Deux frères

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Titre : Deux frères
Scénaristes : Fabio Moon & Gabriel Ba
Dessinateurs : Fabio Moon & Gabriel Ba
Parution : Mars 2015


Fabio Moon et Gabriel Ba s’étaient fait connaître dans nos contrées grâce à « Daytripper », un livre construit autour d’histoires courtes. Les deux jumeaux, qui scénarisent et dessinent à quatre mains, reviennent en force avec « Deux frères », l’adaptation de l’œuvre de Milton Hatoum. C’est donc un roman graphique de plus de 200 pages en noir et blanc qui nous est proposé chez Urban Comics dans la collection Urban Graphic. Continuer la lecture de « Deux frères »

Le bois des vierges, T3 : Épousailles

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Titre : Le bois des vierges, T3 : Épousailles
Scénariste : Jean Dufaux
Dessinatrice : Béatrice Tillier
Parution : Mai 2013


« Le bois des vierges » termine son histoire avec ce troisième tome intitulé « Épousailles ». Dommage que les auteurs spoilent leur histoire (surtout avec la couverture)… Cette histoire fantastique où chimères, animaux et hommes se combattent les uns les autres avait marqué par son histoire dense et son graphisme magnifique. Cette trilogie se termine-t-elle sur une bonne note ? Continuer la lecture de « Le bois des vierges, T3 : Épousailles »

Betty blues

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Titre : Betty Blues
Dessinateur : Renaud Dillies
Scénariste : Renaud Dillies
Parution : Août 2003


J’avais découvert Renaud Dillies avec « Bulles et Nacelles ». Bien décidé à en découvrir d’avantage, je me suis procuré « Betty Blues », de six ans son aîné. Comme son nom l’indique, la musique et plus précisément le jazz a une influence majeure sur l’histoire. Rice, un canard, est trompettiste et joue dans les bars. Jusqu’au jour où pendant sa prestation, un riche chat noir lui ravit sa fiancée Betty à la faveur de coupes de champagnes. Suite au départ de sa belle, Rice s’enfuit également, décidant de tirer un trait sur tout ce qui a fait sa vie, musique y comprit. Mais on n’abandonne pas une passion si simplement…  Continuer la lecture de « Betty blues »

L’indivision

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Titre : L’indivision
Scénariste : Zidrou
Dessinateur : Benoît Springer
Parution : Août 2015


Zidrou a fait sensation en 2015 en sortant des livres à la pelle dans des styles que l’on ne lui connaissait pas. « L’indivision » traite de la relation incestueuse entre un frère et une sœur. Le sujet est sulfureux et peu évident à traiter. Armé de Springer au dessin, le livre est publié chez Futuropolis pour un one-shot de 64 pages. Continuer la lecture de « L’indivision »

Paco les mains rouges, T1 : La grande terre

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Titre : Paco les mains rouges, T1 : La grande terre
Scénariste : Fabien Vehlmann
Dessinateur : Eric Sagot
Parution : Septembre 2013


Ayant entendu du bien de cet ouvrage, je me suis procuré à la bibliothèque « Paco les mains rouges ». Quelle fut ma frustration de m’apercevoir que ce n’était que le premier tome d’un diptyque ! Certes, c’est marqué à l’intérieur et un petit « 1 » très discret est noté sur la tranche, mais tout laisse penser qu’il s’agit d’un one-shot… Une fois compris cela, j’ai laissé ma frustration de côté pour m’intéresser à ce livre scénarisé par Fabien Vehlmann. Ce dernier m’ayant autant déçu qu’enchanté, je me lançais dans l’histoire sans véritable a priori. Quant au dessinateur, Eric Sagot, il m’était inconnu jusqu’alors. Le tout est un album classique de 56 pages publié chez Dargaud.  Continuer la lecture de « Paco les mains rouges, T1 : La grande terre »

La favorite

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Titre : La favorite
Scénariste : Matthias Lehmann
Dessinateur : Matthias Lehmann
Parution : Avril 2015


À force d’entendre du bien de « La favorite », j’ai fini par arriver à me le procurer. La bande dessinée de Matthias Lehmann proposait un parti pris graphique intéressant couplé à une histoire intrigante. Mais les promesses étaient-elles tenues ? Le livre est paru chez Actes Sud BD et pèse pas moins de 150 pages. Continuer la lecture de « La favorite »

L’enfant cachée

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Titre : L’enfant cachée
Scénariste : Loïc Dauvillier
Dessinateur : Marc Lizano
Parution : Janvier 2012

Relater l’occupation française n’est pas un sujet évident. Beaucoup traité, il est dans « L’enfant cachée » abordé du point de vue d’une enfant, Dounia. Cette dernière, grand-mère, raconte à sa petite-fille cette période de sa vie, sous forme de devoir de mémoire. Le tout est paru au Lombard.

Tout commence par l’occupation. Dounia sait que la France a perdu, mais elle s’en moque : la guerre est terminée et son père est rentré vivant, c’est le principal pour elle. Hélas, la petite juive va vite déchanter. Les mesures contre les siens vont se multiplier, provoquant l’incompréhension totale de Dounia.

L’occupation vue par une enfant juive.

LEnfantCachee2L’originalité de « L’enfant cachée » est de tout raconter du point de vue de l’enfant. Ainsi, Dounia subit comme les juifs les mesures de coercition, mais également les choix de ses parents, sans jamais saisir réellement ce qui se passe. Cet aspect est très réussi, renforcé par une narration volontairement naïve, sans analyse autre que factuel ou enfantine. L’injustice paraît d’autant plus forte que Dounia nous est forcément très sympathique, petite fille innocente et joyeuse en début de livre.

La narration prend le temps de traiter tous les sujets : la mise de côté à l’école, l’étoile juive, la perte des parents, la fuite de Paris… La gradation dans les difficultés est bien mise en scène. Ainsi, Dounia n’est pas forcément très affectée au départ en tant qu’enfant. Aussi bien rester chez elle ne la dérange pas, mais être mise de côté à l’école est très difficile.

Le propos est renforcé par un dessin parfaitement adapté réalisé par Marc Lizano. Son trait typé jeunesse, fait de personnages aux grosses têtes, ancre d’autant plus l’histoire vers un point de vue d’enfant. Le tout est enrichi par une colorisation tout aussi réussie. On retrouve un belle synergie dans cet album, une vraie cohérence entre le texte et l’image.

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« L’enfant cachée » remplit parfaitement son rôle de devoir de mémoire. En adoptant le point de vue d’un enfant et en ne montrant et n’expliquant que ce que Dounia peut comprendre, les auteurs produisent un album jeunesse d’une grande qualité, qui peut être lu et apprécié par tout le monde. Forcément touchant, « L’enfant cachée » est une œuvre d’une grande justesse et d’une vraie délicatesse.

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note4

Trois ombres

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Titre : Trois Ombres
Scénariste : Cyril Pedrosa
Dessinateur : Cyril Pedrosa
Parution : Septembre 2007


Après avoir découvert Cyril Pedrosa avec son autobiographique écolo « Autobio » (à laquelle je n’avais pas du tout accroché), je me devais de découvrir d’autres ouvrages de cet auteur afin d’infirmer (ou pas) cette première mauvaise impression. « Trois Ombres » est un roman graphique de 268 pages. Loin de l’humour de son autobiographie, on a affaire ici à un drame familial sur fond de fantastique.

Le livre démarre sur la présentation d’une petite famille parfaite : Louis et Lise ont un fils, Joachim. Tout va bien dans leur petite ferme isolée, rien ne semble pouvoir gêner la vie des trois personnages. Jusqu’au jour où trois ombres apparaissent au loin, des cavaliers. S’ensuit un stress lié à ces spectres. Que sont-ils ? Que veulent-ils ? Pourquoi rôdent-ils autour de la maison ?

Une fuite sans espoir sous fond de lien père-fils.

Après un début sous forme d’utopie familiale, la peur et la colère s’immiscent pour culminer jusqu’à la fuite du père et du fils. Une fuite sans réel espoir comme on le comprend tout de suite. Ainsi, « Trois Ombres » abordent avant tout le lien père-fils. Jusqu’où le père peut-il aller pour sauver son fils ? Jusqu’à son propre sacrifice ?

« Trois Ombres » est avant tout un conte. En effet, on ne croit pas une seconde à l’univers créé par Pedrosa. La famille vit ainsi dans une ferme isolée de tout dans un bonheur parfait et insouciant. De même, les aspects fantastiques sont évidemment totalement inexpliqués. Les dernières pages viennent appuyer d’autant plus la thèse d’une fable. On ne sait trop si l’histoire est une grande métaphore (sur la maladie ?) ou pas. En cela, le scénario manque un peu d’appui, hésitant entre réalisme (lors de la traversée) ou fantastique pur (notamment sur la fin). Cette indécision m’a quelque peu gêné quand j’ai refermé l’ouvrage, ne sachant trop qu’en penser.

Cependant, Pedrosa parvient avant tout à distiller un vrai charme dans « Trois Ombres ». Les ambiances, quelles qu’elles soient, sont remarquablement rendues. Tristesse, joie, colère, désespoir… Cependant, je n’ai pas été ému plus que ça. J’ai été happé par les événements, pris dans le périple des personnages. Mais les parties émotionnelles m’ont laissé un peu froid. Cela vient des procédés narratifs parfois un peu appuyés de l’ouvrage. Cyril Pedrosa en fait parfois un tout petit trop. Je chipote un peu, mais par moment, dans la lecture, je me suis fait la réflexion.

Au niveau du dessin, c’est particulièrement réussi. Le noir et blanc est bien maîtrisé, il y a une vraie texture et du volume qui se dégage des planches. Le style sait se modifier et s’adapter aux situations. Très noir pour certains passages, plus flou pour d’autres. Le travail sur les planches est réellement remarquable et vaut le coup d’œil. En revanche, je ne suis pas fan du trait que Pedrosa donne à ses personnages. C’est une question de goût.

Au final, cet ouvrage est à découvrir. Certes, il y a plusieurs éléments qui m’ont gêné ou fait tiquer pendant la lecture, mais il possède d’indéniables qualités, tant dans le dessin que dans l’ambiance particulière qu’il dégage. Il m’a réconcilié avec Cyril Pedrosa. Et c’est déjà pas mal !

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note3

Doomboy

doomboy


Titre : Doomboy
Scénariste : Tony Sandoval
Dessinateur : Tony Sandoval
Parution : Septembre 2011


Tony Sandoval est un auteur mexicain de bande-dessinée. Ayant vu l’une de ses expos, j’avais été marqué par son graphisme particulier et par son univers très personnel. Je me suis donc procuré « Doomboy », dont les critiques étaient particulièrement élogieuses. « Doomboy » se présente sous la forme d’un livre A4 au format paysage. Il compte pas moins de 128 pages et est édité aux Editions Paquet. Continuer la lecture de « Doomboy »

Little Tulip

LittleTulip


Titre : Little Tulip
Scénariste : Jérôme Charyn
Dessinateur : François Boucq
Parution : Novembre 2014


 « Little Tulip », à sa sortie, a fait couler beaucoup d’encre. Le one-shot, réalisé par Charyn (au scénario) et Boucq (au dessin), était décrit comme puissant, noir et formidablement dessiné. Paru dans la collection « Signé » au Lombard, le livre pèse pas moins de 84 pages. C’est la troisième collaboration des deux auteurs.

Paul est américain. Alors qu’il n’est qu’un enfant, sa famille émigre à Moscou où ils vont subir de plein fouet la révolution soviétique. Condamnés pour espionnage, ils sont envoyés au goulag en Sibérie. Séparé de ses parents, Paul va tenter de survivre, s’aidant de son seul atout : son talent de dessinateur. Il va obtenir des protections des gangs locaux en tant que tatoueur attitré.

Viscéral et puissant.

LittleTulip2C’est une histoire implacable qui se développe ici. L’humanité dans ce quelle a de plus animale. Viols, meurtres, domination… Tout y passe. On découvre le quotidien du camp, là où les prisonniers s’organisent en clans pour survivre et se dominer les uns les autres.

Parallèlement à l’histoire du goulag, on suit Paul à une époque plus contemporaine. Ainsi, on sait qu’il a survécu dès le départ et qu’il est revenu aux Etats-Unis. Cette partie constitue une sorte de polar, Paul aidant les policiers pour dessiner des portraits robots. Moins prenante que celle du goulag, elle reprend les thèmes du tatouage et de la vengeance.

Cet univers ultra-violent est soutenu par le dessin puissant de Boucq. Habitué à ces genres de thèmes (on pense à « Bouncer » par exemple), il a un véritable talent pour montrer l’être humain dans sa déchéance. Les corps sont particulièrement à l’honneur ici et son trait dynamique et rugueux marche à merveille. Il est heureux que Boucq sache si bien choisir ses scénaristes !

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« Little Tulip » est un ouvrage puissant et viscéral qui ne fait jamais dans la demi-mesure. Dans ce livre, tout acte se fait dans le sang et l’épilogue ne peut être que vengeance. Un bel ouvrage de bande-dessinée, avec un dessin au diapason de son scénario.

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note4