Stupor mundi


Titre : Stupor mundi
Scénariste : Néjib
Dessinateur : Néjib
Parution : Avril 2016


Dans les temps anciens, les découvertes anciennes peuvent rapidement être taxées de sorcellerie. Alors lorsqu’au XIIIème siècle Hannibal Qassim El Battouti, un éminent savant arabe, découvre la photographie, les autres scientifiques le regardent d’un mauvais œil. Débarqué dans une forteresse tenue par Frédérik II et pleine d’érudits, il va devoir réussir sa démonstration, sinon… Le tout est publié chez Gallimard pour près de 300 pages.

Moyen-âge & sciences

L’histoire est centrée sur le savant, qui arrive les mains vides dans la cité. Très vite, on comprend que Frédérik II n’est pas un tendre et que la vie d’Hannibal dépend de la réussite de sa démonstration. La photographie, découverte au XIXème siècle, avait vue de nombreuses tentatives depuis l’invention de la camera obscura. Le problème restait de fixer l’image. C’est ce que va chercher à faire Hannibal.

« Stupor mundi », de par ses intrigues, est plus proche du polar que de l’ouvrage scientifique. La comparaison faite avec « Le nom de la rose », faite par l’éditeur, est un peu pompeuse mais pas dénuée de pertinence. Moyen-âge, sciences, religion, enquête… On retrouve les éléments qui ont fait le succès du roman. Les personnages sont nombreux, chacun jouant leur rôle. Et si le début est très confus et semble se disperser, l’auteur montre l’utilité des scènes par la suite.

La narration de Néjib n’est pas exempte de lenteurs. Comme pour beaucoup d’ouvrages actuels, quelques coupes n’auraient pas fait de mal à l’histoire. Malgré tout, la tension reste présente, puisqu’on espère toujours qu’Hannibal arrivera à fixer l’image. Les retours en arrière, expliquant son passé (et celui des autres personnages, sa fille et son garde du corps en tête), dynamisent l’ensemble, tendant vers le but final. Sans être profondément passionnant, « Stupor mundi » possède une certaine originalité dans son sujet, son époque ou encore ses personnages. On est capté par la lecture et une fois les enjeux présentés, le suspense s’installe.

Le dessin particulier de Néjib, âpre, au trait relâché et aux personnages durs, me laisse un sentiment partagé. En soit, il est stylisé et plutôt réussi, avec des noirs bien utilisés. Mais certaines cases paraissent bien vides. C’est un peu la conséquence des 288 pages de l’ouvrage. Bref, j’ai apprécié le style, mais pas de quoi s’arrêter pour admirer les cases.

« Stupor mundi » est une bonne bande-dessinée. Le sujet est riche et original, la narration travaillée, le dessin possède une vraie personnalité. Restent quelques longueurs et un dessin parfois inégal. La pagination, hélas, devient de plus en plus un facteur négatif des ouvrages de BD. En tout cas, Néjib réalise un bel ouvrage à lire pour tous les amateurs d’obscurantisme.

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