Le sourire de Rose


Titre : Le sourire de Rose
Scénariste : Sasha Goerg
Dessinateur : Sasha Goerg
Parution : Mai 2014


Paru initialement dans le webzine Professeur Cyclope, « Le sourire de Rose » a été en partie recomposé pour sa parution en papier par son auteur, Sasha Goerg. Rose, cleptomane, vole une photo à Desmond. Ce dernier la poursuit et va mettre le doigt dans un engrenage qui le dépasse… Le tout pèse une centaine de pages.

Une narration poussive

Que raconte réellement « Le sourire de Rose » ? Une amourette entre deux personnes ? L’existence d’un paumé divorcé qui cherche à voir son fils ? La vie compliquée d’une cleptomane mythomane ? Un polar sur fond de vieilles reliques ? Paresseux, le récit hésite entre les voies, n’en choisit aucune et ne décolle jamais. Les cent pages sont longues à lire, les scènes s’éternisent. Le sens de cette histoire nous échappe un peu.

Sasha Goerg prend le temps de poser ses protagonistes, mais c’est trop long. Il a la capacité à faire passer beaucoup de choses par son dessin, mais on ne voit pas trop où il veut en venir. L’arrivée de l’intrigue façon polar est trop tardive et un peu caricaturale : une voiture essaie de les écraser, puis un vieux monsieur en sort avec un gorille et menace tout le monde. Bref, c’est peu crédible. Et quand on apprend enfin le fin mot de l’histoire, on a déjà décroché.

Même la relation Rose/Desmond n’est pas toujours très réussie. Les discussions sonnent faux. On retrouve ainsi deux paumés qui se rencontrent et finissent par s’apprécier et se tirer ensemble vers le haut.

Concernant le dessin, j’aime beaucoup le trait de Sasha Goerg. C’est vif, élégant, moderne. Il est capable de dynamisme et d’émotion et l’aquarelle ajoute à la beauté de l’ensemble. La mise en page est inventive et variée, parfois au détriment du rythme hélas.

« Le sourire de Rose » souffre d’une narration poussive et de dialogues qui traînent en longueur. Les enjeux mettent trop de temps à se découvrir. Commençant par une simple chronique de personnes paumés, le livre prend un aspect polar qui a du mal à assumer. Mais du coup, difficile pour nous de nous passionner pour cette histoire. Avec un tel dessin, il semble que Sasha Goerg doive accepter l’idée d’avoir un scénariste pour nous convaincre.

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