Titre : LĂ©gendes de la Garde, T1 : Automne 1152
Scénariste : David Petersen
Dessinateur : David Petersen
Parution : Janvier 2008
« LĂ©gendes de la Garde » est une sĂ©rie nĂ©e de lâimagination de David Petersen. Lâouvrage quâon mâa offert sâintitule « Automne 1152 ». Il est Ă©ditĂ© chez Gallimard dans un format peu orthodoxe. Il est quasiment de forme carrĂ©e. Lâhistoire se dĂ©veloppe sur plus de cent cinquante pages. Le bouquin se compose de six chapitres qui dans un premier temps avait Ă©tĂ© Ă©ditĂ© indĂ©pendamment sous le titre original « Mouse Guard ». « Automne 1152 » a un prix proche de dix-neuf euros.
Le site de la Fnac nous offre le rĂ©sumĂ© suivant de lâintrigue : « Depuis la nuit des temps, la Garde protĂšge les souris de mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, dĂ©couvrent lors dâune mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissĂ©s pour mort aux portes de la ville et une armĂ©e traĂźtresse marche dĂ©jĂ vers Lockhave, la lĂ©gendaire forteresse de la Garde. »
L’intrigue s’adresse Ă un public adulte
En dĂ©couvrant la thĂ©matique de lâouvrage, jâĂ©tais curieux de dĂ©couvrir cette sociĂ©tĂ© crĂ©e par lâauteur. Imaginer le monde dans lequel vivent les souris, la maniĂšre avec laquelle elles sâorganisent pouvaient donner lieu Ă un voyage intense pour le lecteur. Je mâinterrogeais sur la maniĂšre avec laquelle cette civilisation allait sâintĂ©grer dans nos forĂȘts et dans notre univers connu. MalgrĂ© une couverture qui semble orienter le livre vers un public jeune, la construction de lâintrigue sâadresse finalement Ă un public plus adulte. Le ton nâest pas spĂ©cialement lĂ©ger et ne rĂ©pondra pas aux attentes des plus petits.
La narration se dĂ©coupe en six chapitres de taille quasiment Ă©quivalente. Chacun est prĂ©sentĂ© par un titre propre est un rĂ©sumĂ© qui sâĂ©tale sur une page. Cette construction rĂ©sulte sĂ»rement de la parution originale qui avait dissociĂ© chaque partie. Les premiĂšres pages nous intriguent par le fait quâon dĂ©couvre un nouveau monde. On est soucieux de comprendre les codes sociaux qui le rĂ©gissent. Finalement, on dĂ©couvre assez vite que cette civilisation sâapproche de celle qui existait Ă lâĂ©poque mĂ©diĂ©vale. Les moyens de dĂ©placement, la structure des citĂ©s, le type des armes⊠Tout se rapproche du Moyen-Ăge. Certains regretteront finalement un certain manque dâoriginalitĂ©, dâautres auront plaisir Ă voir Ă©voluer ces petites souris dans cet univers qui ravira ses adeptes.
On sâimmerge assez rapidement dans lâunivers de lâhistoire du fait de son relatif classicisme. On sâintĂ©resse alors rapidement au devenir de nos trois hĂ©ros qui se nomment Kenzie, Saxon et Lieam. Ils sont des soldats de la Garde. Ils sont en mission et semblent ne pas ĂȘtre lĂ pour rigoler. Ils ne gĂ©nĂšrent pas une empathie immense mais cela ne nous empĂȘche dâĂȘtre curieux de connaitre la suite de leurs aventures. Ces derniĂšres se composent par une succession dâĂ©vĂ©nements qui vont les amener Ă ĂȘtre sĂ©parĂ©s. Ces derniers se suivent Ă un rythme quasiment mĂ©canique qui doit ĂȘtre une consĂ©quence de la construction par chapitre. Lâauteur offre une intrigue trĂšs factuelle dans laquelle la digression nâexiste quasiment pas. Cela offre ainsi une lecture nerveuse qui nâa pas envie de perdre son temps. En contrepartie, cela se fait au dĂ©triment de lâatmosphĂšre de la lecture qui ne prend jamais une ampleur suffisante pour arriver Ă nous envouter.
Les dessins ne mâont pas laissĂ© indiffĂ©rent. Je ne peux pas dire que jâai chavirĂ© en les dĂ©couvrant. Ce nâest pas le cas en effet. Par contre, jâai eu le sentiment en les dĂ©couvrant de rencontrer un style que je nâavais jamais croisĂ© au cours de mes lectures. MĂȘme si Petersen se « contente » finalement de dessiner des souris qui se dissocie lâune de lâautre essentiellement par la couleur de leurs poils, il arrive malgrĂ© tout Ă offrir Ă son ouvrage une identitĂ© propre. Pourtant les dĂ©cors sont finalement assez secondaires. Lâusage des couleurs est par contre Ă mes yeux remarquables. Il se dĂ©gage un vrai quelque chose des forĂȘts ou des villes dans lesquelles errent nos hĂ©ros. Les tons orange, gris ou marron sont primordiaux et offrent un rĂ©sultat trĂšs rĂ©ussi.
En conclusion, Ă dĂ©faut de mâavoir transportĂ© trĂšs loin, « LĂ©gendes de la Garde » mâa offert un voyage agrĂ©able que je ne regrette pas. Il sâagit dâune lecture intĂ©ressante dans la structure diffĂšre de celles que je connais habituellement. Jâai vu quâune suite intitulĂ©e « Hiver 1152 » Ă©tait parue. Je pense que je mây plongerai avec joie. Mais cela est une autre histoireâŠ
Note : 13/20