Billy Brouillard, T1 : Le don de trouble-vue – Guillaume Bianco

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Titre : Billy Brouillard, T1 : Le don de trouble-vue
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Novembre 2008


Lorsque j’ai présenté mes travaux de dessinateur à des professionnels, on m’a cité à deux reprises la série « Billy Brouillard » dessinée par Guillaume Bianco, comme référence en termes de dessin en noir et blanc et en hachures. Cela m’a suffisamment intrigué pour que je m’intéresse à cet auteur que je ne connaissais absolument pas. La série « Billy Brouillard » est publiée aux Editions Soleil, dans la collection « Métamorphose ». Cette collection propose de très beaux livres qui explorent le côté sombre de l’enfance.

Billy Brouillard, comme le nom du premier tome l’indique, est doté du don de trouble vue. Ainsi, sans ses lunettes, il voit ce que les autres ne voient pas. Un ballon et quelques branches et voilà que le petit garçon transforme cela en squelette. Mais au-delà du flou, Billy parvient à voir les créatures fantastiques : monstres, fantômes et tout ce qui traîne dans une forêt lugubre.

La particularité de cet ouvrage est d’explorer la bande-dessinée dans plusieurs directions. Si certains passages sont sous forme de BDs « classiques », le livre est parsemé de plein d’autres choses. On y trouvera notamment des bestiaires, des manuels de nécromancie, des faux journaux, des textes illustrés… Il est évident que ce genre de narration perturbera nombre de lecteurs, mais cela fait partie intégrante du charme de l’ouvrage. Au-delà d’une histoire, c’est un véritable univers que crée Guillaume Bianco autour d’un petit garçon obsédé par le fantastique. Car l’ambiguïté est toujours présente : Billy imagine-t-il tout cela ou est-ce que c’est vrai ? C’est une ode à l’enfance, même si elle est bien glauque. L’auteur tape juste tout en étant original. Le monde de « Billy Brouillard » est sombre et fantastique et pourtant, cela nous rappelle notre enfance… Une vraie performance !

Une lecture exigeante.

L’univers créé pour l’occasion est magnifié par le graphisme somptueux de Guillaume Bianco. Le mélange entre un trait enfantin (pour les personnages notamment) et l’aspect très sombre du rendu en noir et blanc fonctionnent parfaitement. L’auteur est en pleine maîtrise de son art. Le tout est mis en valeur par la beauté du livre et du papier. Parfois, la couleur s’invite, que ce soit dans le dessin ou dans le papier lui-même.

L’impression à la lecture de ce livre est d’une sorte de fouillis, un cahier d’écolier où seraient griffonnées quantités de choses sur les mystères de la vie vus par un petit garçon. La mise en page est remarquable d’intelligence et le rythme bien mené. Cependant, la lecture est exigeante et il est évident que certains lecteurs, désarçonnés, auront du mal à adhérer au concept.

Ce premier tome de « Billy Brouillard » ne peut pas laisser indifférent. Doté d’une personnalité affirmée, l’ouvrage désempare autant qu’il fascine. Comme quoi, on peut sortir des schémas classiques et enthousiasmer. Une formidable découverte qui montre, au grès des pages, le talent incroyable de l’auteur pour nous faire rire, nous faire peur ou simplement nous emporter ailleurs.

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