Rôles de composition


Titre : Rôles de composition
Scénariste : Jimmy Beaulieu
Dessinateur : Jimmy Beaulieu
Parution :  Novembre 2016


Jimmy Beaulieu m’avait bluffé en 2011 avec « Comédie sentimentale pornographique », un ouvrage fleuve multipliant les histoires érotiques et sentimentales avec une inventivité graphique rafraîchissante. Depuis, on attendait un nouvel ouvrage BD avec impatience. C’est chose faite avec « Rôles de composition », un one shot de 160 pages paru aux éditions Vraoum.

Un auteur devenu trop sage.

La première satisfaction est que Jimmy Beaulieu n’est plus dans une rédaction de scénarios foutraques. Alors que ses précédents bouquins étaient parfois des mélanges d’histoires glanées ça et là, « Rôles de composition » est une histoire construite sur un couple de femmes, des débuts jusqu’à la fin. L’ouvrage est mieux calibré pour le public, moins bordélique. On pourra trouver qu’il perd un peu en charme, mais Jimmy Beaulieu construit son livre en chapitre espacés de larges ellipses, ce qui fait qu’on retrouve l’univers de l’auteur.

Jimmy Beaulieu n’a pas beaucoup changé. On retrouve tout ce qui constitue ses œuvres : des lesbiennes, du sexe montré de façon complaisante, des discussions au coin du feu (ou du lit), la musique… Pour le coup, l’auteur s’étant assagi, le tout paraît un peu vain. C’est finalement une histoire de couple banale qui nous est proposé. Seul le spectre du théâtre et du cinéma apporte une certaine originalité. Au final, on lit le livre avec plaisir, mais il n’en reste pas grand-chose. On est bien loin de l’originalité de « Comédie sentimentale pornographique » ou « À la faveur de la nuit ».

Au niveau graphique, si on reconnaît la patte de l’auteur, les choix tendent également à moins de folie. Alors qu’il avait su m’éblouir avec des changements de médiums (lavis, crayon, pastels…) dans un même livre, Jimmy Beaulieu se contente d’un encrage sobre colorisé en bichromie. Un chapitre, une couleur. Le tout en numérique. Quelle perte de charme ! Bien sûr, ses femmes sont toujours aussi belles et leur corps reste le sujet principal de l’ouvrage. Mais les choix graphiques de Jimmy Beaulieu appauvrissent son trait. Quel dommage !

Jimmy Beaulieu s’est clairement assagi sur cet ouvrage. Si on retrouve le trait et les thématiques de l’auteur, il perd fortement en originalité. On se retrouve finalement avec une histoire banale d’un couple qui évolue avec le temps. Mais je n’ai pas retrouvé ce grain de folie qui faisait tout le charme de sa bibliographie.

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