, les événements se succèdent à un rythme soutenu. On ne s’ennuie pas une seconde. La densité du propos fait qu’on n’a aucun mal à s’immerger dans ce nouvel univers. Lorsque l’on termine la lecture, on a l’impression d’être à Opale depuis bien plus longtemps que ces quelques pages.

Les décors sont plutôt réussis. Bien qu’assez classiques, ils habillent parfaitement les pérégrinations de nos héros. De plus, même si les personnages restent humains, les quelques rencontres originales avec les autochtones sont agréables. Le trait de Pellet est sympathique et rend notre lecture assez captivante. Son style est sans réelle surprise mais est suffisamment soigné pour donner une réelle existence aux personnages. Les couleurs sont vives et participent à la bonne ambiance qui se dégage des pages de l’album.

En conclusion, la découverte de ce nouveau monde est positive. « Le bracelet de Cohars » est un premier tome réussi et pose des jalons intéressants. Je me rappelle avoir terminé ma première lecture avec une réelle curiosité de connaitre la suite des aventures de Darko et ses acolytes. Depuis, mes attentes ont eu une réponse. Mais cela est un autre histoire…

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Note : 14/20