La bibliomule de Cordoue


Titre : La bibliomule de Cordoue
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Léonard Chemineau
Parution : Novembre 2021


« La bibliomule de Cordoue » avait eu des critiques élogieuses à sa sortie. Plus d’un an plus tard, je l’ai enfin trouvée en bibliothèque. En effet, le livre est un beau pavé qui coûte pas moins de 35€. Publié chez Dargaud et estampillé France Inter, le sujet choisi est celui de la préservation des livres pour la perpétuation de la connaissance.

Un ouvrage affaibli par sa didactique

Cordoue. Après des années de règne éclairé, le califat va retomber dans l’obscurité (notamment religieuse). Symbole de ce basculement : les ouvrages de la grande bibliothèque vont être brûlés. Tarid va alors tenter de sauver le plus d’ouvrages qu’il peut. Suite à des rebondissements divers, ils se retrouvent à trois sur la route et leurs dizaines de livres portés par une mule récalcitrante… Et cela, avec l’armée du califat aux trousses…

L’ouvrage est un road trip avec trois personnages que tout oppose (enfin… surtout un), mais qui ont tous eu à voir avec l’amour des livres. Certains sont même sortis de leur condition grâce à cela. Au fur et à mesure de leur avancée, tout paraît désespéré. Car, sur le chemin, personne ne les aidera. Personne ne voit l’intérêt d’un livre (à part à la revente). La connaissance, l’érudition, sont mises à rude épreuve.

Si les personnages sont sympathiques, on a l’impression que l’ensemble tourne en rond. Certes, on découvre petit à petit le passé des personnages, mais le système : les livres tombent de la mule – désespoir – on remet les livres sur la mule – on repart est trop utilisé. Les discours sur l’importance des livres également est rebâché. Quand on sait qu’il faut être un amoureux des livres pour avoir celui-ci dans les mains, ça prêche un peu des convaincus. D’ailleurs, la postface va en ce sens en mettant un coup supplémentaire de didactique au cas où le lecteur n’aurait pas compris le message…

Au niveau du dessin, j’ai apprécié le trait de Chemineau. Son semi-réalisme est réussi, bien mis en valeur par les couleurs. Les auteurs jouent beaucoup sur les teintes sombres sur les avant-plans pour donner de la profondeur à l’ensemble. Les personnages sont eux bien identifiables, chacun avec son style. On appréciera leur dynamisme et leur expressivité. Je ne connaissais pas ce dessinateur et nul doute que je suivrai ce qu’il publiera par la suite.

« La bibliomule de Cordoue » est un ouvrage sympathique mais plombé par son message trop prégnant. Le road trip traîne en longueur et les péripéties sont un peu convenue (des rencontres avec des voleurs en gros). Encore un ouvrage qui pêche par sa longueur. Avec moins de pages, une intrigue plus ramassée et moins de didactique, l’ensemble aurait été bien plus percutant… avec un message tout aussi efficace.

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