Les Ogres-Dieux, T1 : Petit


Titre : Les Ogres-Dieux, T1 : Petit
Scénariste : Hubert
Dessinateur : Bertrand Gatignol
Parution : Décembre 2014


Il était difficile de passer à côté des « Ogres-Dieux » en librairie. Le pavé de 170 pages, imposant, s’affichait avec une couverture en noir et blanc et un titre doré. Publié dans la collection Métamorphoses chez Soleil, il est le fruit du travail d’Hubert au scénario et Gatignol au dessin.

Une atmosphère de fin de race

Curieux univers qui nous est présenté ici. Dans un royaume moyenâgeux, des ogres règnent dans leur palais géant sur les humains. Plus que ça, ils les mangent. Dès le départ, on s’aperçoit que ces ogres ont des tailles très différentes. La reine est bien plus petite que le roi, lui-même plus petit que sa tante. C’est une atmosphère de fin de race que proposent les auteurs : les ogres sont de plus en plus petit et limités intellectuellement. Ainsi, lorsque la reine accouche d’un bébé à peine plus grand qu’un humain, elle doit le cacher pour qu’il ne soit pas tué.

« Petit » fait allusion à ce bébé dont on suivra son histoire. Sa mère voit en lui une grande destinée, aussi grande que celle des anciens. Ces anciens, on les découvre régulièrement par deux pages de texte. Chaque fois que le livre fait allusion à un ancêtre, sa biographie nous est présentée. Cela permet, pas bouts, de recréer l’histoire des ogres et de comprendre les enjeux actuels. Ce procédé fait découvrir au lecteur l’univers à la fois par le vécu de Petit et par ses (possibles) lectures. Une belle façon de raconter !

L’intérêt de l’histoire en soit est moindre. C’est avant tout le tempérament cruel des ogres qui fait le sel de l’ouvrage. Ainsi, la reine, attachante par son aspect maternel, est capable d’accès de violence gratuits. Le palais, traversé par les ogres qui tuent et mangent selon leur humeur, est un lieu d’horreur.

Curieusement, certaines ellipses brutales ne fonctionnent pas trop. Il y a quelques erreurs dans la narration assez grossières qui font achopper le lecteur. C’est étonnant car le reste est très maîtrisé.

« Les Ogres-Dieux » tient beaucoup par son dessin. Gatignol propose un noir et blanc rehaussé de gris très personnel et franchement réussi. Il parvient sans peine à jouer des différences d’échelle entre les personnages. L’immensité du palais, la taille des salles démesurées (car construites pour des ogres qui étaient bien plus grands)… Tout participe à l’ambiance. Ses personnages, aux influences mangas, sont très réussis pour les ogres, moins pour les humains et Petit, qui ont des expressions bien plus naïves.

« Les Ogres-Dieux » est une œuvre imparfaite, qui ne plaira clairement pas à tout le monde. Mais c’est un ouvrage fort, à la personnalité marquée, bien pensée et impeccablement réalisée. Pour cela, elle mérite un coup d’œil attentif de votre part. Et ce premier tome aurait pu être un one-shot tant il se suffit à lui-même !

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