Mattéo, T2 : Seconde époque (1917-1918)

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Titre : Mattéo, T2 : Seconde époque (1917-1918)
Scénariste : Jean-Pierre Gibrat
Dessinateur : Jean-Pierre Gibrat
Parution : Octobre 2010


Le premier tome de « Mattéo » m’avait plu sans me transcender. Voilà donc la suite, sous-titré « deuxième époque : 1917-1918 ». On effectue donc un petit saut dans le temps histoire d’aller voir la fin de la guerre. Mais le changement n’est pas que temporel, il est aussi géographique. Mattéo part en Russie participer à la Révolution. Là-bas, tout le monde s’étripe pour le pouvoir et notre « héros » va se retrouver photographe. Mais entre ses convictions anarchistes et le pragmatisme de ceux qui prennent le pouvoir, ce n’est pas si simple… Voilà la fin de ce diptyque qui, vu le saut temporel, est presque une série en deux tomes. 

Matteo2aAprès être parti à la guerre pour conquérir sa belle (en pur perte), Mattéo a passé quelques années en Espagne. Le voilà donc en Russie pour pouvoir participer à la première vraie révolution (selon les protagonistes). L’occasion d’y participer est trop forte. Evidemment, Mattéo va trouver une fille avec qui s’amouracher, ce qui va encore une fois lui pourrir l’existence.

Guerre, histoire et femme fatale, on retrouve les ressorts des histoires de Gibrat. L’aspect historique est intéressant, entre communistes, socialistes et anarchistes qui s’entretuent gaiement pour le pouvoir et oublient que le véritable ennemi est le bourgeois ! Mattéo est tout sauf un héros, c’est un témoin. Il va se battre, mais comme le dit très bien la couverture : « Au moment de risquer sa peau, on se demande si c’est une bonne idée d’avoir des idées… »

Quand la révolution tourne mal…

« Mattéo » est donc beaucoup histoire de personnages. Gibrat nous concocte une femme fatale au grand charisme dont Mattéo aura du mal à se défaire. Car quand la révolution russe tourne mal, que l’on est espagnol, on se demande parfois ce qui peut nous retenir en plein hiver au milieu du carnage. Et Mattéo, pourtant boudeur et peu sympathique (voire même sacrément bourru), montre finalement une grande amitié. N’est-ce pas là au fond le message de ce diptyque ? Les femmes mènent les hommes à leur perte. Et les amis dans tout ça ? 

Le tout est sublimé par les couleurs et le trait de Gibrat, qui est sans nul doute l’un de mes dessinateurs préférés. Dynamique, expressif, puissant… Les superlatifs manquent quand il s’agit de parler des planches du maître. Tout y passe en ambiance et décors dans ce diptyque ! C’est splendide. Et les femmes… Ha ! Les femmes de Gibrat !

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Ce diptyque est de loin l’œuvre de Gibrat que j’ai préférée à ce jour. L’histoire est dense et pleine de suspense. Le fait que Mattéo ne soit qu’un témoin de l’Histoire est un peu frustrant, mais c’est aussi ce que Gibrat dépeint : des gens comme vous et moi, broyés par les évènements. L’auteur met le doigt sur les déclencheurs : une rencontre, une amourette, une blessure. A lire, surtout si vous êtes férus de cette période historique.

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