Dans la tête de Sherlock Holmes, T2 : L’affaire du ticket scandaleux 2/2


Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes, T2 : L’affaire du ticket scandaleux 2/2
Scénaristes : Cyril Liéron & Benoît Dahan
Dessinateur : Benoît Dahan
Parution : Septembre 2021


Après un premier tome très réussi et bien accueilli, Cyril Liéron et Benoît Dahan avait la lourde tâche de bien terminer leur diptyque consacré au détective le plus célèbre de la littérature : Sherlock Holmes. Succès de librairie mérité pour cette série publiée chez Ankama avec sa belle couverture en volume. Le deuxième opus confirmera-t-il l’essai ?

Une mise en page virtuose

« Dans la tête de Sherlock Holmes » porte bien son nom. Si les adaptations de l’œuvre de Sir Conan Doyle sont légion, chacun essayant d’y apporter une originalité ou une modernité, celle-ci a su se creuser un sillon encore inusité. Ainsi, l’ouvrage est une immersion dans l’esprit d’Holmes. Tous les indices, toutes les réflexions, nous sont offertes en temps réel et non lors d’un bilan final.

Cette construction originale (avec, entre autres, le fil rouge qui suit le détective et qui se balade entre les pages) entraîne des mises en page virtuose. Complexes, riches, elles n’en sont pas moins lisibles. On aurait pu croire à une lassitude du lecteur, la surprise en moins, mais il n’en est rien. Quelques « jeux » viennent égayer la lecture comme regarder une page par transparence ou rouler la feuille pour voir apparaître des indices…

Au-delà de ce côté expérimental, l’ouvrage reste avant tout une enquête de Sherlock Holmes. On y retrouve donc un mystère qui finira par être élucidé. Cette affaire du ticket scandaleux tient ses promesses jusqu’à son dénouement. Avec ces deux tomes, l’histoire est dense et mérite relecture pour bien s’imprégner de tous ses tenants et aboutissants.

Le dessin de Benoît Dahan fait le choix d’un semi-réalisme très typé cartoon. Beaucoup de caractère dans son trait, c’est une vraie réussite. Un dessin plus réaliste aurait sans doute gêné la visibilité, point essentiel de l’ouvrage. Le tout est sublimé par de beaux jeux de couleurs, entre bleus et sépia. On y retrouve un Sherlock Holmes très classique, comme on l’imagine. Pas de modernisation en ce sens, les codes sont respectés. Il va sans dire que l’inventivité graphique proposée par le dessinateur est le gros point fort du livre, son point d’ancrage. Voilà des planches qui feront date et que l’on pourrait exposer dans des musées dans vingt ans pour les montrer.

« Dans la tête de Sherlock Holmes » se conclue en beauté. Original, expérimental même, ce deuxième tome complète parfaitement le premier. Difficile à dire si une suite est envisageable, tant la tâche de se renouveler paraît difficile. Mais pour l’instant, savourons cette bande-dessinée. Les deux auteurs n’ont eu peur de rien et nous offre rien de moins que l’une des séries les plus inventives de ces dernières années.

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