Idéal standard


Titre : Idéal standard
Scénariste : Aude Picault
Dessinatrice : Aude Picault
Parution : Janvier 2017


Lors qu’Aude Picault sort « Idéal standard », la presse spécialisée l’accueille avec beaucoup de bienveillance. On parle d’un gros projet où l’auteure a intégré ses propres expériences pour en faire une œuvre majeure. Étonné de tant de louanges, c’est avec joie que je me suis procuré le bouquin. Le tout pèse 150 pages et est édité chez Dargaud.

Trentenaire et célibataire.

Claire a 32 ans. Elle multiplie des aventures sans arriver à passer le cap : créer un couple, voire une famille. Afin de bien appuyer là-dessus, la jeune femme est infirmière dans un service qui s’occupe des prématurés… Elle voit donc passer des bébés et des couples toute la journée…

On va donc suivre l’histoire de Claire et de sa quête de l’Amour. Elle finira par tomber sur un homme avec qui elle s’installera, mais est-ce le bon ? 150 pages pour dire que le couple c’est compliqué, voilà qui ne va pas nous passionner. Pendant toute la lecture, j’ai cherché un peu d’originalité dans les platitudes qui nous sont offertes, en vain. Les hommes ne font pas la vaisselle, les femmes s’occupent des bébés… Aude Picault nous sert des lieux communs du début à la fin. Les hommes en prennent pour leur grade, les femmes sont présentées avant tout comme résignées. Sans remettre en cause l’analyse de l’auteure, elle n’apporte pas grand-chose.

« Idéal standard » serait plus intéressant s’il était doté d’un fil rouge solide. Ce n’est pas le cas. L’enjeu de la BD pourrait être « Claire va-t-elle trouver l’Amour ? ». Mais on se passionne peu pour la destinée de la dite Claire. Il faut dire que l’auteure nous la présente peu. À part son boulot, on ne connaît rien d’elle. On ne la voit rien faire. On ne connaît rien de son passé. Quelle vacuité ! Les personnages secondaires sont quasiment inexistants, à peine esquissés et on les oublie tout de suite.

La narration étant chronologique, elle se fait simplement. Le livre se lit rapidement, mais passé la moitié on comprend qu’on ne sera jamais surpris. « Idéal standard » présente justement une vision du couple assez standard chez les trentenaires d’aujourd’hui. Le couple, c’est pas simple et parfois mieux vaut être seul. Les péripéties sont rares et quand elles arrivent, Aude Picault semble tout faire pour ne pas mettre de pathos. Ce serait louable si on était touché, mais ce n’est pas le cas.

Concernant le dessin, Aude Picault a un trait agréable et simple. Cependant, au fil des 150 pages, le manque de variété de son trait (et ses limites) saute au visage. Les pages sont vides, remplies par des petits personnages qui passent leur temps à parler. Au final, on a parfois l’impression d’être devant un storyboard plus qu’une bande dessinée. Et le fait d’avoir ajouté quelques touches de couleurs donne un peu plus de densité au dessin sans rattraper le coup.

Je ne comprends pas l’engouement devant cette bande-dessinée. On a l’impression de lire le storyboard d’un film français sur les trentenaires, avec des seconds rôles inexistants. Peut-être que des femmes se reconnaîtront dans cette description de la trentenaire célibataire luttant contre le temps, mais cela ne peut cacher les limites intrinsèques de l’ouvrage.

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