Bug, T1 : Livre 1


Titre : Bug, T1 : Livre 1
Scénariste : Enki Bilal
Dessinateur : Enki Bilal
Parution : Novembre 2017


Enki Bilal est une superstar de la BD. Plus que ses ouvrages, il est devenu maître dans l’art de vendre ses œuvres, vendant ses planches par morceaux, chaque case étant conçu comme un tableau. Hélas, cela faisait des années qu’on attendait en vain de véritables histoires. Même son style pictural, s’approchant du croquis sur papier coloré, peinait à convaincre. Avec « Bug », l’auteur fait un retour en arrière vers ses œuvres de jeunesse, la trilogie « Nikopol » en tête. Le tout est publié chez Casterman pour plus de 80 pages de lecture.

Un retour à Nikopol ?

Dans ce premier tome, la Terre est soumise à un bug terrible : toutes les données des disques durs ont été effacés. C’est la mémoire d’internet et donc de l’humanité qui part en fumée du jour au lendemain. C’est ce bug dont nous parle Bilal avec ses conséquences : décès des personnes sous assistance électronique, dépressions et suicides des jeunes qui n’envisagent pas leur vie sans leur téléphone…

Parallèlement à cette affaire, un vaisseau revient de Mars. À l’intérieur, ils sont tous morts. Tous, sauf Kameron Obb. Or, sa mémoire semble contenir toute la mémoire d’internet… Il devient immédiatement une source de recherche par tous les gouvernements, officiels ou pas. Dans un monde sans mémoire, ses connaissances deviennent cruciales…

Le parallèle avec « La foire aux immortels » est évident. Un homme revient de l’espace et, suite à un phénomène imprévu, devient l’homme providentiel. Ainsi, le scénario est bien plus solide est consistant que les précédents ouvrages. S’il y a quelques raccourcis qui peuvent faire tiquer, force est de constater que l’on est happé par l’histoire. Les événements se précipitent et la société en dérive que montre Bilal est suffisamment crédible pour que l’on se sente concerné.

Concernant le dessin, difficile de dire comment il est réalisé. Mais on retrouve pleinement le trait d’Enki Bilal avec ses personnages si emblématique. Rien de révolutionnaire en soit. Les planches ne se veulent pas spectaculaires mais cherchent avant tout à servir à la narration. Bref, si vous aimez le style d’Enki Bilal, vous serez en terrain connu, mais pas subjugué non plus !

Ce « Bug » ravira nombre des fans de Bilal. On y retrouve beaucoup de ses thèmes : un univers d’anticipation et un homme, à qui on n’a rien demandé, qui devient à la fois mystique et recherché par tous. Difficile de dire si le scénario tiendra la distance, mais ce premier tome est très prenant et se lit d’une traite. Une belle surprise !

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