Je, François Villon, T2 : Bienvenue parmi les ignobles


Titre : Je, François Villon, T2 : Bienvenue parmi les ignobles
Scénariste : Luigi Critone
Dessinateur : Luigi Critone
Parution : Septembre 2014


« Je, François Villon » est une bande-dessinée adapté du roman éponyme de Jean Teulé. Le premier tome nous jetait dans un Paris extrêmement violent, où la mort et la torture étaient de toutes les formes et partout. Dans ce contexte, le poète avait été touché par une jeune femme, fille de son ennemie…

Un traitement trop rapide.

Si le premier tome s’intéressait à la jeunesse de l’artiste, on bascule ici dans la clandestinité. C’était déjà le cas lors de sa vie d’étudiant, mais cela restait de l’humour potache (bien que réprimé avec une violence hallucinante). Dans ce tome intitulé justement « Bienvenue parmi les ignobles » le voit basculer chez la Coquille, une bande de brigands.

Ce tome m’a clairement laissé sur ma faim. Si les enjeux et ce qu’il s’y passe est intéressant, le traitement en est bien trop rapide. Ainsi, on ne sait pas trop pourquoi François souhaite devenir brigand, ni pourquoi il en accepte les conditions (faire un vol scandaleux aux yeux de tous, faire un meurtre avec témoins, offrir sa bien-aimée aux autres membres de la coquille…). La facilité avec laquelle Villon décide de se prêter au jeu laisser rêveur. Bien sûr, il y a la violence généralisée du monde de l’époque, mais on aurait aimé un peu de matière. Et comme le tout est traité par des pages muettes et/ou en hors champ, on reste parfois trop distants sur l’horreur qu’il s’y passe.

Malgré tout, ce tome reste un moyen assez fascinant de découverte de la France de l’époque. Fuyant Paris, François Villon finira brièvement à la cour du Roi… Le poète ne cesse d’utiliser ses appuis qui le protègent tout en crachant dans leurs mains. Et on le quittera fatigué, épuisé et pourtant célèbre dans tout Paris…

« Je, François Villon » vaut beaucoup pour son dessin. Le trait, les couleurs, les gueules… Tout est splendide dans cet ouvrage. Luigi Critone donne une force à l’histoire par ses représentations. La violence omniprésente dans l’époque, n’est jamais excessive et représentée sans vulgarité, ni excès. C’est un choix respectable.

Au final, ce deuxième tome déçoit un peu. Il semble moins dense et toute cette histoire autour de la coquille, bien que fascinante en soit, manque de corps, de motivation… On aimerait en savoir plus. Cela reste un ouvrage passionnant sur cette époque trouble et sur un personnage, poète, en autodestruction permanente.

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