Donjon antipodes, T-9999 : L’inquisiteur mégalomane


Titre : Donjon antipodes, T-9999 : L’inquisiteur mégalomane
Scénaristes : Lewis Trondheim & Joann Sfar
Dessinateur : Grégory Panaccione
Parution : Mars 2021


Plus encore que la reprise de « Donjon », la création de deux nouvelles sous-série avait surpris. Alors que la série mère était déjà bien fournie, Sfar et Trondheim avait ajouté deux « Antipodes » à leur univers. Le premier, dans le passé, montrait un monde où s’affrontaient orques et elfes. Le second, dans le futur, se passait dans un monde qui ressemblait fort au nôtre. Le risque lié à ces nouvelles itérations est qu’elles sont justement aux antipodes des histoires déjà narrées. Comment faire le lien avec le reste, sachant que ces liens entre albums font partie du sel de « Donjon » ?

Un bon coup d’accélérateur

Le premier tome de ce « Donjon » elfique m’avait laissé sur ma faim. S’il était sympa en lecture, il ne possédait justement pas de lien clair avec l’univers étendu. Il semblerait que les auteurs aient décidé de corriger cet écueil, quitte à le faire brutalement. Car cette fois-ci, les révélations sur le monde de « Donjon » ne sont pas négligeables…

Nous retrouvons nos deux chiens recherchés pour meurtre. J’ai trouvé la transition pas folle, mais on nous remet sur de nouveaux rails assez rapidement. Plus que tout, on retrouve le ton de « Donjon », à la fois cynique et surréaliste. Les personnages de l’inquisiteur et de ses acolytes sont très réussis et rappellent vraiment les premières heures de la série. Quant au dénouement, il apporte de véritables réponses, là où le premier tome donnait l’illusion de pouvoir se suffire à lui-même.

On pourra reprocher au livre d’aller un peu vite en besogne. Si le début est dense, plein de nouveaux personnages réussis, l’accélération sur la fin du bouquin laisse un peu sur notre faim. On a l’impression que le tout aurait pu être davantage développé. J’avais eu le même sentiment lors d’un « Donjon » récent où tout finissait en méga bataille après avoir démarré pépère.

Au niveau du dessin, je ne suis pas fan des travaux de Grégory Panaccione. Sa sobriété sur « Donjon Antipodes » est plutôt une bonne surprise. Il s’est bien coulé dans le moule tout en apportant son trait. On regrettera juste son design des dragons très en-deçà des codes de la série qui nous avait habitués à bien mieux. Mais au final, le dessinateur imprime sa patte à cette sous-série, avec un trait reconnaissable et pourtant bien dans le style de l’univers.

Ce nouvel opus est plutôt une bonne surprise. Même si on sent que Trondheim et Sfar peinent à garder la même qualité sur des ouvrages complets, celui-ci possède de vrais bons moments et développe une intrigue dont les conséquences seront, à terme, l’apparition de Terra Amata tels que nous la connaissons.

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