L’arabe du futur, T4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992)


Titre : L’arabe du futur, T4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992)
Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf
Parution  : Septembre 2018


« L’Arabe du futur » raconte la jeunesse de Riad Sattouf. Cette série en arrive à un quatrième tome particulièrement volumineux (280 pages !) qui ne clôt pas l’histoire. Le petit Riad a désormais 10 ans et assiste au déchirement du couple de ses parents, divisés sur la vie qu’ils veulent. Et notamment le lieu. Après la Lybie et la Syrie, le paternel part travailler en Arabie Saoudite…

Un père radicalisé, une famille brisée.

Une grande partie de l’intérêt de « L’arabe du futur », comme le précise le sous-titre, est la découverte de certains pays du Moyen-Orient. Ce quatrième tome est un peu en retrait puisqu’il se passe majoritairement en Bretagne. La mère de Riad refusant de suivre son mari en Arabie Saoudite, nous n’en aurons que des bribes racontées par le père à son fils. Cependant, la France en prend aussi pour son grade puisque, comme en Syrie, Riad se fera insulter et menacer par des groupes de jeunes…

Ainsi, ce quatrième tome se concentre sur Riad et son passage à l’adolescence. Le garçon entre au collège et tout change : les filles et, surtout, lui : de petite pépite blonde, il devient moins beau, finissant dans les plus moches garçons de la classe. Son existence si spéciale l’a rendu efféminé et fragile (paradoxalement) et au collège ça ne pardonne pas…

Le bouquin adopte alors un rythme basé sur les retours du père, toujours mal vécus par la mère. Le couple se délite de plus en plus et on se demande bien pourquoi il n’y a pas un divorce qui vient mettre une fin logique à cette relation. Les mensonges du mari continuent, ses rêves complètement fous aussi et il n’y a pas d’autre issue imaginable. Riad assiste à la radicalisation de son père. Lui qui reprochait aux arabes d’être des ignorants abrutis par la religion a eu une révélation et se veut désormais pieux. Dans une famille mixte, ça pose problème… Ce livre est particulièrement déprimant en soi. À lire aujourd’hui, avec tous les couples mixtes qui existent, c’est glaçant.

Le dessin de Sattouf reste fidèle à lui-même. Les personnages vieillissent au fur et à mesure des années. L’utilisation des couleurs selon le principe « une teinte par lieu » fonctionne toujours aussi bien. Le trait paraît simple mais il sert parfaitement la narration. « L’Arabe du futur » se dévore d’une traite et ce dessin à la fois efficace et expressif n’y est pas pour rien.

« L’Arabe du futur » est une œuvre majeure dans la bibliographie de Riad Sattouf. C’est celle qui fait le lien avec toutes les autres. En abordant les débuts de l’adolescence, difficile de ne pas penser au « Manuel du puceau »… Si vous avez aimé les premiers tomes, jetez-vous sur la suite. Et on attend le cinquième avec impatience !

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