Un crayon dans le cœur


Titre : Un Crayon dans le Cœur
Scénariste : Laurel
Dessinatrice : Laurel
Parution : Septembre 2009


Laurel est une auteure de BD qui a ouvert dès 2003 un blog sur lequel elle raconte les péripéties de sa vie. Devenue un des symboles de la réussite des blogs, elle a publié sous forme de recueil une partie de ses notes sous le nom « un crayon dans le cœur ». Lisant régulièrement le blog de Laurel et l’appréciant, je me suis laissé tenté par cette BD au format poche (format A6). 

Une adaptation de blog particulièrement réussie.

La description sur le livre aurait pourtant de quoi me faire fuir : « Laurel est une jeune dessinatrice. Elle s’est faite remarquer en ouvrant un blog en 2003, point de rendez-vous d’une foule de lecteurs accros à la vie dissolue de la demoiselle, partagée entre sa fille, ses amours et ses chats. » Ca pue évidemment le blog girly à plein nez, mais pourtant ce n’est pas le cas. En effet, Laurel est une femme mais n’a pas le côté « girly » que je trouve souvent insupportable et superficiel. Elle est maman d’une petite Cerise, qu’elle élève seule et a également un chat. A priori, il y a des inédits dans ce livre (il est annoncé que la moitié des planches sont inédites). N’ayant pas connu les débuts du blog de Laurel, j’ai bien du mal à distinguer les planches anciennes et nouvelles. Il y a 200 pages à lire au total.

La première crainte de ces recueils de notes de blog est l’incohérence et la redondance. Bien que fan du blog de Boulet, j’ai vraiment du mal avec la version papier, car les expérimentations et les changements graphiques sont légions. Or, Laurel garde une mise en page et un dessin très uniformes. Si bien qu’on oublie vite que c’est tiré d’un blog. En soit, l’adaptation sur papier de ce blog paraît finalement logique et est particulièrement réussie. 

Laurel a l’avantage d’être capable de véritables moments d’humour mais aussi d’émotion. Là où certains utilisent systématiquement l’humour et l’autodérision pour décrire leur vie, Laurel n’hésite pas à aborder les moments difficiles sous un angle triste, voir dramatique. Cette touche de féminité est une des grandes qualités de l’ouvrage. Car Laurel n’en fait jamais trop et évite l’écueil « tous des salops » ou encore « on m’a larguée, je vais m’acheter des chaussures ». Il y a une vraie sincérité qui nous touche.

Au niveau du dessin, j’avoue être séduit par le style de la dessinatrice. Ses personnages aux grands yeux sont tout de suite identifiables et l’apparente naïveté du dessin n’est qu’une façade. Le tout est très maîtrisé. Il n’y a pas de recherche de facilité dans le dessin. Il est toujours soigné et souvent riche de détails. Là encore, cet aspect très travaillé justifie amplement le passage sur papier. De plus, l’utilisation du noir et blanc empêche de se cacher derrière de la couleur. Le passage sur un format si petit ne pose aucun problème, les planches de l’auteure restent très lisibles. A aucun moment de ma lecture je n’ai été gêné par la taille de ce livre.

Alors que je lisais un peu machinalement le blog de Laurel, avec sympathie mais sans forcément beaucoup de passion, j’ai été conquis par le passage sur papier. La richesse de ses notes, passant du rire aux larmes avec autant de réussite, m’a surpris. Il y a finalement peu de redondance dans les sujets abordés et beaucoup de sincérité. Le dessin est vraiment très agréable et d’un niveau supérieur à beaucoup de choses que l’on peut voir par internet. Son succès sur la blogosphère est donc amplement mérité. A découvrir. 

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