Donjon Monsters, T13 : Réveille-toi et meurs


Titre : Donjon Monsters, T13 : Réveille-toi et meurs
Scénaristes : Lewis Trondheim & Joann Sfar
Dessinateur : David B.
Parution : Novembre 2020


Donjon est une série qui a marqué la bande dessinée française des vingt dernières années. L’originalité de sa construction couplée aux talents de ses auteur en ont en fait une œuvre littéraire assez unique dans son genre. En effet, elle se décompose en un certain nombre de sous-séries correspondant chacune à une époque de la vie du Donjon.

Une belle réussite

L’album que j’évoque aujourd’hui s’intitule Réveille-toi et meurs. Il s’agit du treizième opus du cycle Donjon Monsters. Il s’inscrit au niveau 79 de la chronologie de Donjon. La couverture nous présente deux squelettes en train de se battre. Celui de gauche est une femme armée d’une lourde épée. Celui de droite se défend avec un clairon. Les lecteurs réguliers de la saga auront reconnu sans difficulté le gardien du Donjon et l’amour de sa vie Alexandra.

Le début de l’histoire est intriguant. On découvre le Gardien, tout du moins son squelette, reprendre vie et tenter de s’extirper du sol dans lequel il était enterré. Il se trouve par la suite mêlée à une foule de squelettes se dirigeant vers une même destination guidée par une voix apaisante. Le Gardien est perdu. Où est-il ? Que fait-il ? Les questions qu’il se pose sont nombreuses. Cela tombe bien car, en tant que lecteur, je me pose les mêmes… Ce parallélisme facilite l’entrée dans l’histoire et lui offre une ambiance originale et prenante. En effet, il est rare de se trouver immerger dans une longue marche de morts vers un but inconnu…

Cette introduction m’avait vraiment séduite. A la fois originale et immersive, j’étais intrigué de savoir où tout cela menait. Sans trop en dévoiler, je peux vous dire que j’ai plutôt été séduit par le destin des protagonistes. L’album s’inscrit clairement dans la grande toile scénaristique du Donjon tout en gardant une certaine autonomie narrative. Il nécessite finalement peu de prérequis pour profiter pleinement des événements. Mais cela n’empêche les fidèles de la série de prendre plaisir de croiser quelques visages familiers. Le fait qu’une grande partie de l’histoire nous soit conter en voix off par le Gardien propose un ton particulier qui s’avère assez envoutant de mon point de vue. Une belle réussite…

Je ne suis habituellement pas un grand adepte du trait de David B. Je lui reconnais un talent certain et une identité graphique indéniable. Néanmoins, je ne suis jamais tombé sous le charme de sa patte jusqu’alors dans aucun des ouvrages qu’il a illustrés. En ce sens, ma lecture de Réveille-toi et meurs marque un tournant dans ma relation avec ce dessinateur. Je trouve que son style s’inscrit parfaitement dans le ton particulier de cet ouvrage. Les planches qu’il fait naître de sa plume participent activement à l’atmosphère de la lecture. J’irai même jusqu’à dire elles la subliment. Cela a été un vrai plaisir pour les yeux de suivre les pérégrinations du Gardien dans cette armée de squelettes.

Pour conclure, j’ai apprécié ce Réveille-toi et meurs. Il possède une identité propre intéressante et enrichit encore l’univers du Donjon. L’apport des enjeux de cet album qui la trame générale de la saga est faible mais cela ne gâche en rien le plaisir de cette lecture que je conseille aux aficionados de cette série…

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