Les forêts d’Opale, T11 : La fable oubliée


Titre : Les forêts d’Opale, T11 : La fable oubliée
Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Stefano Martino
Parution : Janvier 2020


Les forêts d’Opale est une série dont j’ai découvert la naissance dans les rayons de librairie il y a presque vingt ans. Elle s’inscrivait dans la lignée des nombreuses séries de fantasy parues à la suite du succès de Lanfeust de Troy. La présence de Christophe Arleston au scénario avait naturellement attiré mon regard vers le fruit de cette nouvelle production. Sans être tombé sous le charme du dessin de Philippe Pellet, je m’étais rapidement laissé prendre par la quête classique mais très divertissante d’un groupe hétéroclite construit du jeune Darko et de sa prophétie. Cette grande aventure s’est terminée – péniblement à mes yeux – à la fin du neuvième tome. Mais comme beaucoup de séries (Lanfeust, Les naufragés d’Ythaq) un nouveau cycle voyait le jour avec la sortie d’un dixième tome…

Une succession de sauts de puce narratifs

Le dixième opus ouvrait donc un nouveau pan à cette saga. La coupure était marquante puisque la nouvelle histoire se déroulait près de trois cents ans après les événements de la trame initiale. Néanmoins, cela n’empêchait pas de trouver une filiation entre ce nouveau départ et le premier épisode de la série. Un jeune homme était « recruté » par un vieil homme et une jeune fille. Le héros semble posséder un pouvoir qui lui était inconnu. Bref, les ingrédients étaient les mêmes et le début de la recette bien que connue se dégustait avec plaisir. C’est pourquoi, je me plongé dans le tome suivant, La fable oubliée, pour en savoir davantage.

La fable oubliée nous fait découvrir les successeurs des méchants prêtres de la lumière. Ces derniers se nomment les rédempteurs radieux et ils semblent très soucieux de mettre la main sur le bracelet de Cohars possédé par nos héros. Suite à une ficelle scénaristique que je trouve légèrement bâclée, notre trio de protagonistes se voient projeter dans un autre corps par les grands méchants. Cela fait qu’on a le sentiment dès les premières pages d’assister à un nouveau départ. Je dois bien avouer que ce sentiment s’est avéré légèrement perturbant et n’a pas facilité ma plongée dans l’histoire.

L’enjeu du tome est simple : les héros veulent rejoindre Oryampe pour y trouver un parchemin qui, avec le bracelet, pourrait aider à remettre les choses dans l’ordre et à affecter à nouveau à chacun son corps « historique ». Je dois bien dire que cet objectif n’est pas très vendeur. En effet, le « problème corporel » est, à mes yeux, arrivé comme un gros cheveu sur la soupe. Sa résolution est donc tout autant « hors sol » dans le déroulé du fil conducteur. Néanmoins, peut-être que ce voyage à défaut de faire avancer la trame principale pourra s’avérer être un moment agréable et divertissant.

Je dois bien avouer que l’avancée de l’intrigue est un petit peu laborieuse. Elle est finalement une succession de sauts de puce narratifs : une tempête, des petites bêtes, une grosse bête, un méchant prêtre… Au final, je ne suis jamais arrivé à m’immerger profondément dans l’histoire. J’ai eu le sentiment de rester toujours en périphérie. Je pense que le manque de perspective à moyen terme m’a donné le sentiment pas nécessairement agréable d’avancer toujours à vue. Même si je ne doute pas que les auteurs ont vision claire du cheminement de la quête des héros, ils n’arrivent pas à le faire ressentir au lecteur et c’est bien dommage à mes yeux. Il se dégage de la lecture une atmosphère brouillonne qui rend compliqué l’implication dans l’aventure.

Les illustrations de Martino s’accordent parfaitement avec le ton « heroïc fantasy » grand public de la série. Le bestiaire des personnages est intéressant et réussi. Le travail sur les décors qu’ils soient urbains, aériens ou forestiers est précis et appliqué. Chaque planche participe au voyage que le scénario nous conte. Sur ce plan-là, l’album est réussi et répond parfaitement au cahier des charges de ce type d’ouvrage.

Pour conclure, j’ai trouvé La fable oubliée décevant. Je n’ai pas retrouvé le ton dépaysant et léger de l’épisode précédent. Il ne se passe finalement pas grand-chose. L’intrigue avance peu. C’est dommage car j’en espérais davantage. Les adeptes de la série y trouveront sûrement leur compte mais de mon côté, j’ai le sentiment que l’histoire a calé après un nouveau réussi. Espérons qu’elle saura redémarrer dans de bonnes conditions…

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